Strasbourg est une
ville située dans le nord-est de la
France, sur la rive gauche du Rhin. C'est le chef-lieu de la région
Alsace et du département du Bas-Rhin. La ville, siège du Conseil de
l'Europe depuis 1949, du Parlement
européen depuis 1992 et de la Cour Européenne des
Droits de l'Homme au sein du Palais de Droits de l'Homme depuis 1998,
porte les titres de capitale européenne
et de capitale de l'Europe. Ses habitants sont appelés les
Strasbourgeois(es).
Septième ville de
France par la population1,
elle est l'un des principaux pôles
économiques du nord-est. La ville se distingue par un secteur
secondaire très diversifié et un secteur tertiaire essentiellement
tourné vers
les activités financières, la recherche et le conseil aux entreprises2.
L'économie strasbourgeoise est également marquée par l'implantation de
deux
pôles de compétitivité, l'un dédié aux innovations thérapeutiques,
l'autre aux
véhicules de l'avenir3.
Ville frontière avec l'Allemagne, Strasbourg est
profondément biculturelle. Son histoire, riche et tourmentée, a laissé
un patrimoine architectural remarquable. Son centre-ville, situé sur la
Grande Île, est entièrement
classé patrimoine mondial de l'humanité par l’Unesco depuis 1988 et
comprend notamment la cathédrale Notre-Dame de
Strasbourg et le quartier de la Petite France4.
Strasbourg est également devenue le symbole de la réconciliation
franco-allemande et plus généralement de l’Union européenne. La ville
s’est
progressivement spécialisée dans les fonctions politiques, culturelles,
et
institutionnelles. Elle est ainsi l’une des seules villes, avec Genève
et New York, à être le siège d'organisations
internationales sans être capitale d’un pays5.
Strasbourg est une ville de congrès internationaux, la deuxième de
France après
Paris6.
La présence de plusieurs établissements nationaux renommés, comme le
théâtre national, la
bibliothèque
nationale et universitaire et l’opéra national du Rhin en fait un
centre culturel important. Strasbourg est aussi une grande ville
étudiante. Son
université et ses écoles sont résolument tournées vers l'international
avec plus
de 20 % d'étudiants étrangers et plus de cent nationalités représentées7.
Toponymie
Le premier nom de la ville fut en celte Argentorate, romanisé
en
Argentoratum. L’étymologie de ce terme est discutée, certains y
voyant un
lien avec la déesse celte d'argent (Argent-, épithète liée à
Argentia), identifiée avec la lune.
L’acception la plus courante8 voudrait que la racine celtique
*arganto- (argent, luisant) désigne un cours d'eau (cf.
l’Argens,
l'Arc…), en
l'occurrence, l'Ill (Ainos en gaulois). Cette
hypothèse est renforcée par l’ancien nom de Horbourg (Argentovaria),
commune également
située sur l’Ill.
-rate de *rāti désigne une levée de terre ou une
fortification
(cf. vieil irlandais ráith / ráth, fortin, fortification).
Cette
hypothèse affirme donc qu'Argentoratum est l'enceinte sur l'Argenta, in
extenso la cité de la rivière, du fleuve. Ce nom était alors en
parfaite
cohérence avec la perception de ce lieu frontière, situé à proximité du
Rhin,
partie intégrante du réseau de camps défendant le limes nord de
l’empire romain.
Puis, à la suite de son intégration dans l'entité germanique, cette
ville
n'était plus frontalière, mais au cœur du réseau des cités allemandes.
Sa
perception n’était dès lors plus sur un axe fluvial et orienté nord-sud,
mais
routière et sur un axe est-ouest. Strasbourg était en effet au niveau
d’un des
rares ponts permettant de franchir le Rhin et de ce fait placée sur une
route
majeure est-ouest. Son nom évolua alors en Straßburg, le château (die
Burg) sur la route (die Straße), découlant de Stratiburg,
évoqué pour la première fois au VIe siècle par
saint Grégoire9.
Géographie
Situation
Quais de la Krutenau, vus depuis le palais des Rohan (180°)
Localisation
Position de Strasbourg par rapport aux grandes villes
européennes
Strasbourg vue par le satellite SPOT
Excentrée par rapport au reste de la France, dont la plaine d'Alsace
représente l'extrême façade nord-est, Strasbourg
occupe en revanche une position centrale en Europe occidentale, sur une
importante voie
de passage nord-sud. Il faut en effet la replacer dans l'entité plus
vaste dont
elle fait partie intégrante : la vallée du Rhin supérieur qui, de Bâle à
Mayence, forme un couloir naturel.
À la limite de l'Europe atlantique et de l'Europe continentale, elle
communique au sud par les vallées de la Saône et du Rhône avec l'Europe
méditerranéenne et
s'ouvre au nord, au-delà des massifs hercyniens allemands, sur les
grandes plaines de l'Europe du Nord jusqu'à la
vallée de la Ruhr.
À vol d'oiseau, Strasbourg se trouve ainsi à égale distance (environ 750
kilomètres) de la Méditerranée, de la Baltique et du littoral
atlantique. Elle
se situe aussi à égale distance (environ 500 kilomètres) de la mer du
Nord et de l'Adriatique.
