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Marseille est une ville de Provence située au Sud-Est de la France, chef-lieu de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et préfecture du département des Bouches-du-Rhône.

Située au sud-est de la France (par voies express, à 775 km de Paris, 316 km de Lyon, 204 km de Nice, 400 km de Gênes, 521 km de Milan et 506 km de Barcelone), elle est bordée par la Méditerranée à l'ouest, enserrée par le massif de l'Estaque et le massif de l'Etoile au nord, le Garlaban à l'est et le massif de Marseilleveyre au sud qui culminent à plus de 700 mètres. Ses habitants s’appellent les Marseillais.

Fondée vers 600 avant J.C. par des marins grecs originaires de Phocée en Asie Mineure sous le nom de Massalia, la « Cité phocéenne » profite de sa localisation maritime : Marseille est le premier port français et méditerranéen (devant Gênes) ainsi que le quatrième port européen[1]. Sur le plan international, Marseille est la deuxième représentation consulaire de France avec plus de soixante-dix consulats[2]. Le quartier d'affaires Euroméditerranée ou l'obtention du rang de capitale européenne de la culture pour 2013 sont autant d'atouts renforçant le rôle de Marseille dans le bassin méditerranéen.

En 2007, la population de Marseille était de 852 395 habitants d’après le recensement de l’Insee[3], ce qui en fait la deuxième commune la plus peuplée de France. Son unité urbaine est en 2006 la deuxième de France avec 1 418 482 habitants[4]. Son aire urbaine, qui est centrée sur les communes de Marseille et Aix-en-Provence, comprenait 1 601 095 habitants en 2006[5], ce qui constitue la troisième aire urbaine de France, derrière Paris et Lyon. Depuis 2000, Marseille est à la tête de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole qui regroupe 1 023 972 habitants.

 

Toponymie [modifier]

Le nom actuel de Marseille provient de la langue d'oc et s'écrit, selon les normes classique ou moderne, Marselha ou Marsiho. Le "a" et le "o" sont atones et justifient donc la présence du "e" français.

Du grec Massalia (situer l'accent tonique sur le i conformément à la langue grecque), a été fondée par des marins venus de Phocée, Phokaia en grec. Cette racine est toujours associée à la ville de Marseille.

Cependant, plusieurs hypothèses[6] sont fournies sur le premier nom de Marseille. La première concerne l'opinion courante qui donne Mas-Salia, la résidence des Salyens. Or, si le premier mot est provençal, le second est latin. Aussi, certains ont penché pour le grec Mασσα (Massa). En effet, les Phocéens avaient pour habitude d'apporter d'Asie Mineure le nom de Massa à des villes, à des châteaux, rivières, etc. On trouve par exemple plus de trente Massa en Italie ; sachant que les mots Mαζα ou Mασα signifient en latin Libum, offrande de gâteaux sacrés. Quant à la finale λεις, il s'agit d'un formatif des adjectifs, les Marseillais étant des sacrificateurs ; la ville, celle des sacrifices.

Massalia devint ensuite Massilia à l'époque romaine puis en occitan provençal: Marselha [maʀˈsejɔ/maʀˈsijɔ] selon la norme classique ou Marsiho [maʀˈsijɔ] selon la norme mistralienne. On appelle la ville Marsiglia en italien, Marsella en catalan et en espagnol, Marselha en portugais, Marseilles ou Marseille en anglais, Massilien autrefois en allemand (mais Marseille en allemand actuel), et Marsilya ( مرسيليا )en Arabe.

Géographie [modifier]

Panorama sur la ville depuis Notre-Dame de la Garde.
Panorama de la ville depuis Notre Dame de la Garde avec "table d'orientation virtuelle".
Marseille vue d'avion

Topographie [modifier]

Marseille vu par le satellite Spot

Son territoire historique forme une sorte d'amphithéâtre, enserré par la mer à l'ouest, par des montagnes (le Massif des calanques) au sud avec Marseilleveyre, par la Côte Bleue au nord avec l'Estaque (immortalisé par le peintre Paul Cézanne) et par les chaînes de l'Étoile et du Garlaban au nord-est.

Près de la moitié de la superficie communale est en territoire naturel inconstructible et la ville s'étale sur un territoire extrêmement vaste, cinquième commune de la France métropolitaine par sa superficie. Ainsi sa densité (3 542 habitants par kilomètre carré) est-elle largement inférieure à des villes entièrement urbanisées telles que Lyon (9 867 h/km²) ou Paris (20 807 h/km²) mais comparable à celle de Toulouse (3 715 h/km²) mais si on prend en compte uniquement sa zone habitable (150 km²) sa densité atteint 5 683 h/km², ce qui est presque comparable à des villes entièrement urbanisées comme Lille (6 483 h/km²).

