L'Aquitaine est une région historique et administrative du
Sud-Ouest de la France. Elle comprend cinq départements : la Dordogne,
la Gironde, les Landes, le Lot-et-Garonne et les Pyrénées-Atlantiques.
Son chef-lieu, Bordeaux,
en est aussi la plus grande ville. L'Aquitaine est également une région
historique, dont les contours ont évolué au cours du temps. Ses
habitants sont les Aquitains.
Étymologie
et dénominations
L’étymologie la plus courante du mot Aquitaine (aqu-itan-ia /akwitania/) est d’en faire un mot parent du latin aqua 'eau',
ce qui en ferait le pays des eaux1.
Aquitaine, en latin Aquitania, viendrait selon les auteurs
latins du nom antique de la cité de Dax, Aquæ
(Tarbellicæ).
Il ressemble assez au nom des Auscitains (peuple présent avant la
conquête romaine dans le Gers actuel) voire à celui des Basques (Euskal-dunak),
sans que l'on puisse avoir aucune certitude sur l'origine et le sens
réel du mot.
Le terme « Aquitaine » s'est appliqué au cours du temps à des
territoires différents du Sud-Ouest de la France actuelle.
Présentée par César (dans « La Guerre des Gaules ») comme
une entité distincte de la Gaule comprenant tous les pays au Sud de la
Garonne,
la province romaine d'Aquitaine s'est étendue
très largement vers le Nord sous l'Empire. À l'inverse, les pays les
plus méridionaux furent un temps distingués de l'Aquitaine, apparemment
sous Trajan,
et formèrent la Novempopulanie correspondant
approximativement à « la Gascogne ».
Les langues régionales de l'Aquitaine sont l’occitan (Aquitaine se
dit Aquitània akiˈtanjɒ ou akiˈtani), le basque (Akitania)
et le saintongeais, une variété du poitevin-saintongeais (Aguiéne).
L'appellation Guyenne est la déformation par les Anglais du nom
d'origine de l'Aquitaine passée sous leur domination : l'Aguiéne est
devenue la Guyenne.
Géographie
Article détaillé : Géographie de l'Aquitaine.
Une région
vaste à l'identité plurielle
Arcachon sur le littoral des Landes de Gascogne
Biarritz sur la côte Basque
Avec ses 41 309 km2, l'Aquitaine est
la troisième région
métropolitaine française par sa superficie2 et correspond ainsi à 8% du
territoire national. Région méridionale
éloignée de Paris cernée par la chaîne des Pyrénées,
le Massif central et l'océan Atlantique, elle correspond, sur le plan
physique,
au vaste bassin sédimentaire du Sud-Ouest. Au nord, Dordogne et Garonne
draînent le vignoble bordelais et les départements de Dordogne, Gironde
et Lot-et-Garonne. À l'ouest, se déploient les Landes de Gascogne,
territoire naturel à cheval sur les
départements de la Gironde, des Landes et du Lot-et-Garonne. Au Sud, sur
le piémont pyrénéen, le département des Pyrénées-Atlantiques rassemble
Pays
basque et Béarn.
Les régions Midi-Pyrénées, Limousin,
Poitou-Charentes sont respectivement
limitrophes à l'est, au nord-est et au nord. À l'ouest, la région compte
275 kilomètres de côte, dite « côte d'Argent », seulement interrompus
par le bassin d'Arcachon et par la baie de Saint-Jean-de-Luz. Au Sud, la
chaîne des
Pyrénées marque la frontière avec l'Espagne.
Climat
Tempéré à tendance océanique.
Hydrographie
Les principaux cours d'eau sont la Garonne,
la Dordogne, l'Adour et le Lot.
Histoire
Article détaillé : Histoire de l'Aquitaine.
Politique
et administration
Articles détaillés : Politique de l'Aquitaine et
Conseil régional d'Aquitaine.
Coopération
interrégionale
Au Pays basque, de nombreuses villes de chaque côté de la
frontière dont Saint-Sébastien coopèrent dans le
cadre de l'Eurocité
Basque Bayonne - San Sebastian. Des liens étroits sont entretenus
avec Toulouse et la région voisine Midi-Pyrénées.
Transports
Article détaillé : Transports de l'Aquitaine.
Le réseau
routier
Les autoroutes
- L'A10
- L'A62
- L'A63
- L'A64
- L'A65
- L'A89
- L'A660
La traversée des Pyrénées
- Le passage transfrontalier Irun-Hendaye,
villes où les transports tiennent une place très importante.
- Le Tunnel du Somport
Le réseau
ferré
Trois grand axes :
- la ligne Paris - Bordeaux - Madrid par Irun, axe majeur pour
l'économie et le transport, ce qui crée des
déséquilibres au niveau régional :
- pouvoirs d'attraction de Bordeaux, de Bayonne-Anglet-Biarritz,
- désertification des Pyrénées, de la Dordogne, du département de
Lot-et-Garonne.
La ligne Paris - Bordeaux - Madrid par Irun a toujours été une
priorité pour les États français et
espagnol, aussi il y a une ligne TGV Paris - Tours très
rapidement puis jusqu'à Bordeaux et Dax...
- l'axe transversal Bordeaux - Toulouse.
- l'axe transversal Espagne - Italie,
par Irun, Pau,
Toulouse,
Vintimille.
Article détaillé : TER
Aquitaine.
Le réseau
fluvial
Le canal du Midi est un canal français qui relie la Garonne à
la Méditerranée. Il fournit
avec le canal latéral à
la Garonne une voie navigable (le canal des deux mers) de l'Atlantique à
la Méditerranée. Il a été prolongé par le canal du Rhône à Sète.
C'est le commerce du blé qui motiva sa construction. Construit au XVIIe siècle, de 1666 à 1681, sous le
règne de Louis XIV, sous la supervision de Pierre-Paul Riquet, le canal
du Midi est
le plus ancien canal d'Europe encore en fonctionnement.