Strasbourg est distante de 160 kilomètres de Stuttgart, de 230
kilomètres de Zurich, de 150 kilomètres de Luxembourg, de
220 kilomètres de Francfort-sur-le-Main, de 738 kilomètres
de Toulouse, de 353 kilomètres de Bruxelles et de 398 kilomètres de
Paris (distance orthodromique)10,11. La ville est par ailleurs située à
40
kilomètres du massif
des Vosges et à 170 kilomètres du massif du Jura.
Communes
limitrophes
|
Oberhausbergen |
Reichstett
Souffelweyersheim Hoenheim Bischheim Schiltigheim
|
La
Wantzenau |
|
| Eckbolsheim |
N |
Kehl-am-Rhein (Allemagne) |
| O Strasbourg E |
| S |
| Lingolsheim
Ostwald
|
Illkirch-Graffenstaden
Eschau
|
|
Climat
Article connexe : Climat du Bas-Rhin.
| Ville | Ensoleillement (h/an) | Pluie (mm/an) | Neige (j/an) | Orage (j/an) | Brouillard (j/an) |
| Moyenne nationale |
1 973 |
770 |
14 |
22 |
40 |
| Strasbourg12 |
1 637 |
610 |
30 |
29 |
65 |
| Paris |
1 630 |
642 |
15 |
19 |
13 |
| Nice |
2 668 |
767 |
1 |
31 |
1 |
| Brest |
1 492 |
1 109 |
9 |
11 |
74 |
Le climat qui règne à Strasbourg est de type climat
océanique dégradé (Cfb selon la classification de Köppen avec une
assez grande amplitude de température. Ainsi, les hivers connaissent des
précipitations neigeuses assez fréquentes tandis que certaines journées
d'été
peuvent être chaudes et étouffantes. Située entre deux massifs
montagneux (les
Vosges et la Forêt-Noire) la ville est
peu exposée aux vents. De même, les précipitations sont relativement peu
abondantes et irrégulières comparées aux autres régions françaises grâce
à la
protection naturelle contre les vents d'ouest dominants que constituent
les
Vosges (effet de
foehn). La ville est souvent sujette à de violents orages au début et à
la
fin de l’été.
L'absence de vent, les températures élevées en été ainsi que la
situation
géographique favorisent logiquement l'apparition de pics de pollution13.
Records des températures mensuelles à Strasbourg12
| | Janvier | Février | Mars | Avril | Mai | Juin |
| Minimale (Année) |
--23,2 °C (1971) |
--22,3 °C (1929) |
--16,7 °C (1965) |
--5,6 °C (1938) |
--2,4 °C (1953) |
1,0 °C (1923) |
| Maximale (Année) |
17,5 °C (1991) |
21,1 °C (1990) |
25,7 °C (1989) |
29,7 °C (1949) |
33,3 °C (2005) |
37,0 °C (1947) |
| | Juillet | Août | Septembre | Octobre | Novembre | Décembre |
| Minimale (Année) |
4,9 °C (1961) |
3,2 °C (1923) |
--0,6 °C (1952) |
--7,6 °C (1990) |
--10,8 °C (1973) |
--23,4 °C (1938) |
| Maximale (Année) |
37,4 °C (1952) |
38,5 °C (2003) |
33,4 °C (1947) |
29,1 °C (1985) |
22,1 °C (1926) |
18,3 °C (1965) |
Températures et précipitations moyennes14
| Mois | Jan. | Fév. | Mars | Avr | Mai | Juin | Juil. | Août | Sept. | Oct. | Nov. | Déc. |
| Températures moyennes (°C) |
1,6 |
2,8 |
6,7 |
9,7 |
14,3 |
17,3 |
19,5 |
19,3 |
15,5 |
10,6 |
5,3 |
2,8 |
| Précipitations (mm) |
30,0 |
35,0 |
36,1 |
42,5 |
78,2 |
76,7 |
66,2 |
57,9 |
62,1 |
52,5 |
49,8 |
44,5 |
| Sources des données :
Météo France |
Site
Située à une altitude moyenne de 140 mètres au-dessus du niveau
de la mer15,
Strasbourg est caractérisée par un relief relativement plat. Ainsi au
centre-ville, on ne perçoit que de très légères ondulations du terrain,
culminant notamment à proximité de la cathédrale et à la
croisée de la Grand-Rue et de la rue du Fossé-des-Tanneurs,
correspondant aux
zones d'habitation les plus anciennes, établies à l'origine sur une
butte
émergeant des marais environnants.
Le quai de l'Ill dans le quartier de la Petite France
La ville est construite sur l'Ill ainsi que
le long de la rive gauche du Rhin. L'Ill est
la colonne vertébrale de la ville, reliée au Rhin par des anciens bras
désormais
canalisés (le Canal de jonction et différents bassins d'usage
portuaire).
Plusieurs affluents traversent les différents quartiers de la ville : la
Bruche
et le canal de la Bruche à la Montagne Verte et à Koenigshoffen, l'Aar
aux Contades et au Wacken,
le Rhin Tortu et le Ziegelwasser (anciens bras du Rhin) à la Meinau, au
Neuhof
et au Neudorf, le canal de la Marne au Rhin au nord.
