Rennes est une commune française, chef-lieu du département
d’Ille-et-Vilaine et
de la région
Bretagne, ainsi que l'une des capitales historiques du duché de
Bretagne. Elle se situe à l’Est de la Bretagne à la confluence de l’Ille
et de la Vilaine.
Ses habitants sont appelés les
Rennais.
En 2007, Rennes comptait 207 922 habitants intra-muros. Rennes est la
onzième plus grande ville de
France en nombre d'habitants1.
Son aire urbaine, qui comprend plus de
571 754 habitants, est la onzième, au plan national,
en termes de population.
Rennes est la huitième ville française en nombre
d'étudiants2.
Toponymie
À l’origine le nom celtique de la commune est Condate, ce qui
signifie « confluent »3 et
souligne l’emplacement de la ville,
entre l’Ille et la Vilaine4.
C’est du nom du peuple gaulois, les Redones (ou Riedones)5,
occupant cette partie de l'Armorique au IIe siècle
av. J.-C.5, que
vient le nom actuel de la ville. Le nom de ce peuple vient d'une racine
celtique
red signifiant « aller à cheval » ou « aller en char »6.
Suivant les siècles, Rennes connut plusieurs appellations.
Chronologiquement :
- Une des dernières mentions de Condate est celle qui figure
sur l’itinéraire
d'Antonin (aux alentours du IVe siècle)7.
- On trouve le nom de Civitas Riedonum dès 135 (sur la stèle de
Titus
Flavius Postuminus) puis au IVe siècle celui de
Civitas Redonum.
- Au Ve siècle, sa dénomination fut Ecclesia
Redonensis,
en 830 ce fut Redonicum oppidum, enfin
trente ans après, en 850, son nom fut
reformulé en Redonas oppidum.
- Durant le XIIe siècle, plusieurs noms
lui sont attribués à savoir
Urbe Redonensis, Urbs Redonis et Redhonis.
- La graphie du nom « Rennes » apparut au XIIIe siècle avec les appellations Renes et
Rennes6.
En langue des signes française,
la ville se signe comme un renne8.
Géographie
Situation
Rennes en (Bretagne)
<< Géolocalisation régionale
>>
|
Localisation
La ville de Rennes est située à l’Ouest de la France à 308 km en distance orthodromique de
Paris9. Elle est donc excentrée par rapport
à
l’axe Lille-Paris-Lyon-Marseille structurant le territoire
français et elle l'est plus encore par rapport à la dorsale européenne
qui relie Londres à Milan. La ville cherche cependant à tirer parti de
sa
position centrale dans l'arc Atlantique pour affirmer son rôle de ville
européenne. C'est d'ailleurs à Rennes qu’a été créée en 2000 la
Conférence des
villes de l’Arc Atlantique10 qui y a son siège.
Excentrée au niveau national et européen, la ville de Rennes l'est
aussi au
niveau régional11.
Située
à moins de 50 km de la limite orientale
de la Bretagne à La Gravelle, Rennes se situe à
plus de 250 km de l'île d’Ouessant. En distance orthodromique,
elle est ainsi plus proche de Tours (194 km) que de Brest (210 km)
et plus proche de Caen (154 km) que de Quimper (180 km)12. Éloignée de toute frontière
terrestre, la ville
n'est cependant qu'à 120 km de l'île
Anglo-Normande de Jersey.
Rennes est la seule ville bretonne de plus de 25 000 habitants qui ne
soit
pas située en bord de mer ou d'estuaire13. Elle est plus proche des côtes de la
Manche (64 km) que de celles de l’océan Atlantique (90 km).
Communes
limitrophes
Communes limitrophes de Rennes
| Pacé |
Saint-Grégoire |
Thorigné-Fouillard |
| Vezin-le-Coquet |
|
Cesson-Sévigné |
| Saint-Jacques-de-la-Lande |
Noyal-Châtillon-sur-Seiche |
Vern-sur-Seiche |
Site
La ville se trouve au centre du bassin de Rennes, formé par
l’affaissement du
massif
armoricain au début du Cénozoïque ; il a été réinvesti par la mer
au Miocène14,
ce qui explique l'importance des roches
sédimentaires comme le schiste.
Bien que globalement plat – l'altitude de la commune est comprise entre
20 et 74
mètres 15 –
le
relief de la commune est marqué par les vallées creusées par l'Ille et
la Vilaine.
