Limoges est une commune française du Centre-Ouest de la
France, préfecture du département de la Haute-Vienne et de la région du
Limousin. Ses habitants sont appelés les LimougeaudsN 1.
Au 1er janvier 2010, Limoges était la 25e ville de
France avec 141 287 habitants, au
cœur d’une agglomération de 193 342 habitants. Avec près de 260 000 habitants,
elle constitue la 36e aire
urbaine de France. Limoges constitue
le troisième centre urbain du grand sud-ouest, après Bordeaux et
Toulouse.
Limoges est ville d’art et d’histoire depuis
le 24 janvier 2008.
En référence à son passé et aux événements historiques l'ayant
marqué, comme
la création de la Confédération
générale du travail en 1895, les grèves ouvrières de
1905 ou la tradition de vote de gauche, la ville est parfois surnommée la
ville rouge. Elle est également appelée la « capitale des arts du
feu » en
raison de l’implantation historique dans la ville de l’industrie de
porcelaine,
de renommée internationale, ainsi que de l’artisanat de l’émail et des
vitraux.
Capitale du centre-ouest de la France, sa qualité de vie et sa faible
criminalité ont été reconnues par divers études et classementsN 2.
Géographie
Localisation
Posée sur les contreforts ouest du Massif
central, par 01°15'31 de longitude est et 45°49'55 de
latitude nord, Limoges est située à 141,6 km à l'ouest de
Clermont-Ferrand1 et
à
183,3 kilomètres à l'est de l’océan Atlantique (Marennes) 2.
Localisée à 346,3 km au sud de Paris3, elle est située à 180,5 km au nord-est de Bordeaux4 et
à 248,4 km au nord de Toulouse5.
Située en Limousin, dans le
département de la Haute-Vienne, Limoges a une frontière commune avec
treize autres communes : Couzeix, Chaptelat, Bonnac-la-Cote,
Rilhac-Rancon, Le Palais-sur-Vienne, Panazol, Feytiat, le
Vigen, Solignac, Condat, Isle, Verneuil et Saint-Gence. Son territoire,
qui
s'étale sur plus de 7 000 hectares, est
l'un des plus vastes du département.
|
Saint-Gence,
Couzeix |
Bonnac-la-Côte Chaptelat |
Rilhac-Rancon |
|
| Verneuil-sur-Vienne |
N |
Le Palais-sur-Vienne Panazol |
| O Limoges E |
| S |
Condat-sur-Vienne Isle |
Solignac Le Vigen |
Feytiat |
Hydrographie
Située dans le bassin
versant de la Loire, dans la circonscription hydrographique n° 4, Loire-Bretagne,
Limoges relève de la région hydrographique Loire.
Son cours d'eau principal est la Vienne, dont elle marque la limite
entre
le bassin supérieur et
le cours moyen.
Construite, pour l'essentiel, sur sa rive droite, Limoges est la plus
grande
ville traversée par cette rivière.
Une seconde rivière est présente sur le territoire communal :
l'Aurence. Affluent de la Vienne, l'Aurence, à l'origine du nom
d'un quartier extérieur, le Val de l'Aurence, et d'une ZUP éponyme,
prend sa
source au nord de la commune dans les monts d'Ambazac6.
Le troisième cours d'eau qui arrose Limoges est un ruisseau :
L'Auzette7.
L'Auzette prend sa source au lieu-dit
Le Puy de Breix, sur la commune de Saint-Just-le-Martel. Elle
traverse
Panazol et Feytiat, puis passe à Limoges, où elle se jette dans la
Vienne8.
Géologie, topographie et
sismicité
Le territoire géographique de Limoges est situé sur la branche sud de
la chaîne
hercynienne, orogéne de 8 000 km de
long et 1000 de large née de la formation de la Pangée par collision du
Gondwana et du Laurussia-Baltica, dont émane le Massif central. Sous
l'ère paléozoïque (éon phanérozoïque), de la fin du silurien au début du
permien, l'évolution géologique liée à l'orogenèse hercynienne a donné
au sous-sol de Limoges une
structure en nappes de charriage empilées associée à plusieurs
générations de granitoïdes. Il en résulte un socle
support de roches métamorphiques granitiques du précambrien fait de
gneiss et de granite d'anatexite et constituant une unité
ophiolitique formée de péridotites serpentinisées associées à des
métagabbros9.
L'agglomération, qui s'étend sur une superficie de 79,9 km2 10,
est
construite, à l'instar de Rome ou Paris, sur sept collinesN 3. Son altitude est, en moyenne, de 306 mètres et varie de 230 mètres sur les rives de la Vienne à plus
de 430 mètres,
au lieu-dit
Magenta, au nord-ouest de la commune11.
La sismicité est faible, et Limoges n'a été l'épicentre d'aucun
tremblement de terre depuis
1661. Le dernier séisme ressenti
dans la commune, d'une intensité de IV, a eu lieu le 21 avril 198312.
