Dijon est une
ville
de France située entre Bassin parisien et Bassin rhodanien, à 310
kilomètres au sud-est de
Paris et 190 au nord de Lyon. C'est la préfecture du département de la
Côte-d'Or et le chef-lieu de la région Bourgogne. Ses habitants sont
appelés les Dijonnais.
En 2007, la population de Dijon intra-muros était de 155 387
habitants1,
ce qui
en fait la 17e ville la plus peuplée de
France. L'agglomération dijonnaise, qui a
pris en 2000 la forme d'une structure intercommunale nommée le « Grand
Dijon », compte quant à elle environ 250 000 habitants. La ville
comptait
déjà presque 35 000 habitants en 18502.
Héritière d'un riche patrimoine historique et architectural, ancienne
capitale du Duché de Bourgogne aux XIVe et XVe siècles, Dijon est une ville
touristique dont l'attrait est renforcé par la réputation gastronomique
de la région.
C'est aussi une ville verte au secteur tertiaire important, vraie
capitale de
région dans les domaines scolaire, universitaire, judiciaire,
hospitalier et
administratif qui assurent une tradition de vie culturelle forte. Dijon
est
également un centre économique régional au tissu diversifié mais plutôt
en crise
avec un pôle agro-alimentaire traditionnel (moutarde de Dijon, crème de
cassis de Dijon et Kir, pain d'épices, chocolat Lanvin…) et un
secteur pharmaceutique réputé.
Ville de congrès, la capitale de la Région Bourgogne est située sur
l'axe Paris-Lyon-Méditerranée et prochainement sur la ligne ferroviaire à
grande vitesse Rhin-Rhône.
Géographie
physique
(Voir la carte topographique)
Géolocalisation de Dijon en
Bourgogne
|
Dijon en Bourgogne
Dijon est la préfecture de la région de Bourgogne et du département
de Côte-d'Or. La commune se
situe sur la Côte des
Vins de Bourgogne aussi nommée Route des Grands Crus (qui s'étend de
Dijon à Beaune pour sa partie
côte-d'orienne). La capitale bourguignonne se situe au cœur d'une
campagne
composée de deux rivières convergentes : le Suzon qui la traverse du
nord au sud et
l'Ouche au sud de la ville ; à l'ouest s'étend la « côte » de vignobles
qui donne son
nom au département. Elle se situe à 310 kilomètres au sud-est de Paris,
190 au nord-ouest de Genève et 190 au nord de Lyon. Devenue depuis la
fin du XIXe siècle l’un des plus grands centres
ferroviaires du
pays (ligne Paris-Lyon-Marseille, bifurcations vers Besançon, Belfort,
Nancy,
la Suisse, l'Italie (par le Mont-Cenis et le Simplon), elle est
aujourd'hui desservie par un des principaux nœuds autoroutiers français
aux
croisements des autoroutes A6, A31, A39 et A36.
« Dijon prend naissance dans la plaine
alluviale du
Suzon, creusée dans les argiles tertiaires de la « Plaine » qui s'étend
largement à l'est »3,
suivant le cours de la Saône. La
plaine est en effet un fossé tectonique situé à une vingtaine de
kilomètres de
Dijon, remblayé par les marnes et les argiles oligocènes atteignant une
hauteur géologique de
100 mètres à Dijon4.
|
Talant , Plombières-lès-Dijon et Daix |
Fontaine-lès-Dijon |
Saint-Apollinaire |
|
|
N |
Quetigny |
| O Dijon E |
| S |
| Chenôve et Marsannay-la-Côte |
Longvic |
Chevigny-Saint-Sauveur |
Topographie
Dijon vu du satellite Landsat
Dijon et sa périphérie, formant le Grand Dijon, doit son originalité à
une dissymétrie
typique, entre les vallonnements diversifiés de l'ouest d'une part (la
« côte »
de vignobles) et les étendues plates de l'est (plaines de Saône)5. Au
nord, le plateau de Langres, dernier
rebord du bassin parisien, domine la plaine de 100 à 150 mètres d'altitude. Dijon est donc au
centre d'une ligne géographique orientée nord-nord-est/sud-sud-ouest.
L'altitude varie de 350 à 500 mètres NGF. Dijon se
caractérise par de nombreuses vallées
encaissées et le plus souvent étroites (les « combes » aménagés souvent
en parcs
municipaux comme la Combe aux Fées et la Combe à la Serpent) dont la
principale
est la vallée de l'Ouche au nord-est du plateau. Des
buttes résiduelles, ou « tasselots » dans le patois dijonnais, forment
le site des bourgs de Talant et de Fontaine-lès-Dijon qui surplombent la
ville6.