Le transport
maritime
- Le Grand port maritime de Bordeaux accueille chaque année 1 600
navires et traite environ 9 millions de
tonnes de marchandises (dont 4 millions de tonnes d'hydrocarbures). Il
accueille également les éléments de l'A380 en transit vers Toulouse.
Le
transport aérien
Aéroports internationaux en Aquitaine :
- Aéroport de Bordeaux situé à Mérignac ;
- Aéroport Pau-Pyrénées à Uzein, situé
à 17 km au nord-ouest de la
ville de Pau ;
- Aéroport de
Biarritz-Anglet-Bayonne situé à Anglet.
- Aéroport de
Bergerac-Périgord-Dordogne situé à Bergerac. Vols à destination de Paris
ainsi que de la Grande-Bretagne
- Aéroport Agen-La Garenne : Vols à
destination de Paris
- Aéroport Périgueux-Bassillac :
Vols à destination de Paris
Économie
Article détaillé : Économie de l'Aquitaine.
L'Aquitaine est la sixième région en ce qui concerne le PIB,
qui s'élève à 4,5% de la richesse nationale.
Secteur primaire
L'agriculture, la sylviculture, la pêche ou encore l'aquaculture
jouent un rôle majeur dans
l'économie régionale. L'Aquitaine est la première région agricole
française. 10% des actifs travaillent dans le secteur agricole alors que
la moyenne nationale se situe autour de 4 % 3.
L'Aquitaine est connue pour son vin provenant du Bordelais ou des
coteaux du Jurançon. On y
produit la majeure partie des pruneaux d'origine française dont le
fameux pruneau d'Agen mais aussi
des fraises, des kiwis, du maïs, des carottes, des asperges...
Cette production végétale est complétée par la pratique de l'élevage
en particulier dans les Pyrénées et sur le piémont du Massif central.
Mais, l'Aquitaine reste surtout la première
région productrice de foie gras.
Elle est encore la première région forestière, le massif forestier
des Landes occupant 900 000 hectares.
Saint-Jean-de-Luz, Hendaye,
Capbreton et Arcachon sont les principaux ports de pêche.
Enfin, l'ostréiculture du Bassin d'Arcachon est très réputée.
Secteur
secondaire
Certaines activité dites traditionnelles telles l'agroalimentaire ou
la filière bois restent très dynamiques mais des secteurs, tels que
l'habillement, ont connu des difficultés. Certains sites ont fermé, tel
que celui de Pechiney à Noguères consacré à l'aluminium. À l'image du
bassin de Mourenx suite à l'épuisement des gisements du gaz
de Lacq, certains se reconvertissent. Mais, l'aéronautique est pour
la région un secteur des plus florissants et réprésente 21 000 emplois.
Les principaux pôles industriels restent Bordeaux,
Pau-Lacq et Bayonne-sud-des-Landes.
Secteur tertiaire
Fontaine Chaude ou Source de la Nèhe à Dax
Le patrimoine architectural, gastronomique, culturel et naturel de
l'Aquitaine attire de nombreux touristes. Biarritz et Arcachon sont des
stations balnéaires à la réputation déjà ancienne. Mais le
tourisme balnéaire tend à gagner toute la côte et concerne encore
Hendaye,
Saint-Jean-de-Luz, Capbreton,
Hossegor, Vieux-Boucau-les-Bains, Mimizan-Plage,
Biscarrosse-Plage, Lacanau et Soulac. La renommée de territoires tels
le Pays
basque, le Périgord, la Dordogne, le Bordelais n'est plus à faire et il
en est de même pour des espaces naturels tels
que la dune du Pilat, les plateaux calcaires
du Quercy,
les Landes de Gascogne, les Pyrénées...
Le thermalisme a une importance économique à travers les onze
stations thermales que compte l'Aquitaine, en particulier à Dax (la
première
ville thermale de France) et Saint-Paul-lès-Dax.
Éducation
Enseignement
supérieur
- Les quatre Universités de Bordeaux
- L'Université
de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA) dispose de plusieurs sites : Pau,
Bayonne,
Tarbes et Mont-de-Marsan.
Démographie
Article détaillé : Démographie de l'Aquitaine.
Population
Au recensement de 2006, l’Aquitaine compte 3 119 778 habitants ce qui
témoigne d’une augmentation démographique persistante après la
dépopulation enregistrée pendant la seconde moitié du 19ème siècle et la
première partie du 20ème. L’Aquitaine est redevenue attractive car
c’est le solde migratoire favorable qui porte la croissance retrouvée.
Dépopulation pendant près d’une siècle (1851-1954)
Alors que de 1801 à 1851, l’Aquitaine a gagné un peu plus de 400 000
habitants, la seconde moitié du 19ème siècle est marquée une modeste
progression de la population, de l’ordre de 60 000 individus. Deux
mécanismes permettent de comprendre ce ralentissement. Tous les
départements sont affectés par une baisse significative des naissances
en raison d’un certain malthusianisme pratiqué par presque toutes les
classes sociales, mais plus significativement au sein de la population
rurale alors nettement dominante. D’autre part, l’exode rural commence à
affecter les campagnes, heureusement au profit principalement de la
ville de Bordeaux portée par la croissance de son économie et de son
port, ce qui permet à l’Aquitaine de stabiliser, en légère croissance,
sa population à 2 270 000 personnes en 1901.
On imagine sans peine les effets dévastateurs de la première guerre
mondiale sur l’évolution de la population entre 1901 et 1921. Non
seulement la période n’était pas propice à une reprise des naissances en
raison des incertitudes politiques et économiques, mais de plus des
milliers de jeunes aquitains sont partis au front, faisant chuter la
fécondité des ménages pendant le conflit, mais également après parce que
bon nombre de ces jeunes adultes ont été tués. Le solde naturel devient
fortement négatif sous le double effet d’une faible fécondité et d’une
augmentation du nombre des décès pendant la première guerre mondiale.