De par sa superficie (240,62 km²), Marseille est 2,5 fois plus grande que Paris, ou encore cinq fois plus grande que Lyon et est même plus étendue que Le Caire (210 km²). Dans le sens Nord/Sud, la ville s'étend sur 14 kilomètres, entre Notre-Dame Limite et le Vieux port considéré comme le centre ville. Puis, il faut compter encore une grosse dizaine de kilomètres pour accéder aux calanques de Sormiou et Morgiou qui font partie du 9ème arrondissement de Marseille. En longeant la mer Méditerranée, cela fait un total de pas moins de 21 kilomètres pour rallier Callelongue, depuis l'Estaque. La voie la plus longue traverse Marseille en ligne droite depuis le rond point de Mazargues aux anciens docks de la Joliette (8 km), passant par le stade vélodrome, la fontaine Cantini, coupant la Canebière, et rejoignant la porte d'Aix. La Canebière "prolongée" (allées de Meilhan), elle-même, mesure pas moins de 1 km depuis le vieux port jusqu'à l'église des Réformés- St Vincent de Paul. Autres artères remarquables, la Rue de la République, qui étale ses riches façades haussmaniennes sur 1 km ou encore l'avenue du Prado sur prés de 2 km.

Hydrographie [modifier]

L'Huveaune et son affluent le Jarret, entièrement recouvert dans la partie urbaine de la ville, sont les principaux cours d'eau traversant Marseille avec le ruisseau des Aygalades. L'Huveaune et les Aygalades sont par définition des fleuves, mais ont des débits relativement faibles. Le système hydrographique du bassin de la ville est propre au milieu méditerranéen : le débit d'eau est faible mais ses cours d'eau connaissent des crues importantes en cas de pluies. L'eau est très fortement canalisée, souvent à la source même de ces cours d'eau, et irrigue l'ensemble du bassin[7]. Dans le cas des cours d'eau marseillais, ceux-ci sont ré-alimentés en eau par le trop-plein du canal de Marseille.

Depuis plus de dix ans l'Huveaune, juste après le point de confluence avec le Jarret, est déviée vers la station d'épuration des eaux de Marseille car son embouchure polluait les plages de la ville, l'eau traitée est ensuite rejetée au sud de la ville, dans les Calanques, par l'émissaire de Cortiou.

Marseille est alimentée en eau potable à 75 % par le Canal de Marseille (eaux de la Durance), et à 25 % par le canal de Provence (eaux du Verdon).

Sismicité [modifier]

Si la région Provence Côte d'Azur comporte des zones à risques sismiques en particulier dans les régions de Nice et d'Aix-en-Provence, les risques semblent négligeables pour Marseille[8].

Climat [modifier]

Mistral sur l’archipel du Frioul et le château d'If

Marseille bénéficie d'une durée exceptionnelle d'ensoleillement, avec plus de 2800 heures de soleil par année, notamment grâce au mistral, qui souffle en moyenne 93 jours par an. Il y a en moyenne 525 mm de précipitations par an. Et elles sont les plus faibles de France au sein de la rade marseillaise, moins de 300 mm par an sur l'île Pomègues. [9] et 81 jours de pluie (dont 39 dépassant 2,5 mm), principalement en automne-hiver. La température moyenne à Marseille est de 15,9 °C.

Malgré un climat généralement clément, des épisodes extrêmes sont enregistrés. Ainsi, le thermomètre a atteint - 16,8 °C le 12 février 1956 et + 40,6 °C le 26 juillet 1983. Le 19 septembre 2000 et le 1er décembre 2003 on a mesuré plus de 200 mm de pluie en 24 heures. Le 14 janvier 1987 [10] et le 7 janvier 2009 on a mesuré plus de 10 cm de neige, ce qui a complètement paralysé la ville[N 1],[11].

 

Histoire de Marseille [modifier]

Article détaillé : Chronologie de Marseille.

Le Musée d'Histoire de Marseille au centre bourse retrace les principales étapes historiques depuis la fondation de Marseille par les Phocéens jusqu'à l'agrandissement de la ville au XVIIe siècle.

Article détaillé : Musée d'Histoire de Marseille.

Marseille, cité grecque [modifier]

Article détaillé : Histoire de Marseille de sa fondation au Vème siècle.

Avant les grecs [modifier]

La topographie première du site de Marseille grecque est encore largement perceptible de nos jours, malgré les importantes modifications du XIXe siècle. Promontoire environné par la mer, il est dominé par trois buttes successives : la butte Saint-Laurent (26 mètres d'altitude en 1840), la butte des Moulins (42 mètres) et enfin la butte des Carmes (environ 40 mètres)[16].