Climat
La ville bénéficie du climat tempéré océanique de
façade ouest, à légère tendance montagnarde, peut-être renforcé par
les effets du réchauffement climatique. Si la
pluviométrie est inférieure à ce qu'elle fut jusque dans les années 198013, les
précipitations pluvieuses, sous l’influence de la montagne proche,
restent assez
importantes, entre 900 et 1 100 mm par
an, mais plus espacées que par le passé. Les hivers, dont les épisodes
neigeux
se limitent à quelques journées de fortes précipitations, généralement
fin
janvier, peuvent être doux. L’été laisse place à un automne clément, et,
assez
régulièrement, à un été
indien, rendu flamboyant par la diversité des essences forestières
présentes sur le
territoire communal.
Relevé météorologique de Limoges-Bellegarde (1976-2005)
| mois | jan. | fév. | mar. | avr. | mai | jui. | jui. | aoû. | sep. | oct. | nov. | déc. | année |
| Température
minimale moyenne (°C) |
1,4 |
1,9 |
3,8 |
5,3 |
9,2 |
12,4 |
14,3 |
14,4 |
11,6 |
8,9 |
4,2 |
2,4 |
7,5 |
| Température
moyenne (°C) |
4,0 |
5,1 |
7,7 |
9,4 |
13,5 |
16,8 |
18,9 |
19,1 |
16,0 |
12,5 |
7,3 |
5,1 |
11,3 |
| Température
maximale moyenne (°C) |
6,6 |
8,2 |
11,5 |
13,4 |
17,7 |
21,1 |
23,5 |
23,7 |
20,3 |
16,0 |
10,3 |
7,7 |
15,0 |
Record
de froid (°C) (année du
record) |
-19,2 (1985) |
-21,7 (1956) |
-11,3 (1964) |
-5,6 (1970) |
-3,9 (1957) |
1,2 (1969) |
3,8 (1954) |
2,2 (1966) |
-1,2 (1962) |
-5,4 (1955) |
-10,2 (1956) |
-13,6 (1967) |
Record
de chaleur (°C) (année
du record) |
17,0 (1999) |
22,0 (1998) |
24,7 (2005) |
27,8 (2005) |
29,8 (2005) |
34,7 (2003) |
35,7 (1983) |
37,2 (2003) |
32,6 (1987) |
27,3 (1985) |
22,9 (1981) |
18,3 (1983) |
Source :
Climat de Limoges - Haute-Vienne sur le site
linternaute.com
Données climatiques générales de Limoges :
| Temps | Limoges14 | Moyenne nationale |
| Ensoleillement |
1 925 h/an15,16 |
1 973 h/an |
| Pluie |
1 023 mm/an16 |
770 mm/an |
| Neige |
18 jours/an |
14 jours/an |
| Orage |
23 jours/an |
22 jours/an |
| Brouillard |
85 jours/an |
40 jours/an |
Voies
de
communication et transports
Voies aériennes
L’aéroport international de
Limoges présente la particularité d'être situé sur le territoire
communal
même, à quinze minutes de voiture du centre-ville et des zones
d'activités
économiques. Géré par la chambre de commerce et
d'industrie de Limoges, il est utilisé par quatre compagnies : Air
France, Ryanair, FlyBe et Brit
Air17. Le
trafic, dopé par le low cost, est
en augmentation régulière et si 391 189 personnes ont transité
par
Limoges-Bellegarde en 2007, le trafic devrait dépasser les 400 000 passagers en 2009 grâce à l'ouverture
de lignes nouvelles18.
Limoges-Bellegarde propose des vols réguliers directs vers trois
destinations
françaises (Lyon-Saint Exupéry, Nice-Côte d'Azur et Paris-Orly) et
quatre destinations
anglaises : Londres, Southampton, Nottingham et Liverpool19. Toutes les autres destinations sont
accessibles par correspondance de Londres, Lyon ou Paris.
À ces vols réguliers s'ajoutent des dessertes estivales sur Bastia et
Ajaccio ainsi qu'un programme
saisonnier de vols charters vers des destinations touristiques d’Europe,
d’Afrique du Nord et des DOM-TOM20.
Voies ferroviaires
Limoges : gare des Bénédictins
Limoges dispose de deux gares SNCF pour le trafic des passagers, la
gare des Bénédictins et
la gare des Charentes, dite
Limoges-Montjovis depuis 2000.
Malgré la présence de deux gares de voyageurs, Limoges souffre de
l'organisation en étoile à partir des gares parisiennes du réseau ferré
françaisN 4.
Ainsi, s'il faut environ 3h pour rejoindre Paris, 3h30 sont nécessaires
pour
rallier Toulouse, 2h30 pour Bordeaux, près de 4h pour Clermont-Ferrand,
et environ 5h pour
Lyon.
La gare des Bénédictins, placée sur l’axe Paris-Toulouse, est la plus
fréquentée.
Elle perd cependant du trafic depuis la réduction des dessertes
Paris-Toulouse
via Limoges, au profit de Bordeaux.