Entre les deux guerres et pendant la seconde guerre mondiale, on a
assisté à une légère reprise de la croissance de la population en
Aquitaine. La région comptait 1 715 665 habitants en 1946. A cette
évolution légèrement favorable deux explications : l’immigration et
l’arrivée de français chassés par l’avancée de l’armée allemande.
L’entre-deux-guerres a connu une première phase de repeuplement en
faisant appel à des populations étrangères. Ce fut principalement des
italiens recrutés pour travailler dans des exploitations agricoles
dépourvues de bras pour effectuer les travaux de la terre. Le
Lot-et-Garonne a été la principale destination de ces italiens venus
particulièrement de la plaine du Pô. Il convient d’y ajouter des
espagnols fuyant la guerre civile se déroulant dans leur pays. L’exode
des habitants de la France du nord sous la poussée des troupes
allemandes a conduit certains de ces réfugiés à se fixer pour une longue
période en Aquitaine. Au recensement de 1954, l’Aquitaine compte à
nouveau 2 221 000 habitants, soit la même valeur qu’en 1851. Si la
reprise démographique est réelle en raison notamment d’un renouveau de
la fécondité et de la poursuite de courants migratoires, elle ne doit
pas masquer que cet accroissement permet de retrouver tout juste le
niveau atteint un siècle auparavant.
Le redressement démographique des années 1960 à nos jours
A partir de 1954, l’Aquitaine enregistre régulièrement des gains de
population : plus de 200 000 personnes entre 1954 et 1968, idem entre
1968 et 1982, 300 000 environ entre 1982 et 1999. Les trois millions
d’habitants sont atteints au moment d’entrer dans le 21ème siècle. Le
recensement de 2006 fixe à un peu moins de 3 200 000 le nombre des
aquitains.
Cette croissance s’accompagne de deux changements spectaculaires.
Après des taux de croissance de la population en Aquitaine plus modestes
que ceux de la plupart des autres régions, ce taux passe à 1%
annuellement, ce qui est mieux que la moyenne nationale (0,7%) et place
l’Aquitaine parmi les régions les plus dynamiques en terme de croissance
de la population, derrière le Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées.
Preuve que la moitié sud du pays est devenu aujourd’hui attractive. Car,
en effet, ce taux de croissance repose principalement sur des apports
migratoires. Ceci constitue le second changement spectaculaire.
L’Aquitaine, malgré les gains de population, demeurait une terre de
départ pour les plus jeunes qui allaient chercher des emplois dans les
régions les plus dynamiques, région parisienne en tête. Si aujourd’hui,
les 20 à 25 ans continuent d’avoir un solde négatif en raison de départs
supérieurs aux arrivées, il n’en est plus de même pour les autres
tranches d’âges et on ne peut plus dire que l’Aquitaine accueille
seulement des retraités retournant au pays.
Ce redressement ne doit pas occulter qu’en terme de densités,
l’Aquitaine, avec 76 habitants au km2, demeure très en deçà de la
moyenne nationale proche de 100. De plus, cette croissance est
inégalitaire.
Le poids de la Gironde s’accroît régulièrement
L'évolution de la population en Aquitaine (base 100 en 1851)
Un premier graphique « la population en Aquitaine, base 100 en
1851 », permet d’apprécier les différentes trajectoires de croissance
des départements aquitains. 1851 étant l’année du maximum pour tous les
départements, observons les évolutions par rapport à cet optimum qui est
suivi d’une phase de dépopulation pour l’Aquitaine. Les situations sont
très contrastées. La Gironde caracole en tête avec un indice qui passe
de 100 à près de 230, soit plus de 100% de taux de croissance. Alors que
le reste de l’Aquitaine souffre de dépopulation, la Gironde continue de
gagner des habitants. En dépit d’un très léger fléchissement entre 1990
et 1999, son taux de croissance reste régulier et très soutenu dans la
période récente. Il est évident que cette situation est étroitement liée
à la présence de l’agglomération de Bordeaux et à l’attractivité du
littoral, notamment le bassin d’Arcachon. Nous y reviendrons plus loin.
Deux départements, les Pyrénées-Atlantiques et les Landes, comptent
désormais plus d’habitants qu’en 1851. Toutefois, le taux de croissance
de 20% pour les Landes et de 30% pour les Pyrénées-Atlantiques reste
très en deçà de celui atteint par la Gironde. De plus, au début des
années 1980, les Landes n’avaient pas retrouvé leur niveau de 1851.
Durant les dix dernières années, le taux de croissance de ces deux
départements ne faiblissent pas tant ils sont favorisés par
l’attractivité de leur littoraux et dans le cas des Landes par la
proximité de l’agglomération de Bayonne. Les deux derniers départements
aquitains, Lot-et-Garonne et Dordogne, n’ont toujours pas retrouvé leur
niveau de population de 1851, malgré des taux de croissance favorables. A
cela deux raisons principales. Fortement agricoles au moment de la
dépopulation, dépourvus de grandes villes, ils ont enregistré les
régressions de population les plus fortes, plus de 100 000 habitants de
moins chacun entre 1851 et 1936. Dans les années suivantes, le taux de
croissance redevenu positif demeure trop faible pour compenser de si
lourdes pertes. D’autant que ces deux départements sont touchés par un
exode rural amplifié durant la période des « Trente glorieuses »
Part de chaque département dans l'évolution de la population en
Aquitaine(1876-2006)
Ces inégalités en terme de croissance expliquent que le poids
démographique de la Gironde est en constante augmentation et cela
ressort clairement dans le graphique « Part des départements dans la
population de l’Aquitaine ». Alors que le « poids » démographique était
de l’ordre de 33% en 1876, il atteint presque 45% en 2006. Seules les
Pyrénées-Atlantiques accroissent leur part, mais de manière moins
significative. Gironde et Pyrénées-Atlantiques regroupent en 2006 près
des deux tiers de la population de l’Aquitaine. Pendant ce temps la part
des autres départements régresse continuellement, à l’exception des
Landes à condition que la forte croissance observée durant la dernière
décennie pour ce département se poursuive dans les années qui viennent.
