La Bourgogne (Bregogne ou Borgoégne en
Bourguignon-morvandiau, Borgogne en Arpitan) est une région
historique et administrative du Nord
de la France qui regroupe quatre départements : l'Yonne (89), la
Côte-d'Or (21), la Nièvre (58) et la Saône-et-Loire (71).
La région doit son nom à la peuplade des Burgondes,
originaires de l'île de Bornholm située dans la Baltique,
qui créèrent le royaume de Burgondie qui devint royaume de Bourgogne
puis des Deux-Bourgogne à
l'époque carolingienne. Par la suite on distinguera le comté de
Bourgogne (ou Franche-Comté de Bourgogne), qui
correspond à l'actuelle Franche-Comté du duché de Bourgogne qui
correspond à peu près à la
Région Bourgogne actuelle.
Ses habitants sont appelés les Bourguignons et les Bourguignonnes.
Histoire
La généralité de Bourgogne a été créée en 1542. Sa ville
principale, Dijon,
fut siège d'une des dix-sept recettes générales créées par Henri II et
confiées à des trésoriers généraux (Édit donné à Blois en janvier 1551).
Elle sert de circonscription aux Intendants de Bourgogne et au Bureau
des finances de
Bourgogne.
Elle se composait de dix-neuf bailliages, deux élections et
trente-quatre subdélégations (intendance).
L'histoire de la Bourgogne est l'histoire de la région
administrative française de Bourgogne.
Elle regroupe les départements de l’Yonne, de la Nièvre, de la
Côte-d'Or et de la Saône-et-Loire.
Terre de passage, ouverte entre le Nord et le Sud, la région de
Bourgogne et ses ressources naturelles ont depuis les temps reculés
séduit les hommes. Depuis l’homo erectus, la présence de l’homme a été
continue en Bourgogne où il a laissé d’importants vestiges, comme
notamment l’exceptionnel vase de Vix avant de céder la place aux tribus
celtes qui
installent à leur tour leur oppida sur le sol bourguignon.
Le premier royaume portant le nom de « Bourgogne », « regnum Burgundiæ en latin (« royaume de Burgondie »), est l'œuvre des Burgondes.
Vaincu par les Francs, ce peuple laisse en héritage un ensemble
territorial qui perpétue son nom. Tour à tour, pendant dix siècles, au
milieu de luttes continuelles, les grandes familles régnantes de
l'histoire – Mérovingiens, Carolingiens,
Capétiens,
Valois,
Bourbons – effacent et redessinent les
frontières de ce territoire et forment diverses entités territoriales,
donnant au vocable « Bourgogne » des acceptions différentes.
De Bibracte à Alésia,
en passant par Autun, le sol de Bourgogne garde les traces de la
conquête de la Gaule par Jules
César. Terre de forte spiritualité, la Bourgogne du Moyen-Âge voit
naître avec les abbayes de Cluny et de Cîteaux les plus grands
mouvements de la réforme
monarchique. Les deux célèbres abbayes furent pendant plusieurs siècles,
tout à la fois des foyers de science dogmatique, de pensée
réformatrice, des centres d'activité économique et sociale, artistiques
et même politiques de premier ordre pour toute l'Europe. Des édifices
comme la basilique de Vézelay et à Fontenay témoignent encore de ce
rayonnement.
Quelques siècles plus tard, les ducs Valois marquent
profondément son histoire. Philippe le Hardi, Jean sans Peur, Philippe
le Bon, Charles le Téméraire font de leur État
une grande puissance européenne, rivale du royaume de France. Philippe
le Bon, fondateur de l'Ordre de la Toison
d'Or, fait rayonner sa cour et étend sa renommée jusqu'en Orient.
Charles le Téméraire élève à son apogée
l'État bourguignon, mais sa mort lors de la bataille de Nancy en 1477
fait rentrer définitivement le
duché dans le domaine de la couronne. Devenue royale, la Bourgogne garde
avec ses États et son Parlement son
individualité jusqu'à la Révolution française. Son histoire
devient celle où se mêlent l’écho des grands événements, des
transformations économiques générales et le contrecoup des révolutions
parisiennes. Elle épouse l’histoire de la France dans les bons et
mauvais moments dont témoignent les jours sombres des occupations.
Elle continue cependant à briller dans le domaine des Arts, des
Lettres et des Sciences où des grands noms comme Bossuet, Rameau,
Buffon,
pour ne citer que quelques-uns des plus illustres Bourguignons, ont
continué à écrire son histoire.
Son histoire économique, dans une tradition bien française, se fond
sur l'agriculture et la sylviculture. Terre d’élevage, la Bourgogne est
réputée pour sa viande charolaise, ses volailles, son fromage mais aussi
pour ses régions viticoles qui donnent naissance à des crus de légende.
La sidérurgie avec ses Maîtres de Forges tient néanmoins, à partir du XVIIIe siècle sa place dans son économie et pour
faciliter son développement elle s'est dotée d'une solide infrastructure
de voies de communication. La région du Creusot et de
Montceau-les-Mines en Saône et Loire fait la gloire de
l'industrie lourde en Bourgogne (charbon – sidérurgie)
avant de décliner fortement à la fin du XXe siècle.
