L'Auvergne est d'une part une province historique et d'autre
part une région administrative
du centre de la France dans le Massif central. Ses habitants sont les
Auvergnats. Le chef-lieu de la région administrative d'Auvergne est
Clermont-Ferrand, également capitale
historique des provinces d'Auvergne. Les langues régionales sont
l’occitan ou
langue d’oc (dans ses variétés auvergnate,
languedocienne et vivaro-alpine)
et le bourbonnais d’oïl.
La province historique distingue la Basse et la Haute-Auvergne, le
Bourbonnais et le Velay.
La région administrative comprend actuellement quatre départements :
l'Allier, le Cantal, la Haute-Loire et le Puy-de-Dôme.
Dénomination
et blason
L’Auvergne est appelée en occitan auvergnat Auvèrnha, Auvèrnhe ou Alvèrnhe (dans le Nord de la
Lozère). Le mot reste féminin.
Le blason de l'Auvergne, d’or au
gonfanon de gueules bordé de sinople, a été pris par Guillaume IX
d'Auvergne. Avant lui,
les comtes d'Auvergne portaient :
"de gueules à la bande d'or" (qui était l’ancien blason des comtes de
Châlon).
Il aurait pour origine la bannière qu’aurait porté l’aïeul de sa mère
Adélaïde de Brabant, Eustache III, comte de Boulogne-sur-Mer,
frère de Godefroy de Bouillon, lors de la
conquête de Jérusalem, mais peut-être aussi celle de l’abbé d’Aurillac
autour de laquelle se rallièrent les
chevaliers de la nation d'Auvergne.
Histoire
Le pays des
Arvernes
L'Auvergne doit son nom au peuple gaulois des Arvernes,
puissante confédération des Gaules dont Vercingétorix était le roi au
moment de
l'invasion romaine. Son père, Celtillos, avait été élu à cette fonction
avant lui et il avait été exécuté par ses compagnons pour avoir voulu
la rendre héréditaire. Vercingétorix réussit en 53 - 52 av. J.-C.
l'alliance de toutes les tribus celtes autour de lui, en obtenant des
"otages" (fils ou filles de rois) de chaque tribu, garants de la
fidélité et de l'alliance de ces tribus.
D'après les fouilles récentes des archéologues (émission radio d'Yves
Calvi avec chercheurs, d'octobre 2007), la capitales des Arvernes
aurait été située entre Gergovie, Corent, Aulnat et plusieurs autres
sites significatifs dans un périmètre de 35 km, laissant extrapoler une
population centrale de 150 000 habitants et de plus de 400 000 habitants
pour le territoire contrôlé par les Arvernes, alliés des Cadurques
(Cahors).
Les Arvernes étaient l'une des plus puissantes et des plus riches
tribus de Gaule antique du fait :
- de son relief montagneux qui en faisait un véritable château fort
(ou coffre-fort), hors d'atteinte des différents envahisseurs ;
- de nombreuses mines d'or, d'argent et de métaux précieux (exploitées
depuis 400 av. J.-C. au minimum) ;
- de ses pâturages de Hautes-Terres dans lesquels les seigneurs
confiaient de nombreux troupeaux;
- de la maîtrise de la métallurgie et d'un artisanat complexe (Dans la
Guerre des Gaules de César, Vercingétorix est décrit avec « une
grande armure faite de nombreuses pièces d'argent assemblées et
reflétant le soleil ») ; en particulier du travail du cuivre ;
- de la frappe de monnaies propres et de forts échanges avec les
tribus voisines ;
- de la maîtrise de la céramique (ateliers à Lezoux ,
etc.) ;
- de leurs victoires sur des tribus voisines, tels les Éduens et des
tribus vassalisées.
Un des hauts lieux historiques d'Auvergne est celui de la bataille de
Gergovie, qui serait
situé à 12 km de Clermont-Ferrand selon l'interprétation faite des
écrits de César mais sans preuve tangible, où Vercingétorix battit Jules
César en 52 av. J.-C., avant de le
poursuivre avec ses troupes.
