La Région Bretagne (Rannvro Breizh en breton et Région
d'Bertaigne en gallo) est une des 22 régions françaises de la
France métropolitaine. Composée des départements des Côtes-d'Armor, du
Finistère,
de l'Ille-et-Vilaine et du Morbihan,
sa préfecture et sa plus grande ville est Rennes.
Baignée par la Manche au nord et par le golfe de Gascogne au sud,
elle est limitrophe des régions Basse-Normandie et Pays de la Loire.
Son nom vient de la Bretagne, ancien royaume et ancien duché, dont
elle reprend une partie du territoire.
Histoire
Article détaillé : Histoire de la Bretagne.
Elle est née tout comme les autres régions administratives dans la
seconde moitié du XXe siècle. Les limites
territoriales actuelles de la Bretagne sont inspirées d'un décret1 du 30 juin 1941 rédigé par le
Maréchal Pétain et
publié le 1er juillet 1941 dans le Journal
officiel de l'État français pendant la Seconde Guerre mondiale,
sous
l'occupation allemande. Ce décret a créé une région appelée Région de
Rennes constituée par les départements des Côtes-du-Nord, du
Finistère,
d'Ille-et-Vilaine et du Morbihan.
Par la suite, un arrêté ministériel du 28 novembre 19562 signé sous la Quatrième République, a
explicité le
cadre des "programmes d'action régionale" introduits par un décret du 30
juin 1955 ; les
évolutions jusqu'à aujourd'hui du statut de ces circonscriptions ne
verra pas de modifications des limites de la région créée alors en
Bretagne. Son nom est celui de la Bretagne dont elle reprend 80 % de la
superficie, amputée de l'actuelle Loire-Atlantique.
Emblèmes
Blason
Blason de Bretagne
D'hermine plain
Le Gwenn ha Du,
le drapeau breton moderne
Article détaillé : Drapeau de la Bretagne.
Logotypes
En 2005, la Région Bretagne a changé son logo qui avait vingt ans. On
le retrouve sur tous ses supports de communication et tous les
événements dont elle est partenaire. Son nouveau logo a gardé les points
forts de l'ancien : la forme carrée, l'intitulé "Région Bretagne", des
couleurs (le bleu et le vert) symbolisant à la fois l'Argoat (la terre)
et l'Armor (la mer). « Mais il a évolué vers un sigle au design à la
fois plus moderne (couleurs et typographie) et plus porteur de
l'identité bretonne d'un point de vue communicationnel. Une hermine très
stylisée reprend la forme géographique de la Bretagne, évoquant ainsi à
la fois les racines et le dynamisme d'une Bretagne en mouvement. »3.
Ce logotype existe avec une inscription en breton : "Rannvo Breizh"
(région Bretagne) à la place de l'inscription en français.
Géographie
La Bretagne est la région française qui bénéficie de la plus grande
longueur de côtes. On distingue traditionnellement les régions côtières
(l'Armor, le littoral) des régions centrales (l'Argoat, le bocage).
Bien que peu élevé, le relief est partout très marqué dans les zones
rocheuses, plus doux dans les zones limoneuses de l'est et du sud.
Climat
Il s'agit d'un climat océanique, donc tempéré, surtout le long des
côtes, avec de faibles différences de températures entre l'été et
l'hiver. Le vent de nord-ouest (noroît en français, gwalarn en breton) domine au nord. Les pluies sont fréquentes, mais fines. Dans
une même journée, il est courant qu'alternent éclaircies et ciel
couvert. La végétation est abondante. La Bretagne était autrefois un
pays de bocage ; la réorganisation des parcelles dans les années 1960
(le remembrement) a éliminé une grande partie des
haies bordant les champs, permettant de moderniser l'agriculture mais
entraînant un lessivage de la couche superficielle des champs. Ce
remembrement s'est fait à plus basse échelle que dans de nombreuses
plaines céréalières du reste de la France (Beauce, Champagne...).