Ainsi Strasbourg est constituée de plusieurs îles dont l'ellipse
insulaire du
centre historique, l'île aux Épis, l'île du
Rohrschollen et le Port du Rhin.
La ville est par ailleurs située sur l'une des plus grandes réserves
d'eau
potable d'Europe (près de 35 milliards de m3)16. La
densité importante de l'hydrographie cumulée à l'affleurement de la
nappe phréatique contribue à rendre le secteur très sensible aux
inondations. C'est pourquoi la plupart des
extensions urbaines de la ville puis de l'agglomération se sont faites
au moyen
de remblais importants (notamment pour la construction du quartier
allemand),
accompagnées du comblement ou de la canalisation des multiples bras
d'eau,
réduisant d'autant les surfaces d'épandage et augmentant la rapidité et
le débit
des eaux en cas de crue.
Strasbourg est aujourd'hui confrontée à un risque d'inondation
important dans
certains quartiers (Montagne Verte au sud-ouest et Robertsau au nord)
qui pèse
sur les projets d'extension urbaine et de densification de l'habitat.
Morphologie
urbaine
Tissu urbain
Le centre historique de Strasbourg, qui occupe la grande île,
se
caractérise par des rues étroites typiquement médiévales, notamment
autour de la
cathédrale Notre-Dame et dans le quartier de la Petite France. Au
nord, le vaste
quartier allemand construit entre 1870 et 1914 s'étend de la gare aux
portes
de l'Allemagne. Il est irrigué par
de larges avenues rectilignes qui débouchent sur des zones moins denses,
notamment sur le quartier des XV dont les premières constructions
remontent au
début du XXe siècle. Le sud-est est occupé par le quartier
de la
Krutenau, l'un des plus anciens de
la ville. Un peu plus à l'est se trouve le quartier de l'Esplanade.
Construit à
partir des années 1960 pour faire face à la
poussée démographique, ce quartier est essentiellement composé de grands
immeubles (plus de dix étages) ce qui en fait le plus dense de
Strasbourg. Au
sud, les habitations de densité moyenne prédominent, comme dans le
quartier de
Neudorf.
Les habitations les plus récentes sont réparties dans l'agglomération,
mais
aussi au sein de la commune, notamment dans les quartiers sud et sud-est
de la
ville Danube, Rives de l'Etoile et Porte de France.
Dans
les quartiers ouest et sud-ouest, on retrouve la plupart des logements
HLM de la
ville Cronenbourg, Hautepierre, Koenigshoffen, Montagne Verte et Elsau.
Afin
d'améliorer les dessertes du Port Autonome de Strasbourg (PAS) situées
dans le
secteur de l'ile aux Épis, une requalification de la RN4 est en cours.
Elle doit
permettre à terme de désengorger le trafic des poids lourds sur cet axe
majeur
et ainsi contribuer à créer une nouvelle centralité transfrontalière en
désenclavant le quartier du Port du Rhin. L'objectif principal étant de
paysager
l'entrée en France depuis l'Allemagne autour du symbole de la frontière
et
encourager une plus grande mobilité sur l'axe Est Ouest, en sus de l'axe
Nord
Sud. Strasbourg doit reconquérir les berges du Rhin en comblant sur cet
axe les
vides successifs provoqués par les dépendances et les friches
industrielles. De
l'habitat plus dense devrait donc voir le jour et connecter durablement
Strasbourg aux franges du Rhin.
Quartiers
Strasbourg est composée de 14 quartiers17 :
- Centre (17 798 habitants)
- Conseil des XV - Orangerie - Contades (25 312
habitants)
- Cronenbourg (21 462
habitants)
- Elsau (6 000 habitants)
- Esplanade - Bourse - Krutenau (25 205 habitants)
- Gare - Halles - Tribunal -
Porte de Schirmeck (24 000 habitants)
- Hautepierre (24 600
habitants)
- Koenigshoffen (16 119
habitants)
- Meinau (16 627 habitants)
- Montagne Verte (12 149 habitants)
- Neudorf - Musau - Port du Rhin (40 706
habitants)
- Neuhof (19 658 habitants)
- Poteries (6 000 habitants)
- Robertsau - Wacken - Cité de l'Ill (19 557 habitants)
Architecture
Façades typiques du quartier allemand
L'architecture est une spécificité intéressante de la ville, car elle
est
profondément biculturelle. Le centre historique regroupe de nombreuses
maisons à colombages, notamment dans le
quartier de la Petite France, aux abords de
l'hôpital civil (quartier du Finkwiller) et de la cathédrale. Ces
maisons ont été
construites pour la plupart entre le XVIe et le XVIIIe siècle ;
les plus emblématiques sont la maison Kammerzell et la maison des
tanneurs. D'autres courants architecturaux sont représentés par
certains bâtiments remarquables : la Renaissance avec la Chambre de
Commerce et
d'industrie et le Classicisme avec le Palais des Rohan et l'Aubette. À
partir de
l'arrivée de Louis XIV, Strasbourg reprend certains codes architecturaux
français, notamment la construction d'hôtels particuliers : la Cour de
Honau
(actuelle mairie, place Broglie), l'hôtel de Deux-Ponts, le palais
épiscopal,
l'hôtel Klinglin (actuelle résidence du préfet).