Le site choisi pour la fondation de la ville est celui d’un
promontoire
dominant le confluent de l'Ille et de la Vilaine16.
Le
développement de la ville s'est tout d’abord fait sur les terrains hauts
au nord
de la Vilaine ; les terrains marécageux situés au sud du fleuve n'ont
été urbanisés qu’au XVe siècle17. Le relief n'a jamais constitué un
frein
au développement urbain. La ville s'est progressivement développée de
part et
d'autre des cours d'eau pour s'étendre au XXe siècle
sur les hauteurs environnantes : plateau du
Haut-Quineleu, au sud de la gare, hauteurs de Maurepas et de Villejean,
au
nord-est et au nord-ouest du centre-ville.
En raison d’un lit peu profond, la Vilaine provoque de fréquentes
inondations qui ont conduit les
autorités municipales à prendre de nombreuses mesures pour les limiter.
Dès le
XVIe siècle, des travaux de canalisation sont
envisagés
afin d’améliorer sa navigabilité18 mais, malgré de nombreux projets
élaborés
suite à l'incendie de 1720, il faut attendre le XIXe siècle
pour que les travaux soient entrepris19. Après
l'achèvement des travaux de canalisation, des inondations se sont encore
produites, parfois catastrophiques comme en 1966 et en 1974, conduisant
la
municipalité à se doter d’un large éventail d'équipements20. L’état de catastrophe naturelle a
été
constaté suite aux inondations des 30 juin21 et 19 septembre 200922, consécutives à des orages
exceptionnels.
Climat
La ville est sous un climat océanique relativement doux. Les hauteurs
annuelles de précipitations sont inférieures à 700 mm. Il pleut en
quantité (et
pas en nombre de jours de pluie) davantage à Nice qu'à Rennes. Les
hivers sont humides et en moyenne
doux. Les étés sont relativement secs, modérément chauds et ensoleillés.
Rennes
bénéficie d'environ 1 850 heures d'ensoleillement chaque année.
| Ville | Ensoleillement | Pluie | Neige | Orage | Brouillard |
| Paris |
1 797 h/an |
642 mm/an |
15 j/an |
19 j/an |
13 j/an |
| Nice |
2 694 h/an |
767 mm/an |
1 j/an |
31 j/an |
1 j/an |
| Strasbourg |
1 637 h/an |
610 mm/an |
30 j/an |
29 j/an |
65 j/an |
| Rennes23 |
1 851 h/an |
649 mm/an |
9 j/an |
15 j/an |
69 j/an |
| Moyenne nationale |
1 973 h/an |
770 mm/an |
14 j/an |
22 j/an |
40 j/an |
Le tableau ci-dessous indique les températures et les précipitations
pour
l'année 2007 :
| Mois | J | F | M | A | M | J | J | A | S | O | N | D |
| Températures
maximales (°C) |
8,1 |
9,4 |
12,3 |
14,7 |
18,4 |
21,5 |
23,8 |
23,6 |
21,1 |
16,7 |
11,7 |
9 |
| Températures
minimales (°C) |
2,2 |
2,5 |
4 |
5,4 |
8,5 |
11,2 |
13,1 |
13,1 |
11,2 |
8,3 |
4,9 |
3,2 |
| Températures
moyennes (°C) |
5,2 |
5,9 |
8,2 |
10,1 |
13,4 |
16,4 |
18,5 |
18,3 |
16,2 |
12,5 |
8,3 |
6,1 |
| Précipitations
(hauteur moyenne en mm) |
61,3 |
52,3 |
49,3 |
45,1 |
58,1 |
46,4 |
42,6 |
47,3 |
56,6 |
63,8 |
68,4 |
69,1 |
| Source: Météo France
et Lameteo.org24 |
Le tableau ci-dessous indique les records de températures minimales
et
maximales :
| Mois | J | F | M | A | M | J | J | A | S | O | N | D |
| Températures
maximales records (°C) |
16,8 |
19,8 |
23,1 |
28,7 |
30,8 |
36,3 |
38,4 |
39,5 |
34,8 |
27,8 |
20,2 |
17,6 |
| Années
des
températures maximales |
2003 |
1990 |
1965 |
1945 |
1953 |
1976 |
1949 |
2003 |
1961 |
1945 |
1993 |
1953 |
| Températures
minimales records (°C) |
-14,7 |