En tout cas, Dordogne, Landes et Lot-et-Garonne, ne rassemblent plus
qu’un tiers des habitants de l’Aquitaine contre 50% en 1876.
Le croît naturel joue désormais un rôle modeste dans cette
croissance
L'évolution des taux de natalité et de mortalité en Aquitaine
(1968-2006))
Évolution du taux de natalité par départements en Aquitaine)
Au même titre que la France, l’Aquitaine enregistre une reprise de la
natalité après la seconde guerre mondiale. Même si cette reprise est
moins forte que pour la France entière, les taux de natalité sont
désormais suffisamment élevés pour permettre de dégager un solde naturel
positif. Encore évalué à 14‰ dans les années 1969, le taux de natalité
plonge à 11‰ dans la décennie suivante (on se reportera au graphique
« évolution de la natalité et de la mortalité en Aquitaine ») si bien
que le solde naturel s’amenuise rapidement, avant de devenir négatif
dans les années 1980 et 1990, en débit de la baisse régulière du taux de
mortalité. La décennie actuelle amorce un renouveau des naissances ce
qui s’accompagne d’un solde naturel à nouveau positif.
Solde des taux de natalité et de mortalité pour les départements de
l'Aquitaine exprimé en ‰ (1968-2006))
On se doute que les départements de l’Aquitaine participent à ses
évolutions de manière très différenciée. Le graphique « Évolution du
solde naturel en Aquitaine par départements (‰) » permet de dégager
plusieurs tendances au cours des dernières années. Du fait de naissances
moins nombreuses en Aquitaine, le solde naturel pour ‰ est inférieur de
deux points à celui de la France entière. Seule la Gironde se rapproche
du comportement national. Un groupe de trois départements, Landes –
Lot-et-Garonne – Pyrénées-Atlantiques, présentent des évolutions
comparables avec des soldes naturels presque toujours négatifs, sans
toutefois générer de graves déficits. La Dordogne, enfin, se signale à
la fois par son faible taux de natalité et sa plus forte mortalité, ce
qui se traduit par un déficit naturel négatif compris supérieur à -3‰.
Une fois de plus, ce sont les comportements démographiques observés
en Gironde qui assurent à l’Aquitaine un gain des naissances sur les
décès. Si on prend en compte les données pour 2008, le solde naturel
positif (+ 4862) de la Gironde compense à lui seul les pertes des autres
départements (dont plus 1000 personnes en Dordogne) de telle manière
que l’Aquitaine a gagné un peu moins de 3800 personnes.
Pour comprendre les évolutions du croît naturel en Aquitaine, il faut
faire intervenir deux grandes explications : la fécondité des ménages
et la structure par âges.
En ce qui concerne la fécondité des ménages, l’Aquitaine continue de
se démarquer en ayant un indice (nombre d’enfants par femmes en âge de
procréer) inférieur à celui de la moyenne en France. En 1982, le taux de
fécondité de l’Aquitaine était de 1,7 enfants par femmes en âge de
procréer contre 1,9 pour la France entière. C’est écart est identique en
2006.
Évolution de la fécondité en Aquitaine par départements)
Les choses se compliquent quand on observe les résultats par
départements (voir le graphique). En effet, le taux de fécondité,
supérieur à 1,8, est plus élevé dans les départements les plus ruraux,
alors qu’il est plus faible dans les départements les plus urbanisés,
les Pyrénées-Atlantiques et surtout la Gironde, où le taux de fécondité
est inférieur à 1,7.
La population de moins de 20 ans rapportée à celle de plus de 60 ans en
Aquitaine (1999)
La structure par âges est finalement l’élément le plus déterminant
dans l’évolution du croît naturel dans les départements aquitains. En
raison du départ des plus jeunes adultes, du maintien des personnes
âgées et de l’arrivée de retraités, les départements les plus ruraux
vieillissent. Et quel que soit les progrès réalisés en matière de soins,
la présence d’une forte proportion de personnes âgées induit un taux de
mortalités élevé comme on l’a montré notamment pour la Dordogne. En
faisant le rapport des moins de 20 ans sur les plus de soixante ans, on
dresse la carte de l’indice de jeunesse des différentes zones de
l’Aquitaine (voir la figure). Ainsi se détachent, en raison de leur
indice de jeunesse très favorable, les grandes agglomérations de la
région Aquitaine. Malgré une fécondité plus basse que l’ensemble de
l’Aquitaine, l’aire urbaine de Bordeaux dégage un solde naturel
important. A noter cependant que Périgueux et Bayonne ont un indice
moins favorable. Périgueux en raison du vieillissement plus prononcé et
Bayonne probablement à cause de l’arrivée de retraités sur le littoral
basque. C’est aussi pour cette raison que l’aire urbaine d’Arcachon a un
solde naturel négatif.
Les départements qui ont conservé un caractère plus rural, Dordogne,
partie intérieure des Landes et Lot-et-Garonne, sont affectés par le
vieillissement de la population ce qui induit des taux de mortalité
élevés qui ne compensent pas les naissances malgré une fécondité
favorable. La répartition des plus de 60 ans et plus encore celle des
plus de 75 ans, montrent une concentration de ces personnes sur les
marges rurales de ces départements.
