Le Havre est une ville portuaire du nord-ouest de la France
située sur
la rive droite de l'estuaire de la
Seine. Ses habitants s’appellent les Havrais. Le port du Havre est le
deuxième de France derrière celui
de Marseille.
Administrativement, cette commune, située dans la région de
Haute-Normandie, est avec
Dieppe l'une des deux sous-préfectures du
département de la Seine-Maritime. Le Havre est également chef-lieu de
canton et siège d'un évêché. Il
s'agit de la commune la plus peuplée de la Normandie1, la treizième au niveau national et
la
deuxième plus grande sous-préfecture française après Reims2. Cependant, la ville perd des
habitants
depuis 1975 et l'agglomération havraise se situe derrière celle de
Rouen en nombre d'habitants. Le taux de chômage est relativement élevé
et la
zone industrialo-portuaire fournit l'essentiel des emplois du secteur
privé.
L'Unesco a inscrit le centre-ville du Havre le 15
juillet 2005 au patrimoine mondial de l'humanité en
raison de l'« exploitation novatrice du potentiel du béton ». Ce sont
ainsi cent
trente trois hectares protégés qui constituent « un exemple exceptionnel
de
l'architecture et de l'urbanisme de l'après-guerre », rare site
contemporain
inscrit au patrimoine mondial en Europe.
Le musée André
Malraux est le deuxième de France pour le nombre de toiles
impressionnistes3.
La ville entend diversifier son économie
en développant des infrastructures comme la cité de la mer. Enfin, Le
Havre
possède les clubs de football et de rugby à XV les plus anciens de
France ; la
vie sportive est animée par plusieurs clubs d'envergure nationale (HAC,
Saint-Thomas Basket et l'équipe
féminine de handball).
Toponymie
Le Havre a ici le sens ancien de « port » (d'origine
germanique4 havene,
haffen, d'où le h aspiré) . La ville s'est d'abord appelée
Franciscopolis en hommage à François Ier qui prit l'initiative de sa construction, puis Le
Havre (ou Le Hable) de Grâce, ce dernier terme venant
de la chapelle
Notre-Dame-de-Grâce qui existait sur le site avant la fondation de la
ville.
Sous la Révolution française, elle fut
rebaptisée « Havre-Marat ».
Géographie
La situation
Le Havre se trouve sur la pointe sud-ouest du Pays de Caux. La ville
est enserrée entre le
littoral de la Manche à
l'ouest, l'estuaire de la Seine au sud et
la côte, au nord. La Seine a longtemps marqué une frontière naturelle
entre la
Haute et la Basse-Normandie. Ainsi,
Honfleur est, selon l'expression des
Havrais, « de l'autre côté de l'eau ». Pour faire face à cette situation
d'enclavement relatif, les aménagements se sont multipliés : le plus
prestigieux
est le Pont de
Normandie qui relie les deux rives de la Seine et place Honfleur à
seulement
un quart d'heure du Havre. Les géographes et les décideurs ont
d'ailleurs créé
une nouvelle entité autour des deux rives de l'estuaire, gérée par
l'agence
d'urbanisme de la région du Havre et de l'estuaire de la Seine.
Le
relief et
la géomorphologie
Le site du Havre, en 1888
La commune du Havre se compose de deux
ensembles naturels séparés par une falaise morte ou « côte » :
- La ville basse comprend le port, le centre-ville et les
quartiers périphériques. Elle a été
construite sur d'anciens marais qui ont
été drainés à partir du XVIe siècle. Le sol
est constitué d'alluvions déposées par la Seine. Le centre-ville,
reconstruit après la Seconde
Guerre mondiale, repose sur environ un mètre de gravats aplanis5.
- La ville haute est constituée de banlieues résidentielles
aisées,
moyennes ou défavorisées (Mont-Gaillard, Caucriauville, Mare-Rouge,
Bléville).
Il s'agit d'une partie du plateau cauchois : la partie nord-ouest de la
ville haute
(Sainte-Adresse et Dollemard) est la
plus haute (entre 90 et 115 mètres d'altitude). Le cap de la Hève se
situe à une
altitude d'environ 100 mètres au-dessus du niveau moyen de la mer. Le
plateau
cauchois appartient à l'ensemble géologique du Bassin Parisien, formé
à l'ère secondaire. Le sous-sol est constitué
d'une grande épaisseur de craie, pouvant
mesurer jusqu’à 200 mètres de
profondeur6.
Il est couvert d’une couche d’argile à silex et d'un limon fertile7.
Le plateau de la ville haute est entaillé par des vallées et des
vallons tapissés d’alluvions et de sédiments : vallon sec d'Ignauval
à l'ouest, vallée de la Lézarde à l'est.