Comme toute région avec un grand littoral, ici amplifié par le climat
océanique tempéré, il n'est pas surprenant d'avoir des conditions
météorologiques différentes entre le proche littoral et les villes à
quelques kilomètres dans les terres. Il en va de même pour les
températures.
A plus forte échelle, et sauf dans le cas de dépressions majeures, il
faut remarquer que le climat reste sensiblement différent entre le
Nord-Bretagne et le Sud-Bretagne.
Ce climat permet une plus grande homogénéité des températures sur
l'année, même si les saisons restent marquées.Seul l'hiver ici est moins
froid. La pluviométrie, sujet souvent discuté quant à cette région,
n'est malgré tout que faiblement supérieure à d'autres régions, comme
par exemple l'Île-de-France. Cela provient des vents d'ouest
et nord-ouest, qui déplacent les éventuelles perturbations vers le
centre et le nord de la France. Il n'est guère possible de donner de
règle à la région entière, tant les statistiques sont différentes entre
les différents secteurs, tels Brest, Quimper,
Lorient,
Morlaix ou encore Saint-Brieuc.
Gastronomie
La gastronomie bretonne est essentiellement tournée vers les produits
de la mer depuis le XIXe siècle et le
développement du tourisme. Les produits de la pêche, souvent du jour,
sont fortement représentés dans les étals des commerces. De même, au
niveau semi-industriel, on trouve de nombreuses spécialités de la mer en
conserve, souvent en provenance de secteurs proches: rouille, soupe de
poisson, tourteaux, araignées de mer, concentré de poissons, produits
élaborés (traiteur) des pêches, algues comestibles, etc...
L'on dispose aussi, en surgelé, des nombreuses spécialités
régionales, comme par exemple les coquilles Saint-Jacques préparées et
de nombreux plats de poissons.
L'ostréiculture est très présente en Bretagne,
que ce soit à grande échelle en magasin, ou directement auprès des
nombreux petits producteurs qui jalonnent les côtes, et qui pour la
majorité vendent directement leur production dans leurs magasins, la
plupart à proximités des petits ports.
La région est également leader en France (à plus de 90%) en
production de certains légumes, comme les choux, vers Saint-Pol-de-Léon.
Pour ne citer actuellement que quelques spécialités très "typiques" :
- les galettes de sarrasin ou bien les crêpes, salées ou sucrées selon
les envies,
préparées traditionnellement avec de la farine (froment ou de sarrasin
-blé noir-), des œufs, du lait, de l'huile. C'est généralement avec des
œufs, du jambon, du fromage et/ou du beurre (demi-sel) mais les crêpes
sont aussi proposées fourrées au choix de fruits de mer, de poissons,
d'andouilles bretonnes (Baye et Guéméné), de fondue de poireaux, etc...;
- les Bretons sont également friands de gâteaux : gâteau breton, far
breton, kouign amann (uniquement à base de sucre et de
beurre demi-sel) ;
- la cotriade : une soupe de poissons en marmite, accompagnée de
légumes et aromates. Il s'agit d'une sorte d'équivalent régional à la
Bouillabaisse des Méditerranéens. Cette soupe, réalisée le plus souvent
"maison" et en grande quantité, commence à se trouver dans le commerce
régional grâce aux conserveries portuairesréf. nécessaire ;
- le kig ha farz, genre de pot-au-feu breton, à base de légumes et
de farine de sarrasin.
Économie
L'économie de la Bretagne est tournée vers l'agriculture et les
industries agroalimentaires, le tourisme estival sur la bordure côtière,
et quelques pôles technologiques avancés (Rennes, Lannion).
On retrouve des sièges de grands groupes mondiaux tels que Bolloré à
Quimper ou encore Cummins.
