Le Poitou-Charentes est l'une des 22 régions de la France
métropolitaine. Elle regroupe
quatre départements : Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres et
Vienne.
Ses habitants sont les Picto-Charentais.
Elle a pour capitale régionale Poitiers qui est également la plus
grande ville et la plus grande agglomération
urbaine de la région.
Située dans le centre-ouest de la France,
elle regroupe une population de 1 739 780 habitants en 2007 répartie
sur 25 809 km²1,
soit une densité moyenne de 67 hab/km².
Elle est bordée par les régions Centre et Pays de la Loire au nord,
Limousin à l'est et enfin Aquitaine au sud. Sa façade ouest donne sur
l'océan Atlantique.
Histoire
- Aunis
- Angoumois
- Poitou
- Saintonge
L'histoire du Poitou-Charentes commence avec la création des régions,
sous le régime de Vichy. Cette région, correspondant au Centre-Ouest de
la France, sans identité historique, a été créée pour combler le vide
d'influence entre Tours et Bordeaux, en réunissant d'anciennes
provinces: Poitou, Angoumois, Saintonge et Aunis. Poitiers a été choisie
comme préfecture, non à cause d'une prééminence quelconque (elle fait
la même taille que La Rochelle), mais parce qu'elle avait une
université.
• Quelques dates
- 5000-3000 av. J.-C.: prolifération des dolmens en Poitou.
- 52 av. J.-C.: révolte de Vercingétorix et châtiment des
Santons et des Pictons.
IIIe siècle: débuts de la christianisation.
350: saint Hilaire, premier « docteur » de la foi, devient
évêque de Poitiers.
360: saint Martin fonde le monastère de Ligugé.
Ve siècle: les Wisigoths s'emparent de la
région.
476: fin de l'Empire romain.
507: Clovis bat les Wisigoths près de
Poitiers. La région devient franque.
732: Charles Martel arrête les Arabes près de Poitiers.
799: première incursion Viking.
845: les Vikings prennent Saintes.
X-XIes siècle: les comtes-ducs d'Aquitaine
régissent l'actuelle région Poitou-Charentes.
1152: en plus de l'Aquitaine, Aliénor apporte le
Poitou-Charentes à son nouvel époux, Henri Plantagenêt, comte d'Anjou.
Quand celui-ci devient, en outre, roi d'Angleterre, ses domaines
français sont alors aussi étendus que ceux du roi lui-même. Toute la
guerre de Cent Ans découle de cette situation.
1204: première prise de Poitiers par Philippe Auguste. La
seconde, en 1224, sera définitive.
1356: défaite de Jean le Bon à Nouaillé-Maupertuis.
1534-1535: Calvin prêche à Saintes, Poitiers, Angoulême.
1562: début des guerres de Religion.
1630-1700: Des centaines de résidents locaux s'embarquent pour
l'Acadie,
aujourd'hui région du Canada où beaucoup de leurs descendants vivent
toujours.
1790: La province du Poitou est partagée en trois
départements : les Deux-Sèvres,
la Vienne (Haut Poitou) et la Vendée (Bas Poitou). L’Aunis et la
partie ouest de la Saintonge sont réunies pour former la
Charente-Inférieure.
Le département de la Charente correspond à l’Angoumois et
la partie est de la Saintonge.
1815: après sa déchéance, Napoléon Ier s'embarque à l'île d'Aix.
1822: « complot » des quatre sergents de La
Rochelle.
1945: Royan est anéantie par les bombardements alliés.
1966: un pont relie l'île d'Oléron au continent.
1987: inauguration du Futuroscope.
1988: un pont relie l'île de Ré au continent.
1991: nomination d’Édith Cresson, maire de Châtellerault (86),
au poste de Premier
ministre. C'est la première femme à occuper ce poste. Elle démissionnera
en mars 1992 après la cuisante défaite de son parti aux élections
régionales.
1996: enterrement de François Mitterrand à Jarnac.
2002: nomination de Jean-Pierre Raffarin, président de la
région Poitou-Charentes, au poste de Premier ministre. Il sera remplacé
en mai 2005, au lendemain de la victoire du Non au référendum visant à
adopter la Constitution
européenne.
2004: Ségolène Royal fait basculer à gauche le
conseil régional de Poitou-Charentes dont elle devient présidente en
réalisant le meilleur score du PS en France aux régionales cette année
là.