Le climat
Graphique climatique du Havre
En raison de sa situation sur le littoral de la Manche, le climat du
Havre est tempéré océanique. Les
jours sans le moindre vent sont rares. Ils apportent les influences
maritimes
toute l'année. D'après les relevés de la station météorologique du Cap
de la Hève (1970-1999), pendant 24 jours par an, la température descend
en
dessous de 0 °C, et 14 où elle s'élève
au-dessus de 25 °C. La durée moyenne de
l'ensoleillement annuel est de 1788 à 1 878 heures par an8. Les
précipitations se répartissent tout au long de l’année, avec un maximum
en
automne et en hiver. Les mois de juin et juillet sont marqués par
quelques orages9.
L’un
des traits caractéristiques de la région est la grande variabilité du
temps,
même au cours d’une journée10. Les vents dominants soufflent du sud
et
du sud-ouest ; les tempêtes arrivent en hiver, surtout en janvier9.
Le
record absolu pour le Pays de
Caux a été enregistré le 16 octobre 1987 au Cap
de la Hève : 180 km/h11.
| Mois | Jan | Fev | Mar | Avr | Mai | Jui | Jui | Aou | Sep | Oct | Nov | Dec | Année |
| Températures moyennes (°C) |
4,6 |
4,9 |
6,8 |
8,8 |
12,1 |
14,8 |
17 |
17,2 |
15,7 |
12,6 |
8,2 |
5,6 |
10,7 |
| Précipitations
moyennes (mm) |
62,6 |
49 |
54,3 |
42,9 |
52,7 |
52,6 |
50,2 |
48,5 |
64,5 |
74,1 |
88,1 |
69,4 |
708,6 |
| Insolation moyenne
(h) |
62,9 |
87,7 |
136,2 |
179,5 |
214,6 |
224,4 |
237,8 |
218,5 |
168,3 |
124,5 |
74,7 |
56,7 |
1787,9 |
| Source : « Cap de
la Hève, Seine maritime(76), 100m - 1961-1990 », site d'Infoclimat. |
Les espaces verts
La ville a su garder des espaces verts étendus (727 hectares, soit 35 m2 par
habitant8) :
outre plusieurs parcs en ville haute,
la forêt de Montgeon est le véritable poumon de la ville. On y trouve
des lacs,
une serre tropicale, une volière... Elle est constituée des restes de la
grande forêt qui recouvrait tout le pays de Caux pendant la Préhistoire.
Elle a été acquise par la
municipalité en 1902 et aménagée par Michel
Bejot entre 1966 et 1971.
D'autres espaces verts ont été préservés ou créés: :
- Le parc de Rouelles s'étend sur 150 hectares de bois, de marais et
d'étangs, 20 kilomètres de promenade, un arboretum avec 200 essences
différentes, un centre équestre.
- Les jardins de la plage sont composés d'une dune artificielle
plantée d'oyats, d'une rivière d'eau douce parsemée de plantes
aquatiques et d'une pelouse où se dressent des restaurants l'été. La
plage a
reçu une fois encore le pavillon bleu en 2009, notamment grâce à tous
ses aménagements, qui
s'étendent sur 30 000 m28.
- Le square Saint-Roch est situé dans le centre-ville reconstruit par
Auguste Perret, il se
trouve à l'emplacement d'un ancien cimetière pour pestiférés. Il a
ouvert en 1868 et a subi de profonds remaniements après les
bombardements de la Seconde Guerre mondiale.
- Les jardins de l'hôtel-de-ville respectent la trame urbanistique
voulue par
Perret. Ce sont des jardins à la française agrémentés de jeux
d'eau et de plus de 1 000 m2 de parterres fleuris.
- Le parc Hauser se compose d'un jardin paysager et d'une forêt
naturelle sur
une superficie de 7 000 m2.
C'est un refuge pour les rapaces en plein cœur de la ville.
- Les jardins du prieuré de Graville sont aménagés sur une terrasse
qui surplombe l'estuaire de la
Seine.
- Les jardins suspendus situés dans le
fort de Sainte-Adresse, d'une superficie de 17 hectares, ont été
inaugurés le 20 septembre 2008.
- le jardin japonais, un poumon au centre de la ville.
Région havraise
Image satellite de l'estuaire de la Seine.
Article détaillé : Baie de Seine.