Depuis 2 ans maintenant, et amplifié par la crise mondiale, de
nombreux "pays" bretons investissent massivement dans le secteur
tertiaire, et plus précisément commercial. L'on observe donc la
construction rapide de nombreuses et grandes zones commerciales fortes
et modernes en périphérie des villes moyennes, qui y voient un éventuel
moyen de subsistance et un atout pour l'avenir, d'autant que la
démographie bretonne reste très élevée. La région entière tente, non
sans mal, de se diversifier afin d'être moins dépendante d'un secteur
industriel agro-alimentaire fort mais sensible, et par-là même essaie de
se moderniser.
Transports
Tant que les liaisons maritimes ont prévalu sur les liaisons
terrestres, la position de la Bretagne, passage et escale obligée au
milieu de la façade atlantique de l'Europe lui
a valu une certaine prospérité. Mais elle a souffert de son isolement
géographique principalement lors du XXe siècle.
En effet, le fait d'être positionné sur un nœud de transport est un
facteur essentiel du développement des infrastructures.
Depuis 2003,
la Bretagne dispose d’une seule et unique autoroute (A84), venant de
Caen (limitée à
130 km/h jusqu'à la rocade de
Rennes). En lieux et place, la région est dotée d'un réseau de routes
pour automobile, surnommé « Voies Express de Bretagne », qui longe
approximativement les côtes de la région; des liaisons transversales
existent depuis Rennes vers Vannes et Lorient ainsi que vers Nantes.
Les routes nationales bretonnes sont
toutes gratuites, conséquence, d'une volonté politique remontant au
général De Gaulle. Celui-ci voulait en effet
compenser l'éloignement géographique de la région par la gratuité des
voies terrestres.
Transport
aérien
La Bretagne compte sept aéroports dont trois aéroports internationaux
(Brest, Rennes et Dinard Saint-Malo).
La Bretagne dispose de trois compagnies aériennes, Brit Air dont le
siège social se trouve à Morlaix,
Régional dont le
siège social se trouve à Nantes et Finist'air qui effectue la liaison
Brest-Ouessant.
Chemin de fer
Article détaillé : TER
Bretagne.
Le réseau ferré français est un système étoilé. C'est-à-dire que les
liaisons partent en rayon depuis le centre (Paris).
Ainsi, il n'existe plus que deux lignes ferroviaires principales
Rennes-Brest (via Saint-Brieuc) et Rennes-Quimper (via Lorient).
Les liaisons transversales (axe nord-sud) sont moins équipées et de
fait plus difficiles en termes d'horaire et de correspondance. Il faut,
cela-dit, relativiser, le TER se développant régulièrement
dans la région ces dernières années, que ce soit en interne ou par
alliance avec la Loire-Atlantique (vers Nantes).
Rappelons que le nom complet des deux lignes principales est:
« Paris-Quimper » pour la première et « Paris-Brest » pour la seconde.
Par contre, et bien que ces lignes portent des TGV, il est à
noter que la LGV (les rails propres à supporter la grande vitesse)
s'arrête au Mans. Il est à noter l'avantage de nombreuses villes
côtières
de Bretagne qui sont directement desservies par le TGV. Ces villes
peuvent également proposer différents types de trains : comme une ville
de taille moyenne comme Quimperlé où y circulent des TGV, des trains
Grandes Lignes (Corails avec ou sans
compartiments) ainsi que des TER.
Démographie
La région Bretagne est peuplée de 3 120 288
habitants au 01/01/2007 (décret n°2009-1707 du 30 décembre 2009), sur un
territoire de 27 208 km2.
La densité de 115 hab/km² est égale à
celle de la France mais plutôt élevée par rapport aux autres régions de
province.
La population est en croissance régulière depuis l'époque des Trente
Glorieuses. La région a dépassé les 3 millions
d'habitants en 2003.
