Le département d'Indre-et-Loire est un département français
situé en région Centre. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 37.
Histoire
Article détaillé : Histoire d'Indre-et-Loire.
Le département d'Indre-et-Loire fut créé en 1790 avec les
82 autres départements français. Son territoire reprenait presque
exactement les limites de l'ancienne province de Touraine à laquelle fut
ajoutée toute la partie orientale de l'ancienne province
d'Anjou allant de Bourgueil, sur la Loire, jusqu'à Château-la-Vallière
au nord en passant
par le domaine de Gizeux. Les extrémités nord-est et sud-est lui furent
par contre retranchées : Chissay-en-Touraine est ainsi, par
exemple, aujourd'hui dans le département de Loir-et-Cher.
Enfin la ville de Richelieu, qui fut, dès sa
création par le cardinal de Richelieu, rattachée sur
le plan administratif, judiciaire et financier, au gouverneur de Saumur
et
au pays saumurois, fut intégrée au tout nouveau département
d'Indre-et-Loire en 1790. En revanche la partie orientale de l'ancienne
province de Touraine fut rattachée aux département de Loir-et-Cher
(région de Montrichard) ou de l'Indre (environs de Mézières-en-Brenne et
Écueillé).
Politique
1789
- 1870 : Une terre conservatrice mais avant tout modérée
la Touraine, séjour des rois de France, demeura longtemps une terre
conservatrice, comme le note Honoré de Balzac dans plusieurs de ses
romans. Néanmoins,
avant tout, elle demeure une terre modérée, rarement en proie aux
passions politiques. Au cours des premières années de la Troisième
République elle demeurait
royaliste.
L'Indre-et-Loire
sous la République : une terre radicale
Vers
le républicanisme rural.
Peu à peu néanmoins, le département d'Indre-et-Loire devint une terre
de républicanisme et, plus précisément, de radicalisme tempéré puis de
radical-socialisme, à
dominante rurale. C'est ainsi que le gendre du président Jules
Grévy, M. Wilson, fut député de Loches. Camille Chautemps fut député
d'Indre-et-Loire durant
l'entre-deux-guerre. Après la victoire de 1918 la rue
Royale à Tours devint la rue Nationale. Cet ancrage au centre-gauche fut
une constante jusqu'à la guerre de 1940, même si,
les décennies passant, il se colora d'un certain conservatisme.
Saint-Pierre-des-Corps,
bastion communiste
Dès sa naissance en 1920 au congrès de Tours, le Parti communiste
français fut fort
d'un bastion en Indre-et-Loire, celui de Saint-Pierre-des-Corps, près
de Tours, qui,
par ses implantations ferroviaires, est fort d'une identité ouvrière. La
commune ne l'a d'ailleurs jamais trahi depuis, et Marie-France Beaufils
demeure à la
fois maire et sénatrice de Saint-Pierre.
L'après-guerre
en Touraine : Jean Royer et André-Georges Voisin
L'Indre-et-Loire de l'après-guerre est assez largement dominée par
deux figures fortes : celle de Jean Royer, maire de Tours de 1958 à 1995
et député
du département de 1958 à 1999, infatigable bâtisseur, et celle
d'André-Georges
Voisin (1918-2008), conseiller général de l'Île-Bouchard, président du
Conseil Général
des années 1970 au début des années 1990, qui dota la Touraine de son
étoile autoroutière à cinq branches et construisit un grand nombre de
ponts. Ces deux personnalités gaullistes n'en demeurent pas moins
singulières, et peu en phase avec les découpages partisans classiques.
Le retour à la
tradition de centre-gauche ?
Le basculement de la mairie de Tours à gauche en 1995 et celui du
département en mars 2008 confirment le retour d'une gauche modérée sur
la scène politique
tourangelle. Jean Germain, en ce sens, s'inscrit bel et bien
dans une tradition radicale et socialiste dont Yves
Dauge, sénateur de Chinon, n'a cessé d'être le représentant. Quant au
Conseil Général présidé depuis 2008 par Claude
Roiron, il a basculé pour la première fois à gauche lors des
dernières cantonales ; la carte politique du département n'en est pas
moins très duale, entre des campagnes massivement à droite, et une
agglomération tourangelle à gauche. A ce titre, il semble hasardeux de
parler de retour à une tradition politique : le socialisme urbain
d'aujourd'hui semble a priori bien éloigné du radicalisme rural d'hier.