Sur le plan des liaisons est-ouest, la desserte par la Ligne Lyon -
Bordeaux reste modeste, avec un aller/retour journalier unique. Le
projet Transline visant à créer une liaison
ferroviaire Voyageur/Fret entre le sillon rhodanien et la façade
atlantique
pourrait redonner une certaine vigueur à cette ligne.
Un projet de ligne à grande vitesse
entre Poitiers et Limoges, qui s’est concrétisé en 2007 avec le
lancement de
la liaison TGV Lille-Brive, bien que se
faisant en vitesse classique entre Paris et le Limousin, entretient
l'idée d'une ligne à grande
vitesse à l'horizon 2016. La ville de Limoges a programmé 100 000 € dans le cadre du Plan pluriannuel
d'investissement 200921 pour les réflexions sur l'intégration du
TGV en zone urbaine, et 125 000 € de
participation aux études globales sur la future ligne.
La gare des Charentes22, Limoges-Monjovis,
dessert, depuis
le 26 avril 187523,
la ligne Angoulême-Limoges. Son trafic
est faible, et depuis la jonction entre Limoges-Monjovis et
Limoges-Bénédictins réalisée en 1895, les voyageurs préfèrent
réaliser
l'itinéraire au départ de la seconde.
Voies routières
Desserte routière de Limoges
L'autoroute A20 franchissant la Vienne. Au fond,
le viaduc ferroviaire du Puy-Imbert
Limoges est située sur l’autoroute A20, « l'Occitane »,
dont le tracé sur la commune est long de 13,5 km, et qui relie
Vierzon à Montauban. Elle permet d’inclure Limoges dans un
grand axe autoroutier européen qui
va des Pays-Bas à l’Espagne, via Paris et
Toulouse.
La ville est aussi à un carrefour d’où partent plusieurs routes
nationales :
la N147 relie Limoges à Poitiers, Tours, Châtellerault, Saumur et
Angers ; la N21 relie Limoges à Périgueux et Agen ; la N141 la relie à
Angoulême, Saintes à l’ouest, et Aubusson, Clermont-Ferrand à l’est.
Limoges est située entre deux carrefours importants : au Nord, la
jonction
entre la RN
145 (Route Centre-Europe-Atlantique : Suisse - Montluçon - Guéret,
Poitiers et grand Ouest) et l’A20 (carrefour de La Croisière,
près de La
Souterraine) ; au Sud, entre l’A89 (Lyon - Bordeaux) et l’A20 à la
hauteur de Brive-la-Gaillarde.
À l'intérieur de Limoges, plusieurs « voies pénétrantes » prolongent
les
routes rayonnant de Limoges jusqu'au cœur de la ville : rue
François-Perrin pour
la route de Périgueux, rue
Armand-Dutreix pour la route d'Angoulême, avenue du Général-Leclerc et
rue
François-Chénieux pour la route de Paris,
etc. Un boulevard périphérique, commencé dès les années 1970, vient
d'être achevé par la
liaison dite de liaison sud, entre le Clos-Moreau et l'autoroute
A20 par le nouveau pont
sur la Vienne.
En centre ville, les automobilistes disposent de plusieurs parkings
souterrains payants (place de la République,
place Franklin-Roosevelt, le Maupas, place d'Aine, place de la Motte, la
Bibliothèque) auxquels s'ajoute le vaste parking en plein air, également
payant,
de la place Winston-Churchill.
Transports en
commun
Articles détaillés : Transports à Limoges et STCL.
Si le tramway a été supprimé à Limoges en
1951, la ville est, avec Lyon, Nancy et Saint-Étienne l'une des quatre
villes de
France, et la plus petite d'entre elles, à posséder un réseau de
trolley.
Les lignes de transport en commun régulières, (dont cinq de
trolleybus) sont
exploitées par la Société
de transports en commun de Limoges Métropole (STCL). Numérotées de 1 à
41
(plus deux lignes de nuit et cinq les dimanches et jours fériés), elles
desservent, outre Limoges, Condat-sur-Vienne, Feytiat, Isle, Le
Palais-sur-Vienne, Panazol, Boisseuil, Rilhac-Rancon et
Saint-Just-le-Martel24.
Le projet Métrolim est
régulièrement sorti des cartons à l'occasion des élections locales.
Le développement et l'utilisation des transports en commun à Limoges
restent
inférieurs à ceux constatés dans des agglomérations de même tailleN 5.
La gratuité des transports est offerte, sur l'ensemble du réseau de
la STCL,
aux enfants jusqu'à 4 ans, ainsi qu'aux accompagnateurs de personnes
invalides25.
Pistes cyclables
Quelques itinéraires cyclables ont été tracés dans toute la commune,
mais la
topographie difficile de la ville et certains tracésN 6 limitent leur utilisation.
Un système de location de vélos comparable au Vélib' fut un temps
évoqué26 pour 2008 dans le cadre de l'agenda
21 de la ville, mais la topographie et
l'aspect des rues semblent avoir conduit à l'abandon de ce projet.
Urbanisme
Morphologie
urbaine
Plan de la commune de Limoges
Le territoire communal a la forme d'un vaste Y et peut être divisée
en quatre
parties.