Géographie
Relief
Il y a des bas plateaux formés de roches calcaires d'âge jurassique,
ils sont souvent recouverts de dépôts argileux ou siliceux répandus au
tertiaire depuis les massifs anciens voisins. Donnant des sols peu
fertiles, ils portent des forêts et des landes (brandes), voire des
cultures ou des prairies sur les argiles à châtaigniers de l'ouest. Ces
plateaux sont localement entaillés par les vallées peu encaissées des
cours d'eau rejoignant au nord la Loire et au sud la Charente. Dans les
plaines de terrains calcaires plus tendres (crétacé), situées en avant
des plateaux précédents, les formes de relief s'adoucissent. Dans le
Châtelleraudais et l'Angoumois, un relief de cuestas domine par un
coteau plus redressé et continu les plaines voisines, telles celles de
Neuville et de Matha.
Des marais occupent les dépressions creusées dans les plaines de
l'Aunis et de
la Saintonge.
Du nord jusqu’à l'embouchure de la Charente se succèdent le Marais
poitevin et les marais de Rochefort. Jusqu’à l'estuaire de la Gironde
s'individualisent ceux de Brouage, ceux de la Seudre et
une partie des marais girondins, au sud de Mortagne-sur-Gironde.
Climat
et végétation
Le climat, en Poitou-Charentes, est de nature océanique aquitain pour
la partie charentaise, et océanique ligérien pour la partie poitevine2.
Les précipitations, réparties sur l'ensemble de l'année, varient
environ entre 650 mm et 900 mm, le Nord-est de la région
(Nord du département de la Vienne) étant moins arrosé que le Sud-ouest
(littoral de la Charente-Maritime). Les hivers sont doux, les étés
chauds mais sans excès. La région bénéficie d'un ensoleillement
important (plus de 2000 heures par an sur le littoral). Malgré des
pluies réparties sur l'ensemble de l'année, l'évapotranspiration est
élevée durant les
mois d'été : de mai à septembre.
La neige ne dure jamais longtemps, et les gelées sont de courte
durée.
Sur les sols les moins fertiles, forêts et prairies couvrent de
grands espaces, souvent bocagers. À l'inverse, les labours dominent dans
les
plaines découvertes constituant les paysages d'openfield
caractéristiques appelés « campagnes ». Les marais se différencient
selon qu'ils ont été drainés (marais dits « desséchés ») ou non (marais
« mouillés »), et suivant leur état de culture ou d'abandon. Le Marais
gât regroupe des marais convertis en prairies. Ayant souvent succédé à
des marais salants, certains, près du rivage, ont été transformés en
parcs à huîtres. Des forêts de pins couvrent de petits secteurs
littoraux méridionaux (forêt de la Coubre) ou de l'intérieur (Double
saintongeaise).
Transports
Poitou-Charentes est une
région de transit sur l'axe Paris-Bordeaux
et Nantes-Bordeaux, mais également une destination touristique (Royan,
marais poitevin, etc.). Son rôle de région de transit l'implique
notamment dans le développement de la liaison TGV
Paris-Bordeaux-Espagne-Toulouse. Son rôle de région touristique la
pousse à développer les infrastructures routières « terminales » : mise à
deux voies de la liaison Autoroute-Royan, autoroute de La
Rochelle, contournement de Royan.
La région Poitou-Charentes est traversée du nord au sud par la
nationale N10, voie historique de l'axe Paris-Bordeaux, supplantée il y a
quelques années par l'autoroute A10 dont le tracé a été décalé à
l'ouest pour des raisons économiques et touristiques. Privant ainsi le
département de la Charente de l'autoroute. L'autoroute A10 dessert les
plus
grandes villes de la région telles que Châtellerault, Poitiers,
Niort, Saintes.
L'essentiel du réseau autoroutier est géré par les Autoroutes du Sud de
la France (ASF) et pour une petite partie par Cofiroute.
Les ASF décomposent leur réseau dans la région en trois tronçons d'une
centaine de kilomètres cumulés chacun :
- Niort, qui comprend une partie de l'A83
- Saintes, qui comprend le petit tronçon de l'A837
- Ambarès
À titre indicatif, en 2005 on a pu relever sur chacun des tronçons :
- Niort : 4,2 millions de transactions pour un montant avoisinant 90
millions d’euros
- Saintes : 5,4 millions de transactions pour un montant avoisinant 50
millions d’euros
- Ambarès : 6,5 millions de transactions pour un montant avoisinant 55
millions d’euros
Il y a aussi la ligne TGV Paris- Bordeaux qui dessert Poitiers et
Angoulême et la ligne Atlantique La Rochelle-Paris (via Niort,
Saint-Maixent-l'Ecole et Poitiers), qui permet de rejoindre la gare de
Paris-Montparnasse.