L’attractivité actuelle de l’Aquitaine en matière de migrations
résidentielles
L’Aquitaine a été jusqu’au années 1960 une terre de départs faute de
pouvoir fixer sur son territoire sous-industrialisés tous ceux qui
quittaient les campagnes. La situation s’inverse par la suite de telle
manière que la part du solde migratoire dans la croissance totale de la
population de l’Aquitaine s’accroît de plus en plus. Cette part du solde
migratoire dans la reprise de la croissance démographique, était de 35%
dans les années 1960, de 60% en moyenne dans les années 1970-1980 et de
90%, parfois plus suivant les années, depuis 1990. En 2009, l’INSEE,
sur la base d’estimation, fixe à 0,88 le taux annuel de croissance dû au
solde migratoire pour les dix dernières années. A cette même date, à
titre de comparaison, le taux moyen annuel pour la France entière est de
0,25. Cette accélération de l’excédent migratoire porte la croissance
de la population en Aquitaine : durant les dix dernières années 90% des
nouveaux habitants en Aquitaine sont issus du solde migratoire, soit
plus de 260 000 personnes.
Les migrations résidentielles dans chaque département en Aquitaine
(2006)
C’est excédent résultant des migrations résidentielles (changement de
lieu de résidence) profite à tous les départements de l’Aquitaine, mais
pas dans les mêmes proportions (voir le graphique). La Gironde est le
grand bénéficiaire des ces changement de résidence puisqu’elle attire
plus de 110 000 personnes contre 45 000 vers les Pyrénées-Atlantiques,
de l’ordre de 30 000 en Dordogne et Landes, 23 000 en Lot-et-Garonne.
C’est aussi la Gironde qui a le plus grand nombre de sortants. Pourtant
le différentiel entre entrants et sortants reste très favorable à la
Gironde qui gagne 30 000 nouveaux venus contre 15 000 au mieux dans les
Pyrénées-Atlantiques et le Landes, moins encore en Dordogne et
Lot-et-Garonne.
Cet excédent migratoire concerne toutes les tranches d’âges. Il est
révolu le temps où l’Aquitaine attirait majoritairement des retraités.
Certes, le retour des plus de 50 ans vers le sud-ouest se poursuit, mais
désormais plus de la moitié des nouveaux aquitains ont entre 30 et 59
ans, dont un tiers a moins de 45 ans. En venant en famille avec des
enfants, ces derniers confortent la tranche d’âges de 5 à 14 ans,
notamment dans les villes et plus particulièrement dans l’agglomération
bordelaise. Finalement, seule la tranche des 20 à 29 ans enregistre un
solde négatif en raison de départ de ces jeunes adultes vers des villes
universitaires ou vers les pôles économiques plus attractifs. Pour cette
raison des flux migratoires importants demeurent avec la région
parisienne. Sans effet sur la croissance de la population de
l’Aquitaine, les mouvements entre les départements de la région ont des
amplitudes très faibles. Toutefois, une fois encore, la Gironde surtout
et les Landes ont une modeste attractivité sur la population des autres
départements. En ce qui concerne la Gironde, outre la possibilité d’y
trouver un emploi, une des explications tient à l’attractivité de ce
grand pôle universitaire.
Des migrations internationales plus diversifiées
Un peu moins de 40 000 nouveaux aquitains proviennent de l’étranger
durant la période 1999-2006. Cet apport est modeste par comparaison avec
le solde des migrations résidentielles, mais il s’inscrit dans une
longue tradition d’immigration.
Compte tenu de l’arrivée d’immigrants européens, italiens
principalement, l’Aquitaine pouvait apparaître comme une terre d’accueil
au sortir de la seconde guerre mondiale. On y relevait 4,8%
d’étrangers, soit un peu plus que la moyenne en France. C’est à la fin
des années 1950 que cette immigration reprend pour répondre aux besoins
en main-d’œuvre dans les campagnes, au développement de l’industrie dans
les villes et dans quelques centres mono industriels tel Fumel en
Lot-et-Garonne, à la demande du bâtiment et des travaux publics en
raison de la construction de logements dans des grands ensembles et
d’infrastructures routières. Bénéficiant de sa proximité par rapport à
la Péninsule Ibérique, l’Aquitaine attire des espagnols d’abord, puis
des portugais, enfin des marocains et des algériens. Cet apport
migratoire atteint un pic dès la fin des années 1960, si bien que
l’Aquitaine comptait 145 000 immigrés au recensement de 1975.
En raison de la crise économique liée au choc pétrolier, des
restrictions à l’immigration appliquées par les différents
gouvernements, les flux d’immigrés se ralentissent et surtout se
diversifient. Les immigrants en provenance de l’Afrique subsaharienne,
de Turquie, de pays asiatiques se font plus nombreux. S’y ajoutent de
nouveaux venus de nationalité européenne, plus particulièrement les
britanniques qui s’installent, notamment, en Dordogne.
Origine des immigrés résidant en Aquitaine (1968-1999)
Les espagnols sont de moins en moins nombreux en raison du choix de
devenir français, des décès et de quelques retours au pays (voir le
graphique). Cela reste cependant la communauté étrangère les mieux
représentée en Aquitaine. Les portugais sont presque aussi nombreux
désormais, mais les flux se tarissent. Le nombre d’italiens régresse
faute de nouvelles arrivées, des décès dans une population qui vieillit
et qui adopte la nationalité française. Parmi les pays du Maghreb, seul
le Maroc continue de fournir des contingents importants. Les
ressortissants asiatiques progressent également, mais dans des
proportions moindres.
Étrangers et immigrés en Aquitaine en 2006
A ce stade il est nécessaire de faire la distinction entre immigrés
et étrangers (se reporter au schéma). Selon le recensement de 2006,
l’Aquitaine compte 175 000 immigrés, soit un peu plus de 5% de la
population totale de cette région. Sur ce nombre, plus de 70 000 nés à
l’étranger ont acquis la nationalité française. Ce sont principalement
les espagnols et les portugais qui font cette démarche, mais de plus en
plus de personnes originaires du Maghreb font de même. Reste environ 101
300 immigrés considérés comme des étrangers parce qu’ils ont une autre
nationalité que française. A cette valeur il convient d’ajouter les
naissances parmi ces familles étrangères, ce qui porte à 117 000 la
population étrangère en Aquitaine.