-11,2 |
-7,3 |
-3,2 |
-1,2 |
2,2 |
5,5 |
4 |
1,9 |
-4,6 |
-7,5 |
-12,6 |
| Années
des
températures minimales |
1985 |
1948 |
2005 |
1984 |
1945 |
1962 |
1972 |
1956 |
1972 |
1947 |
1955 |
1964 |
| Source: INSEE et
Lameteo.org23 |
Morphologie
urbaine
La
construction d’une ville
Évolution
de
la surface urbanisée de Rennes
(1/11)▶
Extension gallo-romaine
Limite
communale
actuelle
Cours
d’eau (tracé
actuel)
◀(2/11)▶
Enceinte du
IVe siècle
Limite
communale
actuelle
Cours
d’eau (tracé
actuel)
◀(3/11)▶
Enceinte du
XVe siècle
Limite
communale
actuelle
Cours
d’eau (tracé
actuel)
◀(4/11)▶
1782
Limite
communale
actuelle
Cours
d’eau (tracé
actuel)
◀(5/11)▶
1827
Limite
communale
Cours
d’eau (tracé
actuel)
◀(6/11)▶
1877
Limite
communale
Cours
d’eau (tracé
actuel)
Voies
ferrées
◀(7/11)▶
1919
Limite
communale
Cours
d’eau (tracé
actuel)
Voies
ferrées
◀(8/11)▶
1942
Limite
communale
Cours
d’eau (tracé
actuel)
Voies
ferrées
◀(9/11)▶
1962
Limite
communale
Cours
d’eau
Voies
ferrées
◀(10/11)▶
1983
Limite
communale
Cours
d’eau
Voies ferrées
Rocade
◀(11/11)
2008
Limite
communale
Cours
d’eau
Voies ferrées
Rocade
À son apogée au IIe siècle, lors de la
période gallo-romaine, la ville est un centre urbain
important qui s’étend sur 90 ha sur les
hauteurs dominant le confluent de l’Ille et de la Vilaine. Les invasions
barbares vont conduire la ville à se resserrer sur une superficie de 9 ha au sein d’une enceinte longue de 1 200 mètres16.
La ville
médiévale
La Porte
Mordelaise, rare vestige des remparts de Rennes.
|
Les remparts à la fin du XVe siècle.
|
Hôtels particuliers du XVIIe siècle, place
des
Lices.
|
Jusqu’au XVe siècle, la ville se
développe à l’abri de cette
muraille à mesure que son rôle politique et économique croît. Au début
du XVe siècle, la ville de résidence des ducs de
Bretagne, ne compte
cependant aucun monument marquant en dehors de sa cathédrale17. La
ville connaît alors une période de développement démographique en raison
d’une
forte immigration normande suite à l’occupation
anglaise au début du siècle et, surtout, d’un important exode rural. Les
faubourgs se développent hors des murs : La Baudrairie, Saint-Aubin,
Bourg-l’Évêque, Saint-Étienne, Toussaints… Dans sa Chronique d’Arthur
de
Richemont, Guillaume Gruel, écuyer d’Arthur III de Bretagne, note : « La ville qui pour lors estoit trop petite pour loger
ung tel
peuple comme le peuple renays, et estoient les faulxbourcs plus grans
troy foiz
que la Ville »25.
Deux nouvelles enceintes sont donc construites au XVe siècle afin d’assurer le développement de la
ville.
En 1422, le duc Jean V décide de
construire une enceinte à l’est qui entoure la « Ville Neuve », marquée
par les
commerces et les congrégations religieuses16.
Cette
nouvelle enceinte est achevée en 1452, mais
déjà une autre extension est en cours. En 1449, le duc François Ier prend la décision d’étendre les murs de la
ville au
sud de la Vilaine. La « Nouvelle
Ville » ainsi protégée par les remparts est avant tout un ensemble de
terrains
malsains et inondables où s’entasse une population modeste. L’intérêt
est
pourtant réel d’assurer une protection efficace des deux rives du fleuve
et de
protéger les quartiers industrieux17. En 1473, cette enceinte est à son
tour achevée. La
ville s’étend alors 62 ha et compte
environ 13 000 habitants26.