La victoire romaine à Alésia (Alise-Sainte-Reine) en Bourgogne,
suite à la construction de pièges et fortifications sur plusieurs
centaines de mètres par les légionnaires romains, conduira à
l'emprisonnement de Vercingétorix à Rome et à la création de la ville
d'Augusto Nemetum (ancêtre de Clermont-Ferrand), probablement sur l'un
des sites arvernes existants. On y a retrouvé récemment le pied de 60 cm
d'une statue monumentale de 4,50 m, représentant probablement un dieu
ou empereur romain.
Au Ve siècle, Sidoine Apollinaire, noble arverne et
premier évêque de
Clermont, fournit un témoignage sur l'Auvergne de la fin de
l'Antiquité.
L'Auvergne
féodale
Au VIIe siècle, l'Auvergne
est disputée entre Francs et Aquitains. Conquise par les Carolingiens,
elle est intégrée un temps au royaume d'Aquitaine,
sauf un alleux formant le comté d'Aurillac qui est donné au père de
Géraud d'Aurillac et qui ne relèvera plus
du comté d'Auvergne, mais directement du roi. Les comtes d'Auvergne, les
Guilhemides vont lentement
acquérir leur autonomie. Au Xe siècle,
l'Auvergne fait l'objet de la
rivalité entre les comtes de Poitiers et de Toulouse.
Le comté d'Auvergne couvre au Moyen Âge les
actuels départements du Puy-de-Dôme,
la moitié nord du Cantal ainsi que le petit tiers
nord-occidental de la Haute-Loire avec le canton de Brioude.
L'autre partie du Cantal constitue le domaine direct de Abbaye
d'Aurillac, dont une partie a été inféodée aux vicomtes de
Millau et forme le Carladès.
L’Auvergne connaît un régime féodal très dur, synonyme d’émiettement
du pouvoir politique. L’évêque de Clermont soustrait sa ville à
l’autorité des comtes qui favorisent du coup le développement de
Montferrand toute proche. Plus tard, une usurpation du pouvoir comtal
aboutit à la création par le comte légitime dépossédé d’un Dauphiné
d’Auvergne indépendant du comté.
Tôt cependant, le pouvoir royal intervient dans la région. Philippe
Auguste rattache la plus grande partie du comté au domaine royal : la
terre royale d’Auvergne prend alors pour centre administratif Riom.
Restant dans le giron de la famille capétienne, l’Auvergne est donnée en
apanage à Alphonse de Poitiers, puis en 1360
comme duché à Jean Ier de Berry, qui rachète aussi le Carladès et dont
une fille épouse le duc de Bourbon qui devient duc d'Auvergne. Les ducs
de Bourbon acquièrent par mariage
le Dauphiné d’Auvergne. Tous leurs domaines sont finalement confisqués
par François Ier (1527).
Temps modernes
Un siècle après la Guerre de Cent Ans, l'Auvergne plonge dans les
guerres de
religion. Des bandes armées de Calvinistes commandée par des bandits
comme le font des incursions dans le Haut-Pays, et prennent par surprise
des châteaux ou des villes qu'ils pillent méthodiquement, puis les
rendent en contrepartie d'une forte rançon. Capitaine Merle en
particulier, solidement
implanté dans le Gévaudan voisin, rançonne Issoire mais échoue devant
Saint-Flour.
C'est ainsi que la ville d'Aurillac est prise, et son abbaye
entièrement détruite.
En son temps, Philippe Auguste n’avait pu complètement soumettre la
région : le comte s’était maintenu à Vic-le-Comte.
La reine de France Catherine de Médicis, hérite par sa
mère du dernier réduit du comté, ce qui permet l’intégration au domaine
royal de ce dernier fief féodal en plein cœur de l’Auvergne.
En 1665, Louis XIV instaure
temporairement à Riom une cour criminelle d'exception, les Grands jours
d'Auvergne, ce qui
donne encore l'occasion de condamner un certain nombre d'abus commis par
les nobliaux de la région.
L'époque
contemporaine
En 1790,
la province historique disparaît comme entité administrative.
Plus tard, à partir de la Quatrième République, la France se dote
de nouvelles structures intermédiaires entre l'échelon départemental et
l'échelon national, ces entités deviennent officiellement à partir de
1972 des régions. La région administrative Auvergne,
plus grande que l'ancienne province, est alors constituée des quatre
départements situés directement dans la zone d'influence économique de
Clermont-Ferrand:
- l'Allier ;
- le Cantal ;
- la Haute-Loire ;
- le Puy-de-Dôme.