Les étrangers en Aquitaine selon la nationalité et le département (2006)
Ces étrangers s’installent prioritairement en milieu urbain, soit à
la suite de migrations résidentielles après une première installation en
milieu rural, soit directement pour les flux les plus récents,
notamment ceux en provenance des pays asiatiques. De ce fait, la Gironde
cumule les plus gros effectifs d’étrangers (55 000) et les provenances
les plus diversifiées ; ils sont plus de 20 000 de nationalités
diverses. Portugais (11 000) et Marocains (9 600) forment les
communautés les plus importantes, suivis par les espagnols et les
britanniques. On relève 25 000 étrangers dans les Pyrénées-Atlantiques
où on note surtout la forte présence espagnole (8 400) en raison de la
proximité frontalière. La Dordogne constitue un cas très particulier en
raison de la forte présence des britanniques qui ont apprécié ce
département et acheté des résidences. Du fait des besoins en
main-d’œuvre dans les exploitations légumières et fruitières, d’autres
communautés étrangères sont bien représentées. C’est pour cette même
raison que le Lot-et-Garonne fixe des étrangers, principalement des
marocains. Finalement, seul le département des Landes tombe au-dessous
de 10 000 étrangers, principalement originaires de la péninsule ibérique
et travaillant surtout dans le bâtiment.
Les immigrés en Aquitaine selon le territoire en 2006
L'arrivée d'immigrés dans le cadre du repeuplement des campagnes, les
besoins toujours réels de l'agriculture locale, notamment en ce qui
concerne les productions légumières et fruitières, tout ceci concourt à
la présence d'une forte proportion d'immigrés en milieu rural. Pour
autant, comme le reste de la population, ils sont désormais installés
dans les principales villes de l'Aquitaine. A ce titre, l'aire urbaine
de Bordeaux en regroupe environ 70 000, tandis que les villes
préfectures de second rang (Bayonne, Pau, Agen et Périgueux) en
totalisent 50 000.
Croissance de la population active
Activité et emploi en Aquitaine par sexe et tranche d'âges (2006)
Après une phase de léger repli de la population active en Aquitaine
entre 1954 et 1975, en opposition totale avec la croissance observée
dans le reste du territoire métropolitain en raison de la croissance
économique pendant cette période, le nombre d’actifs en Aquitaine
progresse désormais régulièrement passant de un millions d’actifs au
début des années 1970 à près de deux millions au recensement de 2006.
Cette évolution est à mettre en rapport avec la croissance de la
population, l’arrivée de migrants adultes qui viennent gonfler
l’effectif des travailleurs, le nombre toujours plus élevé de femmes
parmi les actifs.
Le taux d’activité varie en relation avec les périodes de la vie. De
l’ordre de 70% pour l’ensemble de la population, il tombe à moins de 50%
pour la tranche des jeunes adultes et pour celle des personnes proches
de la retraite. L’entrée dans la vie active des 15 à 24 ans est de plus
en plus tardive en relation avec la poursuite des études pour une part
toujours plus grande d’étudiants, mais également du fait de la
difficulté de décrocher un premier emploi ce qui peut d’ailleurs pousser
un certain nombre à poursuivre des études dans le supérieur. En ce qui
concerne les 55 à 64 ans, on retrouve un taux d’activité très bas, moins
de 40%, signe tangible des départs à la retraite toujours possible en
France à partir de 60 ans, mais aussi des mises en préretraite très
pratiquées en France à la différence d’autres pays de l’espace européen.
C’est bien entendu entre 25 et 54 ans que le taux d’activité atteint
les sommets.
Si les femmes sont toujours plus nombreuses à être active, il n’en
reste pas moins qu’elles ont plus de mal que les hommes à y parvenir.
Dans toutes les tranches d’âges, le taux d’activité des femmes est
inférieur à celui des hommes. Relevons, particulièrement, que les femmes
entrent encore plus difficilement que les hommes dans le marché du
travail : le taux d’activité des femmes de 15 à 24 ans plongent
au-dessous de 30%. Et ce n’est pas la maternité qui justifie une telle
différence quand on sait que les naissances interviennent de plus en
plus tardivement.
Moins d’agriculteurs et plus d’employés
La population active en Aquitaine par catégories socioprofessionnelles
selon les départements(2006)
Les changements dans les catégories socioprofessionnelles sont
spectaculaires entre la fin de la seconde guerre mondiale et
aujourd’hui. Au cours des années 1950 et 1960 on assiste à un véritable
effondrement dans la catégorie « d’agriculteurs exploitants » ainsi que
dans celle des « Artisans, commerçants, chefs d'entreprise ». Ces deux
catégories totalisent en 2006 à peine 10% de la population active en
Aquitaine : 3,9% pour les agriculteurs exploitants, 7,2% pour le monde
des artisans et des commerçants. Malgré tout, ces valeurs sont plus
élevées, de deux points, qu’en France métropolitaine, ce qui s’explique
par le caractère rural plus marqué en Aquitaine.
La part des « cadres et professions intellectuelles supérieures »
ainsi que celle des « professions intermédiaires » a régulièrement
progressé pour atteindre respectivement 12,3% et 23,7% en 2006. Cela
traduit la montée des fonctions d’encadrement et des postes à
qualification. Au sein des professions intermédiaires on y trouve des
personnels de santé (infirmières) et du social (assistantes sociales
notamment) qui sont en constante augmentation en réponse aux demandes de
la société. Cependant, ces catégories sont légèrement sous-représentées
en Aquitaine par rapport à la France métropolitaine.
En Aquitaine comme en France, les employés sont désormais plus
nombreux que les ouvriers et ces deux catégories regroupent plus de 50%
de la population active : 29,7% d’employés (28,6% en France) et 23,8%
d’ouvriers (23,2% en France).