C’est au cours de ce siècle que la ville
s’embellit en se dotant en 1467 de son
premier monument civil : la tour de l’Horloge, citée par François
Rabelais dans Pantagruel27.
Après la fin de l’indépendance bretonne, marquée par l’acte d’union
de 1532, le
rôle administratif de Rennes s’accroît. En 1561, le parlement de
Bretagne se fixe dans la
ville28. Le
palais du parlement est édifié entre 1618 et
1655. En parallèle, la ville se transforme
profondément grâce aux nombreux hôtels particuliers édifiés pour les
« messieurs
du parlement », comme les hôtels de La Noue et Racape de La Feuillée,
édifiés
sur la place des Lices en 165816. La ville s’embellit ainsi au cours
du XVIIe siècle mais reste enserrée dans ses remparts
et les
bâtiments sont pour l’essentiel construits en bois. Lors de la nuit du
23 décembre 1720, la ville s’embrase. Pendant six jours, l’incendie va
ravager le centre-ville : près de 10 ha sont touchés, 945
bâtiments sont détruits. Au total, on estime que le grand
incendie a coûté 9 millions de livres aux particuliers29.
La ville classique
Tableau d’époque représentant l’incendie de 1720.
|
Un immeuble typique de la ville classique, rue de
l’Horloge.
|
La « place Royale », aujourd’hui « place du Parlement de
Bretagne ».
|
La reconstruction de la ville est l’occasion de mettre en application
les
idées des urbanistes de l’époque ; les vues doivent être dégagées et les
rues
plus larges. Avant tout, il s’agit à tout prix d’éviter un nouvel
incendie. Pour
mener à bien ce chantier, l’intendant de la ville s’adresse à Isaac
Robelin, un ingénieur militaire directeur des fortifications à Brest.
Cependant son projet présenté au
Conseil le 27 août 1722 ne
convainc pas, notamment en raison de ses vues radicales qui heurtent les
nobles
de la ville 30.
En 1724, c’est l’architecte Jacques V Gabriel,
plus diplomate, qui est finalement chargé de la reconstruction31.
Dans les grandes lignes, le plan ambitieux de Robelin est conservé :
la
partie incendiée de la ville est totalement réorganisée selon un plan en
damier
avec des îlots carrés d’environ 65 m de
côté et des voies de 10 m de large. Les
immeubles sont construits en pierre (granit pour le rez-de-chaussée et
étages en tuffeau) et les toits sont couverts d’ardoises. La ville
s’organise autour de
deux places disposées en quinconce : la place Royale où trône le
parlement de
Bretagne et la place Neuve dominée par la mairie, moins monumentale et
obéissant à des canons moins rigoureux que sa voisine16.
L’aspect monumental de la place Royale avait une valeur symbolique
forte. Il
s’agissait de représenter la domination du pouvoir royal sur le
parlement de
province à la suite de la révolte du papier timbré, la
place servant d’écrin à une monumentale statue de Louis XIV réalisée par
Antoine Coysevox.
Cependant, une des idées majeures de Robelin, la canalisation de la
Vilaine, n’est pas réalisée.
Au cours du XVIIIe siècle, la ville se
développe peu à peu hors de ses
murs. Certes, des rues avaient été créées en dehors des remparts depuis
parfois
longtemps, mais il ne s’agissait alors que de faubourgs comme celui de
la rue de
Nantes dont il est fait état dès le XVe siècle32. La promenade du Mail, prolongeant
la
ville vers l’ouest, est ainsi créée au cours de ce siècle33.
La
ville du
XIXe siècle
Entrée de la maison centrale construite en 1876
|
|
Le théâtre de la ville, actuel
opéra
|
Le XIXe siècle est marqué par un développement
important des
infrastructures de transport qui vont conduire à une profonde
restructuration de
la ville, notamment de ses quartiers sud34.
