La Manche est un département français,
dans la région Basse-Normandie. Son nom provient du bras de mer qui le
borde sur tout son pourtour nord et ouest,
et le quart est. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 50.
Géographie
Article détaillé : Géographie de la Manche.
La Manche fait partie de la région Basse-Normandie. Elle est
limitrophe des
départements du Calvados, de l'Orne, de la Mayenne et d'Ille-et-Vilaine.
Incluant la péninsule du Cotentin,
le département est baigné par la Manche sur toute sa façade ouest,
ainsi qu'au nord et au
nord-est, sur 350 km de côtes.
Par la géologie, le département se rattache au Massif armoricain. La
Manche se divise en terroirs,
intégré essentiellement au bocage normand. On peut citer du nord-ouest
au sud-est la Hague, le val de Saire, le bocage valognais, le Plain,
le Coutançais, le Saint-Lois et l'Avranchin.
La population est majoritairement rurale. En dehors des
agglomérations cherbourgeoise et saint-loise, le territoire est maillé
de petites villes et de gros bourgs commerçants.
Étymologie
Voir : Origine et sens ancien du nom Manche
Lorsque le 26 février 1790, l'Assemblée
nationale constituante fixe par décret le nom de chacun des départements
instaurés, la
Manche désigne déjà depuis le milieu du XVIIe siècle, soit 150 ans, la mer décrite plus
haut1
Histoire
Article détaillé : Histoire de la Manche.
Peuplée à l'origine des peuples celtes, les Unelles et les
Abrincates, cette région fut envahie par les Romains contre les troupes
de Viridorix (-56). Elle fait partie du royaume de Bretagne de 867
jusqu'à ce que les Normands la conquièrent en 933, au détriment de
Vikings de Bretagne, commandés par Incon. La frontière avec la Bretagne
est fixée à la Sélune.
En 1008 ou 1009, elle est déplacée vers le Couesnon.
La région est occupée par les troupes de Philippe-Auguste et
annexée au royaume de France en 1204, excepté les îles Anglo-Normandes.
Le futur
département se partage alors entre deux pays, hérités des peuples
gaulois, le Cotentin et l'Avranchin.
La Manche est ensuite le théâtre de nombreuses guerres et révoltes
durant l'Ancien Régime, avec la guerre de Cent Ans, la Ligue du Bien
public (1476), les Guerres de religion du XVIe siècle
entre Montgomery et Matignon, la révolte des va-nu-pieds en 1639,
jusqu'aux révoltes vendéennes (siège de Granville,
1793). Les rivalités franco-anglaises entraînent au XVIIIe siècle le développement des deux ports : le
port militaire de Cherbourg, et l'activité corsaire à Granville.
Le département a été créé à la Révolution française, le 4 mars 1790,
en
application de la loi du 22 décembre 1789, à
partir d'une partie de la province de Normandie et de la généralité de
Caen. Son chef-lieu fut
d'abord fixé à Coutances, puis remplacé par Saint-Lô en 1796,
bien que le tribunal d'instance soit toujours à Coutances de nos jours.
La ville de Coutances reprit temporairement le rôle de préfecture après
la Seconde Guerre mondiale en raison de
la destruction presque totale de Saint-Lô, et ce jusqu'à la
reconstruction de cette dernière. En 1956, le
département de la Manche fut administrativement intégré à la région de
programme de Basse-Normandie.
Le XIXe siècle voit l'industrialisation du département
qui garde cependant une identité profondément rurale. Le travail du fer
se développe, et l'industrie agroalimentaire apparaît et s'exporte.
L'armée allemande fortifie les côtes de la Manche à partir de 1940
avec le mur de l'Atlantique. En juin 1944 la bataille de Normandie se
joue en
partie sur la côte est du Cotentin, à Utah
Beach, puis avec l'opération Cobra. Avec de nombreuses communes
détruites à 80 % ou 90 % (comme Saint-Lô,
dite la « capitale des ruines »), les années 1945-1960 sont synonymes
de retour des populations et reconstruction rapide.