La première partie, qui correspond à la branche inférieure du Y,
s'étend sur
la rive gauche de la Vienne. Elle est constituée de trois lignes de
crête
(hauteurs de Panazol, hauteurs de
Saint-Lazare, hauteurs de Condat à Feytiat), séparées par deux cours
d'eau presque
parallèles: l'Auzette et la Valoine. Ce secteur, dont les limites se
fondent dans les développements urbains de Panazol et Condat-sur-Vienne,
comprend de nombreuses
zones résidentielles qui entourent les zones industrielles de Magré et
Romanet.
La partie centrale s'étend sur la ligne de crête qui sépare la Vienne
et l'Aurence. C'est sur son versant Sud-Est
que s'est implantée Augustoritum, puis les deux agglomérations à
l'origine de la ville actuelle : la Cité et le Château. Le développement
industriel des XIXe et XXe siècles a
entraîné une
urbanisation rapide et parfois anarchique de ce secteur, caractérisé par
la
présence du centre historique, entouré d'un ensemble résidentiel,
souvent de
type pavillonnaire, mais accueillant également quelques cités ouvrières
et, de
façon disséminée, des entreprises. La zone à urbaniser en
priorité de l'Aurence, avec ses tours et ses barres édifiées dans les
années 1960, borne, le
long de l'Aurence, ce secteur dont le bois de la Bastide forme la
limite.
L'agglomération se prolonge vers Isle mais n'est pas en connexion
urbaine
avec Le
Palais-sur-Vienne.
La branche occidentale supérieure du Y s'étend, de part et d'autre de
l'aéroport de
Limoges-Bellegarde, de l'Aurence aux Coussades. Ce secteur,
appelé Landouge du nom de son village
principal, traversé dans sa longueur par la route de Limoges à
Angoulême, a conservé sa
personnalité rurale. Il s'urbanise cependant et les lotissements
marquent de
plus en plus ses paysages vallonnés.
La branche orientale supérieure s'étend, de part et d'autre de
l'autoroute A20, des bois de la
Bastide aux limites de Bonnac-la-Côte. La vallée supérieure de
l’Aurence sépare deux vastes plateaux:
au nord, l'ancienne commune de Beaune-les-Mines, rattachée en 1963,
rurale
mais s'urbanisant rapidement ; au sud, une zone hétérogène comprenant,
d'ouest
en est, la zone industrielle Nord entourée de quelques lotissements (Le
Mas-Gigou, Le Mauzelet, etc.), la zone d'aménagement
concerté de Beaubreuil, ses
zones pavillonnaires, la technopole ESTER et ses entreprises de
pointe27.
Quartiers
Article connexe : Quartiers de Limoges.
Maisons à colombages, en bord de Vienne
Place de la République, issue de la rénovation urbaine des
années 1960
Les quartiers de Limoges, par classe
Construite à partir et autour de deux quartiers qui furent, à
l'origine, deux
agglomérations voisines et rivales, le Château, qui relevait des
vicomtes, et la Cité qui relevait de l'évêque, la ville s'est
étalée, dépassant aux XIXe et XXe siècles les remparts
médiévaux, dont le tracé est repris par les boulevards périphériques
actuels. À
l'intérieur de ces boulevards, et autour de ces deux quartiers
historiques, se
sont développés des quartiers sociologiquement assez hétérogènes, dotés
de
nombreux équipements et services typiques d’un centre ville :
restaurants,
médecins, commerces de proximité (Puy-las-Rodas, Montjovis, Montmailler,
Carnot-Marceau, Louyat,
Grand-Treuil, Naugeat). Les quartiers se sont également développés à
l'extérieur
des boulevards (Val de l’Aurence, ZUP de Corgnac, Beaublanc) et sont
parfois en
connexions avec d'anciens écarts et lieux-dits, également situés
sur le
territoire communal, tels Landouge ou Beaubreuil, ainsi qu'avec une
ancienne commune, Beaune-les-Mines, aujourd'hui rattachée à
Limoges.
Le quartier du Château, qui
constitue avec ses halles et ses rues commerçantes le
cœur du
centre-ville, est également celui de l'Opéra-théâtre, de la préfecture
et du conseil général.
Il est doté d'une architecture très diversifiée : les immeubles édifiés
dans les
années 1960, dans le cadre d'une politique visant à débarrasser Limoges
de son
image de cité sale aux rues étroites28, côtoient des hôtels particuliers des
XVIIIe et XIXe siècles, des
constructions Art déco (pavillon du
Verdurier), et des maisons médiévales à colombages (rue de la
Boucherie). Il est entouré des principaux carrefours de la ville : la
place Denis Dussoubs, le
carrefour Tourny, la place Léon Betoulle, la place des Carmes et
l'ancien champ
de foire (place Winston Churchill).
Le quartier
de La Cité, bâti sur une hauteur dominant la Vienne est celui de la
cathédrale. À
partir de son parvis rayonnent d'étroites rues ayant préservé leurs
maisons à
colombages (rue des Allois et rue Porte-Panet). Il abrite le musée de
l'Évêché et ses vastes jardins qui s'étendent sur la partie sud de la
Cité.