Le grès rose des Vosges est l'une des pierres les plus
utilisées, du fait de sa proximité géographique. On le retrouve donc sur
de
nombreux monuments, et notamment sur la cathédrale. La couleur
de cette pierre est cependant très variable. Ainsi, l'église Saint-Paul
utilise
un grès pâle, tandis que l'aubette présente une teinte très marquée.
Le grès des Vosges est cependant une pierre très friable qui nécessite
une
attention régulière.
Entre 1870 et 1914, le quartier allemand est construit. Il forme un
ensemble homogène à prédominance résidentielle et au style typiquement
germanique (wilhelmien). Les architectes allemands reprennent de
nombreux codes
esthétiques : néo-renaissance pour le palais du Rhin (anciennement le
palais
d'été de l'empereur), néo-gothique pour la Poste centrale, néo-classique
pour le
campus universitaire ; on note aussi la présence d'immeubles Art nouveau
(allée
de la Robertsau, intersection des rues Foch et Castelnau, palais des
Fêtes entre autres) qui font de
Strasbourg l'un des centres de cette architecture (Jugendstil allemand).
Strasbourg est aussi la seule ville qui a gardé une trace de
l'architecture
monumentale allemande du XIXe siècle à
travers la place de la République (palais de
Rhin, préfecture, hôtel des Impôts, Bibliothèque universitaire et
Théâtre
national). Les immeubles résidentiels utilisent généralement la pierre
de taille
(pour le rez-de-chaussée et les ornements) associée à la brique (rouge
ou ocre, pour le reste de la façade). Le grès rose
est lui aussi couramment utilisé pour certaines parties.
Urbanisme
Logements
En 2005, la commune de Strasbourg
comptait 135 340 logements. Par rapport à 1999, le nombre de logements a
augmenté de 1,9% alors que
le nombre de ménages a grimpé de 6,8% sur cette même période18. Néanmoins, Strasbourg compte plus
de 9%
de logements vacants19.
Selon le recensement complet de 1999 la ville compte 87,9% de
résidences
principales contre seulement 0,4% de résidences secondaires20. Les logements individuels
représentent
6,6% du parc immobilier, ce qui est très faible comparé à des villes
comme Bordeaux (26,9%) ou Nantes (23,4%) mais supérieur à Lyon (3,3%).
La ville se caractérise aussi par
l'importance des logements anciens puisque 35,5% d'entre eux ont été
construits
avant 1949. En revanche, les logements
construits après 1990 ne représentent que
8,9% du parc. Enfin, les logements strasbourgeois sont essentiellement
de grande
taille avec 38,3% de 4 pièces et plus.
Entre 1999 et 2005, la part des propriétaires a légèrement augmenté
en
passant de 24% à 26%, mais reste relativement faible. La part des
locataires
s’établit à 71%.
Les logements sociaux représentent environ 22% des logements. Parmi
les
30 507 logements sociaux que compte la ville, 3,4% d’entre eux sont
vacants. Ces
logements sont essentiellement des 3 pièces (37,6%) et des 4 pièces
(31,0%). On
dénombre en revanche, peu de petits appartements (studios et 1 pièce)21.
Projets
La construction du nouveau quartier,
Danube
Le développement de la ville s'appuie sur plusieurs projets,
notamment :
Lancé en 2001, ce vaste projet
d'aménagement urbain est présenté par la municipalité comme un « trait
d'union
entre tous les quartiers qui ouvre la ville sur un environnement naturel
exceptionnel : l'eau, les canaux, le Rhin »22. Concrètement, Viaropa se décline en
un
ensemble de programmes de réhabilitation et de constructions nouvelles
s'articulant le long d'un axe est-ouest (d'Eckbolsheim aux rives du
Rhin).
Le projet Viaropa comprend le Zénith situé à Eckbolsheim (achevé en
janvier 2008), la gare centrale
rénovée et son nouveau parvis (achevés en novembre 2007), la rénovation
de la place Kléber et de l'Aubette (achèvement des travaux courant
2008), le
Centre Rivétoile et l'archipel culturel autour du bassin
d'Austerlitz, incluant notamment la Cité de la
musique et de la danse (achevée en 2006) et la médiathèque
André-Malraux (achevée en 2008), le complexe tertiaire Starlette (achèvement courant 2009) et enfin le projet
Porte de France sur les berges du Rhin (début des travaux en
2008)
comprenant notamment des logements, commerces, restaurants ainsi qu'une
tour
d'environ 70 mètres.
Ce projet vise à réhabiliter et à désenclaver les quartiers sensibles
selon
plusieurs axes : développement économique et culturel, renforcement du
dispositif d'insertion socioprofessionnelle, rénovation des habitations
et des
espaces verts.
Espaces verts
Le nord-est et le sud-est de la commune sont couverts de vastes
forêts : la
forêt
de la Robertsau (493 hectares) et la forêt du Neuhof (797 hectares)23.
