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Lille

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 Lille X

Lille est une commune française du nord de la France. C'est la préfecture du département du Nord et le chef-lieu de la région Nord-Pas-de-Calais. Surnommée la « Capitale des Flandres », Lille est, avec ses 225 789 habitants au 1er janvier 2007, la principale ville, aux côtés de Roubaix, Tourcoing et Villeneuve-d'Ascq, au sein de Lille Métropole Communauté urbaine, intercommunalité qui regroupe 85 communes et compte 1,1 million d'habitants (recensement de 2006). Plus largement, elle appartient à une vaste conurbation formée avec les villes belges de Mouscron, Courtrai, Tournai et Menin qui a donné naissance en janvier 2008 au premier Groupement européen de coopération territoriale, l'Eurométropole Lille Kortrijk Tournai, et qui totalise près de deux millions d’habitants.

Son nom en ancien français (L’Isle), comme en flamand occidental (Ryssel, Rijsel en néerlandais ; de « ter Yssel ») proviendrait de sa localisation primitive sur une île des marécages de la vallée de la Deûle où elle a été fondée. Lille et ses environs appartiennent à la région historique de la Flandre romane, ancien territoire du comté de Flandre mais ne faisant pas partie de l'aire linguistique du flamand occidental. Depuis son apparition dans l'Histoire au XIe siècle elle a ainsi toujours été une ville de langue romane. Ville de garnison, Lille a connu une histoire mouvementée du Moyen Âge à la Révolution française. Connue pour avoir été la ville la plus assiégée de France, elle a appartenu successivement au comté de Flandre, au royaume de France, à l'État bourguignon, au Saint-Empire romain germanique et aux Pays-Bas espagnols avant d'être définitivement reprise par la France au terme de la guerre de Succession d'Espagne. Elle sera encore assiégée en 1792 lors de la guerre franco-autrichienne et très durement éprouvée par les deux conflits mondiaux du XXe siècle au cours desquels elle est occupée.

Cité marchande depuis ses origines, manufacturière depuis le XVIe siècle, la révolution industrielle en fera une grande capitale industrielle, principalement autour des industries textiles et mécaniques. Leur déclin, à partir des années 1960, ouvrira une longue période de crise et ce n'est qu'à partir des années 1990 que la reconversion vers le secteur tertiaire et la réhabilitation des quartiers sinistrés donneront un autre visage à la ville. La construction du nouveau quartier d'affaires Euralille à partir de 1988, l'arrivée du TGV en 1993 et de l'Eurostar en 1994, le développement d'un pôle universitaire qui accueille au début du XXIe siècle près de 100 000 étudiants, le classement Ville d’art et d’histoire en 2004 et les manifestations de Lille 2004, Capitale européenne de la culture, constituent les principaux symboles de ce renouveau.

 

Géographie

Situation

Lille est située dans le nord de la France, au centre du département du Nord (59) et à proximité de la Belgique, à une vingtaine de kilomètres de la région flamande au nord et de la région wallonne à l'est.

Elle s'est établie dans la vallée de la Deûle dont plusieurs bras, aujourd'hui pour la plupart couverts, parcourent la ville. Naviguée depuis l'époque gallo-romaine, la rivière, aménagée récemment en canal à grand gabarit, traverse la ville du sud-ouest au nord pour rejoindre la Lys.

Au déclin de l'empire romain d'Occident, des peuples Germains se sont installés dès le milieu du IVe siècle au nord de la route Boulogne-sur-Mer-Cologne : la frontière linguistique passait au sud de Lille comme le montre la toponymie en hem de Wazemmes, Esquermes, Hellemmes, etc.1 Pourtant, Lille et ses environs appartiennent à la région historique de la Flandre romane, c'est-à-dire aux anciens territoires du comté de Flandre ne faisant pas partie de l'aire linguistique du flamand occidental, contrairement à Dunkerque et Bailleul. Ainsi, à l'opposé d'une idée assez répandue, Lille n'a jamais été une ville de langue flamande, mais de dialectes romans : au XIe siècle, lors de la naissance de Lille, la frontière linguistique passait déjà à l'ouest de la ville2.

Lille est à la croisée de grands itinéraires européens, routiers, mais aussi ferroviaires ou maritimes, Est/Ouest entre l'Allemagne, le Luxembourg, la Belgique et le Royaume-Uni, Nord/Sud entre les Pays-Bas, la Belgique, la France et l'Espagne.

Par la route, Lille est distante de 80 km de Dunkerque, de 110 km de Calais, de 230 km de Paris, de 110 km de Bruxelles, de 90 km d'Ostende, de 125 km d'Anvers, de 300 km d'Amsterdam, de 305 km de Luxembourg, de 225 km de Londres (+ 55 km en shuttle), de 330 km de Cologne et de 345 km de Bonn.