Le seul élément architectural récent d'importance notable, situé en
limite de ce
quartier qui a conservé son caractère médiéval, est le bâtiment abritant
le
siège et le services du Conseil régional.
Au nord de ce centre-ville bicéphale se trouve une zone hétéroclite,
délimitée par les boulevards extérieurs. Elle comprend des quartiers
ouvriers,
composés majoritairement de petites maisons individuelles aux façades
caractéristiques des années 1930, dites pavillons Loucheur29 (Montplaisir, Les Ruchoux, Le Grand
Treuil et La Brégère). Elle inclue
également, dans sa partie sud-ouest, le quartier des Émailleurs30. Doté
de maisons bourgeoises, d'hôtel particuliers et d'un square, ce
quartier résidentiel est bordé, à l'est, par le quartier de la Mairie,
qui
regroupe de multiples bâtiments administratifs dont, outre la mairie, la
faculté
de Droit, la BFM,
et une Cité
administrative.
Au-delà des boulevards extérieurs, ainsi que sur la rive gauche,
s'étalent
lotissements pavillonnaires récents, barres et tours séparés par de
vastes
espaces verts (Val de l'Aurence, la Bastide). Ces quartiers extérieurs
abritent la majeure partie de la population 31 ainsi
que plusieurs grands bâtiments (CHRU de
Limoges, hôpital du Cluzeau). Le
quartier de Beaubreuil,
véritable ville en dehors de la ville, rassemble pavillons et HLM autour
de
structures administratives, culturelles et sportives (centre culturel
Jean-Moulin, bibliothèque de Beaubreuil, palais des sports de Beaublanc
et de centres commerciaux.
L'Institut national de la statistique et des études économiques
découpe
Limoges en 51 quartiers32,
d'environ 2 000 habitants chacun,
identifiés sous le terme générique d'Îlots
regroupés pour l'information statistique, qui ne correspondent pas
toujours avec la notion de quartiers « vécus ». Ces quartiers à
destination
statistique sont classés en 5 classes. La première, qui totalise
36 170
habitants, comprend 15 quartiers, essentiellement des quartiers de
centre-ville : C.H.U., Carnot, Hôtel de ville, La Borie, La
Cathédrale,
La Visitation, Le Champ de Foire, Le Mas-Loubier, Le Roussillon, Les
Charentes,
Les Émailleurs, Les Galeries, Les Halles, Sainte-Claire et Valadon. La
deuxième
classe regroupe une population hétérogène et relativement âgée de 29 630
habitants en 12 quartiers proches du centre qu'ils entourent :
Beaublanc, Étoile
de Fontaury, Fustel de Coulanges, Le Colombier, Le Grand Treuil, Le Gros
Tilleul, Le Mas Bouyol, Les Ponts, Louyat, Montplaisir, Ruchaud-Curie et
Thuillat. La troisième classe regroupe les quartiers résidentiels de
Limoges. Elle ne comprend que 16 960 habitants, répartis dans huit
quartiers :
Beaune-les-Mines,
Bellegarde, Gérard Phillipe, Landouge, Le Château d’Eau, Les Homérides,
Magre et la
Zone Industrielle Nord. Peuplée par plus de 30 300 habitants, la
quatrième
classe, comme la seconde, regroupe 12 quartiers proches du centre :
Jules
Ferry, La Brégère, La gare, Le Puy Las Rodas,
Les Portes Ferrées, Le
Sablard, Les Coutures, Le Puy Imbert, Monjovis, Renoir, Révolution et la
Z.U.P. de Corgnac. La cinquième et dernière classe, comprend les 3 quartiers
classés en ZUS que sont Beaubreuil, La Bastide, et Le Val de
l’Aurence, ainsi
que le quartier du Vigenal.
Un projet de quartier écologique (composé de 121 logements HQE, et qui devait être
réalisé33 dans
l’ouest de la ville), a été abandonné en raison de la crise qui frappe
le
secteur immobilier depuis 200834.
Logement
Tour Gauguin n° 2-6-8, quartier de La
Bastide
Pour une population qui s’élève, au 1er janvier
2007, à 138 882 habitants, Limoges dispose de 71 278 logements affectés à
l'usage de résidence
principale. Le nombre moyen de pièces par logement est de 3,3, et, par
personne, de 1,8.
27 459 logements (soit 38,5 % du parc) sont la résidence principale
de propriétaires. Les logements mis en location,
au nombre de 42 021, représentent 59% du parc des résidences
principales. Les
1 789 logements restant (soit 2,5%) sont occupés à titre gratuit.