Dijon est donc à la conjonction de trois reliefs principaux7 :
- Au sud, la Côte-d'Or qui s'étend de Dijon à Beaune sur 80 km,
couverte de vignobles dont les
feuilles prennent une couleur dorée en automne, ce qui a inspiré le nom
poétique du
département de la Côte-d'Or en 1790. C'est le long de cette
côte, de Dijon jusqu'au sud de Beaune, que passe la célèbre route des
Grands Crus.
- À l'ouest s'étend le plateau,
premier contrefort des plateaux calcaires bourguignons. L'altitude varie
de 350
à 500 m.
Le plateau est parsemé de
nombreuses vallées étroites et
profondes appelées combes ; la plus
importante est la vallée de l'Ouche au nord-est du plateau. Des buttes
résiduelles, ou tasselots, s'en détachent : les bourgs de Talant et de
Fontaine-lès-Dijon s'y sont édifiés.
- À l'est, se dessine l'amorce de la plaine de la Saône. L'altitude
varie de 170 à
240 m.
La topographie est douce, malgré
quelques collines qui altèrent le
paysage avec notamment une avancée issue des plateaux langrois qui
souligne le débouché
du Suzon dans la plaine au nord, et à l'est les collines de
Saint-Apollinaire et
de Montmuzard.
Hydrographie
Dijon est traversée essentiellement par le canal de Bourgogne et deux
cours d'eau
naturels : l'Ouche et le Suzon, ce dernier étant aujourd'hui
souterrain en zone urbaine. Le Raine qui passe par le jardin de
l'Arquebuse se
jette dans l'Ouche. L'agglomération dijonnaise
reçoit environ 732 mm de pluie par an
et ce, pendant 164 jours en moyenne.
- L'Ouche venant du nord a un débit moyen
de 10 à 20 m³/s pouvant dépasser les
100 m³/s
en période de crue. Il provoque alors des inondations mais elles sont
rares et localisées. Un lac artificiel, le lac Kir, a été aménagé en
1968 sur son cours à l'entrée
de la ville. Deux autres plans d'eau, bien moins conséquents, existent
dans
l'agglomération : l'Étang royal, situé sur la commune de Longvic, et
l'Étang de la Leue, à Neuilly-les-Dijon,
tout deux à proximité immédiate du cours de l'Ouche.
- Le Suzon,
seconde rivière importante, s’écoule du nord-ouest au sud-est de
l’agglomération. Son cours est totalement canalisé dans sa partie
urbaine. Son
débit à l’entrée de Dijon atteint au maximum 20 à 30 m³/s.
La seule voie navigable de Dijon est le canal de Bourgogne qui relie
la Saône et l’Yonne et n'est
plus guère utilisé que pour la plaisance.
L'hydrographie générale s'écoule en direction de la plaine alluviale
de la Saône à
l'est. Elle comprend 527 kilomètres de canalisations. Les nappes
phréatiques,
exploitées depuis l'Antiquité, sont au nombre de trois : la nappe
alluviale de
l’Ouche, la nappe alluviale de la Tille et
la nappe de Dijon Sud. Ce sont les principales réserves d’alimentation
en eau du
Grand
Dijon. Elles sont relayées par quatre réservoirs principaux d'une
capacité
totale de près de 95 000 m³.
Les inondations constituent
le seul risque naturel majeur (avec les tremblements de terre, très
rares). Huit
des vingt-deux communes du Grand Dijon (notamment le centre ville de
Plombières-lès-Dijon ainsi qu'Ahuy, Chenôve et Marsannay-la-Côte) sont
concernées par
les débordements du bassin de l'Ouche. Des Plans de prévisions des
risques
naturels ont été mis au point pour maîtriser ces aléas.8 Une politique d’amélioration de la
qualité
des eaux est également déployée. Elle repose sur deux stations
d’épuration,
l'une, récente, située à Chevigny-Saint-Sauveur, l'autre, plus
ancienne, à Longvic, et vise une mise
en conformité aux normes écologiques en vigueur. Un programme, nommé
« Eauvitale », a été lancé en 2005. Outre la
suppression des canalisations en plomb, il vise la réduction des fuites
et la
modération des prix modiques aux consommateurs9. La consommation globale de
l'agglomération s'élève annuellement à 24 millions de m3.
Géologie
L'agglomération dijonnaise fait partie du détroit morvano-vosgien,
entre
Bassin parisien et Bassin rhodanien; à l'ère secondaire (de -265 à -65
millions
d'années), l'ensemble de la région était alors submergé alors qu'à l'ère
tertiaire (de -65 à -1,8 millions d'années) la surrection des Alpes et
du Jura a plissé le relief et à formée une poussée
vers le nord-ouest. Les masses sédimentaires se sont alors
compartimentées,
faillées formant des vallons et des buttes locales. Une ligne de
fracture a
aussi été constituée, s'étendant selon une direction Nord-Est/Sud-Ouest
accompagnée de plateaux calcaires adjacents typiques du paysage
bourguignon,
accolés à l'effondrement accueillant la plaine de la Saône10.
