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Limoges

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Limoges est une commune française du Centre-Ouest de la France, préfecture du département de la Haute-Vienne et de la région du Limousin. Ses habitants sont appelés les LimougeaudsN 1.

Au 1er janvier 2010, Limoges était la 25e ville de France avec 141 287 habitants, au cœur d’une agglomération de 193 342 habitants. Avec près de 260 000 habitants, elle constitue la 36e aire urbaine de France. Limoges constitue le troisième centre urbain du grand sud-ouest, après Bordeaux et Toulouse.

Limoges est ville d’art et d’histoire depuis le 24 janvier 2008.

En référence à son passé et aux événements historiques l'ayant marqué, comme la création de la Confédération générale du travail en 1895, les grèves ouvrières de 1905 ou la tradition de vote de gauche, la ville est parfois surnommée la ville rouge. Elle est également appelée la « capitale des arts du feu » en raison de l’implantation historique dans la ville de l’industrie de porcelaine, de renommée internationale, ainsi que de l’artisanat de l’émail et des vitraux.

Capitale du centre-ouest de la France, sa qualité de vie et sa faible criminalité ont été reconnues par divers études et classementsN 2.

Géographie

Localisation

Posée sur les contreforts ouest du Massif central, par 01°15'31 de longitude est et 45°49'55 de latitude nord, Limoges est située à 141,6 km à l'ouest de Clermont-Ferrand1 et à 183,3 kilomètres à l'est de l’océan Atlantique (Marennes) 2. Localisée à 346,3 km au sud de Paris3, elle est située à 180,5 km au nord-est de Bordeaux4 et à 248,4 km au nord de Toulouse5.

Située en Limousin, dans le département de la Haute-Vienne, Limoges a une frontière commune avec treize autres communes : Couzeix, Chaptelat, Bonnac-la-Cote, Rilhac-Rancon, Le Palais-sur-Vienne, Panazol, Feytiat, le Vigen, Solignac, Condat, Isle, Verneuil et Saint-Gence. Son territoire, qui s'étale sur plus de 7 000 hectares, est l'un des plus vastes du département.


Saint-Gence, Couzeix Bonnac-la-Côte
Chaptelat
Rilhac-Rancon
Verneuil-sur-Vienne N Le Palais-sur-Vienne
Panazol
O    Limoges    E
S
Condat-sur-Vienne
Isle
Solignac
Le Vigen
Feytiat

Hydrographie

La Vienne à Limoges

Située dans le bassin versant de la Loire, dans la circonscription hydrographique n° 4, Loire-Bretagne, Limoges relève de la région hydrographique Loire.

Son cours d'eau principal est la Vienne, dont elle marque la limite entre le bassin supérieur et le cours moyen. Construite, pour l'essentiel, sur sa rive droite, Limoges est la plus grande ville traversée par cette rivière.

Une seconde rivière est présente sur le territoire communal : l'Aurence. Affluent de la Vienne, l'Aurence, à l'origine du nom d'un quartier extérieur, le Val de l'Aurence, et d'une ZUP éponyme, prend sa source au nord de la commune dans les monts d'Ambazac6.

Le troisième cours d'eau qui arrose Limoges est un ruisseau : L'Auzette7. L'Auzette prend sa source au lieu-dit Le Puy de Breix, sur la commune de Saint-Just-le-Martel. Elle traverse Panazol et Feytiat, puis passe à Limoges, où elle se jette dans la Vienne8.

Géologie, topographie et sismicité

Topographie de Limoges

Le territoire géographique de Limoges est situé sur la branche sud de la chaîne hercynienne, orogéne de 8 000 km de long et 1000 de large née de la formation de la Pangée par collision du Gondwana et du Laurussia-Baltica, dont émane le Massif central. Sous l'ère paléozoïque (éon phanérozoïque), de la fin du silurien au début du permien, l'évolution géologique liée à l'orogenèse hercynienne a donné au sous-sol de Limoges une structure en nappes de charriage empilées associée à plusieurs générations de granitoïdes. Il en résulte un socle support de roches métamorphiques granitiques du précambrien fait de gneiss et de granite d'anatexite et constituant une unité ophiolitique formée de péridotites serpentinisées associées à des métagabbros9.

L'agglomération, qui s'étend sur une superficie de 79,9 km2 10, est construite, à l'instar de Rome ou Paris, sur sept collinesN 3. Son altitude est, en moyenne, de 306 mètres et varie de 230 mètres sur les rives de la Vienne à plus de 430 mètres, au lieu-dit Magenta, au nord-ouest de la commune11.

La sismicité est faible, et Limoges n'a été l'épicentre d'aucun tremblement de terre depuis 1661. Le dernier séisme ressenti dans la commune, d'une intensité de IV, a eu lieu le 21 avril 198312.