Le site est occupé depuis longtemps par les hommes ainsi qu'en témoigne la découverte extraordinaire, entre 1985 et 1991, de l'exceptionnelle grotte Cosquer par Henri Cosquer, dans l'une des calanques de Marseille et dont l'occupation entre 27 000 et 19 000 avant notre ère est attestée. Par ailleurs, des fouilles récentes ont mis au jour des vestiges d'une implantation néolithique qui remonte à 6 000 avant notre ère, près de la gare Saint-Charles, autour de la rue Bernard Dubois[17].

La légende de Ligures Gyptis et Protis [modifier]

Sa fondation, qui remonte à 600 avant J.-C., est le fait de colons grecs venus de Phocée (aujourd'hui Foça en Turquie), et fut notamment peuplée par les Phocéens fuyant les invasions perses en 546 av. J.-C.. La date est donnée par différents auteurs antiques, avec des variantes ; les découvertes archéologiques ne s'opposent pas à cette date. Les conditions exactes de la fondation de la ville font défaut à l'histoire de la ville, on ne retient aujourd'hui qu'une légende peu précise dont deux auteurs antiques nous ont rapporté : Justin et Aristote.

D'après Justin, le territoire marseillais était occupé par une tribu des Ligures, celle des Ségobriges, qui se serait implantée vers le village actuel d'Allauch. Le jour de l'arrivée des Grecs, le chef de cette tribu, Nanos, avait organisé un festin au cours duquel sa fille Gyptis eut à choisir son époux en lui tendant une coupe d'eau. Les Grecs furent invités à se joindre au banquet et le jeune chef de ceux-ci, Protis, fut choisi, scellant ainsi la fondation d'une nouvelle cité qu'il érigea sur les bords de la corne du Lacydon, le petit fleuve qui débouchait au nord-est du Vieux Port[18].

Les Phocéens ont construit une cité tournée vers la mer et le commerce. La légende de la rencontre et de l'alliance entre le marin Protis (Phocéen) et de la belle Gyptis (Ligure) établit fermement sa tradition de ville commerciale.

L'évolution de Massalia [modifier]

Les fouilles archéologiques ont révélé les vestiges des premières traces de l'habitat grec directement au contact d'un sol vierge sur la partie la plus occidentale du site (butte Saint-Laurent). Très vite la ville s'agrandit et s'étend jusqu'au versant oriental de la butte des Moulins. Enfin, elle englobe la troisième butte (dite des Carmes) avant la fin du VIe siècle av. J.-C. Une dernière extension à l'époque hellénistique lui permet d'atteindre une surface d'environ 50 hectares, que la ville ne dépassera pas avant le XVIIe siècle.

La fortification grecque de la fin du VIe siècle av. J.-C. a été retrouvée en deux points de la ville : au Jardin des Vestiges et sur la butte des Carmes, lors de fouilles d'urgence dans les années 1980. Une reconstruction a lieu à l'époque grecque classique, dans la seconde moitié du IVe siècle av. J.-C. Enfin, vers le milieu du IIe siècle av. J.-C., l'ensemble de la fortification est reconstruite en grand appareil de calcaire rose. Ce rempart est encore visible sur le Jardin des Vestiges (tour penchée et mur dit de Crinas)[19].

Le jardin des Vestiges, découvert en 1967 durant des travaux de construction sur l'emplacement du premier port de la cité phocéenne

L'intérieur de la ville est découpé en îlots, avec des rues à angle droit qui constituent des ensembles cohérents, adaptés à la topographie naturelle du site. Ainsi le long du rivage les voies ont-elles des axes changeants, tandis que les pentes de buttes sont quadrillées de façon régulière[20].

À l'extérieur des murs, les fouilles récentes ont mis en évidence une cadastration établie dès la fin du VIe siècle av. J.-C., ainsi que l'exploitation de carrières d'argile que l'on trouvait abondamment dans le substrat géologique (site de l'Alcazar) ; par la suite se développe au même emplacement une culture de la vigne et probablement d'autres plantations[21]. Les nécropoles nous sont connues soit par des découvertes anciennes soit par la fouille, en 1990, du parc Sainte-Barbe[22]. Ainsi se dessine un paysage suburbain varié, où le domaine des morts alternait avec celui des vivants.

Colonie grecque rayonnante, Marseille fut le point de départ de la diffusion de l'écriture chez les peuples gaulois, qui ont appris à transcrire leur propre langue en caractères grecs. C'est aussi probablement par la cité phocéenne que furent introduits en Gaule les premiers vignobles[23].

Marseille, comme le retracent les découvertes, connaît une forte croissance et devient une cité prospère, vivant des relations commerciales fortes avec la Grèce, l'Asie Mineure puis Rome. La ville jalouse de son indépendance s'administre librement. La constitution marseillaise se référait à celles des cités ioniennes. La ville était gouvernée par un directoire de 15 « premiers » choisis parmi 600 sénateurs (Strabon, IV, 1,5). Trois d’entre eux avaient la prééminence et l’essentiel du pouvoir exécutif.