Climat
Pluviométrie de la Manche
Avec trois façades maritimes en 300 kilomètres de côtes, le climat
manchois est fortement océanique : les hivers sont doux, avec une
température
moyenne de janvier comprise entre 4 °C et 7 °C du Bocage vers le cap de
la Hague, aux rares gelées, les étés tempérés, avec une température
moyenne de août de 17 °C environ. Ainsi, la période de gel n'excède pas
6 jours sur les côtes, et dure jusqu'à 54 jours dans le Saint-Lois et le
Mortainais. L'amplitude thermique journalière est entre 4 °C sur la côte et 7 °C dans les terres l'hiver, 5 °C à 12 °C l'été2.
La pluviométrie est importante (entre 120 et 160 jours de
précipitations supérieures à 1 mm par an en moyenne2),
mais varie beaucoup en fonction des terroirs, entre 700 mm sur la côte et 1 300 mm dans le bocage du sud,
fréquemment sous forme de crachin.
Les côtes ouest et nord bénéficient de l'influence adoucissante de la
mer, permettant la naturalisation de beaucoup de plantes
méditerranéennes ou exotiques (mimosas, palmiers, agaves, etc.), malgré
une faible insolation (environ 1 500 h).
Le vent marin souffle régulièrement sur la côte, ce qui participe
avec les marées à des changements de temps rapides dans une journée. Les
forts coups de vent ou les tempêtes sont courantes.
Article détaillé : Climat de la
Manche.
Économie
Article détaillé : Économie de la Manche.
La Manche est le premier département agricole français,
principalement dans le domaine de l'élevage (bovin, ovin, équin) et de
la culture de fruits (pommes) et légumes
(carottes, poireaux, choux-fleurs). Cherbourg-Octeville est un port
important (pêche, plaisance, trafic transmanche, commerce, militaire,
construction navale). L'industrie nucléaire a pris une
importance considérable. L'économie manchoise repose enfin sur le
tourisme,
essentiellement balnéaire et saisonnier.
Démographie
Article détaillé : Démographie de la Manche.
Répartition
et évolutions
Le département de la Manche est dans la moyenne nationale avec une
population de 489 000 habitants, et une densité de 82 hab/km².
La seule grande ville du département est Cherbourg-Octeville (46 973
hab), devant
la préfecture, Saint-Lô (23 212 hab). L'agglomération cherbourgeoise
compte d'ailleurs trois des cinq villes de plus de 10 000 habitants,
avec Équeurdreville-Hainneville (18 197 hab) et Tourlaville (17 884
hab). La communauté urbaine
de Cherbourg (CUC), avec plus de 90 000 habitants, représente à elle
seule plus de 20 % de la population totale d'un département qui reste
fortement rural (52 % de la population vit dans les campagnes, contre
20 % en France).
Au cours du XIXe siècle, la
population du département est passé de 530 600 habitants à 1801, à 600
000 un demi siècle plus tard, avant de retomber à 545 000 en 1871, et
513 800 en 1891. Cette baisse est imputable à l'exode rural et à un taux
de mortalité supérieur à celui de la natalité. Gochet recense à la fin
de ce siècle « environ 18000 protestants et 800 étrangers3 ».
De 451 939 habitants en 1968, la population a cru de 6,5% pour
atteindre 481 471 en 19994,
puis 489 500 en 2007, soit une progression annuelle moyenne de 0,24 %
ces sept dernières années. L'analyse de cette dernière période met en
relief un vieillissement de la population, du fait de soldes naturel et
migratoire positifs tandis que les jeunes quittent le
département pour la formation et l'emploi. Du fait de l'étalement
urbain, les villes de plus de
10 000 habitants perdent leur population au profit des territoires
ruraux, particulièrement littoraux. L'Avranchin et le Coutançais
présentent un solde positif, au dépens du Mortanais et du
Plain-Cotentin. Manque de logement et problème économique engendrent un
flux migratoire négatif dans l'agglomération cherbourgeoise5
Gentilé
Les habitants du département de la Manche sont appelés
traditionnellement « les Manchots ». À la fin du XXe siècle,
les médias ont commencé à utiliser
aussi le terme « Manchois ». L’intelligentsia les avait avec le même mot
précédés dès le XIXe siècle. On
se dit effectivement autant « Manchot » que « Manchois ». Tout dépend
peut-être du milieu auquel on appartient. De souche profondément rurale,
et toujours prêt à le montrer, on se dirait plutôt « Manchot ». Mais,
venant d'autres milieux, on aurait tendance à s'affirmer « Manchois »
pour ne pas se dévaloriser. À noter que les ouvrages officiels (tel que
le Dictionnaire Larousse 2004 par exemple) qualifient les habitants de
la Manche
comme étant des « Manchois ».