En 2004, sur un parc de 70 047 logements, 17 841 unités (soit 25,5 %)
sont
recensés comme construits antérieurement à 194935. L'un des premiers immeubles du
logement
social construit à Limoges est réalisé en 1910, rue Monthyon, par la
société
coopérative l'Étoile. Il offrait déjà à ses occupants l'eau
courante et
les WC dans chaque appartement. Les immeubles Puy Lannaud et Les
Marronniers sont réalisés au même moment36. La municipalité de Limoges est,
historiquement, l'une des premières de France à s'engager dans le
mouvement du
logement social avec
la constitution, dès 1920, d'un office
municipal d'Habitations Bon Marché, prenant ainsi le relais des
initiatives coopératives du
XIXe siècle. La première réalisation de l'office
HLM de Limoges fut la
cité ouvrière de Beaublanc. Bâtie en 1924 par Roger
Gonthier dans l'esprit des cités jardins sur le modèle de réalisations
britanniques, elle se compose de 202 logements allant du deux au quatre
pièces,
dans des petits bâtiments en pierre de deux niveaux, avec jardin
individuel pour
chaque famille et des équipements collectifs (lavoirs, douches). La cité
Albert-Thomas, réalisée peu après, reprend la conception en cité-jardin.
Elle
comprend vingt-huit immeubles de deux étages, équipés de l'eau courante,
de
sanitaires privatifs, de l'électricité et du gaz28. La
cité des Coutures, bâtie à l'usage des cheminots à proximité de la gare
des Bénédictins et,
comme cette dernière, par l'architecte Gonthier, date de la même époque.
Comme
la cité Victor-Thuillat, elle repose sur un concept différent : celui
d'un
groupe d'immeubles entourant une cour fermée. Les cités HLM plus
récentes
(Rodolphe-Maon ou La Bastide) adoptent le profil en barres d'immeubles
ou en
tour. Avec 15 649 logements, le logement social représente 22 % des
habitations
principales et loge 33 780 limougeauds37.
Projets
d'aménagement
Si les grands projets structurants d'aménagement de l'agglomération,
tel le
projet en cours d'étude de création d'un centre aquatique38 ou la réalisation de la voie de
liaison
Sud de Limoges / Zénith, relèvent de la Communauté
d'agglomération Limoges Métropole, la municipalité travaille sur de
multiples dossiers visant à améliorer la cité.
Ainsi, la ville a entrepris une vaste opération de réaménagement du
quartier
de la Cité, avec la rénovation des abords de la cathédrale : la place
Saint-Étienne, autrefois
simple parking, est réhabilitée selon une esthétique très minérale - et
contestée39 (grande
esplanade pavée sans végétation au milieu de laquelle est édifiée une
fontaine
aux formes géométriques, faite de plaques de granite à grains noirs et
blancs).
La transformation du musée de
l'Évêché et le déplacement du musée de la Résistance et de
la Déportation s'inscrivent également dans le périmètre de cette
opération de réhabilitation
urbaine.
La mise aux normes autoroutières prévue de l'échangeur dit de
Grossereix sur
l'A20, qui doit restructurer
l'échangeur en supprimant entre autres l'accès à l'autoroute des usagers
de la
D914 reliant Limoges à Ambazac, est à
la fin des années 2000, un projet à fort impact qui suscite des tensions
locales
persistantesN 7.
Enfin, la mise en valeur du baptistère paléochrétien40,41, la reconstitution d'une domus
d'Augustoritum, et le réaménagement de la crypte de Saint Martial sont
des
projets en phase d'étude42.
Toponymie
Limoges est la transcription en français de Lemovicas,
toponyme
qui provient lui-même de Civitas Lemovicum (la cité des
Lémovices). Ce nom, préféré dès le IVe siècle43 à la dénomination gallo-romaine
d'Augustoritum (le « gué
d'Auguste »), en usage à la fin du Ier siècle av.
J.-C., est directement issu de celui de la tribu gauloise des Lémovices,
vivant sur le
territoire limousin durant l’Antiquité. Il deviendra Lemòtges (forme
classique) ou Limòtges (forme locale usuelle) en occitan et
Limoges en français.
Limoges, Lemovicas et Lemovicum seraient
construits sur
la base de lemo (« orme »), et vices (« qui vainquent »).
Ce mot
pourrait se traduire par ceux qui vainquent avec l'orme, et
ferait
référence à l'essence forestière que les guerriers gaulois occupant le
site
auraient utilisé pour confectionner leurs armes. Une autre explication
du nom de
cette tribu gauloise, dont le nom signifierait "peuple des marais", est
parfois
évoquée44.
En occitan la ville se nomme Lemòtges ou Limòtges.
La toponymie limougeaude reste marquée par la langue d'oc. Certains
noms de
quartiers ou de rues, non-francisés, sont toujours d'expression
limousine.
C'est le cas de la rue du Rajat (participe passé du verbe rajar,
jaillir), du quartier de Puy Las Rodas, de place de la Bareyrette (las bareretas délimitaient les enclos de parquage des bêtes).
Certains
noms ont fait l'objet, lors de leur francisation, d'une adaptation
purement
phonétique, dont le résultat est étonnant. Ainsi, la rue Cruche d’or vient de cruchador (prononcer krytsaˈdur), mot désignant un type
ancien
de balance !
Histoire
Héraldique
La devise de Limoges est Dieu protège la ville et Saint-Martial
son
peuple ( Dieus gart la vila e Sent Marsals la gent, en Limousin).