Marseille, ville romaine [modifier]

Au cours du deuxième siècle avant notre ère, Marseille se retrouve confrontée à la puissance grandissante de ses voisins gaulois, en particulier des Salyens. Pour faire face à leur menace, la cité phocéenne fait appel à son allié romain qui est devenue la grande puissance méditerranéenne. Cliente de Pompée et de Jules César, elle refuse de prendre parti entre les deux en -49, tout en accueillant les émissaires de Pompée. Assiégée par trois légions pendant deux mois par César puis par son légat Gaius Trebonius, elle est enfin prise (Bellum Civile, livre I, 34-36, etc.). Elle est privée ensuite de ses colonies[24] et doit se soumettre à Rome. Les Romains la rattachent à la province Narbonnaise.

À l'époque d'Auguste, la ville connaît une nouvelle grande phase de construction. L'agora-forum est reconstruit comme en témoignent les fragments de dallages découverts par F. Benoit au sud des Caves de Saint-Sauveur. Le forum était bordé à l'ouest par un autre grand édifice, le théâtre, dont quelques gradins ont été conservés jusqu'à nos jours dans l'enceinte du collège du Vieux-Port[25].

Des thermes sont installés le long du port également à la même époque. Les vestiges, remontés sur la place Villeneuve-Bargemon, sont visibles quasiment à leur emplacement d'origine derrière la Mairie.

Pendant le Haut Empire, la zone portuaire est considérable[26]. Elle s'étend sur la rive nord du port, suit la corne du port (Jardin des Vestiges) dont le quai est reconstruit à l'époque flavienne, et se prolonge au fond du Vieux-Port actuel. Dans cette zone, les fouilles de la place Général-de-Gaulle ont dégagé une grande esplanade empierrée qui peut correspondre à des salines aménagées. De nombreux entrepôts à dolia sont connus ; une partie de l'un d'entre eux a été conservée en rez-de-chaussée d'un immeuble (musée des docks romains).

Les fouilles archéologiques de ces quinze dernières années ont montré la vitalité de la ville. Puis, durant le Bas Empire, la ville semble décliner légèrement au profit vraisemblablement d'Arles.

Marseille durant l'antiquité tardive [modifier]

La ville se développe à nouveau à partir du Ve siècle de notre ère. À l'intérieur de la ville, la construction d'une première grande cathédrale marque la puissance d'un évêque, probablement Proculus, qui tient à rivaliser avec Arles. Deux basiliques funéraires ont été retrouvées en fouille[27]. L'une, hypothétique, fouillée pour moitié dans l'emprise des immeubles du Cours Belsunce par J. et Y. Rigoir en 1959, et par G. Bertucchi dans la construction du Centre Bourse en 1974. La seconde est clairement attestée par la fouille de M. Moliner, rue Malaval (2003-2004), avec la découverte d'une memoria intacte sous le chœur[28].

Sur la corne du port, comblée, se développe un habitat dont on retrouve la trace, hors les murs, jusqu'à l'actuelle bibliothèque de l'Alcazar (fouille M. Bouiron). Sur ce site, on a pu mettre en évidence une continuité directe avec les constructions romaines ; un groupe de bâtiments se développe progressivement entre le Ve siècle et le VIIe siècle, avec dans un dernier état, un vaste bâtiment de type entrepôt. Les bâtiments sont abandonnés au début du VIIIe siècle[29].

La vitalité du commerce est perceptible par les découvertes de productions céramiques venant de toute la Méditerranée, témoins privilégiés des marchandises qui affluent à Marseille durant la période ostrogothique et mérovingienne.

Prise dans les remous des conflits entre rois Francs, la ville semble perdre de son importance à partir de la reprise en main de la Provence par Charles Martel et le pillage de la ville qui l'accompagne.

La ville médiévale [modifier]

Passé l'an mil, Marseille se révèle à nouveau un port florissant qui participe aux Croisades. Les Marseillais sont présents en Afrique du Nord et possèdent un quartier à Saint-Jean d'Acre. Si la prise de cette dernière met un terme à l'aventure en Terre Sainte, leur présence est largement attestée en Méditerranée tout au long du Moyen Âge. La prise de la ville par les Catalans en 1423 et la destruction qui s'en est suivie ont occasionné un profond déclin à la fin du Moyen Âge.