À vol d'oiseau, Lille se situe à 93 km de Calais, 205 km de Paris, 408 km de Strasbourg, 796 km de Toulouse, 100 km de Bruxelles, 242 km du centre de Londres, 230 km d'Amsterdam et 405 km de Francfort.

Communes limitrophes

Les communes de la LMCU

Lille est située au centre de l'intercommunalité Lille Métropole Communauté Urbaine. Toutes les communes limitrophes en font partie. Il n'y a aucune rupture du tissu urbain entre Lille et ces communes, sauf à l'ouest entre Lomme et les communes de Ennetières-en-Weppes, Capinghem, Prémesques, Pérenchies et Lompret qui restent assez largement rurales.

Communes limitrophes de Lille
Lambersart
Lompret
Saint-André-lez-Lille
La Madeleine
Marcq-en-Barœul
Mons-en-Barœul
Pérenchies
Prémesques
Capinghem
Ennetières-en-Weppes

Villeneuve-d'Ascq
Englos
Sequedin
Loos-lez-Lille
Wattignies
Faches-Thumesnil
Lezennes
Ronchin

Relief et géologie

Topographie de la ville de Lille.

La ville de Lille est située à environ 20 mètres d'altitude3 dans un élargissement de la vallée de la Deûle. À cet endroit, les derniers affleurements crayeux (Sénonien et Turonien) de la région naturelle du Mélantois plongent à l’ouest sous les Weppes, et, au nord, sous le Barœul, deux régions de reliefs modérés développés dans le sable landénien et l’argile yprésienne. La couverture sédimentaire récente (pléistocène) est omniprésente, sous forme de lœss sur les versants ou d’alluvions en fond de vallées.

Hydrographie

La Deûle est une rivière au débit faible perdue dans une large vallée. Très fortement anthropisée dès le Moyen Âge, les multiples états de ses canalisations et aménagements, dans un contexte de relief très peu marqué, rendent difficile la perception de son tracé originel. Cette rivière fait partie du bassin hydrographique de l'Escaut.

La ville se serait développée initialement sur un point de rupture de charge de la Deûle, nécessitant le déchargement des bateaux jusqu’à une section plus navigable de la rivière. De fait, jusqu’au creusement du canal de l’Esplanade au XVIIIe siècle, les marchandises transportées par voie d’eau devaient transiter par voie de terre entre la « Haute » et la « Basse » Deûle4.

La ville ancienne était traversée par de nombreux canaux, pour certains issus du cours originel des petites rivières qui convergeaient vers la Deûle (les nombreux bras du Fourchon et de l’Arbonnoise, le Bucquet, la Riviérette, le Ruisseau de Fives, etc.), pour d'autres issus des fossés des enceintes successives ou creusés pour des besoins spécifiques. Soumis à un fort envasement et considérés comme des agents infectieux, la plupart ont été asséchés et comblés, transformés en égouts ou recouverts au cours du XIXe siècle. Le dernier canal important, le canal de la Basse-Deûle, où était établi l'un des deux ports historiques de la ville, a été comblé au début des années 1930 pour devenir l'avenue du Peuple-Belge5.

En 2009, trois bras de la Deûle subsistent en partie : le bras de Canteleu ou de la « Haute » Deûle, qui longe le quartier des Bois-Blancs ; le bras de la Barre et de la « Moyenne » Deûle, qui affleure Quai du Wault, entre la citadelle et le Vieux-Lille ; et le bras de la « Basse » Deûle qui émerge au bout de l'avenue du Peuple Belge.

Ressources en matériaux de construction

Le lœss a alimenté de nombreuses briqueteries qui ont fourni la ville, jusque dans la seconde partie du XXe siècle. La craie, appelée localement pierre de Lezennes a été largement exploitée pour la construction, en carrières souterraines (à la périphérie de Lille, principalement à Loos-lez-Lille et à Emmerin, au sud, et à Lezennes, au sud-est). Ces anciennes carrières sont matérialisées dans les champs par des ouvertures clôturées (les têtes de catiches), effondrement ou fontis mettant en relation les réseaux souterrains avec la surface. La craie en moellons, matériau bon marché, était traditionnellement utilisée en mélange avec la brique (créant les rouges-barres). Sinon elle était destinée à la fabrication de chaux.

Climat

On rencontre à Lille les principaux traits des climats tempérés océaniques : les amplitudes thermiques saisonnières sont faibles, les précipitations ne sont négligeables en aucune saison. Les hivers y sont doux et les étés frais.