Le Havre est la plus grande ville du Pays de Caux et de l'estuaire de
la Seine. De nombreuses personnes des communes limitrophes
de Sainte-Adresse, Octeville-sur-Mer, Fontaine-la-Mallet,
Montivilliers, Harfleur et Gonfreville
L'Orcher viennent travailler quotidiennement au Havre. Le week-end, les
Havrais fréquentent les stations balnéaires de la Côte
d'Albâtre ou empruntent le Pont de Normandie pour passer quelques heures
à Honfleur dans le Calvados. Les Honfleurais et les Cauchois viennent
faire leurs courses
dans les centres commerciaux du Havre.
|
Octeville-sur-Mer |
Fontaine-la-Mallet |
Montivilliers |
|
Sainte-Adresse (Sur le front de mer) |
N |
Harfleur Gonfreville-l'Orcher |
| O Le
Havre E |
| S |
| (la mer) |
Honfleur (Rive
gauche de la Seine) |
Honfleur (Rive
gauche de la Seine) |
Urbanisme
Ville basse
Ville
reconstruite après 1945
Article détaillé : Centre-ville reconstruit du
Havre.
Plan du Havre, centre-ville reconstruit après la Seconde
Guerre mondiale
En grande partie détruit pendant la Seconde Guerre mondiale, le
centre-ville a été reconstruit d'après les plans de l'atelier Perret,
dirigé par
l'architecte français Auguste Perret. Seuls
l'hôtel de ville (1952-1958) et l'église Saint-Joseph (1951-1957)
(107 m de hauteur) ont été conçus personnellement par Auguste Perret.
Venant
féliciter ce travail de reconstruction, l'UNESCO a inscrit le
centre-ville du Havre le 15 juillet 2005 au patrimoine mondial de
l'humanité en
saluant l'« exploitation novatrice du potentiel du béton ». L'espace de
133
hectares représentant selon l'UNESCO « un exemple exceptionnel de
l'architecture
et de l'urbanisme de l'après-guerre » est un des rares sites
contemporains
inscrits en Europe, rejoignant ainsi le parc Güell à Barcelone, les
maisons Art nouveau de Victor Horta en Belgique ou encore les anciennes
aciéries de Völklingen en Allemagne.
Une autre œuvre architecturale intéressante du centre-ville est celle
de
l'Espace Oscar
Niemeyer, la Maison de la Culture du Havre,
réalisée en 1982 par ce même architecte, et
surnommée le Volcan, en raison de la forme du bâtiment.
Les quartiers Notre-Dame et du Perrey sont essentiellement
résidentiels.
Celui des Halles est l'un des pôles commerciaux de la ville. Quant au
quartier
Saint-François, il a été également reconstruit après 1945 mais dans un
style
architectural radicalement différent : les immeubles sont en briques et
possèdent un toit à double pente en ardoise. C'est le quartier des
restaurants.
Quartiers
anciens du
centre
L'église Saint Vincent a été épargnée par les
bombardements.
À l'est et au nord du centre-ville reconstruit s'étendent des
quartiers
anciens12 épargnés par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. L'habitat,
généralement en briques, date du XIXe et de la première moitié du XXe siècle. Les commerces se concentrent le long de
quelques
rues et au niveau du quartier du Rond-Point. Au cours des années 1990 et
2000,
ces quartiers ont fait l'objet de réhabilitations, notamment dans le
cadre d'une
OPAH.
Des projets urbains y ont aussi été développés à la fin du XXe et au début du XXIe siècle par la municipalité, notamment dans le
quartier
des gares, avec pour objectif de revaloriser l'entrée de la ville.
Ainsi, la
gare routière (bus, cars, taxis) a été réaménagée, elle se situe près de
la gare
ferroviaire (certifiée NF depuis 2005). Côté
investissement privé, la société SPB a construit son siège, Novotel y a
implanté un hôtel dessiné par l'architecte
Jean-Paul
Viguier en 2005 et la mutuelle d'assurances Matmut a terminé la même
année l'immeuble de bureaux
qu'elle occupe en partie. De l'autre côté du bassin se trouvent des
établissements d'enseignement supérieur, les Docks Océane et la nouvelle
Chambre
de Commerce et d'Industrie.
Les
quartiers portuaires et industriels
Des quartiers industriels et portuaires en voie de
reconversion. Au fond, le quartier de Saint-Nicolas
Les quartiers sud du Havre sont fortement marqués par les activités
industrielles et portuaires. On y trouve des quartiers du XIXe siècle siècle, des grands ensembles (Chicago,
Les Neiges), des
cités ouvrières, des PME, des entrepôts, des bassins
et des installations portuaires, des infrastructures de transport.
Depuis la fin
des années 1990, la municipalité a engagé la reconversion de la partie
la plus
proche du centre-ville de ces quartiers sud, avec les aides
européennes :
transformation des docks en salle de concert
(Docks
Océane), en hall d'exposition (Docks
Café), en centre commercial et de loisirs (Docks Vauban) ou encore en
musée (l'ancien Musée
Maritime et Portuaire a fermé pour préparer son déménagement au sein de
la Cité
de la Mer). La nouvelle Chambre de Commerce et d'Industrie, ainsi que le
nouveau
pôle médical autour de la nouvelle clinique des Ormeaux ont été
construits dans ces
quartiers où de nombreux logements sont également programmés, avec pour
objectif
de favoriser la mixité sociale.