Marseille aux IXe et Xe siècles [modifier]

Nous possédons peu d'information sur la Marseille carolingienne. Nous savons que vers 780, l'évêque Mauronte s'attacha à reconstituer le patrimoine de son église, alors dispersé. Plus tard, nous voyons à travers le polyptyque de l'évêque Wadalde (entre 814 et 818) que la gestion des biens de l'église, comptabilisés de façon rationnelle, est semblable à celle que tiennent à la même époque, les grandes abbayes du Nord de la France. S'ensuit une période difficile pour Marseille, qui est pillée par les Sarrasins en 838 et par les pirates grecs en 848[30]. Marseille se relève lentement de ces dévastations. Dès 904, l'abbaye de Saint-Victor se voit dotée de la rive sud du port par le roi de Provence Louis l'Aveugle. L'absence de mentions dans les chroniques nordiques ne permet pas toutefois d'imaginer que Marseille perd sa place de porte vers la Méditerranée. Il faut toutefois admettre que l'époque reste incertaine, avec les démêlés des derniers carolingiens tout entiers tournés vers l'Italie et n'hésitant pas à traiter avec les Sarrasins lorsque leurs ambitions le nécessitent. Ainsi en 923 ils dévastent le monastère de Saint-Victor et le territoire marseillais. À partir du milieu du Xe siècle, la situation se stabilise. Le comte de Provence choisit un frère de l'évêque Honoratus de Marseille, fils d'Arlulf de Marseille, Guillaume, comme vicomte de Marseille. Ses descendants seront pendant plusieurs générations soit évêque soit vicomtes de Marseille.

La topographie de la ville se laisse difficilement percevoir[31]. Il existe une fortification réduite sur le sommet de la butte Saint-Laurent, c'est le château Babon (castrum Babonis) des textes du XIIe siècle. Le nom de Babon fait référence à un évêque, mentionné à propos d'un polyptyque perdu de l'abbaye de Saint-Sauveur, et qui pourrait avoir exercé au cours du IXe siècle La délimitation de cette enceinte est difficile car cette fortification a déjà pratiquement disparu à la fin du XIVe siècle Aucun vestige n'en est connu. Englobant une partie de la ville haute appartenant à l'évêque, elle devait contenir la zone du fort Saint-Jean et arriver jusqu'à la rue Fontaine-des-Vents, au voisinage de l'actuelle place de Lenche. M. Bouiron a mis en évidence, au contact de cette fortification, un deuxième ensemble fortifié centré autour de la Major, le bourg de la Major qui contient une partie de la butte des Moulins. La mention dans la charte de 904 d'un castrum a été interprétée anciennement comme une mention du Château Babon. Il semble plus vraisemblable de voir, en association avec d'autres mentions d'archives, une troisième fortification, celle-ci relevant du comte, autour de l'ancienne porte d'Italie et du Tholonée, lieu de perception du péage. Ainsi se dessine une ville multipolaire, à l'image de tant d'autres villes du haut Moyen Âge.

Le renouveau du XIe siècle [modifier]

Article détaillé : Abbaye Saint-Victor de Marseille.

Durant la première moitié du XIe siècle, la stabilité politique et le développement de l'abbaye de Saint-Victor renforcent le développement de la cité. L'indivision entre évêques et vicomtes profite à l'ensemble de la cité, dont la division héritée du haut Moyen Âge s'estompe progressivement. La refondation du couvent de Saint-Sauveur (à l'emplacement de l'église des Accoules), vers 1030, au centre de l'espace situé entre l'ancienne ville comtale et l'ancienne ville épiscopale, a dû s'accompagner d'une renaissance de l'habitat dans cette zone.

Démographie [modifier]

Pour la répartition de la population par Arrondissements : Arrondissements de Marseille

Après une grave crise dans les années 1970 et 1980 (due en partie à la fermeture du canal de Suez) qui a vu la population passer de plus de 900 000 à moins de 800 000 habitants (malgré un solde naturel assez positif), l'État et les autorités marseillaises décidèrent dans les années 1990 et 2000 de relancer l'économie de la ville : le programme Euroméditerranée est un vaste programme visant à attirer les entreprises et s'accompagnant d'une importante réhabilitation urbaine dans les quartiers du centre ville jouxtant le port autonome. Suivant le dernier recensement, la ville gagne à nouveau des habitants avec une croissance supérieure à la moyenne nationale[35].

Deuxième commune de France avec plus de 850 000 habitants, Marseille est aujourd'hui la 2e Unité urbaine du pays[36] (après Paris et devançant à peine Lyon) avec 1 349 772 habitants (1999), incluant Aix-en-Provence au nord, Martigues et Vitrolles à l'ouest et Aubagne à l'est. L'aire urbaine de Marseille est cependant la troisième de France après celle de Paris et juste en dessous de celle de Lyon. L'agglomération marseillaise a même récemment absorbé la commune de Saint-Zacharie, qui fait partie du Var. Par contre La Ciotat, qui fait partie de la Communauté urbaine de Marseille, a été absorbé par l'unité urbaine de Toulon.

