Le département de la Charente est
situé dans le Sud-Ouest de la France et appartient à la région
Poitou-Charentes où il en occupe la partie
sud-est.
Traversé dans toute sa longueur d'est en ouest par le cours supérieur
et moyen de la Charente, il doit son nom au fleuve
lui-même comme la majorité des départements français.
Le département de la Charente fait partie de l'Académie de Poitiers
et de la Cour
d'Appel de Bordeaux.
L'Insee et La Poste lui attribuent le code 16.
Dénominations
Dénominations dialectales
La Charente est appelée Chérente en saintongeais,
et Charanta dans le dialecte limousin de la langue occitane.
Anciennes appellations du fleuve
Le département tire son nom du fleuve qui, à l'époque gallo-romaine,
était connu sous le nom grec de "Κανεντελος" ("Kanentelos"). Ce
nom est mentionné par le célèbre géographe Claude Ptolémée en 140 après
Jésus-Christ1.
En 360, à
l'époque de l'Antiquité tardive, le poète de langue
latine Ausone latinise le nom du fleuve sous la forme "Carentonus"1.
Plus tard, dans un manuscrit daté de 865, le cours
d'eau est orthographié sous la forme latine "Caranto"2.
A la fin du Moyen Âge, il apparaît sous sa forme presque
contemporaine dans un texte où est mentionné le village de "Taillebourg
qui siet sur une male rivière que l'on appelle Carente"2.
La plupart des noms des villes et des villages riverains du fleuve
des deux départements charentais ont accolé à leur toponyme le nom du
fleuve vers la fin du XIXe
siècle - cas de Châteauneuf-sur-Charente en 1891 - ou dans
le courant du siècle suivant - cas de Verteuil-sur-Charente en 1962 -,
généralement pour éviter des confusions d'homonymie géographique3.
Histoire
Article détaillé : Histoire de la Charente.
Le département a été créé à la Révolution française, le 4 mars 1790
en
application de la loi du 22 décembre 1789. Il a
été formé autour de l'Angoumois et de son ancienne capitale, Angoulême,
qui a été choisie pour être le chef-lieu d'un département qui intégra à
l'ouest le Cognaçais (des limites de l'actuelle Charente-Maritime
jusqu'à Bassac) et le Sud-Charente avec Barbezieux,
qui faisaient partie de la Saintonge,
et à l'est les terres limousines du Confolentais, ainsi que quelques
communes du Poitou au nord et du Périgord au sud4.
La Charente a été habitée dès le paléolithique moyen (sites de
Vilhonneur,
Gardes-le-Pontaroux, Sers, Mouthiers)5.
Au cours de l'Histoire, il n'a jamais vraiment existé d'unité, ni
politique, ni religieuse, ni judiciaire. La coupure entre l'Angoumois, à
l'est, centré sur Angoulême et la Saintonge,
à l'ouest, centrée sur Saintes et englobant Cognac, qui existait déjà à
l'époque celte a perduré
jusqu'à la Révolution et n'a d'ailleurs pas
totalement disparu.
La Saintonge est ainsi nommée car elle était le territoire des
Santons,
tandis que l'Angoumois aurait été le territoire d'une autre tribu, plus
petite, les Agésinates. Pendant l'occupation romaine, toute
la Charente est devenue une riche région gallo-romaine dont il reste en
particulier les thermes de Chassenon et le théâtre des Bouchauds.
Suite aux grandes invasions et à l'effondrement de l'Empire
romain, le département entre dans une période de léthargie comme
l'ensemble de l'Aquitaine à laquelle il appartient.
A l'époque médiévale, des places fortes ont été érigées entre le Xe siècle et le XIIe siècle,
période pendant laquelle chaque
village a également construit son église romane. Villes et châteaux
fortifiés (Cognac, Angoulême,
Villebois-Lavalette…) ont été mis à mal
durant la guerre de Cent Ans et l'occupation
anglaise.