Climat

La ville bénéficie du climat tempéré océanique de façade ouest, à légère tendance montagnarde, peut-être renforcé par les effets du réchauffement climatique. Si la pluviométrie est inférieure à ce qu'elle fut jusque dans les années 198013, les précipitations pluvieuses, sous l’influence de la montagne proche, restent assez importantes, entre 900 et 1 100 mm par an, mais plus espacées que par le passé. Les hivers, dont les épisodes neigeux se limitent à quelques journées de fortes précipitations, généralement fin janvier, peuvent être doux. L’été laisse place à un automne clément, et, assez régulièrement, à un été indien, rendu flamboyant par la diversité des essences forestières présentes sur le territoire communal.

Relevé météorologique de Limoges-Bellegarde (1976-2005)
mois jan. fév. mar. avr. mai jui. jui. aoû. sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 1,4 1,9 3,8 5,3 9,2 12,4 14,3 14,4 11,6 8,9 4,2 2,4 7,5
Température moyenne (°C) 4,0 5,1 7,7 9,4 13,5 16,8 18,9 19,1 16,0 12,5 7,3 5,1 11,3
Température maximale moyenne (°C) 6,6 8,2 11,5 13,4 17,7 21,1 23,5 23,7 20,3 16,0 10,3 7,7 15,0
Record de froid (°C)
(année du record)
-19,2
(1985)
-21,7
(1956)
-11,3
(1964)
-5,6
(1970)
-3,9
(1957)
1,2
(1969)
3,8
(1954)
2,2
(1966)
-1,2
(1962)
-5,4
(1955)
-10,2
(1956)
-13,6
(1967)
Record de chaleur (°C)
(année du record)
17,0
(1999)
22,0
(1998)
24,7
(2005)
27,8
(2005)
29,8
(2005)
34,7
(2003)
35,7
(1983)
37,2
(2003)
32,6
(1987)
27,3
(1985)
22,9
(1981)
18,3
(1983)
Source : Climat de Limoges - Haute-Vienne sur le site linternaute.com
Données climatiques générales de Limoges :
Temps Limoges14 Moyenne nationale
Ensoleillement 1 925 h/an15,16 1 973 h/an
Pluie 1 023 mm/an16 770 mm/an
Neige 18 jours/an 14 jours/an
Orage 23 jours/an 22 jours/an
Brouillard 85 jours/an 40 jours/an

Voies de communication et transports

Voies aériennes

L’aéroport international de Limoges présente la particularité d'être situé sur le territoire communal même, à quinze minutes de voiture du centre-ville et des zones d'activités économiques. Géré par la chambre de commerce et d'industrie de Limoges, il est utilisé par quatre compagnies : Air France, Ryanair, FlyBe et Brit Air17. Le trafic, dopé par le low cost, est en augmentation régulière et si 391 189 personnes ont transité par Limoges-Bellegarde en 2007, le trafic devrait dépasser les 400 000 passagers en 2009 grâce à l'ouverture de lignes nouvelles18.

Limoges-Bellegarde propose des vols réguliers directs vers trois destinations françaises (Lyon-Saint Exupéry, Nice-Côte d'Azur et Paris-Orly) et quatre destinations anglaises : Londres, Southampton, Nottingham et Liverpool19. Toutes les autres destinations sont accessibles par correspondance de Londres, Lyon ou Paris.

À ces vols réguliers s'ajoutent des dessertes estivales sur Bastia et Ajaccio ainsi qu'un programme saisonnier de vols charters vers des destinations touristiques d’Europe, d’Afrique du Nord et des DOM-TOM20.

Voies ferroviaires

Limoges : gare des Bénédictins

Limoges dispose de deux gares SNCF pour le trafic des passagers, la gare des Bénédictins et la gare des Charentes, dite Limoges-Montjovis depuis 2000.

Malgré la présence de deux gares de voyageurs, Limoges souffre de l'organisation en étoile à partir des gares parisiennes du réseau ferré françaisN 4. Ainsi, s'il faut environ 3h pour rejoindre Paris, 3h30 sont nécessaires pour rallier Toulouse, 2h30 pour Bordeaux, près de 4h pour Clermont-Ferrand, et environ 5h pour Lyon.

La gare des Bénédictins, placée sur l’axe Paris-Toulouse, est la plus fréquentée. Elle perd cependant du trafic depuis la réduction des dessertes Paris-Toulouse via Limoges, au profit de Bordeaux.

Sur le plan des liaisons est-ouest, la desserte par la Ligne Lyon - Bordeaux reste modeste, avec un aller/retour journalier unique. Le projet Transline visant à créer une liaison ferroviaire Voyageur/Fret entre le sillon rhodanien et la façade atlantique pourrait redonner une certaine vigueur à cette ligne.