Ville haute
Les quartiers situés sur la "côte" (la falaise morte) sont
résidentiels, plutôt aisés dans la
partie ouest (Les Ormeaux, Rue Félix Faure) et plutôt modestes à l'est
(Frileuse, Aplemont). C'est aussi sur la côte que l'on trouve les deux
forts de la ville (forts de
Sainte-Adresse et de
Tourneville) et le principal cimetière. Le tunnel Jenner passe sous la
côte et permet de relier la
ville haute et la ville basse.
- Les quartiers pavillonnaires du plateau
Au-delà de la "côte" se sont développés, durant la première moitié du
XXe siècle, des quartiers pavillonnaires tels que
Frileuse (connu aussi sous le nom de son église : Sainte-Cécile) à
l'est ; la
Mare-au-Clerc, Bléville, les Acacias au centre ; Sanvic et Dollemard à
l'ouest.
Dans leur prolongement Nord-Ouest, entre Bléville et l’aéroport
d’Octeville, un
nouveau quartier est actuellement en cours de construction : "Les Hauts
de
Bléville". Cet éco-quartier, composé d'habitations aux
normes HQE, d'une ZAC et d'une école, devrait compter 1 000
logements au total. 13
- Les grands ensembles périphériques
Les quartiers périphériques de la commune se sont développés dans
l'après-guerre. Ce sont des grands ensembles de Caucriauville, du Bois
de
Bléville, du Mont-Gaillard et de la Mare-rouge où se concentre une
population
défavorisée. En octobre 2004, l'Agence nationale
pour la rénovation urbaine (ANRU) a signé avec la municipalité du Havre
la
première convention afin de financer la réhabilitation de ces quartiers.
Cette convention financera plus de 340 millions d'euros pour les grands
ensembles des quartiers nord, où résident environ 41 000 habitants.
Cette
enveloppe prolonge le budget du Grand projet de ville (GPV). Elle
permettra de
démolir et de reconstruire plus de 1 700 logements.
Projets urbains
Réhabilitation des docks (avril 2008)
Zone commerciale des Docks Vauban, 2009, côté quartier
St-Nicolas
Plusieurs projets d'aménagement visant notamment une revitalisation
de la
ville et de son centre ont été menés au cours des années 2000 ou sont
actuellement en cours. Un casino s'est installé dans l'ancien Palais de
la
Bourse le 1er juin 2006. Sous le nom de
"jardins suspendus", le fort de
Sainte-Adresse a été réaménagé en un jardin dans lequel les plantations
de tous
les continents sont présentées (notamment par le biais d'une serre
tropicale).
Dans son sillage, des projets de protection de l'environnement des
falaises sont également en cours.
Plus récemment, les anciens docks ont été
transformés en lieu de
commerce et de loisirs (cinémas, bowling, piscine, fosse de plongée).
D'une superficie
de 55 000 m² et propriété du groupe Unibail-Rodamco, ce nouveau centre a
ouvert en
2009. Dans le même quartier, la Cité de la Mer et du Développement
Durable
s'organisera autour de la tour conçue par Jean Nouvel. Les quartiers
portuaires du sud sont
progressivement désenclavés et réhabilités (notamment par le Pont des
Docks,
enjambant le bassin Paul Vatine). Au nord de ce quartier, le pôle
universitaire
est actuellement en cours d'extension, avec la construction de logements
pour
étudiants, d'une nouvelle bibliothèque universitaire et d'un nouveau
restaurant
universitaire.
Le 8 octobre dernier s'est ouvert le débat public sur le projet
d'extension
des infrastructures portuaires et de prolongement du grand canal du
Havre. 14
réunions publiques sont prévues avant le 7 février 2010. Ce débat est
organisé
par la Commission Particulière du Débat Public14 conformément à la Directive
Territoriale
d'Aménagement (DTA) de l'Estuaire de la Seine du 10 juillet 2006. Ces
réunions
sont publiques et devront permettre aux riverains de l'estuaire
d'exprimer leurs
avis en abordant les problématiques écologiques, économiques et
politiques liées
à ce projet d'aménagement du territoire.
Démographie
et société
Évolution
démographique
Voici ci-dessous, l'évolution démographique de la ville du Havre
classée par
date de recensement de 1793 à 2007.