Reconstruits, ils ont souffert des Guerres de Religion, qui ont
été un désastre pour ce département (départ de plus de 50% des artisans)4.
Les Charentais ont formé une partie importante des colons de la
Nouvelle-France (Québec).
Durant la Révolution, peu d'évènements marquants
sont à signaler - si ce n'est la création artificielle du département de
la Charente - et la Terreur y a été très
modérée.
Le commerce se faisait par le fleuve (sel, cognac, matériaux…) et
diverses
industries (papeteries, fonderies..) datent du XVIIe siècle.
Le XIXe siècle avec la
révolution industrielle et le commerce du cognac a été une période de
grande richesse. La crise engendrée par le phylloxera, qui a commencé à
ruiner le vignoble
charentais dès 1872,
a provoqué un fort exode rural qui, cependant avait déjà commencé dès
1851, année
où le département a atteint son record démographique. À cette baisse de
population se sont ajoutées les saignées des guerres et la Charente n'a
toujours pas retrouvé son niveau de population de 18514.
Durant la Seconde Guerre mondiale, sa position
coupée en deux par la ligne de démarcation avec l'Ouest, zone
occupée, et l'Est, zone libre, explique l'organisation rapide de
réseaux de résistance6.
Administration de la Charente
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation,
rechercher
Département de la Charente
Le département de la Charente tel qu'il apparaît
actuellement n'a subi aucune modification de ses limites départementales
depuis sa création officielle le 4 mars 17901.
Mais il n'en a pas été ainsi à l'intérieur où le nombre des
arrondissements, cantons et communes a beaucoup varié dans le temps,
surtout au XXe siècle.
Le département de la Charente est l'héritier de l'ancienne
province de l'Angoumois dans sa totalité dont la capitale
historique est Angoulême, et de la partie orientale de la Saintonge dont
Saintes était l'antique capitale, ainsi que de quelques portions de la
province
du Limousin et du Périgord.
Sa préfecture est Angoulême et les deux sous-préfectures sont Cognac
et Confolens.
Les nouvelles formes de gestion administrative de l'espace
territorial n'échappent pas à la Charente qui est l'un des
départements français les plus avancés en terme d'intercommunalités. En
Poitou-Charentes, il compte avec les Deux-Sèvres le plus grand nombre de
structures intercommunales.
Historique : les origines
et les causes
Dans l'Ancien Régime et tout particulièrement au XVIIIe siècle,
l'administration des provinces était devenue
si complexe qu'il était devenu pressant de la réorganiser en profondeur.
L'événement historique de la Révolution française avec la chute de
la royauté et l'instauration d'une République laïque bouleversa
considérablement la carte administrative de la France.
Pendant l'Ancien Régime, le roi se faisait représenter
dans ses nombreuses provinces, aux dimensions fort inégales, par un
intendant qui avait la charge d’une circonscription portant le nom de
généralité. Mais avec la centralisation du
pouvoir monarchique absolu, l'administration des provinces était devenue
particulièrement complexe, notamment au XVIIIe siècle .
Tout d’abord, au XVIIe siècle, la généralité de Limoges incluait
l’Angoumois,
tandis que la Saintonge relevait de celle de Bordeaux.
Dans l'Ancien Régime, Cognac appartenait à l'ancienne province de
Saintonge et était l'une des élections de la Généralité de La
Rochelle.
En 1694,
un intendant était délégué à La
Rochelle. Son pouvoir s’étendait sur l’Aunis et la Saintonge.
La généralité de La Rochelle se subdivisait alors en cinq élections :
La Rochelle, Saintes, Cognac, Saint-Jean d’Angély et Marennes. La
fonction d’intendant comprenait la justice, la police et les finances.
En fait, la justice était du seul ressort du Parlement de Bordeaux qui
étendait son influence judiciaire sur la Saintonge et l’Angoumois.
Quant à l’administration religieuse, trois diocèses se partageaient
les provinces : Angoulême, Poitiers et Saintes.