Économie
La viticulture est fortement orientée vers la production de cognac;
le pineau des Charentes est également un débouché
important. La fin programmée de l'exception de la double affectation
parcellaire des terrains viticoles a poussé la région à promouvoir le
vin de pays charentais. Il
rencontre un succès très appréciable, compte-tenu de la proximité du
bordelais.
La maïsiculture irriguée dominante est durement touchée par la
sécheresse notamment en Deux-Sèvres et en Charente-Maritime.
La production d'huîtres à Marennes-Oléron occupe une bonne partie du
littoral maritime.
Le développement du tourisme est une direction visiblement choisie
par les administrations locales, avec le soutien au développement de
parc à thèmes (Futuroscope, l'Ile aux serpents, la Vallée des
singes, etc.). Le Parc du Futuroscope près de Poitiers, ainsi que le Zoo
de La Palmyre près de Royan, représentent à eux deux 50 % des recettes
touristiques de la région.
Le choix du tourisme est une alternative de compensation importante à
la perte d'emplois industriels.
Les services sont particulièrement bien représentés avec la présence
de sièges de société d'assurance à Niort et de
centres d'appel à La Rochelle.
Des grands secteurs de l'économie régionale qui ont le plus évolué
depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, c'est
l'agriculture qui vient en tête. L'abandon de la profession par de
nombreux exploitants trop âgés pour cultiver leurs terres ou trop jeunes
- et donc démunis pour en acquérir de nouvelles -, le regroupement des
exploitations entre quelques mains et la mécanisation ont conduit à une
spécialisation aux dépens de la polyculture,
pourtant de tradition dans nombre de régions du Centre-Ouest.
Chaque ferme, souvent de petite dimension, se livrait autrefois à des
cultures variées (céréales, plantes fourragères, vigne, arbres
fruitiers) et à l'élevage (vaches, porcs, moutons, chèvres, volailles).
Aujourd'hui, une exploitation de 30 à 50 ha se consacre à la culture de
deux ou trois produits : céréales (blé ou maïs), oléagineux (tournesol
ou colza), tabac dans quelques terroirs favorisés de la Vienne, vigne en
Charente (pour la distillation)
et dans quelques secteurs donnant des vins de qualité supérieure
(plaine de Neuville), exceptionnellement d'appellation d'origine
contrôlée (AOC), comme au nord de la Vienne. Suivant les endroits,
l'élevage du
gros bétail est pratiqué pour la fourniture de lait ou de viande, avec
recours aux plantes fourragères et de plus en plus aux aliments
composés.
Les élevages ovins et caprins, le plus souvent en plein air,
fournissent agneaux et fromages de chèvre réputés (chabichou).
Bon an mal an, la Région se situe aux premières places des
producteurs français pour le lait de chèvre, le blé, le tournesol, le
tabac et les graines de plantes fourragères.
Parmi les produits d'appellation d'origine contrôlée ou d'indication
géographique protégée enregistrés auprès de l'INAO le Poitou Charente
produit notamment3 :
- le Beurre des Charentes-Poitou avec des zonages plus restrictifs
pour les Charentes et les Deux-Sèvres (Décret du 29/08/1979)
- le Chabichou du Poitou (Décret du 29/06/1990 modifié)
- le Cognac (Décret n° 2009-1146 du 21 septembre 2009)
- le Pineau des Charentes blanc ou rouge (Décret n° 2009-1132 du 18
septembre 2009)
- l'Agneau du Poitou-Charente (N° national du dossier: IG/03/98)
- les Volailles du Val de Sèvres (N° National du dossier : IG/29/94)
- le Melon du Haut-Poitou (N° National du dossier IG/14/95)
- les Huitres de Marennes - Oléron (N° CEE :
FR-PGI-005-591/16.02.2007)
- le Veau du Limousin (N° national du dossier : IG/39/94)
- la Brioche Vendéenne (N° National du dossier : IG/02/98)
- le Jambon de Bayonne (N° national du dossier : IG/01/95) (élevage
uniquement)
Les eaux-de-vie obtenues dans la région d'appellation pour la
fabrication du célèbre cognac, après une période de
vieillissement dans les chais d'au moins trois ans, sont exportées dans
le monde entier par les grandes maisons de négociants. Le pineau des
Charentes est l'autre fleuron régional.