Évolution démographique
| 1793 | 1800 | 1806 | 1821 | 1831 | 1836 | 1841 | 1846 | 1851 |
| 20 620 |
19 000 |
19 482 |
20 768 |
23 816 |
25 618 |
27 154 |
31 325 |
56 964 |
| 1856 | 1861 | 1866 | 1872 | 1876 | 1881 | 1886 | 1891 | 1896 |
| 64 137 |
74 336 |
60 055 |
85 825 |
92 068 |
105 867 |
112 074 |
116 369 |
119 470 |
| 1901 | 1906 | 1911 | 1921 | 1926 | 1931 | 1936 | 1946 | 1954 |
| 130 196 |
132 430 |
136 159 |
163 374 |
158 022 |
165 076 |
164 083 |
106 964 |
139 810 |
| 1962 | 1968 | 1975 | 1982 | 1990 | 1999 | 2006 | 2007 | - |
| 185 029 |
205 236 |
217 882 |
199 388 |
195 854 |
190 905 |
182 580 |
182 411 |
- |
| Nombre retenu à partir
de 1962 : population sans doubles
comptes - Sources : Ldh-EHESS-Cassini15 et Insee16 |
Le Havre a connu un essor démographique dans la
seconde moitié du XIXe siècle. La saignée
démographique de la Première Guerre mondiale a été
compensée par l'annexion de la commune de Graville (la ville gagne 27
215
habitants entre 1911 et 1921). Pendant la Seconde Guerre mondiale, la
population
baisse fortement (perte de 57 149 habitants entre 1936 et 1946) en
raison de
l'exode et des bombardements. Puis la commune voit sa population
augmenter dans
l'après-guerre jusqu'en 1975. Depuis cette date, elle connaît à nouveau
une
baisse, particulièrement importante entre 1975 et 1982 : pendant ces
années de
crise industrielle, la population a en effet diminué de 18 494
personnes. La
tendance s'est poursuivie dans les années 1980, quoique à un rythme
moins
soutenu. La politique actuelle de la municipalité, qui consiste à
construire de
nouveaux logements, vise à attirer de nouveaux résidents avec pour
objectif de
dépasser des 200 000 habitants, barre qui avait été atteinte dans les
années 1960. La population
de la commune du Havre était de 190 905 habitants en 1999, ce qui
plaçait la
ville au 12e rang des villes les plus
peuplées de
France et à la première place en Normandie. En 2007, l'Insee recensait
183 600
habitants pour la commune du Havre. L'unité urbaine du Havre rassemblait
248 547
habitants en 199917 (25e rang
national) et l'aire
urbaine du Havre rassemblait 296 773 habitants18.
Diagramme de l'évolution de la population havraise depuis 1793
Structure
de
la population havraise
Avec 26,8 % de moins de 20 ans, la ville du Havre est relativement
jeune19, même
si cette catégorie de la population baisse. La population étrangère est
estimée
à 8 208 personnes20 soit 4,3 % de la population, avec une
tendance à la baisse. Avec les mutations économiques qui ont affecté la
ville,
les CSP ont fortement évolué
depuis les années 1980 : entre 1982 et 1999, le nombre d'ouvriers a
diminué d'environ un tiers (-10 593) ; leur
part dans la population active était de 16 % en 1982, et
de 12,5 % en 199921.
Dans le même temps, le nombre de cadres
et de professions intellectuelles a augmenté de 24,5%, ce qui s'explique
en
partie par la création et le développement de l'université du Havre.
Comparaison de quelques indicateurs démographiques et
sociologiques
(Recensement Insee 1999)
| Indicateur | Le Havre | Rouen | France |
| Taux de natalité pour mille |
15,2 |
15,3 |
12,7 |
| Taux de mortalité pour mille |
9,6 |
8,9 |
9,1 |
| Taux de variation annuel de la population (en %) |
-0,28 |
0,41 |
0,37 |
| Part des moins de 20 ans en % |
27 |
20,7 |
24,5 |
| Part des plus de 60 ans en % |
20,4 |
20,7 |
21,3 |
| Part des ouvriers en % |
12,5 |
8,5 |
12,0 |
| Population |
190 905 |
106 592 |
58 518 395 |
Répartition par âge
| En 1990 | En 1999 |
- De 0 à 14 ans : 20,9 %
- De 15 à 29 ans : 23,8%
- De 30 à 44 ans : 21,7%
- De 45 à 59 ans : 14,3%
- De 60 à 74 ans : 12,5%
- De 75 à 94 ans : 6,6%
- De 95 ans ou plus : 0,2%
|
- De 0 à 14 ans : 19,2%
- De 15 à 29 ans : 22,8%
- De 30 à 44 ans : 20,5%
- De 45 à 59 ans : 17,1%
- De 60 à 74 ans : 12,6%
- De 75 à 94 ans : 7,4%
- De 95 ans ou plus : 0,4%
|
Histoire
Articles détaillés : Histoire du Havre et
chronologie du
Havre.