Voici ci-dessous, un tableau démographique du XXe siècle sur la ville de Marseille classé par date de recensement. Toutefois D'après l'INSEE les recensements entre 1926 et 1936 ont très largement surévalué la population légale de Marseille [37].

Sociologie de Marseille [modifier]

Parmi les nombreux immeubles construits durant les années 1960 et 1970, le quartier de La Rouvière (9e arrondissement) est une des copropriétés les plus peuplées de France (architecte : Xavier Arsène-Henry)

De forts contrastes sociaux [modifier]

Pour la répartition des revenus,des diplômés, du chômage, des familles, de la CMU complémentaire et des étrangers par Arrondissements : voir Arrondissements de Marseille

En 2007, la moitié des Marseillais déclarait un revenu inférieur à 15 284 euros par unité de consommation (UC) nettement inférieur à celui de Lyon (19 810 euros) ou de Nice (16 701 euros), sans parler de Paris (23 408 euros) ni a fortiori du 7e arrondissement de la capitale (39 186 euros), et inférieur de 2 213 euros au revenu médian national[43].

La part des retraites et pensions et des bénéfices dans le revenu déclaré est plus élevée que dans les autres grandes villes françaises, et celle des salaires plus faible (60,9% contre 64,1% au plan de la France métropolitaine).

Marseille est, parmi les principales villes françaises, celle où l’éventail des revenus déclarés en 2007 est le plus large, puisque les hauts revenus y sont près de quinze fois plus élevés que les bas revenus, particulièrement faibles[N 2]. Le Vieux-Port et la Canebière constituent globalement une ligne de démarcation entre bas et hauts revenus, même si de nombreux arrondissements comptent à la fois des zones aisées et modestes. Les bas revenus se concentrent dans les arrondissements centraux 1e, 2e et 3e ainsi que dans les quartiers nord (13e, 14e, 15e et 16e arrondissements).

Le 3e arrondissement est le plus pauvre de toute la ville, avec à peine 7 316 euros de revenu fiscal médian par UC représentant le tiers du revenu médian du 8earrondissement. Plus de 37% de sa population bénéficie de la CMU complémentaire contre moins de 5% dans le 8e arrondissement. Les ménages du 2e arrondissement sont à peine moins pauvres, en approchant les 9 000 euros de revenu médian. Ceux des 1er, 14e et 15e sont inférieurs à 10 000 euros, respectivement 8 990 euros pour le 2e, 9 327 euros pour le 1er, 9 903 euros pour le 14e et 9 466 euros pour le 15e.

Le revenu médian dans les 13e et 16e arrondissements est le plus élevé du groupe (approchant les 14 000 euros) mais reste inférieur à celui de la ville. Ces arrondissements se distinguent aussi des précédents par la présence de zones plus favorisées et sont plus disparates.[44]

Les arrondissements où la population est la plus riche se trouvent au sud et à l’est : le revenu médian y dépasse les 19 500 euros. Le 8e est le plus riche, avec 22 718 euros par UC, suivi par le 7e (20 853 euros), le 12e (20 080 euros), et le 9e (19 898 euros).

Les ménages des 4e, 5e,10e et 11e arrondissements ont des revenus médians légèrement supérieurs à ceux de la ville, respectivement 16 390 euros pour le 4e, 16 524 euros pour le 5e, 16 005 euros pour le 10e et 16 330 euros pour le 11e. Le revenu médian du 6e arrondissement s'élève à 17 891 euros.

En 2006 le taux de marseillais sans diplômes s'élevait à 25.27% (contre 19.5% pour la France métropolitaine)[45]. les 3e, 14e et 15e arrondissements dépassaient 40%, les 2e et 16e les frôlaient. Par contre le taux de diplômes d'un niveau supérieur s'élevait à 13.44% (contre 11.6% pour la France métropolitaine) les 1er, 6e, 7e et 8e arrondissements dépassaient 20% mais les 3e, 14e et 15e n'atteignaient pas 5%.

Au recensement 2006 le taux de chômage s'élevait à 18,23% (contre 11.1% pour la France métropolitaine)[46]. Aucun arrondissement n'était en dessous de 10%. Le record était détenu par le 3e arrondissement avec 32,38% suivi de près par le 2e avec 30,81%. Le 1er et le 15e dépassaient 25%, le 14e et le 16e dépassaient 20% et le 13e approchait 20%.

Le pourcentage de familles comptant 4 enfants ou plus s'élevait à 3.94% : le 14e arrondissement frôlait 10%, les 3e et 15e dépassaient 8%, les 1e, 2e et 13e dépassaient 5%.