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Blason
de Limoges
- De gueules, au chef de Saint Martial de carnation, orné à l’antique
d’or,
ombré de sable, entre deux lettres gothiques d’or S et M ;
au chef
d’azur, chargé de trois fleurs de lis d’or45.
Dès le Moyen Âge la
municipalité de Limoges adopte pour emblème l'effigie de saint Martial,
qui a
évangélisé le Limousin au IIIe siècle et
fondé, à Limoges, une abbaye dont le
rayonnement fut immense. Le chef de France fut attribué en 1421 par le
dauphin,
futur roi Charles VII, en hommage à la résistance des
habitants, bourgeois et consuls de la ville contre les Anglais, pour
accroître
leur cœur à servir la couronne de France46.
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Blason de la vicomté de Limoges
- D’hermine à la bordure de gueules
Dévasté par les Normands au IXe siècle, le
Limousin fut incorporé de bonne heure à l'Aquitaine. Aliénor
d'Aquitaine l'apporta en dot en 1152 à son second mari, Henri
Plantagenêt, comte d'Anjou (bordure
rouge) et futur roi d'Angleterre. La vicomté de Limoges,
maîtresse de la plus grande partie du Haut Limousin, resta cependant le
plus
souvent indépendante. Marie de Comborn, héritière des derniers vicomtes,
épousa en 1275 l'héritier des ducs de Bretagne, le futur Arthur II. L'hermine de Bretagne brisée d'une bordure forma
les
armes de la vicomté47.
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Logo de
Limoges
Le logo de la ville de Limoges représente une flamme, qui évoque les
arts du feu et les techniques
liées (porcelaine et émaux, céramique industrielle). Le bleu et le rouge
rappellent les couleurs dominantes du blason traditionnel de la ville.
La forme
ronde du logo rappelle initialement l'histoire de la ville, au travers
de la
forme des deux entités circulaires originelles : la Cité et le Château.
On a pu par la suite trouver
d'autres symbolisations, comme la forme de l'assiette de porcelaine, la
technopole ESTER ou
encore le ballon de basket du Limoges CSP48.
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Historique
Article détaillé : Histoire de Limoges.
Antiquité
Limoges : cathédrale
Saint-Étienne.
Le site d'Augustoritum : un vaste coteau ensoleillé,
dominant
la Vienne.
Tirant son nom de la tribu des Lémovices, dont la capitale initiale
est
probablement située au lieu-dit Villejoubert (commune de
Saint-Denis-des-Murs), ou au bourg de Saint-Gence49, Limoges est fondée par les Romains
vers l'an 10 avant
notre ère, sous Auguste, dans le cadre
de la réorganisation des cités et provinces gauloises de l'Empire
romain.
Article détaillé : Augustoritum.
Nouvelle capitale des Lémovices, Augustoritum (le gué d’Auguste)
est créée
de toutes pièces, peut-être sur la place d’un petit site gaulois, au
premier
endroit où il est possible de passer à gué la Vienne. La cité est au
carrefour
de la « via Agrippa » reliant Lugdunum (Lyon) à Mediolanum Santonum
(Saintes) et de la « via Avaricum Tolosa » reliant Toulouse à Bourges50.
Augustoritum, qui dispose
d’arènes plus vastes que celles d’Arles ou de Nîmes, et de thermes parmi
les plus
somptueux de la Gaule, est construite suivant un réseau de rues
parallèles orientées sud-est / nord-ouest, venant croiser en angle droit
un
autre réseau de rues parallèles orientées nord-est / sud-ouest. Ce
quadrillage
presque parfait suit le schéma d'urbanisme habituellement en usage chez
les
Romains.
Vers 250, saint
Martial, venu de Rome avec deux compagnons, Alpinien et Austriclinien51,
évangélise la cité. Il en devient le premier évêque. Selon la
légende, il convertit sainte Valérie, fille de Léocadius52, proconsul romain, gouverneur de
l’Aquitaine, au catholicisme. Saint Aurélien (qui sera, au
moyen-âge, le saint patron de la puissante corporation des bouchers de
Limoges),
lui succède à la tête de l'Evêché naissant.
Du IIIe siècle à la fin du IVe siècle,
Augustoritum est progressivement abandonnée suite
aux troubles et à l'insécurité provoqués par les invasions germaniques.
La
population se concentre sur un lieu facilement fortifiable, le Puy
Saint-Étienne
(sur lequel, au moyen-âge, sera édifiée la cathédrale de
Limoges).
En 2010, peu de vestiges gallo-romains sont encore visibles à
Limoges. L'amphithéâtre (fin du Ier siècle) est
enfoui sous le jardin d’Orsay. Le théâtre est situé en bord de Vienne,
sous le
quai Saint-Martial et la place Sainte-Félicité. Les thermes (IIe siècle), enfouis sous la place des Jacobins ont
été
détruits dans leur quasi-intégralité lors du creusement d'un parc de
stationnement. Les « nouveaux thermes » (Bas-Empire) sous situés sous
les jardins de
l'évêché. Le forum »
(100 mètres de large pour plus de 300
de long, placé au centre de la cité) est localisé sous l’actuelle place
de
l’Hôtel de Ville.