D'autres types d'industries animent la région comme les industries
chimiques (Autun -
Chalon-sur-Saône) ou pharmaceutiques (Dijon) et
connaissent, à leur tour, des temps difficiles.
Si la Bourgogne a désormais une histoire événementielle apaisée qui
se confond avec celle du pays tout entier, elle lui reste à écrire son
avenir économique.
Géographie
Au nord, la basse Bourgogne est une région de plaines
sédimentaires : elle englobe le Sénonais agricole et le pays
d'Othe forestier, qui domine les vallées de l'Yonne et de l'Armançon.
À l'est, les pays de la Saône correspondent à des plaines
d'effondrement couvertes de grasses prairies et de champs (blé, maïs,
oléoprotéagineux, maraîchage).
Au nord, le Châtillonais et le Plateau de Langres.
Au centre, les plateaux bourguignons, calcaires, s'inclinent
doucement vers le nord-ouest, mais s'abaissent brusquement vers le
sud-est ; ils comprennent l'Auxerrois, plate-forme rocailleuse où
s'est établie la vigne (Chablis), le Tonnerrois,
d'altitude plus basse. Le carrefour dijonnais et la Côte
d'Or, dernier escarpement abrupt de la « Montagne », qui porte
l'un des vignobles les plus fameux de France. Le Morvan,
massif ancien forestier, est entouré de plaines argileuses où l'on
pratique l'élevage, incisé par la dépression houillère de la
Dheune-Bourbince.
Au sud enfin, le Mâconnais,
pays de polyculture, d'élevage et de vignoble, s'appuie sur les
premiers contreforts du Massif central.
Économie
L'agriculture bourguignonne est dynamique, puissante et très
spécialisée : céréales (blé et orge dans l'Yonne et la Côte-d'Or),
oléagineux, élevage bovin (Charolais, Morvan, Nivernais), viticulture
(Côtes de Beaune, Nuits, Hautes-Côtes, Côte Chalonnaise, Mâconnais,
Beaujolais, Chablisien).
Article détaillé : Vignoble de Bourgogne.
L'industrie, qui s'est développée dès le XIXe siècle (charbon de Montceau-les-Mines, sidérurgie du
Creusot, mines de La Machine), a connu un nouvel essor après 1945,
particulièrement dans la vallée de la Saône (Mâcon, Chalon-sur-Saône), à
Dijon et dans l'Yonne, mais n'a pas été épargnée par la crise. Parmi
les entreprises internationales implantées en Bourgogne peuvent être
citées Amora Maille (groupe Unilever),
dont les usines d'Appoigny (Yonne) et de Dijon (Côte-d'Or) ont fermé
fin août 2009, les laboratoires pharmaceutiques
URGO à Dijon,
l'usine Fulmen, plus gros employeur d'Auxerre (usine fermée), les
Laboratoires Vendôme (Le petit
Marseillais...) à Quetigny (Agglomération du Grand
Dijon) et l'usine historique du groupe
SEB à Selongey.
En revanche, le nord de la région, pauvre en grandes entreprises, a
profité de l'installation d'industries moins lourdes, plus
diversifiées : parachimie, industrie pharmaceutique, électronique,
plasturgie, papeterie, industries mécaniques et automobiles,
agroalimentaire.
Enfin, le tourisme avec la gastronomie, l'histoire, la culture et le
tourisme vert avec les nombreuses bases de loisirs aventure implantées
dans les villages de la vallée de l'Armançon et du parc naturel régional
du Morvan fournissent à la région ses plus grosses ressources
complémentaires.
Le commerce et les services tiennent une place importante en
Bourgogne (Avallon est le siège du groupe de distribution Schiever). À
titre d'exemple, Dijon est classée ville où
les entreprises sont les plus compétitives de France citation
nécessaire. De
plus, de grandes sociétés internationales implantent leur magasin en
Bourgogne (telle Ikea à Dijon en 2005).
Depuis 2005, la Bourgogne affiche la présence de deux pôles de
compétitivité : le Pôle Nucléaire Bourgogne et Vitagora
Goût-Nutrition-Santé (agroalimentaire).
Démographie
Le peuplement de la Bourgogne est peu dense et inégalement réparti.
La population se concentre sur les axes de communication alors que le
Morvan se vide. La Bourgogne est actuellement moins peuplée qu'elle ne
l'était en 1851. La région comptait 1 624 000 habitants en 2006.
Depuis 1990, le déséquilibre démographique s'est accentué entre la
Bourgogne et les régions dominantes qui l'encadrent (Île-de-France et
Rhône-Alpes). À ces deux fortes croissances, la Bourgogne n'oppose
qu'une stagnation. Le solde migratoire annuel n'est passé que de –0,03 %
à –0,04 % entre les deux derniers recensements mais l'excédent naturel
annuel est tombé de 0,13 à 0,04 %. Cela traduit un vieillissement de la
population, la région attire en effet davantage les retraités que les
jeunes ménages.
Seules Dijon et son agglomération tirent leur épingle du jeu.