Un projet de ligne à grande vitesse entre Poitiers et Limoges, qui s’est concrétisé en 2007 avec le lancement de la liaison TGV Lille-Brive, bien que se faisant en vitesse classique entre Paris et le Limousin, entretient l'idée d'une ligne à grande vitesse à l'horizon 2016. La ville de Limoges a programmé 100 000 € dans le cadre du Plan pluriannuel d'investissement 200921 pour les réflexions sur l'intégration du TGV en zone urbaine, et 125 000 € de participation aux études globales sur la future ligne.

La gare des Charentes22, Limoges-Monjovis, dessert, depuis le 26 avril 187523, la ligne Angoulême-Limoges. Son trafic est faible, et depuis la jonction entre Limoges-Monjovis et Limoges-Bénédictins réalisée en 1895, les voyageurs préfèrent réaliser l'itinéraire au départ de la seconde.

Voies routières

Desserte routière de Limoges
L'autoroute A20 franchissant la Vienne. Au fond, le viaduc ferroviaire du Puy-Imbert

Limoges est située sur l’autoroute A20, « l'Occitane », dont le tracé sur la commune est long de 13,5 km, et qui relie Vierzon à Montauban. Elle permet d’inclure Limoges dans un grand axe autoroutier européen qui va des Pays-Bas à l’Espagne, via Paris et Toulouse.

La ville est aussi à un carrefour d’où partent plusieurs routes nationales : la N147 relie Limoges à Poitiers, Tours, Châtellerault, Saumur et Angers ; la N21 relie Limoges à Périgueux et Agen ; la N141 la relie à Angoulême, Saintes à l’ouest, et Aubusson, Clermont-Ferrand à l’est.

Limoges est située entre deux carrefours importants : au Nord, la jonction entre la RN 145 (Route Centre-Europe-Atlantique : Suisse - Montluçon - Guéret, Poitiers et grand Ouest) et l’A20 (carrefour de La Croisière, près de La Souterraine) ; au Sud, entre l’A89 (Lyon - Bordeaux) et l’A20 à la hauteur de Brive-la-Gaillarde.

À l'intérieur de Limoges, plusieurs « voies pénétrantes » prolongent les routes rayonnant de Limoges jusqu'au cœur de la ville : rue François-Perrin pour la route de Périgueux, rue Armand-Dutreix pour la route d'Angoulême, avenue du Général-Leclerc et rue François-Chénieux pour la route de Paris, etc. Un boulevard périphérique, commencé dès les années 1970, vient d'être achevé par la liaison dite de liaison sud, entre le Clos-Moreau et l'autoroute A20 par le nouveau pont sur la Vienne.

En centre ville, les automobilistes disposent de plusieurs parkings souterrains payants (place de la République, place Franklin-Roosevelt, le Maupas, place d'Aine, place de la Motte, la Bibliothèque) auxquels s'ajoute le vaste parking en plein air, également payant, de la place Winston-Churchill.

Transports en commun

Articles détaillés : Transports à Limoges et STCL.
Les lignes du réseau

Si le tramway a été supprimé à Limoges en 1951, la ville est, avec Lyon, Nancy et Saint-Étienne l'une des quatre villes de France, et la plus petite d'entre elles, à posséder un réseau de trolley.

Les lignes de transport en commun régulières, (dont cinq de trolleybus) sont exploitées par la Société de transports en commun de Limoges Métropole (STCL). Numérotées de 1 à 41 (plus deux lignes de nuit et cinq les dimanches et jours fériés), elles desservent, outre Limoges, Condat-sur-Vienne, Feytiat, Isle, Le Palais-sur-Vienne, Panazol, Boisseuil, Rilhac-Rancon et Saint-Just-le-Martel24.

Le projet Métrolim est régulièrement sorti des cartons à l'occasion des élections locales.

Le développement et l'utilisation des transports en commun à Limoges restent inférieurs à ceux constatés dans des agglomérations de même tailleN 5.

La gratuité des transports est offerte, sur l'ensemble du réseau de la STCL, aux enfants jusqu'à 4 ans, ainsi qu'aux accompagnateurs de personnes invalides25.

Pistes cyclables

Quelques itinéraires cyclables ont été tracés dans toute la commune, mais la topographie difficile de la ville et certains tracésN 6 limitent leur utilisation.

Un système de location de vélos comparable au Vélib' fut un temps évoqué26 pour 2008 dans le cadre de l'agenda 21 de la ville, mais la topographie et l'aspect des rues semblent avoir conduit à l'abandon de ce projet.

Urbanisme

Morphologie urbaine

Plan de la commune de Limoges
Plan du centre-ville

Le territoire communal a la forme d'un vaste Y et peut être divisée en quatre parties.

