L'Allier est un département français (situé dans la
région d'Auvergne) dont la préfecture est Moulins. L'Insee et la Poste
lui attribuent le code 03.
Dénomination
Le nom du département provient de celui d'une des rivières qui le
parcourent, l'Allier.
L'Allier est appelé, en occitan, Alèir et en latin Elaver.
Histoire
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Blasonnement
D’azur semé
de fleurs de lys d’or à la bande de gueules.
Commentaires : Le
blason de l'Allier, qui est aussi celui de l'ancienne province du
Bourbonnais,
est aux armes de la troisième maison de Bourbon issue de Robert de
Clermont, sixième fils de Saint Louis, qui épousa Béatrix de Bourbon et
fut reconnu sire de Bourbon en 12831.
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L'histoire du département de l'Allier correspond à celle du duché de
Bourbon (Bourbonnais) dont il
partage la presque totalité du territoire.
Ce département a été l'un des 83 départements créés à la Révolution
française, le 4 mars 1790 en
application de la loi du 22 décembre 1789, à
partir de la majeure partie de l'ancienne province du Bourbonnais.
En 1940, le gouvernement du maréchal Pétain s'installa dans la ville
de Vichy,
qui obtint alors le statut de sous-préfecture.
Géographie
Article détaillé : Géographie de l'Allier.
Le département de l'Allier est formé de la presque totalité de
l'ancien Bourbonnais. Il fait
partie de la Région Auvergne et est limitrophe des départements du
Cher, de la Nièvre, de Saône-et-Loire, de la Loire, du Puy-de-Dôme et de
la Creuse.
Ce département comprend trois villes de taille moyenne : Montluçon
(l’industrielle), Moulins, (le chef-lieu), Vichy (la
ville jardin).
Il comprend aussi trois villes thermales : Bourbon-l'Archambault,
Néris-les-Bains, Vichy. Néris-les-Bains est la seule ville du
département à compter plus de 10% de résidences secondaires : 504 pour
1800 résidences en 1999.
Relief
Le bocage bourbonnais couvre la plus grande partie ouest (englobant
la Forêt de Tronçais) et centrale du
département, suivi de la Sologne bourbonnaise pour la partie est
nord-est, la Montagne bourbonnaise (proche de Vichy) qui est le toit du
bourbonnais avec le Montoncel (qui culmine à 1 287 mètres), enfin le sud
de la province, la Limagne bourbonnaise qui s’étend de Varennes à
Gannat en est le grenier.
- Le bocage bourbonnais
- Au nord, et ne dépassant guère les
500 mètres d'altitude, le bocage
bourbonnais occupe un bon tiers du département, avec deux déclinaisons,
centre et ouest (pour la partie comprise entre le Val de Cher et les
limites occidentales du territoire). Le Bocage est notamment remarquable
pour sa richesse en forêts et bois, dont la célèbre Forêt de Tronçais)
mais aussi les forêts
de Moladier, Bagnolet, Civrais, Soulongis, Grosbois, Dreuille,
Lespinasse ou la Suave. Sur presque tout le sud du bocage s’étend la
Combraille,
parfois baptisée Haut Bourbonnais, sur un territoiree qui va au-delà
des limites départementales de la Creuse et du Puy-de-Dôme. Cette zone
du département culmine à 778 mètres à la Bosse, et les rivières (Sioule,
Bouble et
Cher) y ont creusé les gorges les plus
pittoresques de l’Allier.
- La sologne bourbonnaise
- A
l'est, reliant le Val d’Allier et les frontières avec la Nièvre et
la Saône-et-Loire, la Sologne Bourbonnaise présente un bel équilibre
entre prairies, cultures, bois et étangs, ce compromis entre agriculture
et espaces semi-sauvages constituant un écrin très favorable à la faune
et à la flore.
- La montagne bourbonnaise
- Dans son
prolongement au sud, la Montagne Bourbonnaise prend
naissance dès le Puy Saint-Ambroise (442 mètres), près de Saint-Léon,
pour ensuite s’affirmer sur tout le massif de l’Assise et des Bois
Noirs, à la limite du Puy-de-Dôme et de la Loire, jalonnée par le Puy de
Montoncel (1.287 mètres), point culminant de l’Allier.