La Révolution française mit fin à cet enchevêtrement des pouvoirs
administratifs, judiciaires et même religieux. Pendant la Révolution,
l’Assemblée Constituante décida une réorganisation administrative
complète qui lui permettait d’enlever au roi une partie de ses moyens
d’action et de constituer des circonscriptions électorales et décida de
créer une nouvelle entité administrative, le département2.
Le 13 janvier 1790, la France est donc divisée en 83 départements,
eux-mêmes partagés en districts, lesquels sont subdivisés en cantons.
Ces départements devaient avoir en moyenne 350 lieues carrées pour être
formés – c’est-à-dire 6 000 km² – et tout habitant devait pouvoir se
rendre au chef-lieu de son département à cheval en une journée.
La création du
département de la Charente
Historique
sommaire de la création du département
L'Hôtel-de-ville d'Angoulême. La ville est la préfecture de la Charente
depuis la création du
département.
C’est en grande partie sur l'ancienne province de l'Angoumois que le
département de la Charente a été formé et Angoulême fut choisie de
préférence pour être la capitale administrative grâce à
sa centralité géographique au sein du nouveau département.
Les députés de l’Angoumois, dont la superficie était inférieure à
celle fixée pour constituer un département à part entière et trop
étendue pour s’ajouter à une autre province, durent ajouter au prix de
vives discussions d'autres paroisses, ancêtres des communes actuelles,
venant des provinces voisines.
Les tractations aboutirent de manière différente d’une province à une
autre :
Au nord de l'actuel département, des paroisses appartenant au
marquisat de Ruffec ont été cédées au Poitou qui
renonça à quelques-unes de ses exigences mais la petite ville de Ruffec
fut intégrée au nouveau département et fut même
choisie pour devenir un chef-lieu de district.
Confolens a joué de bonne heure le rôle de chef-lieu de district, puis
de chef-lieu d'arrondissement. C'est aujourd'hui la plus petite
sous-préfecture de Poitou-Charentes.
A l'est et au nord-est de la nouvelle entité territoriale, la région
de Confolens,
faisant alors partie du Limousin, fut revendiquée par les députés du
Limousin,
du Poitou et de l’Angoumois. Ces derniers réclamaient également
Rochechouart. Le Confolentais
fut finalement attribué au nouveau département de l'Angoumois et forma
un district avec Confolens comme chef-lieu de district. Si Chabanais fut
intégré au département de la Charente, Rochechouart fut rattaché au
département de la Haute-Vienne et devint dans ce département un
chef-lieu de district.
L'Angoumois céda au Périgord – qui devint le département de la
Dordogne – des paroisses des
juridictions de Saint-Aulaye au sud de la Dronne et
l’enclave de la Tour Blanche.
Baignes-Sainte-Radegonde, actuel chef-lieu de canton, appartenait au
Petit Angoumois, enclavé dans la Saintonge.
La Saintonge,
pour sa part, a été en partie démantelée pour la création du
département de la Charente-Inférieure et a cédé les élections de Cognac
et de Barbezieux pour contribuer à la
formation du département d'Angoumois qui devint par la suite celui de
Charente.
De même, le Petit Angoumois, qui constituait une enclave en
Saintonge,
a été rattaché au département, il forme l'actuel canton de
Baignes-Sainte-Radegonde.
Enfin, au début de 1790, la délimitation du département d'Angoumois
fut fixée. Elle ne subit plus de modification de ses limites par la
suite. Le département fut divisé en six districts de taille relativement
comparable, 44 cantons et 429 communes1.
Le 4 mars 1790, dans la désignation des 83 départements, le
département d'Angoumois fut dénommé dans un premier temps
département de la Haute Charente, avant d'adopter définitivement
celui de Charente quelques mois plus tard.