La première partie, qui correspond à la branche inférieure du Y, s'étend sur la rive gauche de la Vienne. Elle est constituée de trois lignes de crête (hauteurs de Panazol, hauteurs de Saint-Lazare, hauteurs de Condat à Feytiat), séparées par deux cours d'eau presque parallèles: l'Auzette et la Valoine. Ce secteur, dont les limites se fondent dans les développements urbains de Panazol et Condat-sur-Vienne, comprend de nombreuses zones résidentielles qui entourent les zones industrielles de Magré et Romanet.

La partie centrale s'étend sur la ligne de crête qui sépare la Vienne et l'Aurence. C'est sur son versant Sud-Est que s'est implantée Augustoritum, puis les deux agglomérations à l'origine de la ville actuelle : la Cité et le Château. Le développement industriel des XIXe et XXe siècles a entraîné une urbanisation rapide et parfois anarchique de ce secteur, caractérisé par la présence du centre historique, entouré d'un ensemble résidentiel, souvent de type pavillonnaire, mais accueillant également quelques cités ouvrières et, de façon disséminée, des entreprises. La zone à urbaniser en priorité de l'Aurence, avec ses tours et ses barres édifiées dans les années 1960, borne, le long de l'Aurence, ce secteur dont le bois de la Bastide forme la limite. L'agglomération se prolonge vers Isle mais n'est pas en connexion urbaine avec Le Palais-sur-Vienne.

La branche occidentale supérieure du Y s'étend, de part et d'autre de l'aéroport de Limoges-Bellegarde, de l'Aurence aux Coussades. Ce secteur, appelé Landouge du nom de son village principal, traversé dans sa longueur par la route de Limoges à Angoulême, a conservé sa personnalité rurale. Il s'urbanise cependant et les lotissements marquent de plus en plus ses paysages vallonnés.

La branche orientale supérieure s'étend, de part et d'autre de l'autoroute A20, des bois de la Bastide aux limites de Bonnac-la-Côte. La vallée supérieure de l’Aurence sépare deux vastes plateaux: au nord, l'ancienne commune de Beaune-les-Mines, rattachée en 1963, rurale mais s'urbanisant rapidement ; au sud, une zone hétérogène comprenant, d'ouest en est, la zone industrielle Nord entourée de quelques lotissements (Le Mas-Gigou, Le Mauzelet, etc.), la zone d'aménagement concerté de Beaubreuil, ses zones pavillonnaires, la technopole ESTER et ses entreprises de pointe27.

Quartiers

Article connexe : Quartiers de Limoges.
Maisons à colombages, en bord de Vienne
Place de la République, issue de la rénovation urbaine des années 1960
Les cités du Vigenal
Les quartiers de Limoges, par classe

Construite à partir et autour de deux quartiers qui furent, à l'origine, deux agglomérations voisines et rivales, le Château, qui relevait des vicomtes, et la Cité qui relevait de l'évêque, la ville s'est étalée, dépassant aux XIXe et XXe siècles les remparts médiévaux, dont le tracé est repris par les boulevards périphériques actuels. À l'intérieur de ces boulevards, et autour de ces deux quartiers historiques, se sont développés des quartiers sociologiquement assez hétérogènes, dotés de nombreux équipements et services typiques d’un centre ville : restaurants, médecins, commerces de proximité (Puy-las-Rodas, Montjovis, Montmailler, Carnot-Marceau, Louyat, Grand-Treuil, Naugeat). Les quartiers se sont également développés à l'extérieur des boulevards (Val de l’Aurence, ZUP de Corgnac, Beaublanc) et sont parfois en connexions avec d'anciens écarts et lieux-dits, également situés sur le territoire communal, tels Landouge ou Beaubreuil, ainsi qu'avec une ancienne commune, Beaune-les-Mines, aujourd'hui rattachée à Limoges.

Le quartier du Château, qui constitue avec ses halles et ses rues commerçantes le cœur du centre-ville, est également celui de l'Opéra-théâtre, de la préfecture et du conseil général. Il est doté d'une architecture très diversifiée : les immeubles édifiés dans les années 1960, dans le cadre d'une politique visant à débarrasser Limoges de son image de cité sale aux rues étroites28, côtoient des hôtels particuliers des XVIIIe et XIXe siècles, des constructions Art déco (pavillon du Verdurier), et des maisons médiévales à colombages (rue de la Boucherie). Il est entouré des principaux carrefours de la ville : la place Denis Dussoubs, le carrefour Tourny, la place Léon Betoulle, la place des Carmes et l'ancien champ de foire (place Winston Churchill).

Le quartier de La Cité, bâti sur une hauteur dominant la Vienne est celui de la cathédrale. À partir de son parvis rayonnent d'étroites rues ayant préservé leurs maisons à colombages (rue des Allois et rue Porte-Panet). Il abrite le musée de l'Évêché et ses vastes jardins qui s'étendent sur la partie sud de la Cité. Le seul élément architectural récent d'importance notable, situé en limite de ce quartier qui a conservé son caractère médiéval, est le bâtiment abritant le siège et le services du Conseil régional.