- La
limagne bourbonnaise
- Communément rassemblées sous la
dénomination de Val d’Allier, la Limagne et la Forterre s’étendent de
part et d’autre
de la rivière, entre Vichy et Saint-Pourçain, avec une qualité
essentielle, la fertilité. La première citée, entre Sioule et Allier,
s'inscrit dans le triangle Gannat/Escurolles/Saint-Pourçain, tandis que
la Forterre couvre le canton de Varennes-sur-Allier, avec une pointe
jusqu’à Jaligny.
Hydrographie
Cours d'eau: à l'ouest le Cher, en son centre l'Allier et son
affluent la Sioule, à
l'est la Loire et son affluent la Besbre.
Climat
Article détaillé : Climat de l'Allier.
Pays frontière au milieu des terres, l’Allier constitue réellement
une zone franche entre nord et midi. Largement ouvert aux influences
atlantiques le département bénéficie d’un climat doux et humide, dominé
par les vents d’ouest, ce qui contribue un peu plus à le démarquer de
ses cousins auvergnats. L’humeur du temps s’identifie à la diversité des
territoires Bourbonnais, comme les régions plates, et de faible
altitude de la Sologne Bourbonnaise et des grandes plaines fluviales ;
les pays de collines, à l’altitude moyenne de 300 à 600 mètres, de la
partie centrale du département ; ou la semi-montagne des cantons du sud,
avoisinant la Combraille et le Forez, entre 700 et 1.200 mètres. On
relève deux maxima de précipitations en juin et octobre, et un minimum
en janvier-février, avec des moyennes de 694 millimètres à Montluçon
(altitude 207 mètres) ; 763 mm à Moulins (245 m.) ; 778 mm à Vichy (251
m.) ; 791 mm à Lapalisse (285 m.) ; et près de 1.200 mm à l’Assise
(1.050 m.). Comme on l’a remarqué les vents atlantiques sont dominants,
qu’ils soient d’ouest, nord-ouest, ou sud-ouest. L’influence du relief,
notamment dans les vals de Cher et d’Allier, donne également des flux
sud-nord. On notera enfin que l’insolation moyenne, relevée à la station
météo de Vichy-Charmeil, sur la période 1971/2000, est de 1.880 heures
par an.
Démographie
Au 1er janvier 1997, la population de
l'Allier était estimée à 357 100 habitants ce qui représente une densité
moyenne de 50 hab./km². De nombreuses régions ont une densité
inférieure à 20 hab./km².
L'Allier est confronté depuis le début des
années 1980 à de nombreux
handicaps démographiques. Le taux des personnes âgées est important et
le taux de fécondité faible de telle sorte que le solde naturel est
déficitaire. Parallèlement le solde migratoire est devenu très négatif.
Au 1er janvier 2009, la population légale
est de 343 309 habitants2.
Le taux de fécondité est légèrement inférieur à celui de la moyenne
nationale en 2007, il suffirait pourtant au renouvellement de la
population d'Allier mais la pénurie d'emplois incite à l'exode rural des
jeunes vers les bassins d'emplois plus propices, confirmant un solde
migratoire négatif.
L'Allier compte trois villes importantes, Montluçon,
Vichy et
Moulins par ordre de taille. Le reste du
département comprend quelques petites villes et bourgs dispersés,
principalement le long des rivières. Les villages peu nombreux sont
éloignés les uns des autres, et c'est dans l'ensemble un département
faiblement peuplé. Jusque vers la fin du XIXe siècle
pourtant, la population augmenta grâce au développement de ses villes
(industries à Montluçon et à Moulins, thermalisme à Vichy) qui
compensa l'exode rural. Le département dépassa alors les 420 000
habitants. Après les pertes de la Première Guerre mondiale, la
population se stabilisa, puis réaugmenta un peu dans les années 1960.
Depuis, en raison de la poursuite de l'exode rural et surtout du déclin
des industries anciennes, la population a diminué et vieilli
régulièrement, passant de 386 533 habitants en 1968 à 343 309 en 2006.