Elles
sont les vestiges de l'ancienne luxuriante forêt rhénane qui occupait
tout le
lit majeur du Rhin, fleuve tumultueux et
sauvage jusqu'au XIXe siècle. Cette forêt
présentait une vitalité et une
richesse en espèces remarquables, abritant une avifaune très
diversifiée. Si
l'endiguement et les aménagements successifs du fleuve l'ont fortement
réduite,
elle conserve son caractère de zone humide, abrite la réserve naturelle
du
Rohrschollen, et demeure un terrain d'élection pour la LPO. En
outre, le
programme « Rhin vivant » dans le cadre du projet LIFE Nature conservation
et
restauration des habitats naturels de la bande rhénane a été lancé
avec
l’objectif de restaurer les écosystèmes rhénans.
Le pavillon Joséphine (vue arrière) dans le parc de
l'Orangerie
Par ailleurs, la ville compte 324 hectares de parcs et de jardins23 dont le
plus réputé est le parc de l'Orangerie composé à l'anglaise.
Situé face au Palais de l'Europe, il comporte des attractions telles
qu'un zoo,
une mini-ferme et un élevage de cigognes et s'agrémente d'un lac avec
une
cascade romantique ainsi que d'un pavillon construit en 1804 en
l'honneur de
l'impératrice Joséphine. Il couvre
une superficie de 26 hectares. Le jardin
botanique possède quant à lui des origines très anciennes. Initialement
créé
en 1619 puis transformé en cimetière en 1870
après le siège de la ville par les Allemands, le jardin actuel a été
inauguré en
1884 pour les étudiants de la faculté de
médecine et de pharmacie. Il regroupe 6 000 espèces réparties sur une
petite
surface de 3,5 hectares24.
Très original puisque situé sur les vestiges de la citadelle de
Vauban construite en 1681,
le parc de la
Citadelle s'étend sur 12,5 hectares. Plus conventionnel, le parc des
Contades créé au XVIIIe siècle par le
maréchal de Contades est
d'abord une promenade arborée extérieure à la ville. Aujourd'hui, il
fait partie
intégrante du quartier allemand et couvre 7,9 hectares. Le jardin des
deux
rives, est quant à lui un parc transfrontalier aménagé de part et
d'autre du
Rhin. Sa superficie de 55 hectares en fait
le plus grand de la ville. Les deux rives du Rhin sont reliées par la
passerelle piétonne
Mimram.
Situé à la Robertsau, aux abords de la forêt, le parc du château
de Pourtalès est un espace de 24 hectares qui abrite notamment une
galerie
de sculptures contemporaines Une grande partie des berges est également
aménagée, notamment dans le centre, à la Montagne Verte, à la Robertsau
et à la
Meinau.
Strasbourg a été récompensée par deux fleurs au palmarès 2007 du
concours des villes et
villages fleuris25.
Histoire
Article détaillé : Histoire de Strasbourg.
Héraldique
Blason de Strasbourg sous le 1er Empire
Les armes de Strasbourg sont le résultat d'une inversion des couleurs
du
blason de l'évêque de Strasbourg (bande
de gueule sur argent) à l'issue de la révolte des bourgeois de la ville
au Moyen Âge qui ont pris leur
indépendance face à la tutelle de l'évêque. Celui-ci conserva néanmoins
son
pouvoir sur la campagne environnante. Le même phénomène s'est observé à
Bâle, expliquant ainsi l'actuelle
inversion des couleurs des blasons des cantons de Bâle-Ville et
Bâle-Campagne.
Cependant le blasonnement est apparemment sujet à discussion. Outre
l'interprétation graphique ci-contre, on rencontre au moins deux
blasonnements
différents :
- D'argent à la bande de gueules (le champ diapré). (Grand
Larousse
encyclopédique en 10 volumes)
- D'azur, à une
Notre-Dame de carnation assise sur un trône d'or et sous un
pavillon de même, tenant de la main dextre un sceptre d'or, et sur le
bras
sénestre l'enfant Jésus : auprès de la Vierge est un écusson d'argent,
chargé
d'une bande de gueules. (Malte-Brun, La France
illustrée, 1884)
Grandes Armes de Strasbourg
Pendant le 1er empire, Strasbourg fut au
nombre des
bonnes villes et autorisée à ce titre à demander des armoiries au
nouveau
pouvoir. Elles devenaient : D'azur diapré d'or à la bande d'argent, au
chef de
gueules chargé de trois abeilles d'or, qui est des bonnes villes de
l'Empire26.
Les Grandes Armes de Strasbourg se composent du blason bandé et des
certains
ajouts à l'extérieur. Le Musée historique de Strasbourg ainsi que
d'autres
bâtiments historiques en conservent des exemples, sur pierre ou sur
vitraux,
dont l'emploi remonte au XIIIe siècle. Il
sert officiellement pour la première fois de
décor sur une charte municipale de 1399, où
est venue se joindre, en 1919, la Légion d’honneur. Si les
ornements extérieurs font appel à l'ancienne condition de ville libre du
Saint-Empire romain germanique,
le champ diapré n'est qu'un élément décoratif27.
Les Grandes Armes de Strasbourg ont servi de décoration à des fins
officielles, comme pour les médailles de l'Exposition de la ville28,
timbres postaux et documents officiels jusque dans les années 1980,
quand la corporation municipale décida de faire
usage d'un logo.