Au nord de ce centre-ville bicéphale se trouve une zone hétéroclite, délimitée par les boulevards extérieurs. Elle comprend des quartiers ouvriers, composés majoritairement de petites maisons individuelles aux façades caractéristiques des années 1930, dites pavillons Loucheur29 (Montplaisir, Les Ruchoux, Le Grand Treuil et La Brégère). Elle inclue également, dans sa partie sud-ouest, le quartier des Émailleurs30. Doté de maisons bourgeoises, d'hôtel particuliers et d'un square, ce quartier résidentiel est bordé, à l'est, par le quartier de la Mairie, qui regroupe de multiples bâtiments administratifs dont, outre la mairie, la faculté de Droit, la BFM, et une Cité administrative.

Au-delà des boulevards extérieurs, ainsi que sur la rive gauche, s'étalent lotissements pavillonnaires récents, barres et tours séparés par de vastes espaces verts (Val de l'Aurence, la Bastide). Ces quartiers extérieurs abritent la majeure partie de la population 31 ainsi que plusieurs grands bâtiments (CHRU de Limoges, hôpital du Cluzeau). Le quartier de Beaubreuil, véritable ville en dehors de la ville, rassemble pavillons et HLM autour de structures administratives, culturelles et sportives (centre culturel Jean-Moulin, bibliothèque de Beaubreuil, palais des sports de Beaublanc et de centres commerciaux.

L'Institut national de la statistique et des études économiques découpe Limoges en 51 quartiers32, d'environ 2 000 habitants chacun, identifiés sous le terme générique d'Îlots regroupés pour l'information statistique, qui ne correspondent pas toujours avec la notion de quartiers « vécus ». Ces quartiers à destination statistique sont classés en 5 classes. La première, qui totalise 36 170 habitants, comprend 15 quartiers, essentiellement des quartiers de centre-ville : C.H.U., Carnot, Hôtel de ville, La Borie, La Cathédrale, La Visitation, Le Champ de Foire, Le Mas-Loubier, Le Roussillon, Les Charentes, Les Émailleurs, Les Galeries, Les Halles, Sainte-Claire et Valadon. La deuxième classe regroupe une population hétérogène et relativement âgée de 29 630 habitants en 12 quartiers proches du centre qu'ils entourent : Beaublanc, Étoile de Fontaury, Fustel de Coulanges, Le Colombier, Le Grand Treuil, Le Gros Tilleul, Le Mas Bouyol, Les Ponts, Louyat, Montplaisir, Ruchaud-Curie et Thuillat. La troisième classe regroupe les quartiers résidentiels de Limoges. Elle ne comprend que 16 960 habitants, répartis dans huit quartiers : Beaune-les-Mines, Bellegarde, Gérard Phillipe, Landouge, Le Château d’Eau, Les Homérides, Magre et la Zone Industrielle Nord. Peuplée par plus de 30 300 habitants, la quatrième classe, comme la seconde, regroupe 12 quartiers proches du centre : Jules Ferry, La Brégère, La gare, Le Puy Las Rodas, Les Portes Ferrées, Le Sablard, Les Coutures, Le Puy Imbert, Monjovis, Renoir, Révolution et la Z.U.P. de Corgnac. La cinquième et dernière classe, comprend les 3 quartiers classés en ZUS que sont Beaubreuil, La Bastide, et Le Val de l’Aurence, ainsi que le quartier du Vigenal.

Un projet de quartier écologique (composé de 121 logements HQE, et qui devait être réalisé33 dans l’ouest de la ville), a été abandonné en raison de la crise qui frappe le secteur immobilier depuis 200834.

Logement

Tour Gauguin n° 2-6-8, quartier de La Bastide

Pour une population qui s’élève, au 1er janvier 2007, à 138 882 habitants, Limoges dispose de 71 278 logements affectés à l'usage de résidence principale. Le nombre moyen de pièces par logement est de 3,3, et, par personne, de 1,8.

27 459 logements (soit 38,5 % du parc) sont la résidence principale de propriétaires. Les logements mis en location, au nombre de 42 021, représentent 59% du parc des résidences principales. Les 1 789 logements restant (soit 2,5%) sont occupés à titre gratuit.