La
canalisation de la Vilaine est entamée en 1841 et s’achève en 186118. Elle
permet l’assainissement des quartiers situés au sud du fleuve,
jusqu’alors
sujets à de fréquentes inondations. L’arrivée du train en gare de Rennes
en 1857 entraîne l’urbanisation de la
plaine alluviale située au sud de la ville. Sur la base du plan
d’urbanisme
conçu entre 1852 et 1855 à l’initiative du maire Ange de Léon, de larges
boulevards sont
tracés : cours de la Gare (actuelle avenue Jean-Janvier) pour rejoindre
directement le centre ville depuis la gare, boulevard de La
Tour-d’Auvergne
permettant de faciliter la liaison entre Saint-Malo et Bordeaux (route
impériale n°
137), boulevard de la Liberté entre ces deux axes sur les douves
remblayées
des anciens remparts déjà démolis à l’époque. Ce plan sera globalement
réalisé ;
seul le Champ de Mars sera réorganisé pour permettre l’extension de la
caserne
du Colombier35.
En parallèle à ce développement, l’urbanisation se développe aussi au
nord-est de la ville : un boulevard de contournement, le boulevard de la
Duchesse Anne, est créé au milieu du siècle afin de relier les faubourgs
de
Saint-Hélier, de Paris, de Fougères et d’Antrain ; le boulevard de
Sévigné est
percé en 1864. Ces axes vont permettre de structurer le développement
d’un
quartier marqué par des hôtels particuliers et des riches demeures. En
1880, un
nouveau boulevard circulaire, situé plus à l’est (boulevards de
Strasbourg et de
Metz), permet une urbanisation cohérente de l’est de la ville36.
Le XIXe siècle est le siècle où la ville s’affirme
dans son
rôle de capitale régionale. Dans La Bretagne Contemporaine, parue
en
1865, il est fait état du développement connu au cours des premières
décennies
du siècle : « Dans l’espace des soixante années de ce siècle, Rennes a
vu
sensiblement croître son importance et son commerce et son industrie. Sa
population a doublé : elle atteint aujourd’hui le chiffre de 50 000
âmes. Elle a
… la physionomie d’une grande et belle cité, calme plutôt qu’active. »37. Elle
est cependant mal considérée par les guides touristiques du XIXe siècle 38 La ville se dote d’équipements
structurants : lycée impérial (1803)39, palais universitaire (1847-1855)40, nouvel
hôpital de l’Hôtel-Dieu au
Nord la ville (1855)41,
prison (1863-1876)42,
ainsi que de nombreuses casernes
implantées en limite de la ville. Enfin, en 1897, Rennes inaugure son
réseau de tramway à
alimentation électrique, composé de 5 lignes principales, facilitant les
déplacements
urbains. Il en reste encore aujourd'hui quelques vestiges.
L’expansion urbaine du
XXe siècle
|
|
Une entrée de la halle centrale.
|
La piscine Saint-Georges.
|
Le développement de la ville se poursuit au XXe siècle.
Selon un mouvement déjà amorcé à la fin du
siècle précédent, le développement urbain se fait de façon cohérente par
le
biais de lotissements43 qui
permettent d’éviter une urbanisation linéaire sous forme de faubourgs.
La loi Loucheur votée en 1928 va accélérer le
développement pavillonnaire de la ville dans l’entre-deux-guerres. Ainsi
des
quartiers se développent au sud de la voie ferrée, notamment le quartier
Sainte-Thérèse44 et le
quartier Sacré-Cœur, et dans le prolongement des lotissements du XIXe siècle au nord-est (quartiers Jeanne-d’Arc et
Maurepas45).
Le
Foyer Rennais, premier projet d’habitations à bon marché de
la ville, est initié en 1922 pour s’achever en 193346. La
ville se dote en 1925 d’un premier plan d’extension, d’aménagement et
d’embellissement qui permet de définir les axes de développement urbain
futur34.
La ville se dote de nouveaux équipements comme la piscine
Saint-Georges,
achevée en 192647,
le Palais du commerce achevé en 192248 et la
halle centrale achevée en 192649.
Tous ces bâtiments sont dus à
l’architecte de la ville, Emmanuel Le Ray.
Grands ensembles à Villejean.
|
|
|
L’immédiate après-guerre est marquée par la reconstruction de la
ville
touchée par d’importants bombardements50. Dès 1944, l’architecte Lefort est
chargé
de mettre en place un « Projet de reconstruction et d’aménagement de la
ville ».
Il s’agit tout autant de reconstruire les quartiers détruits que de
résorber
l’habitat insalubre et de permettre d’accueillir des populations
nouvelles par
le développement de quartiers d’habitat collectif. L’arrivée d’Henri
Fréville à la
tête de la municipalité en 1953 va
marquer un tournant dans la politique urbaine de la ville avec la mise
en place
d’une politique d’aménagement planifié et de forte maîtrise foncière34.