La pêche, à laquelle se livrent quelques ports du littoral,
principalement ceux de la Cotinière et de La Rochelle-La Pallice, ne
connaît plus le même succès qu'autrefois. L'ostréiculture est toujours
en plein essor dans le bassin de Marennes-Oléron, le premier de France
pour les quantités expédiées. La mytiliculture prospère sur le littoral
d'Aunis. L'aquaculture, avec l'élevage d'autres coquillages et de
poissons, en est encore à ses débuts.
Les collectes effectuées par les laiteries coopératives ou privées
ont donné naissance, depuis un siècle, à une importante production de
beurre, de fromages et de produits dérivés (poudre de lait), plaçant
l'agroalimentaire à un niveau convenable. L'abattage des bêtes d'élevage
n'a, en revanche, pas entraîné une grande industrie de traitement de la
viande. D'anciennes industries ont dû se spécialiser pour survivre : la
papeterie charentaise fournit aujourd'hui des papiers spéciaux, des
scieries traitent des grumes importées pour en faire des panneaux de
contreplaqués et d'agglomérés.
Les industries extractives sont particulièrement bien représentées,
la géologie y permettant une grande variété d'exploitations. Les
deux-sèvres, riches en roches dures de type diorite,
fournissent les granulats pour la viabilité et le ballast des lignes à
grande vitesse. La rareté de ces roches font que ces matériaux
descendent jusqu'à Bordeaux ou remontent à Paris. Les roches
sédimentaires (calcaire) que l'on trouve en Charente et
Charente-Maritime sont exploitées pour en faire de la pierre de taille,
des matériaux de terrassement, des charges minérales pour des
applications industrielles ou agricoles, ou du ciment. Le
Poitou-Charente compte 3 cimenteries : Airvault, la Couronne et
Bussac-Forêt. On peut y ajouter l'extraction de sables alluvionnaires et
de sables marins qui servent à la production de béton.
Les industries des matériaux de construction (briques, tuiles,
produits réfractaires...), quelques branches de la chimie et surtout les
industries mécaniques - allant de l'électrotechnique au matériel de
transport (voitures de chemins de fer, TGV, pièces détachées pour
automobiles, avions, bateaux de plaisance), en passant par des engins
pour la défense nationale - complètent la gamme des activités
régionales. La réussite de quelques firmes a intéressé des sociétés
étrangères; certaines ont pris des participations dans leur capital,
voire les ont totalement absorbées.
Le littoral a suscité très tôt le développement d'un tourisme
familial attirant les habitants des villes du Centre-Ouest et même de
toute la France septentrionale dans quelques stations balnéaires
agréablement aménagées telles que Royan. La région essaie de développer
un tourisme culturel à l'intérieur des terres avec la mise en valeur des
monuments historiques (châteaux, églises romanes…) que l'on peut
découvrir le long d'itinéraires jalonnés. Les villes les plus dynamiques
(La Rochelle, Rochefort, Saintes, …)
essaient de retenir ces mêmes touristes par l'organisation de
manifestations diverses, parfois culturelles. Les vacanciers, dont
beaucoup se dirigent plus au sud, ne font qu'une brève étape, à l'image
de ceux venant visiter le Futuroscope à Poitiers.
Démographie
Les habitants de Poitou-Charentes sont les Picto-Charentais.
La population, après un déclin dû à l'exode rural, connaît une
augmentation légère mais continue, due pour l'essentiel au solde
migratoire. Si jusque dans les années 1990, seuls la Charente-Maritime
et la Vienne voyaient leur population augmenter, c'est désormais le cas
dans les 4 départements de la région. En 2006, la population de la
région Poitou-Charentes était de 1 724 123 habitants, soit 84 000 de
plus qu'au dernier recensement de 1999. Depuis 1999, la région a
progressé au rythme de 0,74 %, pourcentage dû essentiellement à
l'immigration, l'accroissement naturel étant un des plus faibles du
pays.
Ainsi en 2006, selon l'INSEE4,
165 000 personnes résidant dans la région n'y habitaient pas 5 ans
auparavant, ce qui signifie que près de 10 % de la population résidente
s’est installée dans la région depuis moins de 5 ans (soit 2 points de
plus que la moyenne des régions de métropole). Le Poitou-Charentes est
ainsi la 3e région française sur ce critère
d’attractivité résidentielle. La région occupe d’ailleurs le 1er rang pour sa part de nouveaux arrivants pour
les cadres, les artisans et les commerçants. Une forte proportion (87%)
des nouveaux résidants de la région viennent d'une autre région de
France, et 21 000 viennent de l'étranger, dont 41% de ressortissants
britanniques (la proportion atteignant 61 % en Charente et 50% en
Deux-Sèvres).