En 2004, sur un parc de 70 047 logements, 17 841 unités (soit 25,5 %) sont recensés comme construits antérieurement à 194935. L'un des premiers immeubles du logement social construit à Limoges est réalisé en 1910, rue Monthyon, par la société coopérative l'Étoile. Il offrait déjà à ses occupants l'eau courante et les WC dans chaque appartement. Les immeubles Puy Lannaud et Les Marronniers sont réalisés au même moment36. La municipalité de Limoges est, historiquement, l'une des premières de France à s'engager dans le mouvement du logement social avec la constitution, dès 1920, d'un office municipal d'Habitations Bon Marché, prenant ainsi le relais des initiatives coopératives du XIXe siècle. La première réalisation de l'office HLM de Limoges fut la cité ouvrière de Beaublanc. Bâtie en 1924 par Roger Gonthier dans l'esprit des cités jardins sur le modèle de réalisations britanniques, elle se compose de 202 logements allant du deux au quatre pièces, dans des petits bâtiments en pierre de deux niveaux, avec jardin individuel pour chaque famille et des équipements collectifs (lavoirs, douches). La cité Albert-Thomas, réalisée peu après, reprend la conception en cité-jardin. Elle comprend vingt-huit immeubles de deux étages, équipés de l'eau courante, de sanitaires privatifs, de l'électricité et du gaz28. La cité des Coutures, bâtie à l'usage des cheminots à proximité de la gare des Bénédictins et, comme cette dernière, par l'architecte Gonthier, date de la même époque. Comme la cité Victor-Thuillat, elle repose sur un concept différent : celui d'un groupe d'immeubles entourant une cour fermée. Les cités HLM plus récentes (Rodolphe-Maon ou La Bastide) adoptent le profil en barres d'immeubles ou en tour. Avec 15 649 logements, le logement social représente 22 % des habitations principales et loge 33 780 limougeauds37.

Projets d'aménagement

Si les grands projets structurants d'aménagement de l'agglomération, tel le projet en cours d'étude de création d'un centre aquatique38 ou la réalisation de la voie de liaison Sud de Limoges / Zénith, relèvent de la Communauté d'agglomération Limoges Métropole, la municipalité travaille sur de multiples dossiers visant à améliorer la cité.

Ainsi, la ville a entrepris une vaste opération de réaménagement du quartier de la Cité, avec la rénovation des abords de la cathédrale : la place Saint-Étienne, autrefois simple parking, est réhabilitée selon une esthétique très minérale - et contestée39 (grande esplanade pavée sans végétation au milieu de laquelle est édifiée une fontaine aux formes géométriques, faite de plaques de granite à grains noirs et blancs). La transformation du musée de l'Évêché et le déplacement du musée de la Résistance et de la Déportation s'inscrivent également dans le périmètre de cette opération de réhabilitation urbaine.

La mise aux normes autoroutières prévue de l'échangeur dit de Grossereix sur l'A20, qui doit restructurer l'échangeur en supprimant entre autres l'accès à l'autoroute des usagers de la D914 reliant Limoges à Ambazac, est à la fin des années 2000, un projet à fort impact qui suscite des tensions locales persistantesN 7.

Enfin, la mise en valeur du baptistère paléochrétien40,41, la reconstitution d'une domus d'Augustoritum, et le réaménagement de la crypte de Saint Martial sont des projets en phase d'étude42.

Toponymie

Limoges est la transcription en français de Lemovicas, toponyme qui provient lui-même de Civitas Lemovicum (la cité des Lémovices). Ce nom, préféré dès le IVe siècle43 à la dénomination gallo-romaine d'Augustoritum (le « gué d'Auguste »), en usage à la fin du Ier siècle av. J.-C., est directement issu de celui de la tribu gauloise des Lémovices, vivant sur le territoire limousin durant l’Antiquité. Il deviendra Lemòtges (forme classique) ou Limòtges (forme locale usuelle) en occitan et Limoges en français.

Limoges, Lemovicas et Lemovicum seraient construits sur la base de lemo (« orme »), et vices (« qui vainquent »). Ce mot pourrait se traduire par ceux qui vainquent avec l'orme, et ferait référence à l'essence forestière que les guerriers gaulois occupant le site auraient utilisé pour confectionner leurs armes. Une autre explication du nom de cette tribu gauloise, dont le nom signifierait "peuple des marais", est parfois évoquée44.

En occitan la ville se nomme Lemòtges ou Limòtges.

La toponymie limougeaude reste marquée par la langue d'oc. Certains noms de quartiers ou de rues, non-francisés, sont toujours d'expression limousine. C'est le cas de la rue du Rajat (participe passé du verbe rajar, jaillir), du quartier de Puy Las Rodas, de place de la Bareyrette (las bareretas délimitaient les enclos de parquage des bêtes). Certains noms ont fait l'objet, lors de leur francisation, d'une adaptation purement phonétique, dont le résultat est étonnant. Ainsi, la rue Cruche d’or vient de cruchador (prononcer krytsaˈdur), mot désignant un type ancien de balance !

Histoire

Héraldique

La devise de Limoges est Dieu protège la ville et Saint-Martial son peuple ( Dieus gart la vila e Sent Marsals la gent, en Limousin).