Le pourcentage de familles monoparentales s'élevait à 21.81% : le 3e arrondissement dépassait 30%; les 1e, 2e et 15e dépassaient 25%. Par contre le 8e arrondissement n'atteignait pas 16%, le 7e et le 12e n'atteignaient pas 18%.

À ce même recensement le pourcentage d'étrangers s'élevait à 7.57%. Les arrondissements centraux 1e, 2e et 3e comptaient plus de 15% d'étrangers, le 14e et le 15e plus de 10%. Partout ailleurs le taux d'étrangers était inférieur à la moyenne de la ville, le 7e et le 12e arrondissement en comptant même moins de 3%.

Les jeunes Marseillais de moins de 30 ans, parmi lesquels se trouvent de nombreux étudiants, ont le revenu médian par UC le plus faible, 12 812 euros, soit 4 937 euros de moins que ceux âgés de 50 à 59 ans, classe d'âge la plus riche. Les Marseillais de 30 à 39 ans, population en âge de travailler et d'acquérir un logement, ne sont pas beaucoup plus riches : la différence de revenus avec les moins de trente ans est d'à peine 776 euros. Par conséquent, les coûts de logement se trouvant parmi les plus chers de France, les jeunes marseillais et leurs familles ont de plus en plus de difficultés à se loger.

Marseille cosmopolite [modifier]

Marseille a toujours été le « carrefour du monde ». Ville grecque phocéenne à l'origine, elle a toujours eu des minorités (étrusques, ligures, celtes, salyens, romains). À l'époque romaine, point n'est besoin de sources pour déduire la multi-culturalité de ce débouché méditerranéen de la Gaule (cependant les sources existent). Pendant l'époque burgonde puis franque, la ville perd des habitants mais reste polyglotte et multi-ethnique dans un milieu globalement latin et provençal. À la fin du XVIIIe siècle, la moitié de la population n’était pas d’origine marseillaise : parmi les principaux groupes d’étrangers se trouvaient les Italiens (notamment Génois et Piémontais pour la majorité) ainsi que des Espagnols (dont de nombreux Catalans), Grecs ou Levantins.

La cité phocéenne a accueilli plusieurs groupes nationaux durant le seul XXe siècle : Italiens pauvres et Grecs à partir de la fin du XIXe siècle, Russes émigrés en 1917, Arméniens en 1915 et 1923, Espagnols après 1936 (guerre civile espagnole), Maghrébins (surtout Algériens et Tunisien) depuis l’Entre-deux-guerres, « Pieds-Noirs » en 1962, Africains (Comoriens : 50 000 en 1999[47]).

Marseille est la première ville corse de France, la seconde ville arménienne[N 3] et compte de nombreux maghrébins ou personnes française d'origine maghrebine (70 000 Algériens, 30 000 Tunisiens, 15 000 Marocains) On trouve aussi70 000 Comoriens, ce qui fait de Marseille la deuxième ville comorienne du monde. (25 % de la population)[48], 90 000 juifs, 50 000 protestants et plus de 10 000 bouddhistes.

En 2006 Marseille comptait 714 619 français de naissance, 60 910 "français par acquisition", 8 327 ressortissants de l'Union Européenne, 1 715 d'autres nationalités européennes, 2 847 turcs, 34 506 nord-africains [N 4], 11 119 ressortissants du reste de l'Afrique, 5 000 personnes d'une autre nationalité.[49]

À la mort de Gaston Defferre en 1986, huit jeunes socialistes d’origines différentes (arménienne, arabe, asiatique, corse, italienne, juive, noire-africaine, provençale ; deux adolescentes et 6 jeunes gens) furent chargés de porter le cercueil, recouvert de l'emblématique chapeau du maire défunt. Ce fut un symbole important dans une ville qui avait vécu une importante flambée raciste en 1973, après l'assassinat d'un traminot par un Algérien[50].

Pour commémorer les 2 600 ans de la ville, toutes les composantes du cosmopolitisme local étaient réunies : 6 000 artistes de toutes les origines, affirmant leur fierté d’être Marseillais, proposèrent des spectacles aussi divers que des danses orientales, hip-hop, rap, chants provençaux, techno, percussions africaines, polyphonies corses ou variété française. Son succès fut rendu possible grâce à une forte mobilisation d’artistes, instituteurs, employés de mairie, tous bénévoles.

Les jeunes dans les quartiers, se rencontrent, vivent et agissent ensemble, se retrouvent une fois l'an à la Fiesta des suds (quatre concerts par soir, 25 000 m² de musique, de fête, deux salles de concerts). Ils sont « fiers d'être marseillais » et d'aimer l'OM malgré ses vicissitudes[51],[52].