- Manchots ou Manchois ?
- Manchot : Pour certains, il semble évident aujourd’hui de
nommer « Manchots » les habitants de la Manche, mais il n’en fut pas
toujours ainsi, car on peut aussi
les appeler les Manchois. La supposée disparition de Manchois au profit
de Manchot s’expliquerait par la conjonction d’un refus vivace du
parisianisme tout au long du XIXe siècle et
la plus grande familiarité de ce concurrent qui non seulement avait
l’avantage d’être un mot d’usage courant depuis le XIIe siècle
et rappellerait en outre les
nombreux diminutifs familiers en ot(te) en vigueur à l’époque
(Charlot(-te), Jeannot, Julot, Pierrot, etc). L’appellation « Manchois »
serait condamnée par la substitution en Basse-Normandie du suffixe –ais
au suffixe –ois. Le résultat serait qu’aujourd’hui on ne trouve
plus dans aucun dictionnaire récent de langue française le mot
Manchois, pourtant terme très usité dans l’administration
française, et plus globalement hors de la Manche, pendant près d’un
siècle.
- Manchois : Dès le premier quart du XIXe siècle,
après l’institution des
départements français, le nom de « Manchois » apparaît sous la plume
d’auteurs dits parisiens, tel Barbey d’Aurevilly,
né à Saint-Sauveur-le-Vicomte et
promoteur du caractère provincial de sa petite patrie. Le gentilé
Manchois s'est perpétué jusqu’à nos jours, notamment sous sa forme
adjectivée et dans les documents et publications officiels du conseil
général de la Manche. Quant à l’argument des dictionnaires, proposé pour
réfuter une incertaine disparition de ce mot, il faut savoir qu’on n’y
trouve pas non plus les gentilés de l’Eure ni de la Seine-Maritime. Qui
plus est, jamais Manchot
n’y figure.
Tourisme
Article détaillé : Tourisme dans la Manche.
Religion
Pour l'Église catholique, le
département de la Manche correspond au diocèse
de Coutances. Le Mont-Saint-Michel est un haut lieu de pèlerinage
pour les catholiques. Il existe de nombreuses abbayes dans la Manche.
La religion catholique est largement majoritaire dans la Manche.
Selon un sondage de Ifop pour La Vie, en décembre 2006, plus de 75% des
Manchots se déclaraient proche du catholicisme.
Plus de 20% des Manchois se disent sans religion. Les musulmans
représentent moins de 1% de la population.
Les protestants de la Manche dépendent du consistoire de Caen.
Culture
Article détaillé : Culture
dans la Manche.
Cherbourg-Octeville est le principal
pôle culturel de la Manche, disposant d'une scène nationale, d'un centre
régional d'art du cirque, de
deux cinémas, dont un d'Art et d'essai.
Plusieurs festivals animent la saison culturelle, qu'ils soient
musicaux (Chauffer dans la noirceur, les Traversées de Tatihou,
Jazz sous les pommiers, Festival Papillons de nuit) ou
cinématographiques (Festival
des cinémas d'Irlande et de Grande-Bretagne, Cinémovida).
Le Réseau
départemental des sites et musées de la Manche mis en place par le
Conseil général regroupe 18 sites patrimoniaux et musées sur l'ensemble
du département, dont 14 sont ouverts au public.
Le Conseil général de la Manche a officiellement lancé le portail
internet wiki,
Wikimanche au printemps 2007.
Politique
Terre rurale, le département a politiquement une tradition
conservatrice, « violemment modéré » selon
les mots de Tocqueville, à l'exception notable de Cherbourg,
plus ouvrière et plus à gauche. Cependant, avec le temps, le département
semble de plus en plus voter conformément aux vagues électorales
nationales.