La ville de Cognac qui supportait mal la suprématie administrative
d’Angoulême, demanda, sans résultat, pour
l'administration, l'alternat3,
et pour la justice, l’établissement d’un tribunal de même importance
que celui d’Angoulême. Barbezieux qui, dans un premier
temps, avait accepté son rattachement à l’Angoumois, réclama de
continuer à relever de la Saintonge, à laquelle la rattachait l’habitude
en raison des modalités de répartition des impôts et de la
jurisprudence, différentes de celles pratiquées en Angoumois.
Le château de Verteuil-sur-Charente, cette commune
fut chef-lieu de canton de 1790 à 1800 dans l'ancien district de Ruffec.
Des antagonismes eurent lieu pour l’attribution d’un siège d'une
administration de district ou d’un tribunal prévu à la suite de la
réorganisation de l’ordre judiciaire. Les chefs-lieux d’anciens fiefs
d’une certaine importance et des localités actives revendiquèrent des
prétentions à l’une ou l’autre de ces fonctions. Parmi ces petites
villes ou ces gros bourgs figuraient Aigre, Aubeterre, Chabanais,
Chalais, Champagne-Mouton, Châteauneuf, Jarnac, Marcillac, Marthon,
Montbron,
Montignac, Montmoreau, Verteuil et Villebois-Lavalette.
Aubeterre souhaita même obtenir le siège d’un septième district qui
ne vit jamais le jour.
Le décret du 23 août 1790 désigna six villes où devaient siéger les
tribunaux de district : ce furent les mêmes que pour l’administration.
Il s'agissait d'Angoulême où, dans cette dernière, furent
définitivement fixés les sièges de l'Administration et de la Justice
départementales, de Barbezieux, de Cognac, de Confolens,
de La Rochefoucauld et de Ruffec.
Les
six anciens districts et leur remaniement au début du XIXème siècle
A l'issue de la Constituante de 1790, le département comptait 6
districts, 44 cantons et 429 communes. La répartition était la
suivante :
- District d'Angoulême : 7 cantons : outre la préfecture, Blanzac,
Garat, Hiersac, Lavalette, Roullet et Vars.
- District de Barbezieux : 6 cantons : outre le chef-lieu de district,
Aubeterre,
Baignes, Bessac, Brossac et Chalais. Tous ces cantons relevaient de
l'ancienne province de la Saintonge.
- District de Cognac : 8 cantons : outre le chef-lieu de district,
Châteauneuf, Jarnac, Lignières, Montmoreau, Rouillac, Salles et
Segonzac. Ce district comprenait les
parties des anciennes provinces de l'Angoumois, à l'est, et de la
Saintonge, à l'ouest.
- District de Confolens : 8 cantons : outre le chef-lieu de district,
Alloue, Brigueuil,
Chabanais,
Champagne-Mouton, La
Péruse, Saint-Claud et Saint-Germain-sur-Vienne.
- District de La Rochefoucauld : 8 cantons :
outre le chef-lieu de district, Cellefrouin,
Chasseneuil-sur-Bonnieure, Jauldes,
Marthon,
Montbron,
Montembœuf et Saint-Amant-de-Boixe.
- District de Ruffec : 7 cantons : outre le chef-lieu de district,
Aigre, Mansle, Marcillac, Nanteuil-en-Vallée, Verteuil et Villefagnan.
De profonds remaniements de la carte administrative ont eu lieu par
la suite, notamment au tout début du XIXe
siècle avec la réforme de l'administration qui renforça le pouvoir
central. La loi du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800) crée les
préfets, représentants du pouvoir central dans les départements. Le
préfet est assisté d'un sous-préfet dans chaque arrondissement,
circonscription nouvelle, remplaçant dès lors le district.
L'administration du Premier Empire, mise en place par Napoléon 1er,
remplaça donc les six anciens
districts par cinq nouveaux arrondissements qui furent remaniés dans
leurs délimitations : Angoulême devint la Préfecture, tandis que
Barbezieux, Cognac, Confolens et Ruffec devinrent les chefs-lieux
d'arrondissement – ou sous-préfectures.