À l'ère quaternaire (environ -1,8 millions d'années) l'érosion a
constitué des sables et graviers formant
les plaines alluviales traversées par les rivières du Suzon, de l'Ouche
et du Raine.
Pédologie
Dijon et son agglomération abrite trois grandes classes principales
de
sols :
- Les sols calcimagnésiques et argilo-graveleux formés de marnes, de
calcaires argileux et de cailloutis calcaires constitutifs du pied
de côte, base pédologique de la production viticole.
- Les sols brunifiés argilo-limoneux caillouteux sur calcaires ou
limons formant les plateaux
au nord.
- Les sols peu évolués marqués par les alluvions limoneuses et qui
sont typiques des zones
d'inondation du lit majeur des rivières locales (le Suzon et l'Ouche)10.
Climat
Le climat de Dijon est de type océanique à tendance semi-continentale
mais
également de type méditerranéen. L'influence
océanique se traduit par des pluies fréquentes en toutes saisons (avec
néanmoins
un maximum en automne et un minimum en été) et un temps changeant.
L'influence
semi-continentale se traduit par une amplitude thermique mensuelle parmi
les
plus élevées de France (18 °C contre
15 °C à Paris), des hivers froids avec des chutes de neige
relativement fréquentes et des étés plus chauds que sur les côtes, avec à
l'occasion de violents orages. C'est cette influence semi-continentale
qui rend
possible la culture de la vigne en Côte-d'Or. La façade ouest de Dijon,
donnant
sur la côte, est ainsi la zone la plus exposée à l'ensoleillement.
Enfin, le
brouillard est particulièrement présent à Dijon d'autant plus que
l'humidité du
lac Kir en accentue la
formation.
| Données climatiques11 | Dijon | Moyenne nationale |
| Ensoleillement |
1831 h/an |
1973 h/an |
| Pluie |
732 mm/an |
770 mm/an |
| Neige |
25 j/an |
14 j/an |
| Orage |
26 j/an |
22 j/an |
| Brouillard |
68 j/an |
40 j/an |
Les températures se situent dans les normales saisonnières pour la
plupart.
Pour la période de mesure allant de 1961 à
1991, les données montrent une variabilité
très faible d'une année sur l'autre. La température moyenne la plus
basse est
ainsi mesurée en janvier (- 16 °C en 1962)12 alors que celle la plus élevée est
mesurée
en juillet avec 19,7 °C en 199013. Néanmoins les dernières années ont
confirmé une hausse constante des températures, en moyenne de + 2,05 °C à Dijon14.
Enfin, l'insolation moyenne annuelle est
de 1.831 heures.
| Mois | Janv | Fev | Mars | Avr | Mai | Juin | Juil | Août | Sept | Oct | Nov | Déc | Année |
| Températures moyennes Dijon
(°C) |
1,6 |
3,3 |
6,7 |
10,3 |
14,5 |
17,6 |
19,6 |
19,0 |
16,1 |
10,9 |
5,8 |
3,1 |
10,7 |
| Températures moyennes Paris
(°C) |
4,2 |
5,3 |
7,8 |
10,6 |
14,3 |
17,4 |
19,6 |
19,2 |
16,7 |
12,7 |
7,7 |
5,0 |
11,7 |
| Températures moyennes Trappes
(°C) |
3,0 |
4,0 |
6,3 |
9,1 |
12,7 |
15,8 |
18,0 |
17,7 |
15,3 |
11,4 |
6,5 |
3,8 |
10,3 |
La rose des vents de Dijon montre une prédominance des vents assez
fort de Nord à Nord-Est
caractéristiques de la bise d'hiver. Les vents sont pourtant
relativement
faibles : les vitesses maximales ne concernant en moyenne que 4 jours
par an,
pour des vitesses de 80 km/h, en
moyenne toujours.
Dijon,
ses
quartiers et sa banlieue
La ville de Dijon est l'une des premières en France à avoir fait de
son
centre-ville médiéval un secteur sauvegardé. La politique décidée se
traduisit
par une série de mesures telles que le renoncement aux percées
planifiées dans
les années 1960, qui
auraient sacrifié une partie du patrimoine urbain, le développement des
voies
piétonnes, la protection des immeubles anciens, le ravalement des
façades, la
restauration des monuments historiques et des bâtiments publics.