Si la part des employés est quasiment identique d’un département à
l’autre en Aquitaine, il n’en est pas de même pour les autres catégories
socioprofessionnelles. La Gironde, département le plus peuplé et
surtout celui dominé par une agglomération de plus de 700 000 habitants,
se démarque des autres en raison de la surreprésentation des fonctions
d’encadrement, avec des valeurs proches de la moyenne nationale, ainsi
que par la moindre part des ouvriers, artisans et agriculteurs
exploitants. Dans une moindre mesure, les Pyrénées-Atlantiques
présentent les mêmes caractéristiques. Nul doute que les fonctions
métropolitaines de Bordeaux et, à un degré inférieur, celles regroupées
dans les deux agglomérations de Bayonne et Pau (plus de 100 000
habitants), constituent des facteurs favorables à la forte
représentation des cadres, des professions intellectuelles et des
professions intermédiaires, tant dans le secteur public que le secteur
privé. S’y localisent également les plus grandes entreprises qui font
appel au « service aux entreprises » ce qui accroît la part des employés
au détriment des ouvriers.
Par opposition les trois autres départements demeurent marqué par la
ruralité : pourcentage plus élevé d’agriculteurs exploitants, d’artisans
et commerçants, moindre appel aux fonctions d’encadrement et forte
représentation du monde ouvrier. Ces caractères sont moins prononcés
dans les Landes en raison de l’urbanisation en relation avec le tourisme
littoral, plus accentués dans les deux départements de l’intérieur,
Dordogne et Lot-et-Garonne étant plus dépendants des activités
agricoles.
Une tertiarisation accrue
Les emplois en Aquitaine selon le secteur d'activité(199 et 2006)
Régulièrement, notamment entre les deux derniers recensements, le
secteur agricole est en recul tandis que celui de l’industrie plafonne
et cette perte ou cette stagnation en effectif traduit leur effacement
par rapport au secteur tertiaire qui rassemble plus de 900 000 personnes
en 2006, soit plus de 70% de la population active en Aquitaine.
L’agriculture compte désormais quelques 80 000 actifs et ne
représente plus que 6% des actifs de l’Aquitaine. Ce secteur demeure
cependant plus important en Aquitaine qu’en France métropolitaine où on
est tombé sous la barre de 4%.
L’Aquitaine a presque toujours été considéré comme
sous-industrialisée. De plus, ce secteur d’activité est dominée par des
petites et moyennes entreprises soumises de plus en plus à la
concurrence internationale. Quelques grands groupes, principalement dans
les grandes villes ont créé des emplois, de même que des entreprises
innovantes. Ceci permet de stabiliser les emplois autour de 165 000
actifs durant la dernière décennie. La part de l’industrie, 13% pour
l’Aquitaine, est inférieure au taux observé en France métropolitaine
(15%). Dans les deux cas cependant, la désindustrialisation est à
l’œuvre et devrait se poursuivre.
Le nombre d’actifs dans l’industrie doit être rapproché de celui
observé dans le secteur « service aux entreprises » qui rassemble plus
de 140 000 emplois en Aquitaine et peut ainsi apparaître comme tout
aussi important. Or les liens entre entreprises industrielles et service
aux entreprises est évident. Les premières externalisent une partie de
leurs activités dans des domaines aussi différent que la recherche ou la
restauration et le nettoyage. Si l’évolution est la même en Aquitaine
et en France, il convient de souligner que la part du service aux
entreprises est un peu plus faible en Aquitaine (11%) qu’en France
métropolitaine (13%) car les grandes entreprises y sont moins nombreuses
alors que ce sont ces dernières qui externalisent le plus certains
processus. Ce service aux entreprises n’est qu’un des éléments du
secteur tertiaire qui apparaît de plus en plus comme un fourre-tout
regroupant, à l’exception de la construction, la majorité des activités
qui n’appartiennent pas au domaine de la production. Outre les services
aux entreprises, deux branches comptent par leurs effectifs ; le
commerce et les services aux particuliers. Avec presque 170 000 emplois,
le commerce dépasse en effectif l’industrie. C’est dans ce secteur que
se recrute la majorité des employés qui prédominent dans les catégories
socioprofessionnelles. La branche du service aux particuliers est en
croissance continue, favorisé par une demande sociale soutenue, par les
besoins en matière de santé et par des mesures fiscales incitatives pour
que les ménages créent des emplois.
Les emplois en Aquitaine selon les activités et par départements (2006)
Au même titre que les catégories socioprofessionnelles et pour les
mêmes raisons dans la majorité des cas, on relève de fortes différences
entre les départements. La gironde se signale par la place qu’occupe le
secteur des services aux entreprises qui fait jeu égal avec le commerce.
La présence de la métropole bordelaise n’est pas étrangère à la
domination de ces deux branches, mais s’y ajoute le rôle que joue
Bordeaux pour toute sa zone d’influence qui couvre tout ou partie de
l’Aquitaine. En ce sens ces données soulignent la vocation régionale
d’une grande agglomération. On peut noter également que le département
des Landes apparaît un peu plus industrialisées probablement en raison
des activités liées au bois, mais aussi parce que les autres activités
sont moins bien représentées. Le Lot-et-Garonne se démarque avec un taux
plus élevé dans la branche commerce, la Dordogne par celle de la
construction.
Les emplois en Aquitaine par départements selon les activités en 2006
Les mêmes données reprises par départements et non plus par grands
secteurs d’activités permettent de faire ressortir avec tout autant de
force que précédemment la domination de la Gironde en Aquitaine. Rien
d’étonnant puisque les activités sont étroitement liées à l’importance
de la population. La Gironde « pesait » plus de 45% de la population de
l’Aquitaine, il en est pratiquement de même pour chaque secteur
d’activités, toujours à plus de 40%. Toutefois, ce regard par
département fait mieux ressortir encore la spécificité de la domination
de la Gironde dans la part des services aux entreprises qui grimpe à
près de 60%. C’est bien le rôle de l’agglomération bordelaise dans son
département et dans sa région qui explicite les taux observés en
Gironde.