Tableau comparatif des données climatiques de Lille6

Ville Ensoleillement
(h/an)
Pluie
(mm/an)
Neige
(j/an)
Orage
(j/an)
Brouillard
(j/an)
Moyenne nationale 1 973 770 14 22 40
Lille-Lesquin 1 617 687 19 19 69
Paris 1 630 642 15 19 13
Nice 2 668 767 1 31 1
Strasbourg 1 633 610 30 29 65
Brest 1 492 1 109 9 11 74

Le tableau ci-dessous indique les températures et les précipitations pour la période 1971-2000 ainsi que l'ensoleillement pour la période 1991-2000.

Relevé météorologique de Lille
mois jan. fév. mar. avr. mai jui. jui. aoû. sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 1,0 1,0 3,1 4,7 8,4 11,0 13,1 12,9 10,7 7,4 3,8 2,1 6,6
Température moyenne (°C) 3,4 3,8 6,6 8,9 12,9 15,5 17,9 18,0 15,0 11,1 6,6 4,4 10,4
Température maximale moyenne (°C) 5,7 6,7 10,1 13,1 17,5 20,0 22,7 23,1 19,4 14,7 9,3 6,6 14,1
Ensoleillement (h) 63,3 70,5 119,1 159,9 199,7 202,8 213,0 218,2 141,7 117,4 64,7 47,0 1 617,3
Précipitations (mm) 57,0 43,6 57,5 50,4 62,5 68,1 61,2 52,8 63,6 66,8 71,5 68,1 723,1
Source : Fiche climatologique de Lille-Lesquin par Météo France7

Le tableau ci-dessous indique les records de valeur quotidienne la plus basse et la plus élevée pour la période 1947-2009.

Relevé météorologique de Lille
mois jan. fév. mar. avr. mai jui. jui. aoû. sep. oct. nov. déc.
Record de froid (°C)
(année du record)
-19,5
(1982)
-17,8
(1956)
-8,8
(1970)
-4,7
(1968)
-2,3
(1967)
0,0
(1962)
3,4
(1964)
3,9
(1956)
1,2
(1979)
-4,4
(1950)
-7,8
(1998)
-17,3
(1964)
Record de chaleur (°C)
(année du record)
15,2
(2007)
18,9
(1960)
22,7
(1968)
29,5
(2009)
31,7
(2005)
34,8
(1947)
36,1
(1959)
36,6
(2003)
33,8
(1949)
27,5
(1985)
20,1
(1995)
15,9
(2000)
Record de pluie en 24 h (mm)
(année du record)
24,6
(1990)
21,8
(1996)
26,3
(1989)
28,7
(1953)
34,2
(1948)
48,6
(1951)
41,4
(1964)
49,0
(1975)
50,7
(1970)
33,6
(1964)
32,9
(1966)
34,8
(1999)
Source : Fiche climatologique de Lille-Lesquin par Météo France8

Urbanisme

Vue de la grand-place de Lille, la nuit.

Morphologie urbaine

Article détaillé : Développement urbain de Lille.

Le tissu urbain

Trois dimensions principales ont contribué, souvent conjointement, à façonner le tissu urbain de la ville actuelle : les extensions successives de la place forte, depuis les origines de la cité jusqu’au lendemain de la Première Guerre mondiale, lorsque les fortifications ont été déclassées ; les destructions survenues lors des principaux conflits qu’elle a connu au cours de son histoire ; les restructurations volontaires de l’espace urbain, à l’initiative des entrepreneurs lors de son industrialisation ou des pouvoirs publics dans le cadre de sa modernisation.

L'enceinte du Second Empire et les enceintes précédentes depuis le XIIIe siècle.

L’enceinte fortifiée de Lille a connu sept extensions successives qui ont fait passer l’espace intra-muros de dix à 1 000 hectares sur une période de 800 ans9. Les trois principales surviennent : au XIIIe siècle, lors de l’annexion des paroisses Saint-Maurice et Saint-Sauveur ; en 1670, lors de la construction de la citadelle et du renforcement du système de défense de la ville par Vauban, lequel s’est accompagné de l’annexion des faubourgs de Saint-André et de la Madeleine ; en 1858, à la suite de l’annexion de Wazemmes, Moulins, Esquermes, Fives et du faubourg Saint-Maurice, au terme de laquelle les trois premières communes se trouvent largement inscrites dans le nouveau périmètre fortifié. La première extension définit un périmètre d’urbanisation dense d’origine moyenâgeuse sous influence flamande ; la seconde une adjonction d’époque classique française et une infrastructure militaire particulièrement prégnante ; la troisième l’inscription d'une véritable ville nouvelle, déjà marquée par l’industrialisation naissante, et une emprise de plus en plus considérable des fortifications. Déclassées en 1919, ces fortifications et les terrains militaires qui les entouraient ont offert une réserve foncière à l’implantation d’infrastructures modernes depuis l’entre-deux guerres jusqu’aux années 1990 (nouvelle faculté de Droit, cité administrative, logements sociaux, voies rapides, espaces verts, cité hospitalière, Lille Grand Palais et Euralille, etc.)10 Cette césure entre la partie intra-muros de l'ancienne ville et les quartiers hors les murs reste par conséquent aujourd'hui encore très sensible.