Parallèlement, toujours selon l'INSEE, près de 109 000 personnes ont
quitté la région Poitou-Charentes et habitent dans une autre région
française. Au jeu des migrations avec le reste de la France, la région
est donc gagnante : le solde des migrations internes est de 35 000
personnes, soit 7 000 par an. La région gagne en moyenne 44 personnes
par an pour 10 000 habitants grâce aux échanges avec le reste de la
France, ce qui la place au 6e rang des
régions françaises pour son taux de migration interne.
Tous les départements n'ont cependant pas le même niveau
d'attractivité : ainsi la Charente-Maritime est de loin le département
le plus attractif de la région, et enregistre près de 5 000 nouvelles
personnes du seul fait des migrations avec le reste de la France.
Suivent la Vienne, qui attire principalement des étudiants, et les
Deux-Sèvres. La Charente présente un solde migratoire avec le reste de
la France quasi-nul.
La population rurale reste majoritaire dans les Deux-Sèvres et en
Charente. Globalement dans la région, les agglomérations ont bénéficié
de soldes démographiques positifs. Au dernier recensement de 2006, si
dans certains cantons les plus ruraux la population continue de diminuer
dangereusement (départ des éléments les plus jeunes), dans l'ensemble
la population s'accroit même dans les zones rurales. Les nouvelles
facilités de communication (TGV, autoroutes A10 et A83) permettent
d'aller travailler dans les grandes villes, pas nécessairement celles de
la Région (Tours, Bordeaux, Nantes, Paris). Le fait nouveau depuis les
années 1980, par rapport à la croissance de la banlieue proche lors des
années 1960 et 70, est le déplacement de cette croissance en périphérie
de plus en plus éloignée. Ce phénomène de rurbanisation ne concerne pas
que les quatre principales agglomérations de Poitou-Charentes, il touche
également les villes moyennes comme Saintes, Rochefort, Châtellerault,
s'étendant dans un rayon qui dépasse les 20 km alentour, voire 30 km pour les plus grandes agglomérations.
La région Poitou-Charentes est l'une des seules dans l'Ouest à ne pas
posséder de grande ville dynamique économiquement qui tire la région
vers le haut (ex: Tours pour le Centre, Nantes en Pays de Loire,
Bordeaux en Aquitaine). Cela se ressent fortement au niveau
démographique, comme évoqué ci-dessus. Bien que Niort soit la quatrième
place financière française5 derrière Paris,
Lyon et Lille, elle
reste méconnue notamment par sa qualité de ville moyenne - 60 000
habitants.
Identité
régionale
La région administrative, créée en 1956, regroupe
les quatre départements formés à la Révolution française à partir des
anciennes provinces du Poitou, de l'Aunis, de la Saintonge et de
l'Angoumois. Seule la première a perdu sa partie occidentale, le bas
Poitou, devenu département de la Vendée (Pays de la Loire). À
l'Angoumois a été rattaché le Confolentais limousin, ainsi qu'une partie
de la
Saintonge, quelques paroisses du Poitou et du Périgord,
pour constituer le département de la Charente.
Culture
- Manifestations culturelles
On dénombre chaque année plusieurs manifestations culturelles et
commerciales d’envergure : à La
Rochelle en Charente-Maritime les Francofolies,
ainsi que le Grand Pavois, seul salon
nautique français à se tenir sur l’eau ; à Angoulême en Charente le
Festival international de la bande dessinée mais aussi
le festival culinaire des Gastronomades, à Cognac Blues Passion et le
Festival du
film policier. Sans oublier le plus vieux festival de la région : le
festival International de Folklore de Confolens (50 ans de festival en
2007).Le Futuroscope de Poitiers est le pôle touristique de la région,
dans la ligne des
grands parcs, qui accueille plus d’un million de visiteurs par an.
Le festival biennal du Nombril à Pougne-Hérisson (Deux-Sèvres),
se fait quant à lui une place de plus en plus importante au milieu des
manifestations françaises dédiées à l'oralité, au conte et au mélange
des arts de la scène.