Les municipalités communales, remplacées dans la Constitution de l'an
III par les municipalités de canton, réapparaissent. Elles passent au
nombre record de 455 en 18021.
Enfin, la nouvelle loi supprima un certain nombre de chefs-lieux de
canton qui furent ramenés de 44 à 29.
Un grand nombre de chefs-lieux de canton ruraux ont perdu cette
prérogative et ont été déclassés au rang de commune. Il s'agit des
anciens chefs-lieux suivants :
- Garat, Roullet et Vars dans l'arrondissement d'Angoulême,
- Bessac dans l'arrondissement de Barbezieux,
Le château de La Rochefoucauld, cette petite
ville fut chef-lieu de district de 1790 à 1800.
- Salles et Lignières dans l'arrondissement de Cognac,
- Alloue,
Brigueuil et La Péruse dans l'arrondissement de Confolens,
- Marcillac, Nanteuil-en-Vallée et Verteuil dans l'arrondissement de
Ruffec.
- Par ailleurs, Cellefrouin, Chasseneuil-sur-Bonnieure, Jauldes et
Marthon perdirent leur fonction de chef-lieu de canton et le district de
La
Rochefoucauld intégra l'arrondissement d'Angoulême dans sa totalité, à
l'exception du canton de Montembœuf qui fut rattaché à
l'arrondissement de Confolens. La Rochefoucauld devint, en
compensation, chef-lieu de canton.
La création des
trois arrondissements en 1926
Une vue du centre de Barbezieux, cette ville était avec Ruffec une
ancienne sous-préfecture jusqu'en 1926.
Une importante modification de la géographie administrative de la
Charente s'est poursuivie dans le
courant du XXe siècle où de grands changements ont eu lieu.
Tout d'abord, en 1926, suite à l'arrêt Poincaré, Barbezieux et Ruffec
perdirent définitivement leur fonction de
sous-préfecture4.
Leurs arrondissements ont été respectivement rattachés à ceux de Cognac
et d'Angoulême. Depuis cette date, le
département est découpé en trois arrondissements mais leur superficie
autant que leur population étaient fort inégales. Quant aux cantons,
leur nombre demeura inchangé à 29 lors de cette réforme administrative5.
Jusqu'à la fin de l'année 2007, ces trois arrondissements ne subirent
aucune modification territoriale suite à l'arrêt Poincaré, si ce n'est
le rattachement de la commune de Taponnat à l'arrondissement d'Angoulême
(canton de La Rochefoucauld).
Par contre, la structure cantonale a connu de nouvelles modifications
suite au décret du 13 juillet 1973 qui a créé quatre nouveaux cantons.
L'hôtel de ville de Gond-Pontouvre, l'un des tout derniers
chefs-lieux de canton à avoir été créé en Charente.
Le département comptait 33 cantons en 1973. Le canton de Cognac fut
divisé en deux cantons : Cognac-Nord et Cognac-Sud ; celui de Confolens
connut le même
remaniement : Confolens-Nord – par suppression du
chef-lieu de canton de Saint-Germain-de-Confolens – et Confolens-Sud.
L'arrondissement d'Angoulême s'enrichit de deux nouveaux cantons : La
Couronne et Ruelle-sur-Touvre.
Depuis cette date, deux autres cantons ont été créés dans
l'arrondissement d'Angoulême -
cantons d'Angoulême-Est, Angoulême-Nord et Angoulême-Ouest6 et le canton de Gond-Pontouvre -, ce
qui
porte le nombre total de cantons dans le département à 35.
Ce remaniement fait suite à une prise en compte d'une représentation
plus équilibrée des populations urbaines et rurales. Cependant, cette
modification se fait davantage au profit des cantons urbains, surtout
ceux de l'agglomération d'Angoulême caractérisée par une urbanisation et
une croissance démographique soutenues.