Préhistoire
et Antiquité
Fontaine de Janus, réalisée par Tomi Ungerer pour les 2000 ans de la
ville en 1988
Les premières traces d’occupation humaine à Strasbourg et ses
alentours
remontent à –600 00029 et de nombreux objets du néolithique, de l’âge de
bronze et de fer ont été retrouvés lors de fouilles archéologiques. Mais
c’est
des environs de 1300 av. J.-C. que date l’installation durable de
peuples
protoceltes. Vers la fin du IIIe siècle av. J.-C. le site est devenu
une bourgade
celte du nom
d’Argentorate, dotée d’un sanctuaire et d’un marché. Grâce à
d’importants
travaux d’assèchement, les maisons sur pilotis cèdent leur place à des
habitations bâties sur la terre ferme30. Les romains arrivent en Alsace en 58
av. J.-C. et s’installent sur le site de
Strasbourg. En 12 av. J.-C. La ville devient un camp militaire fortifié
positionné sur le limes du Rhin faisant
partie des forts de Drusus. Au fil du temps, la ville va prendre de
l’importance. Promue colonie militaire, Argentorate est déjà un
carrefour
commercial important et aux alentours de l’an 20 la population est
estimée à
près de 10 000 habitants, armée romaine incluse31. La ville reste néanmoins
essentiellement
militaire et donc totalement dépendante de cette activité. Au cours des IIe et IIIe siècles, avec
l’agrandissement de l’Empire romain, Argentoratum va servir de
base de repli pour
les troupes romaines installées en Germanie. Mais en 260, les légions
quittent la Germanie et Strasbourg
redevient une ville frontière32.
En 355, la ville est saccagée par les Alamans. Julien reconquiert la
ville en 357 après une victoire décisive sur les Alamans
lors de la bataille de Strasbourg. Mais en 406 les Germains envahissent à
nouveau la Gaule puis en 451, la ville est complètement détruite par
Attila33.
Moyen Âge
Une ville épiscopale en développement
Elle est restaurée sous le nom de Strateburgum en 496 par les
Francs qui favorisent le développement de la ville, après la conversion
de Clovis au christianisme.
En effet, Argentorate est l’une des rares villes de la région à être le
siège
d'un évêque, véritable gouverneur de l’époque34. En cette période de paix, la ville
se
développe à nouveau. Dès le VIe siècle, sous
l’impulsion de l’évêque Arbogast de
Strasbourg, une première cathédrale et un couvent sont édifiés35.
Les ponts couverts du XIIIe siècle
Sous l’ère mérovingienne, Strasbourg devient ville
royale mais reste de taille très modeste. Au VIIIe siècle, la ville compte 1 500 habitants. Les
activités sont essentiellement agricoles mais on exporte déjà du vin, du
blé et
du bois de chêne vers l’Allemagne,
les Pays-Bas, l’Angleterre et la Scandinavie. En 842, la ville accueille
Charles le Chauve et Louis le Germanique qui s’allient contre
leur frère Lothaire pour
le partage de l’Empire légué par leur grand-père Charlemagne et
prononcent les Serments de
Strasbourg, le plus ancien texte rédigé en langue romane (ancêtre du
français, entre autres) et en langue tudesque (ancêtre de l’allemand)36. En
843, le traité de
Verdun attribue Strasbourg à Lothaire. Mais peu après sa mort, en 870,
la
ville revient à la Louis le Germanique. En 962, Otton le Grand fonde le
Saint-Empire romain germanique et Strasbourg va connaître une période
d’expansion : au cours du XIIe siècle une
nouvelle enceinte fortifiée et un hôpital
voient le jour tandis que la construction de l'actuelle cathédrale
débute37. En seulement deux siècles, la ville
passe
de 3 000 à 10 000 habitants et devient l’une des plus grandes villes du
Saint-Empire.
L'enceinte fortifiée est agrandie aux XIIe et XIIIe siècles et
le système défensif des ponts couverts
édifié. Les quatre tours actuelles faisaient partie des remparts (qui
comptaient
80 tours) et étaient reliées par des ponts couverts d'une toiture en
bois,
disparue au XVIIIe siècle. Elles
abritaient les corps de garde mais
servaient aussi de prison. En 1201, Philippe de Souabe élève Strasbourg
au rang
de ville libre. Peu après, en 1220, naît le conseil municipal. Il est
alors
chargé de fonctions jusque-là attribuées au clergé, notamment
l’administration
et la justice. La bourgeoisie acquiert une autonomie remarquable
vis-à-vis du
pouvoir épiscopal. Mais en 1260, Walter de
Geroldseck est élu évêque de Strasbourg et exige qu’on lui restitue les
pleins
pouvoirs. Très vite, une guerre éclate entre les Strasbourgeois et
l’armée
épiscopale. En 1262, le prélat est vaincu à la bataille de Hausbergen,
par les troupes strasbourgeoises, bien
aidées par Rodolphe Ier du
Saint-Empire38.