Régulièrement endommagée par les nombreux sièges qu’elle a subis, Lille est toujours reconstruite. Les destructions les plus massives sont aussi les plus récentes. D’abord au cours de la Révolution et du siège de la ville de 1792. À la vente des biens nationaux, souvent voués à la démolition, s’ajoutent les dégâts du siège autrichien au cours duquel un grand nombre d’édifices publics ou religieux et 2 000 maisons sont endommagés tandis que 500 sont complètement détruites, en particulier dans le quartier populaire de Saint-Sauveur11. La Première Guerre mondiale, dont la ville sort exsangue après quatre années d’occupation, laisse à son tour des traces indélébiles. Les bombardements de 1914, l’explosion de 1916, les réquisitions et la destruction des infrastructures par l’occupant laissent une ville en ruine et les baraquements dans les zones sinistrées ne disparaîtront que lentement entre 1924 et 193012. La seconde guerre mondiale se révèle moins dramatique au plan des infrastructures industrielles, mais les dommages sont néanmoins considérables : 1 675 immeubles et édifices publics ont été totalement détruits, 1 709 gravement endommagés, 2 208 plus ou moins touchés13.

Les quartiers de Lille et les grands axes de la trame urbaine

Les premières opérations de restructuration à l’initiative de la puissance publique datent du XVIIe siècle espagnol lorsque le Magistrat fait percer et paver de nouvelles rues et impose un nombre défini de types de constructions. C’est l’époque de l’édification de la Vieille Bourse, de l’essentiel des bâtiments de l’Hospice Comtesse, des bâtiments d’inspiration hollandaise (comme le rang des Arbalétriers) et des maisons à arcures dont on trouve encore de nombreux exemples dans le vieux Lille. La seconde vague survient aussitôt après, avant la fin du siècle, lorsque Louis XIV ordonne la construction d’un nouveau quartier dans les faubourgs annexés qui font face à la citadelle, et se poursuit tout au long du XVIIIe siècle. C’est la naissance du quartier royal, avec ses hôtels particuliers, ses maisons de premier et second rang à un étage et, plus largement, l’édification dans le centre de rangs de maisons de même hauteur à façade identique (rang du Beauregard, rang Anselme Carpentier, rangs de la rue de la Monnaie, maisons de la place aux Oignons, etc.) Une nouvelle vague, déterminante, couvre la seconde moitié du XIXe siècle après l’annexion des communes limitrophes. À la limite sud et ouest de la ville ancienne, de nouvelles avenues larges et rectilignes prennent la place des fortifications démantelées (en particulier, l’actuel boulevard de la Liberté avec la Place de la République en son centre). La ville nouvelle est par ailleurs structurée par un quadrilatère formé par la rue Nationale, le boulevard Montebello et le boulevard Victor Hugo autour desquels se bâtissent des immeubles bourgeois. C’est l’époque de la construction de grands édifices publics (Préfecture, Palais des Beaux-Arts) et des quartiers universitaires, catholique dans le quartier Vauban, laïc avec l’édification du « quartier latin » lillois, le quartier Saint-Michel. C’est aussi l’époque du percement de l’actuelle rue Faidherbe, qui relie la gare à la Grand Place, puis de l’actuelle avenue de la République, qui relie Lille à Roubaix et Tourcoing, prolongée par le boulevard Carnot jusqu’à la Grand Place, et qui entraîneront d’importantes destructions de la ville ancienne14. C’est enfin l’époque où la plupart des nombreux canaux à ciel ouvert disparaissent et où se met en place un système de voirie. En revanche, dans les quartiers qui échappent à ces opérations urbanistiques d’envergure, c’est le développement anarchique de l’habitat ouvrier qui se déploie à proximité d’usines qui ne cessent de grandir, soit qu’il investisse l’habitat vétuste de la vieille ville, comme dans le quartier Saint Sauveur, soit qu’il s'entasse dans des alignements de taudis le long de ruelles tracées autour d’elles, percées de cours et de courées, dans les quartiers de Wazemmes, Moulins, Esquermes, Fives et les faubourgs de Béthune et d’Arras. Le XXe siècle, enfin préoccupé de salubrité publique, devra, pour faire face au problème récurrent du logement exacerbé par les destructions des deux guerres, composer avec cet état de fait, souvent en procédant à des destructions massives avant que ne s’impose l’idée de préservation du patrimoine15. Ce sera le cas pour l’ancien quartier Saint-Sauveur, déjà partiellement démoli lors de l’édification du nouvel hôtel de ville dans les années 1920, et complètement rasé dans les années 1960 pour faire place à de nouvelles voies et à des ensembles immobiliers modernes.