Politique
et administration
Article détaillé : Politique
de l'Allier.
Deux sénateurs
Aux élections sénatoriales de 2008, la gauche a pris un des deux
sièges de sénateurs de l'Allier jusque-là détenu par la droite. C'est
Mireille Schurch, maire PCF de Lignerolles (Allier), qui a été élue.
- Gérard Dériot DVD
- Mireille Schurch PCF
Quatre
députés : à gauche, 3 PS et 1 PRG
Les élections législatives de 2007 ont envoyé à l'Assemblée trois
socialistes (Bernard Lesterlin à Montluçon, Jean
Mallot à Saint-Pourçain et Guy Chambefort à Moulins) et un PRG à Vichy
(Gérard Charasse).
Un département : à
gauche (PCF)
Depuis les élections cantonales de mars 2008, l'Allier a été repris
par une majorité de gauche. L'URB (Union Républicaine pour le
Bourbonnais, droite) avait dirigé le département entre 2001 et 2008, les
dernières années d'une seule voix d'avance. Désormais, la coalition de
gauche est aux manettes, avec également un avantage d'une seule voix (9
PC, 7 PS, 2 PRG, 18 sièges au total), face à 17 conseillers généraux de
l'URB. L'Allier est ainsi présidé par un communiste, Jean-Paul Dufregne,
à l'instar
notamment du Val-de-Marne en Île-de-France. Le Conseil
général de l'Allier avait déjà été dirigé - après la décentralisation -
par un communiste, Jean-Claude Mairal (1998-2001) dont la perte du
mandat s'était inscrite dans une dynamique nationale de victoire de la
droite.
Trois
grandes villes : à droite
Les trois grandes villes de l'Allier sont gérées par des maires de
droite, réélus lors des élections municipales de 2008 au premier tour
pour Daniel Dugléry à Monluçon, et au second tour
pour Pierre-André Périssol à Moulins et Claude Malhuret à Vichy.
Éléments
d'histoire de la gauche dans l'Allier
Le département se signale par un vote rouge précoce, qui se maintient
jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, pour les
deux grands partis politiques de gauche, le PCF et la SFIO,
aujourd'hui devenue le PS, et même jusqu'à nos jours.
La petite ville de Commentry a ainsi la particularité d'avoir été la
première ville de France3 et
du monderéf. nécessaire à élire,
dans les années 1880, un maire socialiste : Christophe Thivrier. Une
autre figure
locale, Pierre Brizon, député en 1910, est typiquement
le député des métayers4.
Plus anciennement, on peut relever que Ledru-Rollin y fait un très
bon score
en 1848 (14 %), ainsi que les candidats démocrates et socialistes
l’année
suivante (44 % des voix, contre 35 % en France)5.
De même, la résistance au coup d’État du 2 décembre 1851 est
importante, après une tentative de soutien à l’insurrection de juin
18496.
Les Républicains sont majoritaires dès 1876, et emportent les six
sièges de députés7.
Après des scores voisins de 15 % des inscrits de 1893 à 1906, les
socialistes montent à 31 % des inscrits (42 % des exprimés) en 1910,
score maintenu en 19148
L'Allier est encore aujourd'hui une des terres du communisme rural
(encore 14,66 % aux régionales de 2004,
soit le 2e meilleur score du parti derrière
la Somme), dans une cohabitation parfois
difficile avec le parti socialiste.
Pour les causes, on peut relever qu’historiquement, l’Allier est un
département où la grande propriété se combine à un important métayage.
Celui-ci, qui se répand seulement au XVe siècle9,
n’est pas contrebalancé par la vente des biens
nationaux à la Révolution10.
Au XIXe siècle, les grandes propriétés (100 ha et
plus) occupent environ la moitié des terres, et même plus de 70 % dans
le nord du département. Dans le sud, la petite propriété domine10.
Le métayage se maintient comme forme de mise en valeur des terres,
puisqu’il concerne encore 40 % des terres en 1892 (7 % en France)11.
Les conditions défavorables faites aux métayers favorisent la création
de syndicats ruraux, entre 1904 et 1911 (troisième département en
France, après l’Hérault et les Landes). Malgré le peu
de résultats, la mobilisation est importante et favorise l’élection de
candidats de gauche12.