Le Cantal et une partie du Puy-de-Dôme correspondent à l'ancienne
province des Montagnes, ou de Haute-Auvergne. L'Allier correspond
approximativement à la province historique du Bourbonnais, La
Haute-Loire inclut le Velay de l'ancienne province du Languedoc.
La région recouvre également une partie des terres du Lyonnais.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Vichy fut le
siège du gouvernement de l'État français.
Géographie
Carte actuelle des pays traditionnels d'Auvergne
Article détaillé : Géographie de l'Auvergne.
La région administrative Auvergne couvre quatre départements:
L'Allier au Nord, le Puy-de-Dôme au centre, le Cantal au Sud-ouest et la
Haute-Loire au Sud-est.
L'Auvergne historique telle qu'elle se présentait au XVIIIe siècle correspond à peu près à une zone
couvrant les départements du Cantal, du Puy-de-Dôme,
une petite partie du département de Haute-Loire ainsi que le sud de
l'Allier. Toutefois le territoire de la
cité des Arvernes allait jusqu'aux portes des villes
actuelles de Montluçon et Moulins. La cité des vellavis (actuel Velay)
était cliente des Arvernes. La région actuelle correspond donc à des
réalités historiques très anciennes.
La ville principale d'Auvergne est Clermont-Ferrand, dont l'aire
urbaine, avec plus de 400 000 habitants, rassemble presque un tiers
de la population régionale. Clermont Ferrand se voudrait désormais
comme la capitale de l'ensemble du Massif central. L'idée d'une fusion
des régions Auvergne et
Limousin a d'ailleurs été émise par Valéry Giscard d'Estaing avant les
élections
régionales de 2004 puis par Jean-Pierre Raffarin. Cette proposition
est cependant loin de faire l'unanimité en Limousin,
Limoges et Brive-la-Gaillarde étant plus tournées
vers le sud-ouest et la façade atlantique. D'autre part, l'influence de
Clermont-Ferrand est moins perceptible dans l'est de la Haute-Loire où
l'économie est orientée vers Saint-Étienne et la région Rhône-Alpes.
Le sud du Massif-Central se trouve dans la zone d'attraction d'autes
métropoles telles que Nîmes, Montpellier ou Toulouse .
Une grande partie de la région d'Auvergne est couverte par le Massif
central, massif hercynien datant de la fin de l'ère primaire qui s'étire
sur presque
un sixième de la surface totale de la France.
C'est un plateau élevé (pénéplaine) entrecoupé de profondes vallées. Un
épisode volcanique est intervenu au tertiaire et au quaternaire. Les
volcans les plus récents ont moins de 8000 ans et forment un ensemble
appelé Chaîne des Puys. Le nord de la région (Allier) est un pays
de collines. Le point culminant de l'Auvergne, 1886 m, se situe au Puy
de Sancy dans le massif des Monts
Dore.
Région essentiellement montagneuse, comptant quatre-vingts volcans,
l'Auvergne est de ce fait à l'écart des axes de communication
historiques de la France, tels que le couloir rhodanien ou le littoral
Atlantique. Cet enclavement persiste aujourd'hui, malgré
la volonté affichée par les institutions de promouvoir la réalisation
d'infrastructures de communication traversant et desservant la région.
Une telle situation n'a pas été
favorable au développement économique et urbain et l'enclavement est
l'un des facteurs qui ont contribué à la stagnation, voire la régression
démographique de la région. C'est pourquoi elle est identifiée dès
l'après-guerre comme étant la partie centrale de ce qui est nommé « la
diagonale du vide ».
Transports
Les axes autoroutiers nord-sud A71 et A75 Paris-Montpellier-Espagne
et
est-ouest A89 Bordeaux-Lyon-Genève, se
croisent à Clermont-Ferrand. Ils permetent désormais de relier toutes
les grandes métropoles nationales. Le seul chaînon manquant vers la
méditerranée (à 2h45) a été ouvert récemment : le viaduc de Millau.
La qualité des routes est excellente sur tout le réseau des
nationales et départementales et permet de relier Paris à
Clermont-Ferrand en 3h30.