Blason de Limoges
  • De gueules, au chef de Saint Martial de carnation, orné à l’antique d’or, ombré de sable, entre deux lettres gothiques d’or S et M ; au chef d’azur, chargé de trois fleurs de lis d’or45.

Dès le Moyen Âge la municipalité de Limoges adopte pour emblème l'effigie de saint Martial, qui a évangélisé le Limousin au IIIe siècle et fondé, à Limoges, une abbaye dont le rayonnement fut immense. Le chef de France fut attribué en 1421 par le dauphin, futur roi Charles VII, en hommage à la résistance des habitants, bourgeois et consuls de la ville contre les Anglais, pour accroître leur cœur à servir la couronne de France46.


Blason de la vicomté de Limoges
  • D’hermine à la bordure de gueules

Dévasté par les Normands au IXe siècle, le Limousin fut incorporé de bonne heure à l'Aquitaine. Aliénor d'Aquitaine l'apporta en dot en 1152 à son second mari, Henri Plantagenêt, comte d'Anjou (bordure rouge) et futur roi d'Angleterre. La vicomté de Limoges, maîtresse de la plus grande partie du Haut Limousin, resta cependant le plus souvent indépendante. Marie de Comborn, héritière des derniers vicomtes, épousa en 1275 l'héritier des ducs de Bretagne, le futur Arthur II. L'hermine de Bretagne brisée d'une bordure forma les armes de la vicomté47.


Logo de Limoges

Le logo de la ville de Limoges représente une flamme, qui évoque les arts du feu et les techniques liées (porcelaine et émaux, céramique industrielle). Le bleu et le rouge rappellent les couleurs dominantes du blason traditionnel de la ville. La forme ronde du logo rappelle initialement l'histoire de la ville, au travers de la forme des deux entités circulaires originelles : la Cité et le Château. On a pu par la suite trouver d'autres symbolisations, comme la forme de l'assiette de porcelaine, la technopole ESTER ou encore le ballon de basket du Limoges CSP48.

Historique

Article détaillé : Histoire de Limoges.

Antiquité

Limoges : cathédrale Saint-Étienne.
Le site d'Augustoritum : un vaste coteau ensoleillé, dominant la Vienne.

Tirant son nom de la tribu des Lémovices, dont la capitale initiale est probablement située au lieu-dit Villejoubert (commune de Saint-Denis-des-Murs), ou au bourg de Saint-Gence49, Limoges est fondée par les Romains vers l'an 10 avant notre ère, sous Auguste, dans le cadre de la réorganisation des cités et provinces gauloises de l'Empire romain.

Article détaillé : Augustoritum.

Nouvelle capitale des Lémovices, Augustoritum (le gué d’Auguste) est créée de toutes pièces, peut-être sur la place d’un petit site gaulois, au premier endroit où il est possible de passer à gué la Vienne. La cité est au carrefour de la « via Agrippa » reliant Lugdunum (Lyon) à Mediolanum Santonum (Saintes) et de la « via Avaricum Tolosa » reliant Toulouse à Bourges50.

Augustoritum, qui dispose d’arènes plus vastes que celles d’Arles ou de Nîmes, et de thermes parmi les plus somptueux de la Gaule, est construite suivant un réseau de rues parallèles orientées sud-est / nord-ouest, venant croiser en angle droit un autre réseau de rues parallèles orientées nord-est / sud-ouest. Ce quadrillage presque parfait suit le schéma d'urbanisme habituellement en usage chez les Romains.

Vers 250, saint Martial, venu de Rome avec deux compagnons, Alpinien et Austriclinien51, évangélise la cité. Il en devient le premier évêque. Selon la légende, il convertit sainte Valérie, fille de Léocadius52, proconsul romain, gouverneur de l’Aquitaine, au catholicisme. Saint Aurélien (qui sera, au moyen-âge, le saint patron de la puissante corporation des bouchers de Limoges), lui succède à la tête de l'Evêché naissant.

Du IIIe siècle à la fin du IVe siècle, Augustoritum est progressivement abandonnée suite aux troubles et à l'insécurité provoqués par les invasions germaniques. La population se concentre sur un lieu facilement fortifiable, le Puy Saint-Étienne (sur lequel, au moyen-âge, sera édifiée la cathédrale de Limoges).

En 2010, peu de vestiges gallo-romains sont encore visibles à Limoges. L'amphithéâtre (fin du Ier siècle) est enfoui sous le jardin d’Orsay. Le théâtre est situé en bord de Vienne, sous le quai Saint-Martial et la place Sainte-Félicité. Les thermes (IIe siècle), enfouis sous la place des Jacobins ont été détruits dans leur quasi-intégralité lors du creusement d'un parc de stationnement. Les « nouveaux thermes » (Bas-Empire) sous situés sous les jardins de l'évêché. Le forum » (100 mètres de large pour plus de 300 de long, placé au centre de la cité) est localisé sous l’actuelle place de l’Hôtel de Ville.