En Poitou-Charentes, les édifices romans témoignent d'une
architecture fervente, pétrie d'influences, faite d'invention mais aussi
de mesure et d'équilibre. Des centaines d'églises romanes parsèment la
région, la Saintonge en est le fleuron, chaque église de village est une
œuvre de l'art des campagnes. Aux XIe et XIIe siècles, les chantiers fleurissent un peu
partout dans la région. Pour le plus grand plaisir des esthètes qui,
aujourd'hui, découvrent avec émerveillement le pont de Taizon, l'Abbaye
aux Dames de Saintes, la cathédrale Saint-Pierre
d'Angoulême, l'Église
Saint-Pierre-de-la-Tour d'Aulnay, les églises de Melle ou l'église
Notre-Dame de Poitiers et tant de sites encore…
En Poitou-Charentes, la richesse du patrimoine religieux est
largement dominée par l'art roman. Les quelques 600 monuments qui
jalonnent la région sont autant de témoins d'une architecture née au Xe siècle sur les chemins de
Saint-Jacques-de-Compostelle. Une architecture fervente, pétrie
d'influences, faite d'invention mais aussi de mesure et d'équilibre. Le
Centre des monuments nationaux accueille le public dans plus de cent
hauts lieux de l'histoire. Une autre façon de découvrir la richesse du
patrimoine de la France.
- Église Notre-Dame la Grande à Poitiers
- Château d'Oiron
- Abbaye de Charroux à Charroux
- Site gallo-romain de Sanxay
- Baptistère Saint-Jean de
Poitiers
- Site gallo-romain de Chassenon (Charente): les thermes de Chassenon
- Hôtel de ville La Rochelle (Charente-Maritime)
- Tour de la Chaîne La Rochelle
(Charente-Maritime)
- Tour de la Lanterne dite des
Quatre-Sergents La Rochelle (Charente-Maritime)
- Tour Saint-Nicolas La Rochelle
(Charente-Maritime)
- Abbaye de Fontdouce à Saint-Bris-des-Bois en
(Charente-Maritime)
- Église monolithe d'Aubeterre-sur-Dronne (Charente)
- Abbaye de l'Etoile Archigny, vallée de la Vienne (Vienne)
- Basilique Saint-Hilaire de Poitiers
- Abbaye de Saint-Benoît Saint Benoît, (Vienne)
- Abbaye Saint-Martin de Ligugé, (Vienne)
- Abbaye de Saint-Savin, fresques classées au patrimoine de
l'unesco(Vienne)
- Abbaye et ville médiévale de Nouaillé Maupertuis (Vienne)
- Ville médiévale et châteaux de Chauvigny (Vienne)
- Abbaye des
Châteliers : La Flotte-en-Ré, Île de Ré (Charente-Maritime)
- Abbaye royale Celles-sur-Belle, vallée de la Boutonne
(Deux-Sèvres)
- Donjon de Niort (Deux-Sèvres)
- Donjon de Pons, et hôpital des pèlerins à Pons en
Charente-Maritime
- Pont Henri IV à Châtellerault
La gastronomie
- Huîtres de Marennes-Oléron, cognac, pineau des Charentes, beurre
AOC, mojhettes, escargots
(cagouilles), agneau, fromage de chèvre, chabichou…, la liste est loin
d'être exhaustive et témoigne de l'extraordinaire richesse gastronomique
du Poitou-Charentes. Ici, la nature est généreuse et donne en abondance
les produits nécessaires à une cuisine saine et authentique. Réputés
pour leur saveur, les fleurons du terroir régalent les gourmets et
figurent en bonne place sur les tables des plus grands restaurants.
- cognac : s'étend sur la Charente, la
Charente-Maritime et les Deux-Sèvres. Il y a six crus : la Grande
Champagne, la Petite Champagne, les Borderies, les Fins Bois, les Bons
Bois, les Bois Ordinaires et les Bois Communs. Depuis plus de quatre
siècles, cette eau-de-vie au bouquet subtil et délicat constitue la
principale richesse de la région.
- pineau des Charentes : il n’est pas
seulement le fruit de la vigne, mais aussi celui du hasard. Blanc, rouge
ou rosé, fait d'un mélange de subtil jus de raisin des Charentes et de
Cognac.
- Vin de pays
charentais : vins blancs, rosés et rouges.
- Les vins du Haut-Poitou: les cépages du "Haut-Poitou" sont
devenus les indispensables compagnons de la cuisine régionale.