De même l'électrification et l'amélioration de la ligne SNCF
Paris-Clermont-Ferrand, et la mise en service du matériel « Téoz » en
septembre 2003, permet de mettre Clermont à 3h30 de Paris (trains
directs).
L'Aéroport de
Clermont-Ferrand Auvergne accueille le hub régional d'Air
France et a dépassé en 2003 le cap d'un million de passagers
annuels.
Toutefois, le désenclavement se limite essentiellement à la vallée de
l'Allier au nord et aucune LGV n'est prévue à l'horizon 2012.
L'amélioration de la ligne Clermont-Lyon devrait permettre à
l'Auvergne de bénéficier des avantages de la gare de la Part-Dieu pour
l'accès à
la LGV Méditerranée et aux futures lignes Rhin-Rhône porté par
l'association ALTRO. Depuis le 1er janvier
2002, la région gère le service TER régional dans le cadre d'une
convention avec la SNCF. Les dessertes de la banlieue de Clermont ont
été étoffées sensiblement (la cadence étant de 15 minutes dans la
première couronne).
Article détaillé : TER
Auvergne.
Économie
Malgré son faible marché local, la région d'Auvergne a développé de
nombreux champions nationaux et internationaux, tels que Michelin,
Limagrain (semences), le groupe Centre-France-La Montagne (presse
quotidienne régionale), l'eau minérale Volvic (groupe Danone) et de
nombreuses PME dynamiques autour
des deux universités et des grandes écoles (ingénieurs, médecins et
école de commerce) de sa capitale, Clermont-Ferrand.
La plupart de ces champions exportent plus de 75% de leur production
dans le monde entier.
Industrie
L'Auvergne est une région relativement industrielle, puisque la part
de l'industrie dans la population active y représente 22 % (110 000
emplois) contre 18 % pour la moyenne nationale.
La principale industrie auvergnate est le secteur des pneumatiques,
représenté par Michelin,
leader mondial du secteur, dont le siège social et historique est situé
à Clermont-Ferrand, et par Dunlop,
implanté à Montluçon.
Un tissu diversifié de petites industries : métallurgiques (Aubert et
Duval), mécaniques, pharmaceutiques (MSD-Chibret),
agroalimentaires (céréales, viande (salers, limousine), fromages
(saint-nectaire, chèvres, bleus d'Auvergne), eaux minérales, etc.)
existe dans la région, notamment dans le Puy-de-Dôme et la Haute-Loire.
On peut citer la coutellerie à Thiers, la métallurgie à Issoire, la
dentellerie au Puy et l'élevage ainsi que l'agroalimentaire dans le
Cantal.
L'Auvergne est également l'un des premiers pôles de recherche en
France avec + de 8 000 chercheurs, dans les domaines de la chimie, des
pneumatiques, de l'acier, des sciences médicales et pharmaceutiques,
dans la recherche agronomique, dans les biotechnologies, sismologie,
météorologie...
L'agroalimentaire, avec
ses branches eaux minérales, produits laitiers, produits carnés,
sylviculture, miels, confitures et fruits confits... compte plus de 12
000 salariés.
Tourisme
Le tourisme vert se développe dans la région et notamment au sein du
Parc naturel
régional des volcans d'Auvergne, avec des sites excéptionnels comme
le Puy
Mary et le Plomb du Cantal qui sont accessibles par de
nombreux sentiers de randonnée, par la
route ou pour ce dernier par un téléphérique.
Vulcania,
parc de loisirs centré sur le volcanisme,
est une attraction touristique ouverte en février 2002 qui reçoit
chaque année plus de 300 000
visiteurs. Dans le département de l'Allier, vers Dompierre-sur-Besbre,
Le Pal attire
plus de 400 000 visiteurs par an en combinant les équipements d'un parc
de loisirs et d'un grand parc animalier.
La région compte plusieurs stations de ski alpin, dont les
principales sont Super Lioran sur le massif cantalien, Super-Besse et Le
Mont-Dore dans le massif du Sancy.
L'Auvergne dispose également de plusieurs domaines dédiés au ski
de fond comme le Guéry ou Pailherols dans le Carladès,
sans oublier le massif du Mézenc, au confin de la Haute-Loire, à
quelques pas des sources de la Loire.