Morphologie
urbaine
On distingue à Dijon le centre (ou hypercentre) historique, délimité
par les
boulevards centraux reliant les six places principales (place Darcy,
place St-Bernard, place de la République, place du
30 octobre, place Wilson et place du Premier Mai), et les autres
quartiers de la
municipalité. Seul le centre est déclaré secteur sauvegardé. Une
deuxième
ceinture de boulevards entoure la ville en reliant les quartiers
périphériques,
et les deux ceintures de boulevards sont reliés par de grandes avenues,
dont les
Allées du Parc ou l'Avenue Victor Hugo.
Quartiers
La place Wilson, dans le canton Est
La ville de Dijon est composée de quartiers résidentiels anciens,
situés au
centre ville et à proximité du centre, de quartiers plus commerçants et
de
quartiers périphériques constitués de lotissements de maisons
individuelles et
de grands ensembles collectifs (barres d'immmeubles en cours de
rénovation). Les
ZUP des Grésilles et de
Fontaine-d’Ouche, ainsi que celles des communes avoisinantes Chenôve,
Quetigny et Longvic sont actuellement redessinées. Le quartier
Junot, ancienne base militaire, accueille aujourd'hui 600 nouveaux
logements
après une longue phase de remodelage.
- Les Bourroches
- Carnot
- La Colombière
- Bellevue
- La Combe à la Serpent
- Fontaine-d'Ouche
- Fort de la Motte Giron
- Les Gènois
|
|
|
- Maladière
- Mansart
- Les Marcs-d'Or
- Mirande
- La Montagne Sainte-Anne
- Montchapet
- Montmuzard
- Les Marmuzots
- Les Péjoces
|
|
|
- Le Port du Canal
- Porte-Neuve
- Les Poussots
- Saint-Exupéry
- La Toison-d'Or
- Les Valendons
- Les Varennes
- Les Lentillières
|
Architecture
La diversité architecturale de Dijon est le fruit d'une longue
histoire. La
ville compte ainsi en son centre des rues bordées d'édifices médiévaux
ayant
évolué au sein des anciennes limites du castrum d'héritage
romain. La
ville a ensuite manqué d'espace et, après la destruction des remparts,
de
nouveaux quartiers sont apparus.
L’architecture religieuse est également très représentée. Le monument
le plus
représentatif du Moyen Âge à Dijon était l’abbatiale de Saint-Bénigne,
reconstruite à partir de 1001 par Guillaume de Volpiano. De cet ensemble
roman, il ne subsiste plus que l’étage
inférieur de sa rotonde ainsi que les souterrains de la crypte. L'unique
édifice roman, demeuré intact depuis,
conservé dans son intégralité à Dijon est l’église Saint-Philibert.
L’église
Notre-Dame du XIIIe siècle est
représentative du gothique bourguignon. Une œuvre plus tardive du
gothique est celle réalisée par Claus Sluter au portail de l’église de
la
chartreuse de Champmol et au puits de Moïse. L’architecture civile du
Moyen Âge
est représentée par l'ancien palais des ducs, reconstruit par Philippe
le Bon, dominé par la tour Philippe le Bon, et par les nombreuses
maisons
médiévales à colombages15 et les hôtels particuliers de riches
bourgeois.
L'architecture flamande et italienne inspire ensuite les artistes
dijonnais.
Hugues Sambin interprète
à Dijon le style de la Renaissance italienne. L’église Saint-Michel est
reconstruite à partir de 1499 et sa façade
est typique du style Renaissance. Au XVIIe siècle et au XVIIIe siècle, deux grands architectes de cour, Jules
Hardouin-Mansart, puis Jacques V Gabriel, redessinent une partie du
centre de la ville. Le premier crée la place Royale, devant l'ancien
palais des
ducs, qu'il remodèle. Gabriel poursuit cette œuvre. Les hôtels privés
témoignent
de l'architecture du XVIIe siècle et du XVIIIe siècle, comme l’hôtel de Vogüé (1610), l’hôtel
Chartraire de Montigny ou l’hôtel Bouhier
de Lantenay (actuellement la préfecture).
Dijon a été profondément marqué par l'architecture du XIXe siècle. Le néoclassicisme est représenté par le
théâtre, commencé sous l'Empire et achevé en 1828, d'après les plans de
Jacques
Cellerier. Le
marché couvert à charpente métallique, datant de 1873, a été créé par
Ballard. Des quartiers présentent une
architecture « hausmannienne », comme la place Darcy et les rues
adjacentes, ou
ceux longés par les grands boulevards comme le boulevard de Brosses, la
rue
Devosge, le boulevard Carnot, la place Wilson. La synagogue date de
1879 ; le temple protestant de 1898. Enfin, Dijon possède des édifices
notables récents,
comme l’église du Sacré-Cœur, de style gréco-byzantin qui date de 1933,
l’église Sainte-Bernadette, bâtie en béton,
plastique et aluminium de 1959 à 1964, le palais des congrès et le
palais des
sports.