Bien qu’aucun sanctuaire ou temple gallo-romain n'ait été identifié à
Limoges
(malgré la tradition qui rapporte l’existence d’un temple consacré à
Vénus, Diane, Minerve et Jupiter à la
place de l’actuelle cathédrale), l’importance des vestiges antiques
semble
démontrer qu’Augustorium est une cité gallo-romaine conséquente, dont
l’étude et
la mise en valeur globales restent à faire53.
La ville double
Symbole de la Via Lemovicensis du chemin de Compostelle sur
le pavement de Limoges
Carte de la vicomté de Limoges
Au début du VIe siècle, Augustoritum
devient Limoges et un second pôle
urbain (le futur castellum Sanctis-Martialis) émerge autour d'une
nécropole située à proximité, au
nord-ouest, qui conserve le tombeau de Martial, le premier évêque. Les
Francs s’emparent de la ville. Ils la réinvestissent de façon brutale,
au début
du VIIIe siècle, une fois l'invasion musulmane stoppée à
Poitiers
par Charles Martel. La nomination de l'orfèvre Eligius (futur saint
Éloi), notable local, comme
proche collaborateur du roi mérovingien Dagobert, adoucit la domination
franque54.
Bien que pillée en 862 par les Vikings du chef Hasting55, Limoges se développe toujours en
« ville
double », partagée entre « La Cité » qui relève du pouvoir de l'évêque,
et « Le
Château » qui relève des moines gardiens du tombeau de saint Martial,
puis des vicomtes.
Invoqué à l’occasion du mal des ardents lors des ostensions de l’an
99456, Martial obtient
l'apostolicité57 par
l'action du prédicateur Adémar de Chabannes, lors des conciles
de Limoges de 1029 et 103158.
Placé au rang des apôtres, saint Martial draine un courant de
pèlerinages fructueux pour l’abbaye et la ville (dénoncée
dès le XVIIe siècle, cette apostolicité est définitivement
abandonnée au début du XXe siècle59).
Limoges accueille un troisième Lemovicensia concilia, le
concile de
Noël 1095, au cours duquel Urbain II, après son appel de Clermont,
prêche la première croisade60 en vue de la libération de la Terre sainte.
La notoriété de Limoges est portée par les troubadours limousins, la
qualité de sa production
d'émaux et le rayonnement intellectuel, littéraire et artistique de
l’abbaye Saint-Martial.
À partir du XIIe siècle, Limoges étant
l’une des principales villes de
la dot d’Aliénor d'Aquitaine, la majeure
partie de son histoire médiévale se calque sur celle des guerres entre
Capétiens et
Plantagenêt. Richard Cœur de Lion, couronné duc
d'Aquitaine à l'âge de 12 ans, lors de deux cérémonies tenues
successivement
à Poitiers, puis à Limoges 61 en 117262,
meurt en avril
1199 à Châlus, place-forte défendant l’accès sud-ouest de Limoges, lors
d’une expédition punitive contre son vicomte Adémar V.
Au XIVe siècle, les affrontements entre rois de France
et
rois d’Angleterre, détenteurs du duché d’Aquitaine dont relève Limoges,
culminent à l’occasion de la guerre de Cent Ans. Entre deux évènements
guerriers, Limoges doit faire face aux pillages des routiers et
brabançons désœuvrés. Constituant toujours une
« ville double », partagée entre « La Cité » et « Le Château », les
bourgeois
(par leurs Consuls), évêques et vicomtes de
Limoges jouent des alliances et protections, chacun selon les
opportunités du
moment. Ainsi, en 1370, la Cité ouvre ses portes aux troupes du roi de
France,
alors que le Château reste fidèle au roi anglais. Cet événement sera
d’ailleurs
l’occasion, pour le Prince Noir, de mettre à sac la Cité.
Limoges tourne, avec la fin du moyen-âge, l’une des plus riches
pages de son histoire et intègre définitivement le royaume de France
sous Henri
IV, lors du rattachement de sa vicomté à la couronne de France.
La ville sainte
Plan de la ville double par Cornuau en 1765 : en haut, la Cité,
en bas le Château (la ville).
Au XVIe siècle, la Réforme qui gagne le pays affecte
peu
Limoges. L’activité missionnaire est faible, et les conversions à
l’Eglise réformée, estimées à
10% seulement de la population. De même, les troubles de guerres de
Religion sont limités.
Grâce à l’action des Consuls, la Saint Barthélemy n’a
aucune répercussion à Limoges. La ville ressent cependant quelques
contrecoups
des batailles incessantes que se livrent les nobles catholiques et
protestants
dans la reste de la province et qui, épuisant récoltes et paysans
donnent lieu,
par exemple dans le sud du département (Châlus, Oradour, Saint-Yrieix,
Nexon, Saint-Léonard
de Noblat), à l’émergence de la révolte des croquantsFermer