Le Chardonnay s'harmonise avec les crustacés et les poissons en
sauce. Le Sauvignon accompagne aussi bien les fruits de mer que les
fromages de chèvre. Le Gamay, léger et fruité, s'accorde avec les
cochonnailles et les potées hivernales alors que le Cabernet se sert
avec les viandes et les volailles.
- L'angélique: C'est une plante aromatique cultivée
traditionnellement dans la région de Niort mais aussi en
Charente-Maritime, pour la confiserie et la liquoristerie.
L'angélique est une plante bisannuelle de
la famille des ombellifères pouvant atteindre 2 mètres de hauteur en
terrain frais et ensoleillé. La
plante fleurit lors de la 3e année de
végétation. Elle possède des propriétés toniques, stimulantes,
digestives et antispasmodique.
L'angélique se consomme directement ou s'utilise en pâtisserie pour
parfumer la galette au beurre.Surnommée "l'herbe des anges" dans les
Deux Sèvres, l'angélique se consommait autrefois pour le goûter
accompagnée d'une tartine de pain.
La liqueur d'angélique est un liquide translucide d'un vert
dense contenant 40% d'alcool en volume, très légèrement sirupeux,
composé d'angélique de cognac, de sucre (saccharose) et d'eau distillée.
La liqueur d'angélique se consomme glacée en digestif aussi bien pure
que sur de la glace pilée. Elle est très utilisée dans la préparation de
nombreux cocktails, sorbets et desserts.
- Les huîtres de Marennes-Oléron: l’alliance
des eaux douces et salées sous un climat ensoleillé fait du bassin de
Marennes-Oléron le plus important lieu de production d'huîtres de France
et l'unique de France qui pratique la culture en claires.
- Les moules de Bouchots : élevées près de Fouras, de
Brouage, de Charron,
dans les îles de Ré, d'Oléron et en baie de l'Aiguillon.
- Les fruits de la pêche : le poisson fait partie de la culture
culinaire régionale.
Les céteaux se mangent grillés ou meunières. Les barbarins (petits
rougets) cuisent dans du gros sel avant d'être dégustés. La sardine
"royan" s'apprécie fraîche ou grillée.
- L'agneau du Poitou-Charentes : est issu d'une longue
tradition d'élevage pour sa viande dont la qualité et la saveur sont
unanimement reconnues. Sa saveur délicate en fait un des plats régionaux
parmi les plus appréciés.
- Les vaches de race Limousine et Parthenaise : la parthenaise
est une race bovine issue d'une longue tradition d'élevage. Sa viande
« haut de gamme » (certifiée Label rouge) aux muscles volumineux, de
couleur appétissante, rouge bien vif, est juteuse et savoureuse en
bouche.
- Autres viandes : le "Porc de la Frairie" certifie aux
consommateurs un produit de qualité reconnue. Le lapin reste une
production de tradition qui place l'élevage de la région en troisième
position.
- Les fromages de chèvre : le Poitou-Charentes collecte les
trois quarts du lait de chèvre français et offre toute une gamme de
fromages ronds, en boîte, parmi lesquels le "Bougon", le "Mothais", le
"Saint-Loup"... parfois garnis de feuilles
de châtaignier.
- Le beurre Charentes-Poitou : appellation d'origine contrôlée,
fabriqué exclusivement à base de crème de lait pasteurisé. Ce beurre
haut de gamme est produit dans les deux Charentes et des trois
départements (Vienne, Deux-Sèvres et Vendée) de l'ancienne province du
Poitou.
- Le melon charentais : le terroir ensoleillé de
Poitou-Charentes permet la culture de melons de grande qualité. Le
Poitou-Charentes est la troisième région productrice de France.
Aujourd'hui, le melon charentais est mondialement reconnu.
- Desserts: tourteaux, broyés, cornuelles, angélique, liqueur
verte, et en
Saintonge, la santonine…
Figures
importantes de la
région
- Charles Martel : Grand père de
Charlemagne qui a repoussé les Arabes à Poitiers.
- Aliénor d'Aquitaine : née en 1122, la fille
du comte de Poitou épouse le roi de France Louis VII, puis le futur roi
d’Angleterre Henri II. Elle est ainsi indirectement à l'origine
de la guerre de Cent Ans.
- François Ier,
né François d'Angoulême roi de France, né à Cognac
- Théodore Agrippa d'Aubigné,
né près de Pons en 1522, fut un homme de guerre, écrivain et poète
baroque protestant († 1630).
- François Ravaillac, né en 1577 à Magnac sur Touvre près
d'Angoulême, le célèbre régicide d'Henri IV.