De nombreuses fêtes de quartiers ont lieu, principalement au début et à la fin de l'été, et permettent à tous de se rencontrer : Fête du Panier, de La Plaine, de la Belle de Mai…

Toutefois l'unanimité ne règne pas pour l'acceptation d'une Marseille « black, blanc, beur » : Le Front national a obtenu régulièrement à Marseille un nombre record de voix à toutes les élections précédant celles de 2007 où Nicolas Sarkozy a été élu par la majorité de la population votante. Ce résultat s'explique par les taux de criminalité et de chômage de la ville qui sont parmi les plus élevés de France métropolitaine.

Cultes [modifier]

Catholiques

L'Archidiocèse de Marseille est l'un des vingt-trois archidiocèses de France. Diocèse depuis le Ie siècle, le siège de Marseille a été érigé en archidiocèse en 1948. L'archevêque actuel est Mgr Georges Pontier. En 2008, la ville comptait 116 paroisses catholiques accueillant les fidèles.

Protestants

Marseille compte quatre paroisses de l'Église réformée de France[53].

Israélites

La ville possède 40 synagogues[54]

Musulmans

Il y a à Marseille une cinquantaine de mosquées ou salles de prière[55]. L'édification de la future grande mosquée de Marseille, votée depuis des années, a été retardée pour cause de recours juridiques[56].Toutefois le permis de construire vient d'être accordé en novembre 2009, la pose de la première pierre est prévue pour le 20 mai 2010[57] et l'inauguration pour novembre 2011[58]

Mormons

L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours compte une paroisse à Marseille.


Dès 1990, sous l'impulsion du maire Robert Vigouroux, fut créée Marseille-Espérance. Cette structure associative regroupait des représentants des différentes communautés religieuses qui engageaient un dialogue non pas d’ordre théologique mais plutôt d’ordre social et culturel sur la gestion de la ville. Malgré le contexte peu favorable (crise des banlieues, problème du foulard, attentats terroristes, fort score électoral du Front national) ) Marseille-Espérance allait devenir une instance de régulation, toujours sollicitée à l’occasion d’événements locaux, nationaux ou internationaux risquant de provoquer des tensions communautaires.


Marseille compte une vingtaine de cimetières [59], la quasi totalité situés dans les arrondissements périphériques, le plus grand étant le cimetière Saint-Pierre situé lui à cheval entre le 5e et le 10e arrondissement.

 

 

Sport [modifier]

Article détaillé : Sport à Marseille.
Le Stade Vélodrome.

La ville compte 172 courts de tennis, 45 gymnases municipaux, 22 piscines, 72 stades municipaux, et depuis le 12 décembre 2009, la plus grande patinoire de France. [60], 139 boulodromes, 30 clubs de tennis, 3 terrains de golf, 3 bases nautiques, 8 dojos, 3 rampes de skate board, 3 stands de tir, 2 hippodromes, 5 centres équestres, 2 murs d'escalade et un fronton de pelote basque. Marseille, qui compte cinquante sites de plongée, est un haut-lieu de la plongée sous-marine en Méditerranée. [61]

Les principaux clubs de sport de Marseille sont l'Olympique de Marseille (football) et le Cercle des nageurs de Marseille (natation et water-polo).

Le Stade Vélodrome est un stade édifié en 1937 dans le 8e arrondissement de Marseille. Il compte 60 013 places assises. Il a accueilli sept rencontres du Mondial 98 de football dont la demi-finale Brésil-Pays-Bas et six matchs de la Coupe du monde de rugby à XV 2007 dont le quart de finale Australie - Angleterre. Son club résident actuel est l'Olympique de Marseille dont la devise est "Droit au but". L'Olympique de Marseille est le seul club de l'hexagone à avoir remporté la plus prestigieuse des compétitions européennes.

Le Palais des sports de Marseille, inauguré en 1989, est une salle omnisports située à proximité du Stade Vélodrome ayant une capacité de 7 400 places, où chaque année se disputent l'Open 13, un tournoi de tennis inscrit à l'ATP tour, le Trophée Massalia en gymnastique ou encore le challenge Jeanty, épreuve de la Coupe du Monde de fleuret dames.

De plus, le Semi-marathon de Marseille-Cassis, le World series 13 de Beach-volley organisé sur les Plages du Prado, le Triathlon international de Marseille sont organisés annuellement dans la cité phocéenne. Marseille a accueilli le Tour de France cycliste 12 fois depuis 1947 et accueille chaque année le Tour de France à la voile. Marseille est, depuis juillet 2008, la première ville hors du Brésil à avoir accueilli la Coupe du Monde de Beach Soccer sur les plages du Prado.

Le premier concours officiel de pétanque eut lieu en 1910 à La Ciotat. La fédération française de pétanque, 3e fédération en nombre de licenciés, fut créée en 1945 et siège à Marseille. Le

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