Henri Fréville justifie ainsi sa
politique à propos de l’opération de rénovation urbaine du Colombier
dans
son autobiographie : « La rénovation urbaine étant, à la fois, une
mesure
d’assainissement et de modernisation, sa réalisation exigea un plan
d’ensemble,
d’où l’ampleur du projet initial. »51. Au cours des décennies 1950 et 1960,
les vastes
opérations d’urbanisation vont se multiplier dans la ville :
- la cité d’urgence de Cleunay, une des premières de France : 1 000
logements
construits sur 30 ha entre 1954 et 196052,
- la ZUP de Maurepas : 4 256 logements
construits sur 80 ha entre 1956 et 196653,
- la rénovation urbaine de Bourg-l’Évêque :
sur un secteur de 19 ha situé sur
l’ancien faubourg de la rue de Brest, 794 logements et 119 commerces ont
été
détruits pour faire place à 2 519 logements et un centre commercial de
30
commerces, construits entre 1959 et 196454,
- la rénovation urbaine du Colombier, conçue par Louis Arretche : sur
un secteur de 28 ha correspondant au Champ de Mars, à
l’ancienne caserne du Colombier et à l’ancien faubourg de la rue de
Nantes.
L’opération s’est déroulée sur plusieurs phases entre 1962 et
l’inauguration du centre commercial Colombia en 198655 ; elle compte au total 2 500
logements,
40 000 m² de surfaces commerciales et
42 500 m² de bureaux56,
- la ZUP de Villejean, également conçue par Louis Arretche : sur
110 ha,
9 000 logements sont construits
entre 1962 et 1970 ;
une surface de 42 ha est de plus
consacrée aux établissements d’enseignement supérieur regroupés sur le
campus de
Villejean57,
- la ZUP du Blosne, ou ZUP Sud, est de
loin la plus vaste et la plus complexe de ces opérations. Conçue par
Michel
Marty, elle s’étend sur 500 ha, et a
été construite entre 1965 et 1985, année d’ouverture du centre culturel
Le Triangle. Au total, 12 531 logements sont construits, des équipements
structurants sont mis en place dans chacun des quartiers de la ZUP (six
centres
commerciaux, trois collèges, trois églises), des parcs et jardins sont
aménagés.
La ZUP comporte aussi des équipements à l’échelle de l’agglomération :
lycée de
Bréquigny, centre commercial Alma et hôpital Sud58.
Le développement de l’offre en logement s'accompagne aussi d’un fort
développement industriel et commercial. L’objectif poursuivi par la
municipalité
est de « faire de Rennes le moteur du nouveau dynamisme breton et de
retenir les
migrants ruraux qui partent chercher du travail à Paris. »59.
La
croissance urbaine de cette période va donc également conduire à la mise
en
place d’importantes zones d’activités :
- la ZI de la
Route de Lorient, créée en 1958 sur les communes de Rennes et
Vezin-le-Coquet, 150 ha60,
- la ZI Sud-Est, aussi appelé Zone de Chantepie, créée en 1966 sur les
communes de Rennes, Cesson-Sévigné et Chantepie, 163 ha61,
- la zone d'activités Nord, créée en 1965 sur les communes de Rennes
et Saint-Grégoire, 80 ha62.
D'autres activités se développent en périphérie :
- la préfecture et le conseil général
d'Ille-et-Vilaine s'implantent dans le nouveau quartier administratif de
Beauregard,
- les centres commerciaux Alma, dans la ZUP du Blosne, et Montréal,
dans la ZA
Nord,
- le campus de
Beaulieu à l'est de la ville et le campus de Villejean au nord-ouest,
- le centre hospitalier
universitaire de Pontchaillou qui se développe sur un site acquis par la
ville dès 188163.
Ces importantes opérations urbaines vont permettre une croissance
démographique spectaculaire de la ville : en 1975, elle atteint les
200 000
habitants, soit un doublement en à peine 40 ans.
La mise en place de la rocade, à partir de 1968, permet de fixer les
limites de la zone urbanisée. Aucun nouveau quartier d’habitation n’est
prévu
au-delà. Les opérations d’urbanisation des années 1980 vont viser &