La répartition cantonale était la suivante jusqu'en 2007 :
- Arrondissement d'Angoulême : 21
cantons : Aigre, Angoulême 1er canton, Angoulême 2ème
canton, Angoulême 3ème canton, Aubeterre-sur-Dronne,
Blanzac-Porcheresse, Chalais, Hiersac, La Couronne, Gond-Pontouvre,
Mansle, Montbron, Montmoreau-Saint-Cybard, La Rochefoucauld, Rouillac,
Ruelle-sur-Touvre, Ruffec, Saint-Amant-de-Boixe, Soyaux,
Villebois-Lavalette et Villefagnan.
- Arrondissement de Cognac : 8
cantons : Baignes-Sainte-Radegonde,
Barbezieux-Saint-Hilaire,
Brossac, Châteauneuf-sur-Charente,
Cognac-Nord, Cognac-Sud, Jarnac et Segonzac.
- Arrondissement de Confolens : 6
cantons : Chabanais, Champagne-Mouton, Confolens-Nord, Confolens-Sud,
Montembœuf et Saint-Claud.
Avant l'application de la loi de juillet 1971 qui encourageait les
regroupements communaux, le département en dénombrait 425. Jusqu'en
1974, la Charente compte alors 405 communes1.
La superficie du département est depuis sa création de 5 956 km²,
ce qui en fait le moins étendu de la région Poitou-Charentes7 et le 49ème du territoire
métropolitain.
La superficie des trois arrondissements était la suivante jusqu'en
2007 :
- Arrondissement d'Angoulême : 3
320 km²
- Arrondissement de Cognac : 1 240
km²
- Arrondissement de Confolens : 1
396 km²
Le nouveau
découpage administratif de 2008
Arrondissements et cantons de la Charente après la réforme de 2008
.
Le 1er janvier 2008, un nouveau découpage administratif a été
appliqué dans le département ainsi qu'une nouvelle organisation des
groupements intercommunaux en Poitou-Charentes. Ces modifications sont
essentiellement intervenues dans le département de la Charente.
Tout d'abord, une réorganisation des arrondissements s'est mise en
place en vue de rééquilibrer la démographie du département. Ainsi
l'arrondissement d'Angoulême perd 5
cantons qui sont rattachés soit à l'arrondissement de Cognac qui
intègre le canton de Rouillac, soit à l'arrondissement de Confolens qui
gagne quatre cantons, ceux d'Aigre, de Mansle, de Ruffec et de
Villefagnan.
L'Église Saint-Léger de Cognac, la ville est sous-préfecture de la
Charente.
La superficie des trois arrondissements est la suivante depuis le 1er
janvier 2008 :
- Arrondissement d'Angoulême : 2
217 km²
- Arrondissement de Cognac : 1 471
km²
- Arrondissement de Confolens : 2
268 km²
Cependant, le nombre de cantons dans le département est demeuré
inchangé à 35, seule leur répartition à l'intérieur des trois
arrondissements a été modifiée.
- Arrondissement d'Angoulême : 16
cantons et 153 communes
- Arrondissement de Cognac : 9
cantons et 112 communes
- Arrondissement de Confolens : 10
cantons et 139 communes.
Le département compte actuellement 404 communes, la dernière
fusion de commune ayant eu lieu en 19971.
L'intercommunalité
en
Charente
Le département de la Charente est actuellement structuré
en plusieurs formes d'intercommunalités dont une communauté
d'agglomération,
celle du Grand Angoulême,
25 communautés de
communes et six pays.
Il partage avec les Deux-Sèvres le plus grand nombre
d'intercommunalités en Poitou-Charentes qui est de 26 contre 25
pour la Charente-Maritime et 20 pour la Vienne.
La
Communauté d’agglomération du Grand Angoulême ou COMAGA
Une communauté d'agglomération est
organisée autour d'Angoulême, la préfecture du département et la
principale ville de la Charente depuis le 1er janvier 2000
après avoir été gérée en district.