Station de ski du Super Lioran
"L'Aventure Michelin", nouvel espace patrimonial de la marque, a été
inauguré le 23 janvier 2009 par Michel Rollier, co-gérant de Michelin.
Situé sur le site historique de Cataroux à Clermont-Ferrand, les
visiteurs peuvent découvrir les 2000 m² dédiés à l'histoire du Groupe,
de ses Hommes et de ses innovations.
Au total, la région dénombre plus de 170 000 lits touristiques
marchands, principalement en campings, hôtels et meublés de tourisme, et
410 000 lits en résidences secondaires.
Chaque année, la région enregistre environ 10 à 11 millions de
nuitées dans les hébergements marchands, 5 à 6 millions de nuitées en
résidences secondaires, et 10 à 12 millions de nuitées réalisées chez
des parents ou amis.
Selon les travaux conduits par SPOT Auvergne (Observatoire régional
du tourisme), cette clientèle touristique en séjour apporte annuellement
entre 1,2 et 1,4 milliards d'euros dans l'économie régionale. La
consommation touristique totale se situe entre 2,5 et 2,8 milliards
d'euros, représentant plus de 7 % du PIB régional.
L'Auvergne représente globalement entre 2.5 et 3 % de part de marchés
dans l'activité touristique nationale et totalise entre 12 000 et
25 000 emplois salariés liés au tourisme selon les mois, en raison de la
forte saisonnalité.
Agriculture
Avec 41 000 emplois, l'agriculture représente 8,5 % des emplois
régionaux, le double de la moyenne
nationale.
Quatre fromages AOC d'Auvergne : Cantal, Bleu d'Auvergne, fourme
d'Ambert, Saint-Nectaire
Dans sa partie montagneuse, l'Auvergne est surtout une région
d'élevage orienté vers la production laitière, berceau des races bovines
salers et aubrac. Elle est une région importante
pour la production de fromages AOC avec cinq spécialités :
bleu d'Auvergne, Cantal Entre-deux, Cantal Jeune, fourme d'Ambert,
salers, saint-nectaire. Avec 50 000 tonnes, elle
produit le quart de la production française de fromages AOC. On fabrique
également sur le territoire de l'Auvergne du roquefort (fromage) et du
bleu des Causses.
Il faut également citer la production de lentilles vertes du Puy (appellation AOC) sur les plateaux du Velay en Haute-Loire.
Dans l'Allier, c'est plutôt un élevage orienté vers la production de
viande. L'Auvergne organise chaque année
en octobre le « sommet de l'élevage » à Cournon-d'Auvergne, première
manifestation de ce type en Europe.
Les parties basses, le département de l'Allier, la Limagne,
pratiquent les grandes cultures : céréales (blé, orge, maïs),
oléagineux (colza,
tournesol)
et betteraves
sucrières. C'est d'ailleurs à Clermont Ferrand, que se situe
l'usine française de transformation de betteraves la plus méridionale.
À noter, dans le nord de l'Allier, la forêt de Tronçais (10 400 ha),
qui est
aussi une curiosité touristique. Haute futaie de chênes,
créée à l'époque de Colbert pour les besoins de la marine, qui fournit
aujourd'hui,
notamment, le bois utilisé pour la fabrication des tonneaux des grands
crus. Elle est une
des plus grandes d'Europe.
Enfin, la commune de Chappes, près de Clermont-Ferrand,
accueille le siège social du quatrième plus grand semencier mondial :
Limagrain. Cette société dispose d'un réseau de
recherche composé de 50 stations de sélection, sept laboratoires de
biotechnologie et trois laboratoires de
recherche sur les ingrédients, ce qui en fait, avec l'INRA et Michelin,
l'un des principaux pôles de recherche de la région, avec des dépenses
de Recherche et développement de 60
millions d'euros par an.
Eaux
minérales et thermalisme
Stations thermales
L'Auvergne bénéficie de sources abondantes et riches en sels
minéraux, dont plusieurs sont commercialisées. La
plus connue d'entre elles est à Volvic, dont la marque éponyme appuie
notamment sa stratégie publicitaire sur le patrimoine
géologique de la région.
Vichy,
sous l'impulsion de Napoléon III est devenue à partir du milieu du XIXe siècle « la Reine des villes d'eaux ».