Après la guerre, le conseil général de la Manche est dominé par les
élus indépendants sous la présidence d'Henri
Cornat et Léon Jozeau-Marigné. Avec l'élection de Jean-François Le
Grand puis la
constitution de l'UMP, la plupart des conseillers se présente sans
étiquette, souvent des proches du parti majoritaire qui refuse d'être
encarté. Aussi, la droite dispose actuellement d'une majorité
confortable avec 9 UMP, 12 divers droite et 15 sans étiquette.
L'opposition est composée de 11 socialistes, dont les conseillers des
cantons de la communauté urbaine de Cherbourg,
et de 4 divers gauche. L'assemblée compte également un élu du Modem,
Olivier Beck6.
L'assemblée reste dominée par les hommes âgés. La moyenne d'âge de
l'assemblée est en 2008 de 58 ans et demi, contre 54 ans et 4 mois en
1994, et 57 ans et demi en 2001, augmentation parallèle à celle de l'âge
des candidats : 55 ans en 2008 contre de 53 ans en 2001, et près de
90 % des élus départementaux qui ont plus de 50 ans. Conséquence, les
retraités représentent plus d'un tiers des conseillers généraux, contre
17,3 % en 1994 et 19,2 % en 2001. Les professions médicales sont
également surreprésentées, avec sept vétérinaires, deux médecins et un
dentiste, en activité ou à la retraite. Parmi les actifs, on trouve donc
en 2008 un quart de professions libérales, dont la part se réduit au
profit des cadres (24,2 %), des chefs d'entreprise (18,2 %), des
employés (15,2 %), des enseignants (12,1 %) et des agriculteurs (6,1 %),
ces derniers qui n'étaient plus présents dans l'assemblée depuis la
décennie 19906.
L'assemblée ne compte que quatre femmes, l'obligation de parité se
traduisant par la relégation des femmes comme suppléante. La
féminisation des édiles n'est pas plus forte parmi les autres élus.
Depuis la défaite d'Anne Heinis aux sénatoriales de 2001, les
Manchoises sont absentes des bancs parlementaires, et aucune ne dirige
une commune de plus de 3 500 habitants7,
pour lesquelles la loi du 31 janvier 2007 contraint
à la stricte alternance hommes-femmes dans la constitution des listes
électorales.
Le cumul des mandats est la règle au niveau départemental : 51,9 %
des conseillers généraux sont maires, 11,5 % occupent des postes
d'adjoints, 23,1 % sont conseillers municipaux. Trois des huit
parlementaires de la Manche ne détiennent que ce mandat. Les
législatives de 2007 ont en revanche vu le renouvellement de trois
députés sur cinq, faisant passer la moyenne d'âge de 60 à 53 ans et demi6.
- Liste des députés de la Manche
- Liste des sénateurs de la
Manche
- Liste des
conseillers généraux de la Manche
Administration
Il y a 601 communes.
- Liste des préfets de la Manche
- Liste des communes de
la Manche
- Liste des anciennes communes de
la Manche
- Liste des cantons de la Manche
- Intercommunalités de la Manche
Sports
- Football : principaux clubs : AS Cherbourg, US Avranches, FC
Saint-Lô Manche, US Granville, ES Pointe Hague...
- Cyclisme : le département a accueilli 21 fois le Tour de France
comme
ville-étape (arrivée) : 16 fois à Cherbourg, 2 fois à Avranches, 1 fois à
Granville, 1 fois à Saint-Hilaire-du-Harcouët et 1 fois au Mont
Saint-Michel. Le village de Saint-Martin-de-Landelles accueille
également chaque été la Polynormande,
épreuve de la Coupe de France, organisée par Daniel Mangeas.
- Voile : le département a accueilli plusieurs fois le Solitaire du
Figaro pour la ville de Cherbourg
- Boxe thaïlandaise : Villedieu-les-Poêles
- Badminton : Deux clubs du département évoluent au niveau national
(N3): St Hilaire du Harcouet et Hainneville.
- Tir à l'arc : Un club évolue en Nationale 1 féminine OHS Cherbourg
Octeville
- Golf : parcours: Granville,
Bréhal, Coutainville, Cherbourg, Centre Manche, Fontenay, Côte des Isles
- Judo : AMJ (Alliance Manche Judo), Judo club Villedieu-Percy-Gavray,
Judo Club d'Avranches