Bien qu’aucun sanctuaire ou temple gallo-romain n'ait été identifié à Limoges (malgré la tradition qui rapporte l’existence d’un temple consacré à Vénus, Diane, Minerve et Jupiter à la place de l’actuelle cathédrale), l’importance des vestiges antiques semble démontrer qu’Augustorium est une cité gallo-romaine conséquente, dont l’étude et la mise en valeur globales restent à faire53.

La ville double

Symbole de la Via Lemovicensis du chemin de Compostelle sur le pavement de Limoges
Carte de la vicomté de Limoges

Au début du VIe siècle, Augustoritum devient Limoges et un second pôle urbain (le futur castellum Sanctis-Martialis) émerge autour d'une nécropole située à proximité, au nord-ouest, qui conserve le tombeau de Martial, le premier évêque. Les Francs s’emparent de la ville. Ils la réinvestissent de façon brutale, au début du VIIIe siècle, une fois l'invasion musulmane stoppée à Poitiers par Charles Martel. La nomination de l'orfèvre Eligius (futur saint Éloi), notable local, comme proche collaborateur du roi mérovingien Dagobert, adoucit la domination franque54.

Bien que pillée en 862 par les Vikings du chef Hasting55, Limoges se développe toujours en « ville double », partagée entre « La Cité » qui relève du pouvoir de l'évêque, et « Le Château » qui relève des moines gardiens du tombeau de saint Martial, puis des vicomtes.

Invoqué à l’occasion du mal des ardents lors des ostensions de l’an 99456, Martial obtient l'apostolicité57 par l'action du prédicateur Adémar de Chabannes, lors des conciles de Limoges de 1029 et 103158. Placé au rang des apôtres, saint Martial draine un courant de pèlerinages fructueux pour l’abbaye et la ville (dénoncée dès le XVIIe siècle, cette apostolicité est définitivement abandonnée au début du XXe siècle59).

Limoges accueille un troisième Lemovicensia concilia, le concile de Noël 1095, au cours duquel Urbain II, après son appel de Clermont, prêche la première croisade60 en vue de la libération de la Terre sainte.

La notoriété de Limoges est portée par les troubadours limousins, la qualité de sa production d'émaux et le rayonnement intellectuel, littéraire et artistique de l’abbaye Saint-Martial.

À partir du XIIe siècle, Limoges étant l’une des principales villes de la dot d’Aliénor d'Aquitaine, la majeure partie de son histoire médiévale se calque sur celle des guerres entre Capétiens et Plantagenêt. Richard Cœur de Lion, couronné duc d'Aquitaine à l'âge de 12 ans, lors de deux cérémonies tenues successivement à Poitiers, puis à Limoges 61 en 117262, meurt en avril 1199 à Châlus, place-forte défendant l’accès sud-ouest de Limoges, lors d’une expédition punitive contre son vicomte Adémar V.

Au XIVe siècle, les affrontements entre rois de France et rois d’Angleterre, détenteurs du duché d’Aquitaine dont relève Limoges, culminent à l’occasion de la guerre de Cent Ans. Entre deux évènements guerriers, Limoges doit faire face aux pillages des routiers et brabançons désœuvrés. Constituant toujours une « ville double », partagée entre « La Cité » et « Le Château », les bourgeois (par leurs Consuls), évêques et vicomtes de Limoges jouent des alliances et protections, chacun selon les opportunités du moment. Ainsi, en 1370, la Cité ouvre ses portes aux troupes du roi de France, alors que le Château reste fidèle au roi anglais. Cet événement sera d’ailleurs l’occasion, pour le Prince Noir, de mettre à sac la Cité.

Limoges tourne, avec la fin du moyen-âge, l’une des plus riches pages de son histoire et intègre définitivement le royaume de France sous Henri IV, lors du rattachement de sa vicomté à la couronne de France.

La ville sainte

Plan de la ville double par Cornuau en 1765 : en haut, la Cité, en bas le Château (la ville).

Au XVIe siècle, la Réforme qui gagne le pays affecte peu Limoges. L’activité missionnaire est faible, et les conversions à l’Eglise réformée, estimées à 10% seulement de la population. De même, les troubles de guerres de Religion sont limités. Grâce à l’action des Consuls, la Saint Barthélemy n’a aucune répercussion à Limoges. La ville ressent cependant quelques contrecoups des batailles incessantes que se livrent les nobles catholiques et protestants dans la reste de la province et qui, épuisant récoltes et paysans donnent lieu, par exemple dans le sud du département (Châlus, Oradour, Saint-Yrieix, Nexon, Saint-Léonard de Noblat), à l’émergence de la révolte des croquantsFermer

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