- Liste des
députés de l'Allier
- Liste des sénateurs de l'Allier
- Liste des
conseillers généraux de l'Allier
- Liste des
circonscriptions législatives de l'Allier
- Liste des préfets de l'Allier
- Liste des communes et
structures intercommunales de l'Allier
- Listes des anciennes communes de
l'Allier
Économie
Article détaillé : Économie de l'Allier.
Les industries les plus représentées sont les industries
agro-alimentaires, les industries du bois et de l'ameublement, la
chimie, la fonderie et le travail des métaux, le caoutchouc, la
construction mécanique et le matériel électrique, l'automobile,
l'armement, le textile, le bâtiment sans oublier le thermalisme.
D'après les études de l'INSEE, l'agriculture représenterait de
l'ordre de 7 à 8 du produit intérieur brut départemental.
Tourisme
Communes
ayant plus de 10 % de résidences secondaires en 2006
En 2006 le département comptait 7,7 % de résidences secondaires. Ce
tableau indique les principales communes de l’Allier dont les résidences
secondaires et
occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux.
Le département a attiré de nombreux étrangers, anglais,
belges,
suisses et néerlandais.
Ceux-ci ont acquis de nombreuses résidences secondaires en les
rénovant, apportant ainsi à l’Allier une diversité culturelle sans égal.
On retrouve ainsi de nombreuses communes devenues « européennes »,
comme Pouzy-Mésangy qui accueille aujourd’hui des
résidents anglais et suisses.
Dérouler
Communes ayant plus de 10% de
résidences secondaires en 2006
Communes ayant plus de 10% de résidences secondaires en 200613
| Ville | Population municipale | Nombre de logements | Rés.
secondaires | % rés. secondaires |
| Saint-Nicolas-des-Biefs |
0 0 0176 |
0 0 0296 |
0 0 0201 |
68,01% |
| Laprugne |
0 0 0370 |
0 0 0524 |
0 0 0291 |
55,52% |
| Chouvigny |
0 0 0239 |
0 0 0268 |
0 0 0131 |
48,88% |
| Arfeuilles |
0 0 0691 |
0 0 0672 |
0 0 0235 |
35,04% |
| Saint-Bonnet-Troncais
!Saint-Bonnet-Tronçais |
0 0 0760 |
0 0 0527 |
0 0 0147 |
27,91% |
| Neris-les-Bains
!Néris-les-Bains |
0 02 726 |
0 01 848 |
0 0 0439 |
23,73% |
| Ebreuil
!Ébreuil |
0 01 261 |
0 0 0739 |
0 0 0165 |
22,35% |
| Bourbon-l’Archambault |
0 02 617 |
0 01 510 |
0 0 0263 |
17,41% |
- Source INSEE, chiffres au
01/01/2006.
Culture
Article détaillé : Culture
dans l'Allier.
Langues
régionales
Article détaillé : Bourbonnais (dialecte).
Le département de l'Allier est traversé par la frontière entre langue
d'oc et langue d'oïl14.
Longtemps la population de l'Allier n'a pas parlé le français standard,
mais une des langues locales suivantes :
- bourbonnais, dialecte d'oïl, au Nord d'une ligne Montluçon /
Saint-Pourçain-sur-Sioule / Lapalisse.
- auvergnat (dialecte occitan), à l'extrême-sud.
- la zone entre les deux, parfois appelée bourbonnais d'oc, appartient
au Croissant15,
zone d'interférence entre français et occitan considérée par la plupart
des linguistes comme de l'occitan avec une
phonétique francisée. Certains16 considèrent les parlers du croissant comme un dialecte occitan à part
entière et utilisent le terme de marchois.
Interférences :
- À noter que dans le sud-est du département (notamment en Forterre17 et Montagne bourbonnaise18)
l'influence de l'arpitan se fait sentir.
- De même, au nord-ouest (et surtout dans l'ancienne partie
bourbonnaise du département du Cher, vers Saint-Amand-Montrond), les
parlers
bourbonnais se rapprochent du berrichon.