Les quartiers de Lille

Contrairement à la plupart des villes médiévales, Lille ne s’est pas développée de manière circulaire autour d’un hyper-centre, mais par la construction de quartiers entiers et en absorbant des villes avoisinantes. C'est pourquoi elle se présente plutôt comme une mosaïque de quartiers, avec chacun une physionomie et un dynamisme propre. Le Vieux-Lille n’est que l’un d’entre eux, largement excentré vers le nord.

Les dix quartiers de Lille
Bois Blancs Situé à l'ouest de la ville, entre Lomme et Vauban Esquermes, le quartier est entouré par la Deûle et présente une importante activité portuaire. Déjà quartier-pilote pour la décentralisation municipale (première mairie de quartier en 1979), c'est ici que se trouve Euratechnologies. Ce projet, pendant d'Euralille pour l'ouest de Lille et de la Métropole, accueille déjà de nombreuses entreprises (dont Microsoft) et plusieurs centaines d'emplois. Il s'insère de plus dans un vaste projet de renouvellement urbain, « Les Rives de la Haute Deûle ». Avec 7 536 habitants, dont près de la moitié sont actifs, et une population assez jeune, le quartier des Bois Blancs est un quartier vivant « où tout le monde se connaît » dit-on. C'est là l'effet d'une situation géographique particulière et d'une vie associative animée.
Faubourg de Béthune Situé au sud ouest de Lille, le Faubourg de Béthune est l’une des entrées de la ville parmi les plus fréquentées. Plus petit quartier de Lille en superficie, il est coupé en deux horizontalement par le périphérique. La partie au nord du périphérique, qui regroupe les secteurs Concorde et Verhaeren, est traversée par les anciens boulevards industriels le long desquels ont été édifiés de grands ensembles d’habitat social. Construits dès les années 1930 et jusqu'aux années 1950, ces grands ensembles sont élevés sur les anciennes fortifications du XIXe siècle. La partie au sud du périphérique, celle du secteur Vieux-Faubourg, le long de l'ancienne route de Béthune, est plus ancienne.
Fives Situé à l'est de Lille, entre le périphérique et Hellemmes, Fives est le produit de l’industrialisation au XIXe siècle qui a fait de ce quartier « l’usine » de Lille. Pendant près de deux siècles, Fives a filé, tissé, forgé, fondu, assemblé, usiné. Le quartier a gardé de cette histoire socialement riche, une identité forte, très imprégnée de culture ouvrière. La restructuration urbaine, la percée de nouveaux axes de circulation interurbains, la construction de nouveaux logements, d’immeubles de bureaux, ont participé à l’effort de rénovation et de mixité sociale tout en permettant le maintien d’une population très attachée à son quartier. Une nouvelle place, la place Pierre De Geyter, a été aménagée au cœur de Fives, avec comme objectif de constituer un vrai centre autour de la mairie de quartier avec de nouveaux axes, des activités économiques et de nouveaux services à la population.
Lille-Centre Le Centre, c'est la vitrine de Lille... Mais c'est aussi un quartier important de Lille, avec plus de 23 000 habitants. Il couvre un vaste secteur qui s'étend de la gare Saint Sauveur aux halles Solférino, jusqu'à Euralille. Ce quartier atypique offre une densité commerciale et une vie culturelle intense. Le quartier n'est pas monolithique, on distingue quatre secteurs : le noyau ancien avec l'hypercentre autour de la Grand' Place, le quartier « haussmannien » du côté de la place de la République et du boulevard de la Liberté, le secteur plus récent des années 1960 qui concentre une partie de l'habitat collectif du quartier à proximité de l'Hôtel de Ville, avec notamment la résidence Delory, et le nouveau quartier Euralille encore en cours d'aménagement.
Lille-Moulins Situé au sud est de Lille, Moulins est l’un des quartiers de la ville qui s’est le plus transformé au cours de ces dernières années. Les anciennes usines textiles ont été conservées pour accueillir des logements sociaux, un théâtre, une Médiathèque et des services administratifs. La Faculté de Droit, l’Institut d'études politiques de Lille, l’Institut régional d'administration ou encore l’École d’Optique s'y sont implantés, apportant au quartier une vie étudiante forte. Ce quartier est également bien doté en clubs et équipements sportifs, culturels et de santé. Au cours des dix dernières années, plus de 2 000 logements ont ainsi été construits à Moulins. Le « Grand Projet Urbain », Porte de Valenciennes, va permettre la réhabilitation et la construction de nouveaux logements, d’équipements et d’espaces publics, dans le prolongement de la dynamique urbaine d’Euralille.
Lille-Sud Situé tout au sud de Lille, de l'autre côté du périphérique, le quartier de Lille-Sud est l’un des plus importants de la ville avec plus de 20 000 habitants. Il est bordé à l’ouest par l’immense site universitaire hospitalier qu’est le CHRU et son pôle de développement économique Eurasanté, la nouvelle faculté de médecine et l’hôpital Jeanne de Flandre. Au centre, la rue du Faubourg des Postes profile son devenir de « Faubourg des Modes ». À l'est, le cimetière du sud occupe une superficie de 33 hectares. La mise en œuvre du « Grand Projet Urbain » promet le quartier à des transformations importantes en matière de logements, d’équipements et de qualité du cadre de vie dans les prochaines années.
Saint-Maurice Pellevoisin Situé au nord est de Lille, à deux pas du centre-ville, d’Euralille et de la Gare de Lille-Europe, le quartier Saint-Maurice Pellevoisin dispose de nombreux atouts dont la qualité urbaine est marquée par un habitat très diversifié. Saint-Maurice Pellevoisin est situé le long des axes majeurs de la métropole lilloise que sont le Grand Boulevard, le périphérique et la Voie Rapide Urbaine Lille-Roubaix. Il est traversé et irrigué par la rue du Faubourg de Roubaix, vers le Centre, et la liaison Fives - La Madeleine, par les rues Saint-Gabriel et de la Louvière. Le sud ouest du quartier est occupé par le cimetière de l'est, d'une superficie de 22 hectares.
Vauban Esquermes Situé à l'ouest, au sud de la citadelle, Vauban Esquermes est le plus jeune de tous les quartiers lillois, le plus « étudiant », avec notamment l'Institut catholique de Lille, l'EDHEC et de nombreux établissements supérieurs. C'est aussi celui qui a le plus progressé en nombre d’habitants depuis dix ans. Deux atouts du quartier sont vivement appréciés de ses habitants, d’une part sa proximité immédiate du centre-ville et d’autre part son ouverture sur les grands espaces verts (Bois de Boulogne, jardin Vauban, Zoo) qui en font le quartier le plus aéré de Lille.
Vieux-Lille Situé au nord, le Vieux-Lille est sans doute – avec le Centre – le quartier le plus fréquenté et le plus connu de Lille. L’effort accompli depuis plusieurs années pour mettre en valeur son patrimoine et y créer une ambiance attrayante a fait son succès auprès des habitants mais aussi des touristes qui y viennent de plus en plus nombreux. Avec le label « Lille, ville d’art et d’histoire » ou celui de « Lille, ville touristique », l’attraction est encore plus forte. On a plaqué sur le Vieux-Lille le cliché du quartier riche, parce qu’il est proche de l’hyper-centre et qu’il est historique. Mais contrairement aux idées reçues, il présente une grande mixité sociale.
Wazemmes Ce quartier ancien et populaire, bordé à l'ouest par Vauban Esquermes, au nord par le Centre et à l'est par Moulins, a su opérer une profonde mutation. Peu à peu, les friches industrielles, les usines fermées, ont été démolies ou reconquises. Ces espaces libérés ont été transformés soit en équipements collectifs, soit en logements ou en espaces verts, favorisant l’arrivée d’une population nouvelle, plus jeune et plus diversifiée, tout en maintenant la mixité sociale. Le rayonnement de Wazemmes a largement dépassé les limites du quartier et de la ville et l’on vient de loin au marché du dimanche (40 000 visiteurs chaque dimanche matin) mais aussi rue Gambetta qui draine chaque jour de nombreux visiteurs sur ses 1,2 km de linéaire commercial.