La communauté
d'agglomération du Grand Angoulême, dénommée également la COMAGA,
rassemble 15 communes sur près 170 km², soit à peine 3 % de la
surface totale du département. Avec une population de 104 638 habitants
au recensement de 2007, elle est de loin la plus importante
intercommunalité en Charente rassemblant presque le tiers de la
population départementale (29,9 % en 2007).
En Poitou-Charentes, elle occupe le troisième
rang régional, se situant après celles de La Rochelle et de
Poitiers mais
devançant la communauté d'agglomération
de Niort.
- La COMAGA et les communautés d'agglomération de Poitou-Charentes
en 2007 :
(Source : Recensement de 2007 - population municipale INSEE)
| Communauté d'agglomération | 2007 | Nombre
de communes |
| communauté
d'agglomération de La Rochelle |
146 362 hab. |
18 |
| communauté
d'agglomération de Poitiers |
135 106 hab. |
12 |
| communauté
d'agglomération du Grand Angoulême |
104 638 hab. |
15 |
| communauté d'agglomération
de Niort |
101 865 hab. |
29 |
Les
25 communautés de communes
La loi du 6 février 1992, relative à l’administration territoriale de
la République a créé une nouvelle forme d’intercommunalité à fiscalité
propre : les communautés de
communes. Cette nouvelle entité administrative est orientée vers le
développement local dans les deux compétences obligatoires que sont
l’aménagement de l’espace et le développement économique et touristique.
Le département compte 25 communautés de
communes qui sont des regroupements communaux recouvrant pour
l’essentiel les cantons et succédant pour la plupart à des SIVOM ou à
des districts.
Ces intercommunalités regroupent 366 communes rassemblant 234 860
habitants en 2007 soit 67,2 % de la population départementale (contre
53,5 % en Charente-Maritime).
La communauté de communes de
Cognac qui rassemble 14 communes, comprenant toutes les communes
formant les deux cantons de Cognac, est la première communauté de
communes du département par sa population rassemblant 35 073 habitants
au recensement de 2007, soit 1 habitant sur 10 en Charente. En terme
d’intercommunalités en Charente, elle se situe immédiatement
après la COMAGA tandis que dans la région
Poitou-Charentes, elle occupe une honorable dixième place régionale8.
Une autre communauté de communes compte plus de 20 000 habitants en
2007, il s'agit de la communauté de communes
de Haute-Charente qui rassemble 23 533 habitants répartis sur 35
communes.
Cinq communautés de communes ont une population comprise entre 10 000
et moins de 20 000 habitants, dont celle de Jarnac qui la place au
quatrième rang départemental après celle des 3B - Sud-Charente dont le
centre principal est Barbezieux-Saint-Hilaire.
A l’opposé, sept communautés de communes ont moins de 5 000
habitants, et celle du Pays d’Aubeterre compte moins de 2 000 habitants,
c’est la moins peuplée de tout le
département et de toute la région
Poitou-Charentes.
Une fusion de deux communautés de communes a eu lieu, savoir celle du
Seuil Charente-Périgord et celle du Val de Tardoire (sauf la commune de
Rancogne qui rejoint la CC Bandiat-Tardoire) réunies pour former la
communauté de
communes Seuil Charente-Périgord9.
Cette fusion de communauté de communes en Pays Horte et Tardoire
porte à
91 le nombre d'intercommunalités à fiscalité propre en Poitou-Charentes
et avec les sept
communautés d'agglomération, ce chiffre monte à 98 dans la région10.
Par contre, 23 communes sur les 404 qui composent le département de
la Charente n'adhèrent à aucune
intercommunalité (communauté de communes ou communauté d'agglomération).