En 2005, le label « Patrimoine du XXe siècle »
a été attribué à 10 édifices bourguignons dont 2
à Dijon : la villa Messner datant de 1912 -
1913 réalisée rue Parmentier par R. J.
Jardel16., et
l’église Sainte-Bernadette datant de 1960 -
1964 dont l'architecte est Joseph
Belmont17.
Enfin,
Dijon possède des bâtiments modernes construits par des architectes de
renom. Le
Palais des Congrès et des Expositions en 1955, l'Auditorium en 1998
réalisé par
l'Arquitectonica Miami et, actuellement, la tour Elithis par
Arte-Charpentier. Des projets
futurs, concernant surtout le quartier Clemenceau, sont également
marqués par
l'architecture moderne. Le siège du nouveau rectorat (Marbotte Plaza)
est signé Rudy Ricciotti18.
Ces
réalisations sont avant tout écologiques et utilisent des matériaux
durables.
Urbanisme
À partir du XIXe siècle l'extension de
la ville fut assez
anarchique19,
se
faisant par adjonction de lotissements privés, sans coordination entre
eux. La
mairie se contenta en 1884 de fixer à 12 mètres la largeur des rues
nouvelles. En
définitive, les quartiers bien tracés sont rares, hormis celui des
boulevards de
la Fontaine des Suisses et de la Défense édifié en 1882-1883 et celui du
Parc
des Sports bâti en 1932-1933. Un plan d'aménagement fut esquissé en 1890
mais il
fallut attendre les lois de 1929 et de 1924, relatives aux villes de
plus de
10 000 habitants pour que celui-ci débouche sur la création d'un Office
public
d'HBM devenu HLM en 1926. La cité-jardin des Bourroches édifiée en 1935
en est une des réalisations.
Logement
Les résidences de la montée de Guise près de la gare
ferroviaire.
Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, Dijon a dû
mettre en place, conformément aux directives de l'État, des Zones à
Urbaniser en
Priorité ou ZUP, au nombre
de deux20 :
le
quartier des Grésilles a été entrepris en 1949. Il réunit de manière
confuse des
immeubles et « barres » de types variés. Délaissé par les services
publics, le
quartier est réhabilité et, en 2005, les anciennes « barres » dont la
célèbre
« Billardon »21 sont
détruites et 660 nouveaux logements sont construits, dont 105 en
accession à la
propriété, sur un modèle de maisons pavillonnaires. La ZUP de la
Fontaine
d'Ouche a été construite en 1967 sur les coteaux plantés des dernières
vignes dijonnaises, sur un plan plus
rigoureux, incluant les services publics et de proximité (écoles
maternelles,
crèches, bibliothèque de quartier, centre commercial), aux abords du lac
Kir artificiel, creusé en
1963-1964.
Localement, au centre ville, des quartiers ont été réaménagés dans
les années
1970 et 1980, dans des styles architecturaux différents. C'est le cas
des
résidences de la montée de Guise, au bout de la rue Berbisey, de celles
boulevard Voltaire et des quartiers autour de l'université.
La ville a mis en place depuis 2005 un programme local de l'habitat
(PLH), renforcé par une charte, et
planifiant la restructuration ou extension urbaines de la ville. De
nouveaux
quartiers sont actuellement en cours d’aménagement au sein de
l’agglomération
comme le quartier Junot, ancienne enclave militaire, réhabilité en une
zone
d'habitations et de commerces. Le parc des logements à loyer modéré
s'élève
ainsi à 23.200 en 200822.
La ville a ainsi mobilisé 17,8 millions
d'euros sur ses fonds propres pour le PLH.
Projets
d'aménagement
Les projets d'aménagements dijonnais concernent essentiellement le
transport
et la rénovation de quartiers anciens. Un réseau de tramway va être mis
en place en 2013 ; celui-ci
comptera 2 lignes principales à son lancement. Le tramway puis le
trolleys existaient
pourtant au début du siècle, jusqu'en 196623. Pour connecter la ligne du TGV est
Paris-Rhin-Rhône, la ville projette d'étendre et de
moderniser la gare SNCF Porte Neuve située à la périphérie de
l'hypercentre et
notamment proche des facultés. La gare ferroviaire et routière du centre
ville a
fait l'objet d'un réaménagement en 2008.