À ces quartiers traditionnels il faut ajouter Hellemmes à l'est et Lomme à l'ouest, communes associées plus récemment.

Les deux communes associées
Hellemmes-Lille Situé à l’est de la ville, dans le prolongement de Fives, Hellemmes se développe comme lui avec la révolution industrielle. Au cours de la première moitié du XXe siècle, Hellemmes est une cité ouvrière organisée autour de l’immense usine de Fives Cail Babcock, des ateliers d’entretien de la SNCF et de nombreuses entreprises textiles. Fortement touché par les bombardements de la seconde guerre mondiale, confronté au déclin de ses industries à partir des années 1970, Hellemmes a connu et connaît encore actuellement d’importants programmes de construction et de rénovation urbaine.
Lomme Situé à l’ouest de Lille, couvrant une surface de plus de 930 hectares, Lomme s’est dans un premier temps développé le long de la route de Dunkerque, longtemps nommée la Grand'Route, sur un territoire à forte dominante rurale. Dans les années 1920, Lomme accueille la nouvelle gare de triage de Lomme-Délivrance et la cité jardin construite par la Compagnie des chemins de fer du Nord pour y loger ses employés. Forte de 28 000 habitants, Lomme est aujourd’hui une ville résidentielle dont les réserves foncières ont permis d’accueillir le second Marché d'intérêt national du pays, une zone d’activité commerciale et le plus grand complexe cinématographique de France.