Le chômage
Variations trimestrielles du chômage en Aquitaine et en France
(1995-2009)
L’évolution du chômage en Aquitaine est comparable à ce qu’on observe
en France métropolitaine. Souvent plus élevé que celui du pays, parfois
un peu moins. De moins de 2% de la population active au début des
années 1970, la part du chômage a considérablement augmenté sous l’effet
de la crise économique liée au renchérissement du pétrole, puis des
dépressions successives qui affectent l’économie mondiale et qui se
répercutent sur la croissance économique nationale et régionale. Les
taux de chômage les plus élevés s’observent au début des années 1990,
au-delà de 11% annuellement et jusqu’à 13% en 1994. Puis, la décrue du
chômage se manifeste dans la seconde partie des années 1990 pour
atteindre 8% de la population active. Pendant cette période, le taux de
chômage en Aquitaine est un peu plus élevé que celui de la France
métropolitaine.
Durant les premières années de la décennie 2000, le chômage repart un
peu à la hausse mais se stabilise autour de 9% avant de connaître un
recul très significatif entre 2005 et 2007, au dessous de 8% qui n’était
pas arrivé depuis longtemps. Malheureusement, cette amélioration est
sans lendemain car la crise financière qui éclate à partir de 2008
propulse de nouveau le taux de chômage vers des sommets. Les 9% sont
dépassés et il est à craindre que la dégradation durant l’année 2010 se
poursuive. Si le taux de chômage en Aquitaine est légèrement inférieur à
celui de la France métropolitaine, il est difficile d’en tirer des
conclusions significatives sur la meilleure résistance de l’économie
locale. Il vaut mieux attendre pour vérifier que ce moindre impact en
région Aquitaine n’est pas seulement le fait d’un décalage dans l’effet
de la crise, celle-ci pouvant ensuite se prolonger plus longtemps en
Aquitaine.
Chômage en 2006 (au sens du recensement) des 15 à 64 ans dans les
départements de l'Aquitaine Date
La situation de chaque département au regard du chômage, au sens du
recensement de 2006, fait apparaître le meilleur comportement des
Pyrénées-Atlantiques, la grande similitude entre la situation de la
Gironde et celle de la France et la bonne résistance des autres
départements. Toutefois, au sens du recensement, le graphique a
l’intérêt de mettre en lumière le rôle du chômage des femmes dans le
taux général du chômage. Quand ce taux de chômage est au pire de 10%
pour les hommes, il est largement supérieur pour les femmes, grimpant
même à près de 14% dans les Landes, la Dordogne et le Lot-et-Garonne. Il
est probable que nombre d’emplois féminins soient saisonniers tant dans
le secteur agricole que dans celui du tourisme. Une chose est certaine,
il est plus aisé pour une femme de trouver du travail dans le
département de la Gironde bien que la part des femmes parmi les chômeurs
soit déjà plus forte dans la France métropolitaine, que dans les autres
départements de l’Aquitaine. C’est dans les Landes que les femmes ont
le plus de mal à ne pas être expulsé du marché du travail. Ainsi se
vérifie que la grande agglomération permet plus aisément de trouver un
emploi, surtout pour les deux membres du couple.
En même temps, l’attractivité de la Gironde et surtout de
l’agglomération bordelaise sur les populations à la recherche d’un
travail, a des effets négatifs en terme de taux de chômage car nombre de
ses demandeurs ne trouvent pas immédiatement un emploi.
A l’échelle des zones d’emplois de l’Aquitaine, on observe qu’en
2009, les bassins d’activités en zone rurale sont plus affectés que les
autres par la montée du chômage. Alors qu’au quatrième trimestre 2009 le
taux de chômage de l’Aquitaine est de 8,9%, il dépasse 10% dans quatre
territoires : Bergerac, Bordeaux-Médoc, Bordeaux-Cubzac, le sud des
Landes et Villeneuve-sur-Lot. Il faut y voir l’effet des difficultés que
rencontrent des entreprises industrielles de taille très moyenne en
position de mono-activité dans leur zone d’emploi.
Parmi les différentes raisons qui jouent dans la montée du chômage,
on sait que le manque de qualification et/ou de formation est un facteur
important. Même si on peut regretter que 18% des aquitains ne disposent
d’aucun diplôme (20% dans la France métropolitaine), on doit cependant
souligner que le nombre de diplômés progresse selon des évolutions
comparables à celles du pays. Des progrès restent à effectuer dans la
mesure où seulement un gros tiers des habitants de l’Aquitaine
détiennent un baccalauréat ou un diplôme de niveau supérieur. A noter
que ceux qui terminent leurs études supérieures, au-delà des deux
premières années, sont moins nombreux en proportion que pour la France
entière, signe des départs de ces jeunes vers d’autres régions plus
attractives, notamment l’Ile-de-France.
Sources: - INSEE: Les recensements de la population - Les
dossiers de l'INSEE
Principales
villes
Place de la Bourse à Bordeaux
Le tissu urbain est dominé par Bordeaux,
sixième agglomération française, connue pour être la capitale du vin.
Le BAB,
ensemble urbain constitué autour de Bayonne,
Anglet et Biarritz constitue un pôle urbain secondaire, ainsi que Pau,
qui a
bénéficié d'un développement certain, notamment depuis la découverte du
gaz de Lacq,
est une agglomération au rayonnement relatif. Elle polarise une
université s'articulant sur l'ensemble de l'ouest pyrénéen soit sur le
BAB ou encore Tarbes.
Viennent ensuite respectivement les agglomérations d'Agen, de
Périgueux,
de Dax, la
COBAS au sud du bassin d'Arcachon et de Mont de Marsan.
Bergerac ou Villeneuve sur Lot, sont des relais
régionaux moins importants.
Culture
Article détaillé : Culture en Aquitaine.
Langues
Signalisation
bilingue en françai