La ville du Havre est une création relativement récente (elle fut
fondée le 8
octobre 1517 par François
Ier). Elle connut un fort essor
démographique
grâce au dynamisme de son port au XVIIIe siècle. Les bombardements de 1944 marquent une
césure importante dans l'histoire de la
ville et dans l'esprit de ses habitants. Aujourd'hui, les projets
urbains et
portuaires se multiplient pour faire face aux défis économiques et
sociaux du XXIe siècle.
Avant
François Ier
Abbaye de Graville, Le Havre.
Ancien musée du vieux Havre, bâtisse des XVIIe et XVIIIe siècles.
Quelques vestiges préhistoriques ont été exhumés dans le
territoire de l'estuaire et dans la forêt de Montgeon.
Dès l'Antiquité, le trafic
fluvial sur la Seine était en relation avec le dynamisme des cités de
l'estuaire (port de Caracotinum,
ancêtre d'Harfleur). Une voie
romaine reliait sans doute Lillebonne (Juliobona) à
Sainte-Adresse (Chef de
Caux) et passait par le territoire actuel de la commune du Havre.
Plusieurs sites
archéologiques de la période romaine ont été fouillés par les
archéologues
dans l'agglomération actuelle. Dans une chapelle de l'abbaye de
Graville, le sarcophage de sainte Honorine a été
redécouvert en 1867.
Pendant le Haut Moyen Âge, le port de l'Eure (ou
Leurre) existait au sud-ouest d'Harfleur, sur la rive maritime de la
Seine. Il
servait d'abri aux navires qui attendaient la marée permettant d'entrer
dans le port d'Harfleur.
Le port du Havre, quant à lui, n'existe pas encore. Au XIe siècle, le port de Honfleur est créé, sur la
rive sud de l'estuaire de la
Seine. Les navires trop chargés ne pouvant pas remonter la Seine, on
utilise les
avant-ports de Chef-de-Caux, au nord-ouest du Havre actuel, Harfleur et
Leurre.
L'estuaire ne compte alors que quelques hameaux de pêcheurs et
d'agriculteurs :
Graville, Ingouville, hameau du Lieu-de-Grâce, Saint-Denis-Chef-de-Caux
(ancêtre
de Sainte-Adresse),
Harfleur. C'est aussi à cette époque que s'organisent les premières
paroisses (
voir paroisse).
Après la guerre
de Cent Ans, le renouveau économique et la croissance des échanges
transatlantiques font germer le projet d'un nouveau port sur la rive
nord de
l'estuaire de la Seine. L'ensablement du port d'Harfleur et la crainte
d'un débarquement anglais
poussent le roi François Ier à fonder le
port du Havre et avec lui la ville.
Valentin de
Pardieu gouverneur de Gravelines, fait construire à la fin du XVIe siècle, en 1598, un fort entre Gravelines et Le
Havre
et fait entrer des troupes espagnoles dans la région. Une rue du Havre
porte le
nom « De Pardieu ».
L'invention du
Havre
Malgré les difficultés liées au terrain (marécages) et aux tempêtes,
le port
du Havre accueille ses premiers navires en octobre 1518. Le
8 octobre 1517,
François Ier signe la charte de fondation de
la ville
dont les plans sont confiés d'abord au vice-amiral Guyon le Roy. La
« grosse
tour » en défend l'entrée. Les armes de la ville sont celles de François
Ier : une salamandre. Le roi se
déplace lui-même en août 1520 et rend
perpétuels les privilèges des Havrais. La fonction militaire est aussi
encouragée : Le Havre est un des points de rassemblement de la flotte
française
pendant les guerres. Les arsenaux se
développent et des navires partent pêcher la morue à Terre-Neuve.
Le Nouveau Monde attire les aventuriers et quelques-uns partent du
Havre :
ainsi, Villegagnon part du Havre pour
fonder une colonie au Brésil (Fort-Coligny) en 1555. Aujourd'hui encore,
une place des cannibales rappelle ces liens anciens avec le Nouveau
Monde. À la fin du XVIe siècle, la contrebande
prend son essor et Le Havre voit
arriver des produits américains comme des cuirs, du sucre et
du tabac. Un des principaux acteurs de ce
trafic interlope est un Havrais explorateur et cartographe, Guillaume Le
Testu (1509-1573) : un quai au Havre porte toujours son nom.