Les quartiers défavorisés correspondent plus particulièrement à un croissant s’étendant au sud de la ville et, ponctuellement, à l'est et à l'ouest16. Les quartiers de Moulins, Faubourg de Béthune et Lille-Sud sont classés zones franches urbaines et hébergent environ 15 % de la population de la ville. À l'exception de Moulins, ces quartiers peinent à se développer malgré les efforts de la municipalité.

Les quartiers du Vieux-Lille, de Wazemmes et de Saint-Maurice Pellevoisin connaissent une évolution particulièrement dynamique. Les raisons de ces évolutions sont variées. On peut citer principalement la beauté et la richesse historique pour le Vieux-Lille, la vivacité de la vie associative et artistique pour Wazemmes et la proximité de nouvelles infrastructures commerciales et de transports (Euralille, Gare de Lille-Europe) pour Saint-Maurice Pellevoisin.

La conurbation

Lille est située au sud d’une vaste conurbation transfrontalière. Tout au long de son histoire, Lille s’est trouvée enfermée dans ses fortifications. Des communes puissantes se sont alors développées dans les environs de la place forte, en particulier au cours de la révolution industrielle : si, entre 1861 et 1931, Lille enregistre une croissance de 50 % de sa population, c’est un doublement que connaît sa banlieue17 tandis que les populations de Roubaix et Tourcoing se trouvent multipliées par 2,5. Aujourd'hui, selon l'Atlas transfrontalier de l'Insee18, l'ensemble formé par l'agglomération transfrontalière lilloise comprend environ un million d'habitants côté français et 1,2 million d'habitants si l'on intègre le semis de villes frontalières côté belge telles que Mouscron, Comines, Wervik, etc. L'agglomération multipolaire dont fait partie Lille est ainsi la quatrième agglomération française (par sa population) derrière celles de Paris, Lyon et Marseille.

Cette agglomération appartient également à une vaste conurbation qui s’étend en Belgique avec, notamment, les villes de Courtrai, Tournai, Roulers, Mouscron, Ypres et Menin, totalisant plus de 1,9 million d’habitants19. Elle a donné naissance, en janvier 2008, au premier groupement européen de coopération territoriale (GECT), l'Eurométropole Lille Kortrijk Tournai20.

Logement

En 2006, Lille compte 123 374 logements. Il s'agit, pour 29 176 d'entre eux de maisons et pour 92 244 d'appartements. La plupart des logements lillois sont des résidences principales : il y a 114 191 résidences principales, soit 92,6 % de l'ensemble des logements. On ne compte que 262 résidences secondaires et 988 logements occasionnels. Les logements vacants sont par ailleurs relativement peu nombreux (7 931, soit 6,4 %)21.

Parmi les résidences principales, 31 646, soit 27,7 %, sont occupées par des propriétaires. Les autres sont louées, et 25 158, soit 22 % du total des résidences principales, sont des logements HLM. Le logement social est présent dans tous les quartiers, jusque dans le centre historique. Mais sa proportion est nettement plus forte au sud et à l'est que dans le centre résidentiel où l'ambition du projet urbain de janvier 2005 est de porter sa part à 20 %22. S'agissant du nombre de pièces des résidences principales, 22 296, soit 19,5 %, n'en ont qu'une ; 27 953, soit 24,5 %, en comptent deux ; 23 310, soit 20,5 %, en possèdent trois et 40 643, soit 35,5 %, en possèdent quatre ou plus23.

Parmi les 114 191 résidences principales, la part des logements récents est importante : 49 087, soit 43 %, datent d'avant 1949 ; 29 879, soit 26 %, datent d'une période comprise entre 1949 à 1974 ; 16 938, soit 15 %, datent de 1975 à 1989 et 18 287, soit 16 %, datent de 1990 à 200624.

Si le confort de ces résidences principales reste variable, il a beaucoup évolué au cours des quarante dernières années. En 1968, seuls 48,6 % des logements ont un WC intérieur, 43,4 % une baignoire ou une douche, 33 % le chauffage central25. En 2006, 1 996 résidences, soit 1,7 %, n'ont ni baignoire, ni douche, et 4 590 n'ont pas de pièce réservée pour ces installations. Par ailleurs, 71 938, soit 63 %, ont un chauffage central et 39 551, soit 35 %, bénéficient d'un garage ou d'un parking.