La station thermale de La
Bourboule dans le Puy-de-Dôme, crée en 1875 suite à
la découverte des eaux thermales, fut un centre touristique
d'importance, notamment autour de 1900, lorsque
10 000 curistes y venaient chaque année. La fréquentation est
aujourd'hui bien plus faible.
Sources
d'eaux minérales
Article détaillé : Thermalisme
de l'Auvergne.
- Les sources minérales oubliées du Massif Central, Frédéric
Surmely, Éditions de Montmarie
- L'Auvergne qui guérit. Par ses saints, ses sources, ses
guérisseurs, René Crozet, 1979
Démographie
Article détaillé : Démographie de l'Auvergne.
L'Auvergne compte 1 339 247 habitants1.
Elle se partage entre un département en forte croissance
(Puy-de-Dôme,
626 639 habitants) et trois départements à la moyenne d'âge plus élevée
et moins peuplés (Allier, Cantal, Haute-Loire).
La région d'Auvergne est habitée depuis plus de 15 000 ans.
Ses habitants ont donc
pu voir les éruptions volcaniques à l'origine des volcans les plus
jeunes de la chaîne des Puys (4 000 à 12 000 ans av. J.-C.). On
estime que vers 200 à 50 av. J.-C., la population des
Arvernes, les Gaulois les plus riches de la Gaule Antique, était de
l'ordre de 450 000 personnes pour un territoire comparable au
département du Puy-de-Dôme actuel.
Les principaux foyers de peuplement se trouvent près des cours d'eau
(Allier, Tiretaine),
les places de marché (Brioude) et les bassins industriels
(Clermont-Ferrand, Montluçon, Cournon, coutellerie à Thiers, Moulins,
Vichy, Aurillac, Le Puy). Les villes représentent plus de 70% de la
population, tandis que les campagnes, après un fort exode
rural au début du XXe siècle ont perdu
l'essentiel de leur
population.
Aujourd'hui Clermont-Ferrand, sa capitale historique,
représente plus du quart de la population de la région.
Clermont-Ferrand, la plus grande
agglomération auvergnate.
Culture
Trois
régions culturelles
Costume traditionnel d'Auvergne
L'Auvergne administrative regroupe des territoires hétérogènes sur le
plan culturel. Elle est principalement en zone occitane, et cela pour
un peu plus de trois départements et demi sur quatre.
La région administrative « Auvergne » se compose de trois régions
historiques et culturelles :
- L'Auvergne proprement dite. Les départements du Cantal et du
Puy-de-Dôme,
ainsi que Brioude et le Brivadois en Haute-Loire représentent
aujourd'hui le mieux la
culture auvergnate, et où les composantes importantes que sont la
langue, la tradition culinaire et la musique sont vivantes.
- Le Velay,
qui occupe le gros du département de la Haute-Loire (sauf Brioude et le
Brivadois), a une histoire distincte et une
personnalité affirmée. Il n'est pas de tradition auvergnate, même s'il
appartient au même ensemble culturel occitan que l'Auvergne historique.
- Le Bourbonnais, qui
coïncide avec le département de
l'Allier, est partagé entre l'occitan (langue d'oc) au Sud (Vichy,
Montluçon) et le français (langue d'oïl) au Nord (Moulins).
Langues
Il y a plusieurs langues autochtones dans la région d'Auvergne:
- L'auvergnat, qui est une variété de langue d'oc ou d'occitan,
se parle dans presque toute la région, ainsi que le vivaro-alpin vers
Yssingeaux et le dialecte carladézien dans le Carladès.
- Le français ou langue d'oïl, sous une forme dialectale, se
parle dans la
moitié nord du Bourbonnais (Allier).
Si la moitié nord du Bourbonnais (Allier), autour de Moulins, est de
langue d'oïl, il faut préciser que la
moitié sud du Bourbonnais, vers Montluçon et Vichy,
est de langue d'oc. Le terme de bourbonnais est ambigu: il peut
désigner aussi bien les parlers occitans que les parlers français du
Bourbonnais.
D'après un sondage de 20062,
la dénomination la plus répandue pour l'une ou l'autre des deux langues
est le terme patois (78 % de la population) au côté de termes
plus régionalisés (auvergnat, bourbonnais, vellave). Néanmoins, une
certaine conscience des identités culturelles émerge au travers de
dénominations telles que bourbonnais (5 %), auvergnat (10 %), occitan (8 %) ou langue d’oc (4 %).