En 1536, une chapelle Notre-Dame en bois
avec des piliers en pierres sont entrepris par Guillaume de Marceilles
(il
s'agit du deuxième bâtiment Notre-Dame), à laquelle est ajointe une tour
gothique (avec une grande flèche octogonale gothique) en 1540. En 1541,
François
Ier confie le projet d'urbanisme et de
fortification à l'architecte italien Girolamo Bellarmato. Celui-ci a les
pleins
pouvoirs et organise le quartier Saint-François selon des normes
précises (plan orthogonal,
hauteur des maisons limitée…).
Les guerres
de
religion
Détail de la façade de la cathédrale du
Havre
La Réforme connaît un relatif succès en
Normandie. Dès 1557, Jean Venable, libraire colporteur de Dieppe,
diffuse en Pays de Caux et en Basse-Normandie, les
écrits de Martin Luther et de Jean Calvin. Les
premiers cultes protestants sont célébrés à partir de 1561 au Manoir de
Bévilliers, résidence du seigneur d' Harfleur, puis 1571 au manoir de
Vitanval, résidence
de Guillaume du Voesin, seigneur d'Octeville, dans la cour basse du
château fort
(ces deux édifices existent toujours sur les communes d'Harfleur et
Sainte-Adresse). Un premier temple est
construit au Havre en 1600, dans le quartier de Sanvic22, sur un terrain donné par la famille
Godin. Il est détruit en 1685, à la révocation de l'édit de
Nantes par Louis XIV, sur ordre du parlement de Rouen. La chapelle de la
cour
du manoir de Bévilliers est détruite en 1679 sur ordre du parlement de
Paris. Il faut attendre 1787 et l'Édit de tolérance du roi Louis XVI,
pour
que les protestants du Havre ouvrent à nouveau une chapelle rue
Percanville,
dans le quartier Saint-François, dans une dépendance de la famille
Eichhoff,
raffineurs de sucre23.
La ville est touchée par les guerres de religion : le 8 mai 1562, les
réformés investissent Le Havre. Redoutant une
contre-attaque des armées royales, ils se tournent vers les Anglais qui
envoient
des troupes : 6 000 fantassins et 300 cavaliers commandés par le comte
de Warwick. Les
occupants construisent le fort Warwick et quatre bastions en vertu du
traité
d'Hampton Court. Les troupes de Charles IX, commandées par le connétable
de Montmorency,
attaquent Le Havre et les Anglais sont finalement chassés (juillet
1563). Le fort Warwick est détruit et la tour de Notre-Dame est abaissée
(sa
flèche est détruite) sur les ordres du roi de France. Après cet épisode
Sarlabos
devient gouverneur de la ville; Sarlabos, un «ultra-catholique»,
c'est-à-dire une
faction de catholiques qui veulent mettre fin au protestantisme, est
connu pour
avoir lancé les chantiers de l'église Notre-Dame (le
bâtiment actuel).
Les
XVIIe et XVIIIe siècles
La maison de l'Armateur, XVIIIe siècle, Le
Havre
La fonction de défense du Havre est réaffirmée et la modernisation du
port
débute au XVIIe siècle, sur ordre du cardinal de Richelieu,
gouverneur de la ville :
un arsenal est aménagé, les remparts sont renforcés et une forteresse
est
construite : c'est ici que Mazarin fait emprisonner les princes
frondeurs, Longueville, Conti et Condé. À la fin du
XVIIIe siècle, la citadelle est abandonnée et n'était
plus
qu'une simple caserne.
Mais surtout, Le Havre affirme sa vocation maritime et internationale
au
cours du XVIIe siècle : la compagnie des Indes s'y installe
dès 1642. On importe des produits exotiques (sucre,
coton, tabac, café, et diverses épices). La traite des Noirs enrichit
les
négociants havrais, surtout au XVIIIe siècle.
Avec 441 expéditions négrières aux 17 et 18e
siècles Le Havre figure au 3ème rang des ports français ayant pratiqué
le
commerce triangulaire, après Nantes (1 714) et La Rochelle (449). 24.
Cependant le commerce maritime est soumis aux relations internationales
et au
contexte européen : les guerres de Louis XIV et de Louis XV interrompent
momentanément l'essor du Havre. Les Anglais bombardent la ville à
plusieurs reprises, notamment en 169425.
En 1749, Madame de Pompadour veut voir la mer : Louis XV choisit Le
Havre pour satisfaire le désir de sa maîtresse. C'est une visite
ruineuse pour
les finances de la ville. L'essor économique du Havre se traduit par un
accroissement de sa population (20 000 habitants en 1789) mais aussi par
des transformations dans le port et
la ville : installation d'une manufacture de tabac dans le quartier
Saint-François, expansion des chantiers navals. Lors d'une visite en
1786, Louis XVI approuve le projet d'extension de la
ville : c'est François Laurent Lamandé qui
se charge de multiplier par quatre la surface de la ville.