Voies de communication et transports

Piste cyclable avenue de la République qui relie Lille à Roubaix et Tourcoing

Lille dispose d’une situation géographique privilégiée. Depuis une trentaine d'années, un important réseau de transports s’est développé qui en fait aujourd’hui un carrefour européen, particulièrement au niveau routier et ferroviaire et, dans une moindre mesure, portuaire et aéroportuaire.

Au niveau urbain, Lille dispose d’une ceinture périphérique et d’un réseau relativement dense de voies rapides reliant la majorité des communes de l’agglomération. Les transports en commun (métro, bus et tramway) sont bien développés mais, comme dans la plupart des métropoles, ont l’inconvénient d’être principalement en « étoile », polarisés autour de Lille.

Pour ce qui concerne la ville de Lille proprement dite (hors Hellemmes et Lomme), la dernière enquête de 2006 sur les déplacements fait apparaître une mobilité par habitant plutôt élevée (3,99) par rapport à la moyenne de la Métropole. Le premier mode de déplacement est la marche à pieds qui représente 47 % des déplacements. Le second reste l'automobile avec 33 % des déplacements. Mais les lillois se déplacent relativement moins en voiture et de moins en moins (-18 % de déplacements par personne en tant que conducteur entre 1998 et 2006). De fait, 41 % des lillois appartiennent à un ménage qui ne possède pas de voiture. En revanche, ils se déplacent plus en transports collectifs urbains (17 % des déplacements) et en vélo (2 % des déplacements), ces deux modes de transport marquant par ailleurs une nette progression depuis la dernière enquête (+ 46 % pour les transports collectifs et + 39 % pour le vélo)26.

Depuis le début des années 2000, un effort relativement important de promotion des déplacements en vélo a été entrepris. Compte tenu d'un relief très peu accidenté, le vélo est en effet un mode de déplacement particulièrement adapté, tant pour les trajets courts que pour la promenade. Le réseau des pistes cyclables totalise ainsi un peu plus de 450 km à l'échelle de la métropole et un maillage complet est prévu à l'horizon 201227.

Transports en commun

Article détaillé : Transports en commun lillois.
Rame du métro de Lille.

L’agglomération lilloise bénéficie d’un réseau de transport dense dirigé par Transpole dont l'ancien nom était TCC28.

Deux lignes du VAL (la première inaugurée en 1983), constituant le premier réseau de métro automatique au monde29 et le second plus long30 (45 km en 60 stations dont deux correspondances entre les lignes)31, desservent les principales villes jusqu’à la frontière belge.

Deux lignes de tramway (22 km) permettent également de rejoindre Roubaix et Tourcoing depuis les deux principales gares de Lille.

Enfin, un vaste réseau de bus complète l'offre, notamment dans les quartiers comme le Vieux-Lille où il demeure difficile de construire une ligne de métro pour des raisons géologiques. La Communauté Urbaine de Lille a décidé en 2005 de créer des lignes de bus à haut niveau de service (la première « LIANE », reliant Ronchin à Comines, a été inaugurée en janvier 2008 et une nouvelle ligne, reliant Loos à Wattignies, a vu le jour en janvier 2010). Ces bus, aux couloirs réservés dits « en site propre », permettent d’assurer un haut débit de transport à l’instar du système TEOR de Rouen, en complétant l’offre du métro. Ils permettent également un maillage plus fin du réseau lillois et bénéficient du programme « Clair de Lune », qui assure un service de nuit jusqu’à 0 h 3032.

Lille Métropole Communauté urbaine réfléchit à un projet de tram-train qui utiliserait les lignes ferroviaires de l'agglomération pour intensifier les liaisons inter-villes et permettre à la métropole de se doter d’un réseau de transport à la hauteur de ses ambitions33. Comme le tram-train, une sorte de RER permettrait de densifier le réseau urbain dans la métropole, mais aussi d'améliorer les liaisons entre Lille et des villes comme Douai, Valenciennes, Arras, Béthune, Lens.

Réseau ferroviaire

L'Eurostar en gare de Lille-Europe

Lille dispose de quatre gares ferroviaires en activité :

  • la gare de Lille-Flandres, dédiée au transport express régional, aux InterCity pour la Belgique (Ostende, Anvers, Tournai, Charleroi et Liège), et aux TGV vers Paris et quelques villes de province. La façade de la gare Lille-Flandres est la façade de la première gare du Nord qui fut démontée et remontée à Lille ;
  • la gare de Lille-Europe, dédiée aux TGV, avec des liaisons nationales (Lille est connectée à environ 80 villes de France grâce aux TGV) et internationales vers la Belgique (Bruxelles) et vers l'Angleterre (Londres), et, depuis 2001, des TERGV à destination de la côte maritime régionale (Dunkerque, Calais, Boulogne-sur-Mer) et d'Arras ;
  • les gares de Lille-CHR et de
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