Les zones anciennes seront également réaménagées, notamment celle
dite du
Parc d'activité de l'est dijonnais (« PAED »). La Cité des Affaires
Clemenceau,
située sur le pourtour est de l'hypercentre de Dijon, a été mise en
valeur par
l'édification de l'Auditorium et par la restauration du parc des
Expositions et
du palais des Congrès, exclusivement dédié au tertiaire. La tour
Elithis, à
énergie positive, se veut la première réalisation totalement écologique
de la
ville. Le quartier des Tanneries situé entre l’Ouche, le pont des
tanneries et
la voie ferrée, fera l'objet, dans le cadre du concours européen
d'architecture
« Europan » d'un réaménagement total.
La plupart des zones économiques datent des années 1960 mais, depuis
quelques
années, le Grand Dijon a décidé de programmer la création de
nouvelles « zones d'activité » comme celles du Parc Valmy, qui
accueillera de
nouvelles entreprises dont les futurs bâtiments de l'ESC Dijon, celle de
la ZAE Cap Nord, du
parc d'activités Cap Nord (qui a accueilli, en 2005, l'entreprise Ikea,
en en
redynamisant le quartier), ainsi que le Parc d'activités Mazen-Sully qui
abritera le nouvel hôpital de Dijon.
Enfin, la ville a lancé la destruction de bâtiments anciens, qui
seront
remplacés par des écoquartiers. Le quartier Hyacinthe Vincent à
l’emplacement de
l’ancien hôpital militaire, celui d'Épirey sur le site de l’ancien
collège et
les quartiers sud, avenue Jean Jaurès vers le port du Canal sont en
cours
d'aménagement. L'objectif est de proposer aux Dijonnais des logements
économes
en énergie.
L'écologie
à
Dijon
La ville de Dijon mène depuis 2002 une politique d'intégration de
l'écologie au sein de l'urbanisme.
La ville a ainsi remporté en 2007 la « Marianne d'Or de
l’environnement » avec pour titre « la ville anti
CO2 », délivrée par le Sénat pour « La
politique des transports comprenant, par exemple, les navettes en centre
ville,
les bus au gaz naturel, les pistes cyclables, la politique énergétique,
avec
l'incinération des déchets entre autres, notamment ceux qui proviennent
du CHU,
la géothermie, la politique de l'eau avec le traitement des boues par la
station
d'épuration qui sera inaugurée mi-décembre, sans oublier la
sensibilisation des
citoyens » selon les mots du maire François Rebsamen24. Néanmoins, des associations locales
en
faveur de l'écologie relativisent ce constat, pointant la volonté de la
ville de
développer l'aéroport commercial, générateur de pollution au dioxyde de
carbone. Le plan d'urbanisme
dénommé « Écoplus » est ainsi destiné à faire de Dijon une ville à la
pointe de
l'intégration écologique et évolutive, dans le cadre du développement
durable25.
Depuis 2002, le Grand Dijon a en effet consacré 100 millions
d’euros au développement durable, sans
augmenter pour autant la taxe sur les
ordures ménagères, tout en abaissant le prix de l’eau.
Transports et réseaux de
communications
Un
carrefour de
communication
Dijon dans le réseau ferroviaire français
Plus que le canal de Bourgogne, au modeste gabarit,
c'est le chemin de fer qui a provoqué le développement industriel de
Dijon.
« La deuxième moitié du XIXe siècle
va imposer Dijon comme un carrefour ferroviaire de
premier ordre »26. Pendant la première moitié du XXe siècle, le rôle de la route a grandi, en
particulier
celui de la RN 6 qui s'affirme comme un itinéraire international dès les
années
1930, mais donne davantage d'importance à la ville de Chalon-sur-Saône.
Après la guerre,
l'autoroute (l'A6) puis le TGV Paris-Lyon court-circuitent Dijon et
selon les
mots d'André Gamblin, « Dijon devient la ville
des
bretelles »26. Ce n'est que depuis les années 1990
que
Dijon s'affirme à nouveau comme carrefour de communication. L'A31 passe
désormais par Dijon et l'A39 relie depuis 1994 la ville à Dole. Enfin,
la ligne du TGV Est Rhin-Rhône, connectant
Dijon à l'Europe, est en cours de construction depuis 2006 et s'achèvera
en
201127.
Deux lignes de TGV : le TGV Sud-Est et le TGV
Méditerranée mettent Dijon à portée de Paris (1 heure 37), de Roissy (1
heure 51), de
Marseille (3 heures 22), de Lille (2 heures 45) et de Montpellier (3
heures 33).