La période
révolutionnaire (1789-1815)
Le blason du Havre sous le 1er Empire.
Museum d'histoire naturelle, XVIIIe siècle, Le
Havre
Entre 1789 et 1793, le port du Havre est le deuxième en France, après
celui de Nantes. Le commerce
triangulaire se poursuit jusqu'à la guerre et l'abolition de la traite.
Le
port reste toujours un enjeu stratégique à cause du commerce des
céréales
(ravitaillement de Paris) et de sa proximité avec l'ennemi britannique.
L'année
1793 fut difficile pour la France comme pour
Le Havre à cause de la guerre, des insurrections fédéralistes et du
marasme
économique. La Terreur religieuse
transforme la cathédrale Notre-Dame en temple de la Raison. La ville
acquiert le
statut de sous-préfecture par la réforme
administrative de l'An VIII26.
Sous
l'empire, Napoléon Ier vient au
Havre et ordonne la construction de forts27. À cause de la guerre contre la
Grande-Bretagne et du blocus continental, l'activité du port se
réduit et celle des corsaires s'accroît. La population du Havre diminue
jusqu'à 16 000 habitants.
La prospérité du XIXe siècle
Le port du Havre au XIXe siècle, BNF
La rue Thiers et la place de l'hôtel-de-ville avant
1905
L'arrêt des guerres révolutionnaires et napoléoniennes permet au
commerce de
reprendre normalement à mesure que s'éloigne la menace britannique. Le
contexte
de paix retrouvée et d'essor économique entraîne un afflux important de
population. Les Havrais sont vite à l'étroit dans les murailles et de
nouveaux
quartiers apparaissent. Mais beaucoup d'indigents s'entassent dans le
quartier
insalubre de Saint-François. Les épidémies de choléra, de typhoïde et de
« fièvres » font plusieurs
centaines de morts dans les années 1830-1850. L'alcoolisme et la
mortalité infantile font des ravages
dans les classes les plus pauvres. Quant aux riches négociants havrais,
ils sont
très minoritaires mais leur nombre augmente ; ils se font construire de
belles
résidences en dehors des remparts, sur la « Côte ». Mais les fortunes
construites rapidement peuvent disparaître aussi vite et provoquer des
ruines
retentissantes. Tout au long du XIXe siècle,
l'aspect cosmopolite de la cité portuaire ne
fait que se renforcer : dans les temps de prospérité maritime, la main
d'œuvre
du Pays de Caux est
poussée vers Le Havre à cause de la crise du tissage. L'implantation
d'une large
communauté bretonne (10 % de la
population havraise à la fin du XIXe siècle)
modifie la vie culturelle du Havre. La
réussite économique de la ville attire des entrepreneurs anglo-saxons et
nordiques. On rencontre des Italiens, des Polonais puis des Maghrébins
sur les
quais et dans les usines.
La ville et son port se transforment grâce à de grands travaux
d'aménagement,
en partie financés par l'État, qui s'étalent tout au long du XIXe siècle, parfois interrompus par les crises
politiques
ou économiques. Ainsi plusieurs projets sont menés à bien comme la
construction
d'une bourse et du bassin du commerce dès la
première moitié du siècle. L'installation progressive de l'éclairage au
gaz à
partir de 1836, de l'enlèvement des ordures
(1844) et des égouts dénote un souci de
modernisation urbaine. Au milieu du siècle, les vieux remparts sont
rasés et les
communes limitrophes sont annexées : par conséquent, la population de la
ville
du Havre augmente brusquement.
La période 1850-1914 constitue l'âge d'or du Havre ; en effet, si
l'on met
de côté quelques années de dépression (guerre de Sécession28, guerre franco-prussienne), le
commerce explose et la ville s'embellit de constructions édilitaires
(grands
boulevards, hôtel-de-ville, palais de justice, nouvelle bourse).
Les effets de la révolution industrielle sont de plus en plus
visibles au
Havre : la première drague à vapeur est utilisée en 1831. Les chantiers
de construction navale se
développent. Frédéric Sauvage met au point ses
premières hélices au Havre en 1833. Le
chemin de fer arrive en 184829 et
permet de désenclaver Le Havre. Les docks sont construits à la même
époque, de
même que des magasins généraux. À la veille de la Première Guerre
mondiale, Le
Havre est le premier port européen pour le café30 ; il importe quelques 250 000 tonnes
de coton et 100 000 tonnes de pétrole.
Le secteur industriel existe, mais reste minoritaire au XIXe siècle : les usines sont en relation avec le
trafic
portuaire (chantiers navals, raffineries de sucre, fabriques de cordes,
etc.).
Le secteur bancaire se développe, même s'