Géographie
Situation
Le département d'Indre-et-Loire fait aujourd'hui partie de la région
Centre qui regroupe les départements d'Eure-et-Loir,
de Loir-et-Cher, d'Indre-et Loire, du Loiret, de l'Indre et du Cher. Il
est limitrophe des départements
de Loir-et-Cher, de l'Indre, de la Vienne, de Maine-et-Loire et de la
Sarthe.
Un Parc naturel régional concerne en partie le département
d'Indre-et-Loire : le Parc naturel
régional Loire-Anjou-Touraine, situé entre Angers (Maine-et-Loire) et
Tours.
Géographie
physique
L'Indre-et-Loire se situe à l'extrémité sud du Bassin parisien ;
baignée par la Loire, l'Indre et la Vienne, ainsi que par le Cher, et
leurs multiples affluents, sa topographie est
assez vallonnée au sud, alors que le nord demeure tabulaire.
Climat
Le climat d'Indre-et-Loire est tempéré. La Loire est souvent utilisée
comme frontière climatique entre nord et sud de la France. Les étés
sont en règle générale assez chauds (température maximale annuelle
dépassant toujours les 33 °C), des températures
supérieures à 42 °C ont ainsi été enregistrées
en 1947 et 2003.
À l'inverse, les températures très basses sont rares, descendant
rarement sous les -10 °C seuil franchi en 1985/1986
et 1996/1997. La Loire
gèle alors, on rapporte ainsi que lors d'un hiver particulièrement
rigoureux on a pu la traverser à pied (hiver 1956). Le
fleuve charrie des blocs de glace lorsque la température descend sous
les -10 °C.
La pluviométrie est assez faible (de 500 à 700 mm par an), ce qui
peut engendrer de graves
situations de sécheresse comme en 1976, 2003 ou 2006. La neige
est également rare (pas plus de 10 jours par an).
Économie
Tours :
une agglomération tertiaire et administrative
Ville bourgeoise et commerçante, Tours, en
dépit des implantations ferroviaires à Saint-Pierre-des-Corps, ne fut
jamais
un centre industriel de grande ampleur. Son centre, classiquement,
abrite des services de qualité, de commerce et de restauration, dans les
domaines culturel ou de d'habillement ; en matière d'enseignement, il
est doté de plusieurs lycées, dont le prestigieux Lycée Descartes, et de
l'Université
François Rabelais. Il est structuré autour d'importantes
administrations, la mairie de Tours, le Conseil Général
d'Indre-et-Loire, ainsi que la préfecture du département.
L'économie rurale en
Indre-et-Loire
Il convient de distinguer en Indre-et-Loire quatre ensembles ruraux,
bien distincts sur les plans géographique et économique.
L'axe ligérien
Traditionnellement la Loire est propice au développement des cultures
maraîchères. Elle le demeure aujourd'hui. S'y rattachent les vignobles
de Vouvray.
Le Chinonais
Les pays de la Vienne se distinguent par l'importance du vignoble de
Chinon,
et la structure en domaines et coopératives viticoles, très prégnante
dans l'économie rurale.
La Gâtine
(Touraine du nord et du nord-ouest)
Espace pauvre et en déprise partielle, la Gâtine tourangelle est
touchée de plein
fouet par les mutations du monde agricole.
La Touraine
du sud-est
Espace rural préservé, traditionnel et polyvalent sur le plan
agricole, la Touraine du sud-est, autour de Loches,
est surtout un lieu de tourisme, de villégiature ; les résidences
secondaires y tiennent une place importante.
Démographie
Les habitants d'Indre-et-Loire sont appelés Tourangeaux (par
analogie entre le département actuel et l'ancienne province de Touraine
qui lui correspondait). Cette appellation qui se confond avec celle des
habitants de Tours peut parfois prêter à confusion, et on a connu
différentes tentatives
sans succès pour trouver un autre gentilé aux habitants du département,
comme Indréloiriens ou Indro-ligériens.