- Liste des 25 communautés de communes selon leur rang
démographique en 2007
| Rang | Communauté de communes | 2007 | Nombre de communes |
| 1 |
Cognac |
35 073 hab. |
14 |
| 2 |
Haute-Charente |
23 533 hab. |
35 |
| 3 |
3B - Sud-Charente |
16 191 hab. |
37 |
| 4 |
Jarnac |
15 530 hab. |
18 |
| 5 |
Bandiat-Tardoire |
14 115 hab. |
14 |
| 6 |
Braconne et
Charente |
13 439 hab. |
7 |
| 7 |
Confolentais |
12 913 hab. |
26 |
| 8 |
Charente-Boëme-Charraud |
9 612 hab. |
5 |
| 9 |
Rouillacais |
9 373 hab. |
20 |
| 10 |
Grande Champagne |
9 211 hab. |
12 |
| 11 |
Châteauneuf |
8 724 hab. |
13 |
| 12 |
Pays Manslois |
8 216 hab. |
24 |
| 13 |
Vallée de
l'Échelle |
7 752 hab. |
7 |
| 14 |
Sud-Charente |
6 828 hab. |
8 |
| 15 |
Seuil
Charente-Périgord |
7 259 hab. |
15 |
| 16 |
Ruffec |
6 664 hab. |
8 |
| 17 |
Boixe |
5 725 hab. |
11 |
| 18 |
Blanzacais |
5 015 hab. |
13 |
| 19 |
Aigre |
4 819 hab. |
15 |
| 20 |
Montmorélien |
4 721 hab. |
14 |
| 21 |
Horte et Lavalette |
4 715 hab. |
14 |
| 22 |
Pays de Chalais |
3 907 hab. |
11 |
| 23 |
Trois
Vallées |
3 326 hab. |
9 |
| 24 |
Villefagnan |
3 284 hab. |
16 |
| 25 |
Pays d’Aubeterre |
1 974 hab. |
9 |
Les 6 « Pays » de la
Charente
Enfin, six « Pays » structurent l’espace départemental, en dehors de
la COMAGA. Ils découlent de la loi Voynet de
1995.
Définition
Le « Pays » est un territoire de projet caractérisé par une
"cohésion géographique, économique, culturelle ou sociale".
Les six « Pays », mis en place par le Conseil Général de la Charente,
sont des structures dont la
vocation initiale est le développement local fondé sur le développement
économique (accueil de nouvelles entreprises) ou l'aménagement du
territoire (valorisation du patrimoine urbain ou rural) ou encore la
promotion touristique.
A l'échelle de « Pays », le regroupement des communes en Communautés
de Communes permet l'obtention de fonds départementaux, régionaux,
nationaux et européens. Le « Pays » apporte aux communes les moyens
nécessaires à la mise en place de véritables projets de développement
locaux.
Les « Pays » ainsi que la COMAGA couvrent à peu près l'ensemble du
département qui est recouvert par 98,8 % des communes adhérentes à une
intercommunalité alors que la totalité des communes appartiennent à un pays dans le département voisin de la Charente-Maritime.
Les structures de Pays
Créé à l'initiative de communes et/ou de leurs groupements, il fédère
les acteurs du territoire (communes, groupements de communes,
organismes socio-professionnels, entreprises, associations....) autour
d'un projet commun de développement exprimé dans une charte. Il s'appuie
sur un conseil de développement (organe consultatif) et peut
contractualiser avec l'État et la Région.
Au fil des évolutions législatives, les pays ont engagé différentes
démarches de reconnaissance : constatation au titre de la loi du 4
février 1995 (LOADT, Loi d'Orientation et d'Aménagement du Territoire,
dite loi Pasqua); reconnaissance en périmètre d'étude au titre de loi du
25 juin 1999 (LOADDT, Loi d'Orientation et d'Aménagement Durable du
Territoire, dite loi Voynet); reconnaissance en périmètre définitif au
titre de la loi du 2 juillet 2003 (loi Urbanisme et Habitat), dernière
loi sur les pays.
Les six "Pays" de la Charente
Six périmètres de pays ont été définis au titre de la loi
d'orientation pour l'aménagement et le développement du territoire du 4
février 1995 (modifiée par la LOADDT du 25 juin 1999) et par la loi "
urbanisme et habitat " du 2 juillet 2003.