La langue régionale, qu’elle soit d'oïl ou d'oc représente une forte
réalité de la région :
- 61 % déclarent comprendre plus ou moins bien leur langue régionale
dont 22 % facilement ou parfaitement
- 42 % déclarent savoir la parler plus ou moins bien dont 12 %
facilement
- 29 % déclarent la lire plus ou moins bien dont 10 % assez facilement
- 17 % déclarent l’écrire plus ou moins bien dont 4 % facilement.
La transmission de la langue se fait pour l'essentiel dans le cadre
familial (grands-parents à 61 %, ou encore l’entourage à 50 %) avec une
part très faible par le réseau institutionnalisé qu'est l'école (10 %).
Ici se pose le problème du rôle de l'État dans celle-ci puisque 40 % des
gens qui n’ont pas appris la langue à leurs enfants regrettent
maintenant de ne l'avoir pas fait. Ce regret est encore plus fort chez
les générations montantes (58 % chez les moins de 35 ans). De plus le
souhait d'apprendre est très présent. Il est le plus fort chez les moins
de 35 ans (23 %). Le désir de voir la langue être proposée à l'école
est le plus fort dans les départements suivants: Haute-Loire (53 %),
Puy-de-Dôme (51 %) et Cantal (74 %). Le souhait que ses propres enfants
apprennent la langue est très fort (41 %) et se renforce chez les jeunes
générations (58 % chez les moins de 35 ans). 71 % des habitants de la
région se déclarent favorables au maintien et au développement de la
langue et de la culture régionales, encore davantage chez les moins de
35 ans (76 %). Pour ce faire, ils souhaitent voir différentes
institutions jouer leur rôle :
- France
3 Auvergne devrait proposer des émissions en langue régionale à
54 %
- la région (54 %), l'Éducation nationale (43 %), le ministère de la
culture (42 %) et les communes sont vus par les habitants de l'Auvergne
comme étant les acteurs légitimement en devoir de transmettre et de
développer leur langue et leur culture3
Musique
George Onslow est incontestablement le plus éminents des
compositeurs ayant vécu en Auvergne. Né à Clermont-Ferrand (1784), il y
est également décédé (1853). En dépit d'une renommée internationale, il
resta toujours fidèle à sa ville natale, ce qui ne l'empêcha pas de
fréquenter les plus illustres musiciens de son temps et d'être publié et
diffusé partout en Europe par les plus grandes maisons d'édition. Un
festival, Les Soirées Onslow, lui est consacré chaque été pendant
la
première semaine du mois d'août à l'initiative du Quatuor Prima Vista.
Plusieurs compositeurs ont résidé pendant des périodes plus ou moins
longues en Auvergne, sans toutefois s’y installer : Jean-Philippe Rameau
(originaire de
Dijon), Isaac Strauss (originaire de Strasbourg), Joseph Canteloube
(originaire de l’Ardèche), Pierre
Angot (originaire de Neuville-lès-Dieppe), et Dominique Jayles
(originaire de Toulouse). On notera une exception en ce qui concerne
Daniel
Meier (1934-2004), originaire de Pau, mais qui s'est établi
définitivement en Auvergne en 1975. La liste est longue, par ailleurs,
des musiciens nés en Auvergne, mais bien vite partis s’établir à Paris :
Antoine Lhoyer, Emmanuel Chabrier, François George Hainl, André
Messager, Antoine François Marmontel, Roger Désormières,
André Gannes, François-Bernard Mâche, etc. Seuls
quelques-uns sont originaires d’Auvergne et y ont établi leur activité :
c’est le cas d’Henri Thévenin (né à Vichy), Gilles Raynal (né à
Saint-Flour) et Baudime Jam (né à Clermont-Ferrand).
Dans le domaine de la musique folklorique, l'Auvergne est connue pour
sa musique à danser. Remise au goût du jour dans les années
1970, lors de la vague folk, la musique de tradition orale
a été collectée et mise sur bande audio. Martin
Cayla (1889-1951) est un musicien et éditeur de musique originaire de
Sansac-de-Marmiesse dans le Cantal.