A31 Beaune - Dijon - Nancy - Luxembourg
A38 Dijon - A6 à
Pouilly-en-Auxois
A39 Dijon - Dole - Bourg-en-Bresse
Infrastructure
La ville et son agglomération disposent du Boulevard périphérique de
Dijon, ou rocade-est, long de 12 km en 2x2 voies, et qui sera
prolongé de 6,5 km en 2012 pour en faire quasiment le
tour. Actuellement il relie la zone de la Toison d'or au nord, jusqu'à
Chenôve au sud, permettant de se
connecter à l'A31. À l'ouest, l'A38 arrive à Plombières-lès-Dijon, au
niveau
du lac Kir.
La construction de la Lino (Liaison Intercommunale Nord-Ouest)
assurera une
circulation plus rapide en provenance de Paris et de l'Ouest, pour lier
l'autoroute A38 à la zone de la Toison d'or.
La LINO permettra de décongestionner les boulevards intérieurs de la
ville et
également assurera la continuité du réseau national en reliant les
autoroutes A38 et A31. Longue de 6,5 km elle sera dans une
première phase en
2x1 voie (2012), puis dans un second temps en 2x2 voies. La longueur
totale du
périphérique de Dijon sera de 18,5 km.
Dijon souffre, en matière d'infrastructure aérienne civile, d'une
position
géographique trop proche des grandes villes de Paris, Lyon,
Bâle-Mulhouse. De plus, la ligne de TGV Paris-Méditerranée ne permet pas
à la ville de disposer
d'un aérodrome de taille suffisante. L'infrastructure civile actuelle
accueille
en effet une trentaine de milliers de passagers26.
La densité des réseaux autoroutiers et ferroviaires de Dijon donne
des accès
faciles et rapides aux principales métropoles européennes. En complément
de la
gare principale
actuelle de Dijon-Ville, la future gare TGV Porte Neuve devrait
permettre à
terme de desservir la ville sans engorger le centre-ville, l'actuelle
gare de
Dijon-ville étant située à proximité de la place Darcy, porte ouest du
centre
ville.
Transports en
commun
Un bus du réseau Divia (Citaro G II GNV caréné sur la ligne
6).
La ville se dotera d'ici 2013, d'un
réseau de tramway en site propre. Le réseau
sera constitué de deux lignes avec un tronc commun entre la gare et la
place de
la République.
Il s'agit d'un retour à un mode de déplacement collectif pour lequel
Dijon
était à la pointe. En effet les premiers projets de tramways à Dijon
remontent à
1876, gérés par la Compagnie des tramways de
Dijon. Le réseau comptait en 1911 cinq
lignes et en 1950, il était couplé par des
trolleybus. Les bus sont apparus
en 1966. Au début des années 1970 fut créée la STRD, devenue Divia en
2004. Le réseau de bus « Divia » comporte 28 lignes intercommunales en
service de
5h30 à 20h30 et 7 lignes de soirées de 20h30 à 0h30 ainsi que 15 lignes
scolaires « Bus Class' ». La fréquentation était de 37,3 millions de
voyages en
2008 (+6,6% par rapport à 2007) soit 148 voyages par habitant et par an
contre une
moyenne de 115 pour des villes similaires28.
En outre, il existe un service de navette gratuite en centre-ville
(« Diviaciti ») avec une fréquentation supérieure à 100 000 voyages par
mois,
ainsi qu'un service de vélos en libre accès, baptisé « Velodi », dont
l'opérateur est Clear Channel Communications, sur
le modèle des services similaires parisiens et lyonnais. Lancé le
29 février 2008, il compte 400 vélos répartis dans 40 stations. Des
extensions pourraient voir le jour sur Longvic et Chenôve au sud de
Dijon.29
Projets de développement des
transports
La CCI de Dijon est
en charge du déploiement du projet « Renaissance » qui consiste à
implanter
durablement un aéroport civil digne d'une ville d'importance, sur
l'actuel site
Dijon-Longvic. Financé par le Grand Dijon à hauteur d'un tiers, ce
projet
comprend l’ouverture de plusieurs lignes « low cost » pour le trajet
Dijon-Londres, le
développement de l’activité charters, le développement de l’aviation
d’affaires et
privée, l’ouverture d’une ou deux lignes sous obligation de service
public, en
priorité vers Toulouse, Bordeaux, Nantes et/ou Rennes30.
Ce projet rencontre cependant une opposition des autochtones, à cause
notamment de l'absence de consultation citoyenne sur le sujet31 et des
nuisances sonores Les nuisances de la base aérienne 10232. Une association, baptisée
« Quétigny
Environnement », milite depuis les années 199033 contre ces nuisances, aujourd'hui
occasionnée par la Base Aérienne 102 basée à Longvic. Il faut cependant
noter que la base aérienne
102 de Dijon-Longvic existe depuis 1900-1914, et que ceux qui se
plaignent des
nuisances auraient eu la possibilité d'aller construire ailleurs...