Au recensement de 1911, la population bretonne atteignit un maximum
historique de 2 601 715 habitants. Une longue descente s'ensuivit, suite
aux deux guerres mondiales, si bien qu'en 1946-54, la population
n'avait quasi pas augmenté par rapport à 1851. Avec le baby-boom d'après
guerre, une lente montée se dessina, mais fort molle au départ, si bien
qu'en 1975, la région n'avait pas encore récupéré les pertes subies
depuis 1911. À partir de la fin des années 1960, la croissance
s'accéléra sous l'effet de la natalité surtout jusqu'en 1975, puis de
l'immigration venue prendre progressivement le relais. Depuis 1996, la
dynamique s'est fortement amplifiée, et la région, devenue fort
attractive affiche désormais une des plus fortes croissances de la
métropole.
Deux départements s'octroient la plus grande partie de
l'accroissement : l'Ille-et-Vilaine grâce à l'expansion de Rennes
surtout, et le Morbihan, département côtier devenu fort attractif, et
réputé pour son climat.
À l'accroissement de 268 000 habitants observé en 15 ans, de 1990 à
2005, en région Bretagne, s'ajoutent les 158 000 habitants
supplémentaires de la Loire-Atlantique. C'est-à-dire 426 000 bretons
supplémentaires en 15 ans, dont 233 000 durant les six dernières années
(près de 38 700 par an). La Bretagne historique connaît un véritable
boom démographique largement supérieur à ce qu'elle a connu entre 1968
et 1980. La croissance récente dépasse désormais proportionnellement
celle que connaît la région Rhône-Alpes, et se rapproche de
fort près des performances de la région Provence-Alpes-Côte
d'Azur.
Pour 2006, l'INSEE donne les indices de fécondité suivants: 2.24 pour
les Côtes d'Armor ; 2 pour le Finistère, 1.96 pour l'Ille-et-Vilaine,
2.10 pour le Morbihan. La région Bretagne affiche ainsi pour cette
année-là un indice conjoncturel de fécondité de 2.04 enfants par femme,
ce qui la place légèrement au-dessus du taux métropolitain moyen d'alors
(2 enfants par femme).
Sources:
http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=2&ref_id=POPOP003
et
http://www.insee.fr/fr/insee_regions/bretagne/themes/octant/oc116/oc116_bilandemo.pdf
Dans les années 1950-1960 les régions de haute fertilité formaient
géographiquement un croissant bordant la France du nord-ouest au
nord-est, qu'on appelait le "croissant fertile" par allusion à la
fertilité des populations locales 14.
Ce croissant de haute fécondité, partait des Pays de la Loire (Vendée)
et de Bretagne, remontait les côtes de la Manche vers le nord-est, et
contournait l'Île-de-France par le nord,
englobant le Nord-Pas-de-Calais, d'où
il s'incurvait vers le sud-est, passant par la Lorraine et l'Alsace,
puis s'infléchissait vers le
sud et se terminait en Franche-Comté.
Les années 1970-1975 ont vu un effondrement général de la fécondité
en Europe de l'Ouest, et la France n'échappa pas au mouvement.
Cependant, un phénomène général d’homogénéisation de la fécondité dans
les diverses régions de métropole a eu lieu qui a contribué à rapprocher
le taux des régions méridionales de la moyenne nationale. La fécondité a
moins baissé là où elle était faible mais a fort baissé là où elle
était élevée, et globalement, l’écart entre les régions les plus
fécondes et les moins fécondes s’est fortement réduit de ce fait 15.
Aujourd'hui la partie nord-est du croissant s'est effondrée (Alsace,
Lorraine et partiellement Champagne) et ce croissant n'existe donc plus.
Cependant tout le nord-ouest de la France depuis la Vendée et la
Bretagne jusqu'au Nord-Pas-de-Calais et aux département des Ardennes et
de la Meuse, comprenant en plus l'Île-de-France, constitue toujours la
zone de plus haute fécondité du pays. On peut désormais parler d'un
"triangle fertile" muni d'un long appendice orienté nord-sud, allant des
Ardennes jusqu'aux rives de la Méditerranée en passant par la Meuse, la
Haute-Marne, la Franche-Comté et la région Rhône-Alpes. La région
Bretagne fait partie de ce triangle regroupant les régions les plus
fécondes de France.