- Jean-Louis Guez de Balzac : né
et mort à Angoulême (1597-1654), le
« restaurateur de la langue française » est surtout connu pour ses
recueils de lettres d'une haute valeur littéraire.
- François de la
Rochefoucauld: né à Paris en 1613, issu de l'illustre famille
des La Rochefoucauld dont le château de famille se situe à l'est
d'Angoulême, gouverneur du Poitou, il reste surtout célèbre pour son
recueil de "Maximes" dont il rédigea une grande partie au château de
Verteuil au nord de l'Angoumois sur la Charente, alors qu'il était exilé
sur ses terres par le roi.
- Françoise d'Aubigné :
petite-fille d'Agrippa d'Aubigné, née à Niort en 1635, elle fut
chargée de l'éducation des enfants de Louis XIV et Madame de Montespan.
Elle supplanta bientôt celle-ci
auprès du roi, qui fit d'elle la marquise de Maintenon.
- Alfred de Vigny (1797-1863) : ancien « mousquetaire rouge » à
l'aspect
souffreteux, météore littéraire lancé par Victor
Hugo, le poète passa de longues années "dans sa tour d'ivoire", sur
ses terres du Maine-Giraud, près d'Angoulême.
- Honoré de Balzac (1799-1850), qui
séjourna à la Poudrerie d'Angoulême en 1831, 1832, et 1833, chez son
amie Zulma Carraud a fait d'Angoulême une ville balzacienne par
excellence. Dans Illusions perdues, il détaille avec minutie la
partie
haute (Le Plateau), la partie basse de la ville (L'Houmeau).
- Édith Cresson, première femme Premier ministre du
Gouvernement de la République
française (de mai 1991 à avril 1992), nommée quatre fois ministre,
Commissaire
européenne à la recherche, aux sciences et technologies, et maire
de Châtellerault.
- Eugène Fromentin, né et mort à La
Rochelle (1820-1876), fut un
peintre et écrivain orientaliste fécond.
- Émile Combes : né en 1835, cet
homme politique anticlérical, un des responsables de la loi
de séparation des Églises et de l'État de 1905, est mort à Pons en
1921.
- Émile Zola : né en 1840, l'auteur
de Nana passe souvent ses vacances à Royan, chez
son éditeur. Il y tombe amoureux d'une jeune lingère, Jeanne, avec qui
(bien que déjà marié) il aura deux enfants.
- Pierre Loti : né à Rochefort en 1850 et
enterré à l'île d'Oléron, Julien Viaud (de son vrai nom) est aussi
célèbre pour ses romans exotiques que pour ses excentricités. Il a passé
sa vie à fuir sa Charente-Maritime natale pour mieux y retourner. Sa
maison à Rochefort est devenue un musée.
- Le docteur Émile Roux, né en 1853 à Confolens,
fut un des plus proches collaborateurs de Louis
Pasteur, avec lequel il fonda l'Institut Pasteur ; on lui doit la
découverte du sérum sérum
antidiphtérique. Ses travaux furent récompensés par la prestigieuse
médaille Copley en 1917.
- Jean Monnet : le "père de l'Europe" est né à Cognac en 1888.
- François Mitterrand Président de la République
française de 1981 à 1995, est né en 1916 à Jarnac, où
il est enterré.
- René Monory, homme politique français, né en
1923 et
mort en 2009 à Loudun,
ville dont il fut maire pendant 40 ans (1959-1999). Il est l'un des
fondateurs du Futuroscope de Poitiers.
Il fut, entre autres, président du Sénat (1992-1998), trois fois
Ministre et président du conseil régional.
- Jean Bernard, professeur en médecine, membre de
l'académie française, décédé en 2006, enterré à Aizecq en Charente où il
avait sa maison de
famille.
- Jean-Pierre Raffarin : né en 1948 à Poitiers,
il fut premier ministre de 2002 à 2005 et président du conseil
régional.
- Ségolène Royal née en 1953 à Dakar:
présidente du Conseil régional, femme politique de poids au parti
socialiste dont elle fut la
candidate à l'élection présidentielle de 2007, où elle a obtenu au
second tour 47 % des voix.
- Brian Joubert né en 1984 à Poitiers:
patineur artistique né à Poitiers
- Laurent Cantet : cinéaste né à Melle le 15
juin 1961.
Palme d'or à Cannes en 2008 pour "Entre les murs" (A l'unanimité des
membres du jury).