Quand au
trafic "civil" très nettement moins bruyant que celui "militaire", il
serait le
bienvenu touristiquement, et un atout de plus pour une agglomération en
mal
d'entreprises...
Démographie
Évolution
de la
population
Le Grand
Dijon cumule 250 516 habitants34 dont environ 155 340 habitants pour Dijon
seul, qui s’étend sur 42 km². La ville
exerce son influence sur un vaste espace rural qui s'étend sur la
Côte-d'Or, la Haute-Marne, la Haute-Saône et la Saône-et-Loire. Elle
évolue et se développe au cœur d'une agglomération de 262 598 habitants
et d'un
bassin de vie et d'emploi de 370 000 personnes.
La
population de Dijon de 1793 à
2006
| 1793 | 1800 | 1806 | 1821 | 1831 | 1836 | 1841 | 1846 | 1851 | 1856 |
| 20760 |
18888 |
22026 |
22397 |
25352 |
24817 |
26184 |
27543 |
32253 |
33493 |
| 1861 | 1866 | 1872 | 1876 | 1881 | 1886 | 1891 | 1896 | 1901 | 1906 |
| 37074 |
39193 |
42573 |
47939 |
55453 |
60855 |
65428 |
67736 |
71326 |
74113 |
| 1911 | 1921 | 1926 | 1931 | 1936 | 1946 | 1954 | 1962 | 1968 | 1975 |
| 76847 |
78578 |
83815 |
90869 |
96257 |
100664 |
112844 |
135694 |
145357 |
151705 |
| 1982 | 1990 | 1999 | 2007 | - | - | - | - | - | - |
| 140942 |
146703 |
149867 |
151543 |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
1962 à 1999 : population sans
double compte ; 2006 : population municipale légale. Sources : INSEE35 et
Cassini2 |
Evolution de la population depuis 1793 :
La croissance démographique dijonnaise a été continue ; néanmoins,
sur les dix dernières années, elle est de
0,24% alors que la moyenne nationale est de 0,41%. Le nombre d'actifs
par sexe
est de 58 000 hommes pour 55 100 femmes, soit un total, en 1999, de
113 100
actifs36.
Sociologie
et
bassin d'emploi
Le bassin
d'emploi dijonnais est de 350 000 personnes37. Dijon est une ville principalement
tertiaire, avec près de 3/4 des actifs occupés dans ce secteur en 1994,
soit
sensiblement plus que dans les agglomérations équivalentes. Dijon est
aussi une
ville administrative, où la fonction publique occupe à elle seule le
quart des
actifs en 1994. Les plus gros employeurs sont en effet les centres
hospitaliers,
la SNCF et la ville de Dijon, l'université aussi. Le tertiaire supérieur
est quant à lui insuffisant pour
rivaliser avec Paris ou Lyon.
L'agglomération souffre de sa position excentrée et d'une concurrence
des
grands centres urbains proches comme Lyon,
le nord de l'Yonne et le sud de la Saône-et-Loire26.
Néanmoins, le Grand Dijon est le premier
centre industriel de Bourgogne,
regroupant une trentaine de milliers d'emplois. L'agglomération a en
effet
beaucoup profité dans les années 1950 et 1960 de la décentralisation
d'entreprises
parisiennes et étrangères (Thomson, Philips, Hoover) qui ont pourtant
aujourd'hui pratiquement toutes fermées. Comme toutes les grandes villes
de
province, Dijon est particulièrement concerné par les plans sociaux et
les
fermetures économiques.
En termes de données quantitatives, Dijon possède un taux d'activité
de 73,4% en 200638 pour un taux de chômage de 11,98%39.
Par
ailleurs, Dijon est classé 19ème ville étudiante de France40.
Histoire
Héraldique
Armes actuelles :
« De gueules, au chef parti : au premier d'azur semé de fleurs de
lis d'or
et à une bordure componée d'argent et de gueules, au deuxième bandé d'or
et
d'azur de six pièces et à une bordure de gueules. »
Les armes de la ville étaient « de gueules plain » jusqu'en
1391, date à laquelle fut ajouté le chef aux
couleurs du duc de Bourgogne Philippe II le Hardi.
Pendant le Premier
Empire, « parti, au 1er d'azur, au cep de
vigne
d'or, à la bordure componée d'argent et de gueules; au 2, bandé d'or et
d'azur,
à la bordure de gueules, au chef de gueules chargé de trois abeilles
d'or qui
est des bonnes villes de l'Empire » 41
Lorsque la ville reçut la Légion d'honneur en 1899, la croix, sans
ruban, fut placée dans le champ de
gueules. Depuis 1962, la décoration est
placée sous le blason.
Armoiries de Dijon jusqu'en 1391
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Armoiries en vigueur sous le Premier Empire.
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