Strasbourg tombe alors entre les mains des plus grandes familles
nobles de
Strasbourg dont les rivalités incessantes, ainsi que leur mépris des
bourgeois,
finissent par agacer et en 1332 une guerre civile éclate. Le pouvoir
revient alors à
la classe marchande. Au milieu du XIVe siècle,
la peste envahit toute l’Europe et atteint Strasbourg.
Comme dans de nombreuses villes, les juifs sont accusés d’avoir
empoisonné les puits. Le 13 février 1349 près de 2 000 juifs sont brûlés
vifs à l’endroit de
l’actuelle rue brûlée39,40.
Strasbourg, ville libre impériale
Affranchie du pouvoir épiscopal, Strasbourg est proclamée ville libre
impériale par Charles IV. En cette période de
trouble politique, la cité va cependant accroître sa notoriété et de
nombreux
édifices vont voir le jour. Le commerce fluvial se développe sous
l'égide de la
corporation des bateliers, chargée de taxer les marchandises41. À la fin du XIVe siècle,
un nouvel agrandissement de la ville est
entrepris. Toute la cité se transforme en un véritable chantier
d'églises et de
couvents, fondés par des moines ou des familles nobles. De cet ensemble
demeurent le cloître de l'église
Sainte-Madeleine et celui de Saint-Pierre-le-Jeune. En 1439, après
quatre siècles de construction, la flèche de
la cathédrale Notre-Dame est achevée. Elle est alors le monument le plus
haut de la chrétienté et
symbolise la puissance de la ville. Cinq ans plus tard, en 1444,
Strasbourg compte 26 000 habitants - dont 10 000
réfugiés de la guerre de Cent Ans qui vivent extra
muros42 -
et
peut lever, à tout moment, une armée de 4 500 hommes39.
Son
enceinte fortifiée et son impressionnant dispositif d’artillerie en font
une
place fortifiée de tout premier plan. La ville est à son apogée43.
S’ensuit au début du XVe siècle une
période de conflits qui oppose les
bourgeois strasbourgeois gouvernant la ville, à la noblesse alsacienne.
Ville
bancaire par excellence, Strasbourg est en effet une ville riche qui
suscite la
convoitise. La vie intellectuelle est marquée au XVe siècle
par la révolution de l'imprimerie. Né à Mayence et installé à
Strasbourg depuis
1434, Johannes Gensfleisch, dit Johannes
Gutenberg conçoit l’imprimerie à caractères mobiles. On note cependant
que
Gutenberg est retourné à Mayence entre 1444 et 1448 ce qui fait qu’on
ignore exactement
où a été finalisée cette invention majeure. Toujours est-il que
Strasbourg
devient très vite un des grands centres de l'imprimerie, puisque dès la
fin du
XVe siècle la ville compte une dizaine d’ateliers
d’imprimerie, notamment la prestigieuse officine des Grüninger. De fait,
Strasbourg va attirer nombre d’intellectuels et d’artistes. Sculpteurs,
architectes, orfèvres, peintres, horlogers, la ville excelle dans de
nombreux
domaines44.
Époque moderne
Berceau de l'humanisme et bastion de la Réforme
Frontispice d'une Relation de 1609
Le développement de l'imprimerie favorise le courant humaniste qui
fait jour à
Strasbourg et qui va préparer l'avènement de la réforme protestante. En
effet,
l’humanisme et la Réforme sont les faits marquants de l'époque et
Strasbourg est
une des premières villes qui appelle au changement. Dès 1519, les thèses
de Martin Luther sont affichées aux portes de la
cathédrale et les dirigeants de la ville, notamment Jacques Sturm, sont
favorables à ce changement.
La ville adopte la Réforme en 1525 et
devient protestante en 1532 avec l’adhésion
à la Confession d'Augsbourg. Strasbourg est
alors l’un des principaux bastions de la Réforme protestante, ce qui va
largement contribuer à son rayonnement.
La ville devient une terre d’accueil pour les huguenots, ces
protestants chassés de France pour leur croyance. Parmi eux, notamment
Jean Calvin qui s’installera
plus tard à Genève. Cependant,
devenue ville protestante, Strasbourg ne sera pas autorisée à créer sa
propre
université. La ville propose déjà de nombreux enseignements, notamment
en
médecine et en théologie depuis 1538 grâce
au gymnase de Jean Sturm, mais ceux-ci ne donnent pas lieu à un grade
universitaire reconnu45.
Une période de conflits
Dans les années 1530, l’empereur Charles Quint, catholique, entre en
guerre contre
les princes protestants et leurs alliés et les vainc en 1547 à la
bataille de Muehlberg. Strasbourg va
alors conclure plusieurs alliances, notamment avec Zurich. Mais en 1592,
après d’interminables délibérations, la cathédrale
est partagée en deux avec l’élection de deux évêques : un catholique et
un
protestant. Commence alors la longue et ridicule guerre des évêques qui
va
plonger la ville dans d’importantes difficultés financières. Ce conflit
qui
durera jusqu’en 1604 se soldera par la
victoire des catholiques et Charles de Lorraine deviendra
le seul et unique évêque de la ville. En 1605, l'éditeur Johann Carolus
commença à
Strasbourg à produire la première gazette hebdomadaire du monde au nom
de
« Relation aller Fürnemmen und gedenckwürdigen Historien »
(« Communication de
toutes histoires importantes et mémorables »).
Dans toute l’Europe, la tension monte
entre les protestants et les catholiques et en 1618, la guerre de Trente
Ans éclate. Strasbourg, à
l’abri dans ses fortifications modernisées par Daniel Specklin,
n’intervient pas dans le
conflit46.
À l’issue de la guerre en 1648, par les
traités
de Westphalie, une partie de l’Alsace (les possessions des Habsbourg)
est rattachée à la France,
mais Strasbourg demeure ville libre impériale. Épargnée par la guerre,
la ville
est néanmoins isolée, financièrement affaiblie, et n’a rien à attendre
de
l’Empire germanique vaincu. Le 28 septembre 1681, la ville est assiégée
par une armée de 30 000 hommes
sous le commandement de Louis XIV et deux jours plus tard, après de
rapides négociations, Strasbourg accepte la reddition47.
Strasbourg, une ville du royaume de France
La Maison Kammerzell, de type Renaissance
rhénane
Un accord est passé entre Louis XIV et Strasbourg visant à préserver
les
libertés essentielles de la cité, sur les plans politique, administratif
et
religieux. Par contre, elle est privée de son artillerie et de ses
milices et
doit accepter l'installation d'une troupe de garnison. De surcroît, un
prêteur
royal doit veiller à ce qu’aucune décision ne soit préjudiciable aux
intérêts du
roi.
Si la ville a changé de nationalité, elle reste une ville frontière
et un
point de passage important pour rejoindre l’empire germanique. De fait,
Louis XV séjournera
à Strasbourg durant la guerre de Succession
d’Autriche. La société aristocratique se développe et de nombreux hôtels
particuliers voient le jour. Si l’allemand reste la langue courante,
Strasbourg
accueille de nombreux immigrants : entre 1681 et 1697, la ville
passe de 22 000 à 26 500 habitants. Par ailleurs, Strasbourg abrite
environ
6 000 soldats français, basés pour la plupart à la citadelle de Vauban
dont les travaux
ont débuté dès 168248.
Au niveau religieux, la ville prend un tournant important. En 1704,
un prince de la famille Rohan devient évêque de la
ville. La famille conservera le pouvoir épiscopal jusqu’en 1790 et fera
construire le fameux palais des Rohan de Strasbourg,
situé tout près de la cathédrale, sur les rives de l’Ill. Durant toute
cette période, le catholicisme va se
développer même si les protestants restent majoritaires49.
Assoupie depuis l’annexion de Strasbourg à la France, l’université de
Strasbourg retrouve
peu à peu son éclat d’antan et entre 1721 et
1755 la ville va accueillir plus de 4 000
étudiants. L’université est déjà internationale : les étudiants
étrangers
viennent généralement d’Allemagne,
de Scandinavie ou des Pays-Bas, mais aussi de Grande-Bretagne et de
Russie. Certains d’entre eux sont devenus
célèbres, comme Goethe qui y fit des études de droit. Le rayonnement
universitaire de Strasbourg est
important et certains enseignements comme le droit et la médecine sont
très
réputés50.
Un chant pour l'armée du Rhin
Mise à sac de l’hôtel de ville de Strasbourg, le 20 juillet 1789
Lorsque le 14 juillet 1789 la Bastille tombe aux mains des
révolutionnaires,
la population strasbourgeoise se soulève. Le 21 juillet, l’hôtel de
ville est
saccagé. Le calme revient très vite jusqu’en 1792, date à laquelle la
France entre en guerre contre la
Prusse et l’Autriche. Le 26 avril, le jeune Rouget de l’Isle compose à
la
demande du maire de Strasbourg, Un chant pour l’armée du Rhin sans se
douter qu’il deviendra un symbole de la Révolution française en devenant
la Marseillaise51.
En 1797, l’armée française prend
plusieurs villes allemandes, notamment Kehl et Offenbourg. Strasbourg
est
hors de danger, mais la révolution a profondément désorganisé la ville.
Deux ans
plus tard, Napoléon
Bonaparte prend le pouvoir et plusieurs institutions voient le jour : la
préfecture, la bourse de
commerce en 1801, la chambre de
commerce en 1802. Un nouveau pont sur le
Rhin est construit et les routes sont rénovées. Autant d’évolutions qui
vont
favoriser les activités commerciales de la ville. Strasbourg redevient
un
carrefour commercial important ; on vend notamment du tabac, du vin, du
coton et
des épices52.
Époque
contemporaine
La révolution industrielle
À la fin du XVIIIe siècle, la ville est
engoncée dans ses murailles, et
d’importants travaux débutent au début du XIXe siècle.
Nous sommes alors aux portes de la révolution industrielle. De
nouveaux canaux vont être construits, reliant la Marne et le Rhône au
Rhin. La ligne de
chemin de fer reliant Paris à Strasbourg est inaugurée en 1847, et le
télégraphe électrique cinq ans plus tard.
Néanmoins, la ville reste essentiellement tournée vers le commerce et la
finance, contrairement à Mulhouse dont l’industrie connaît un véritable
essor53. À partir de 1853, le français
devient la seule et unique langu