Caen
est une ville du nord-ouest de la France, chef-lieu de la région
Basse-Normandie, préfecture du département du Calvados, traversée
par l’Orne. On la
surnomme parfois la « Ville aux cent clochers ». Ses habitants sont
appelés les
Caennais et les Caennaises.
À 2 heures au nord-ouest de Paris, et
reliée au sud de l'Angleterre par la ligne de ferry
Caen-(Ouistreham)-Portsmouth, Caen est située au centre-nord de sa
région, sur laquelle
elle exerce son pouvoir politique, économique et culturel.
Cité de Guillaume le Conquérant, la ville
a hérité d’un patrimoine exceptionnel, qu’elle a su préserver au cours
des
siècles jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, où elle fut
d’ailleurs une place-clef de la bataille de Normandie. La ville en a su
garder la mémoire en édifiant un Mémorial pour la Paix.
Située à quelques kilomètres du littoral, des plages du
Débarquement, des célèbres stations balnéaires de Deauville ou de
Cabourg, de la Suisse normande ou encore du pays d'Auge (souvent
considéré comme l’archétype de la Normandie), Caen offre tous les
services
possibles.
Peuplée intra-muros de 112 478 habitants (population totale 2007), et
à
la tête d'une aire urbaine de 401 741 habitants, Caen
est la première ville de la Basse-Normandie. Elle est également la
deuxième
commune (après Le Havre) et la
troisième agglomération (après Rouen et Le
Havre) de Normandie. L'aire urbaine de
Caen, quant à elle, est la deuxième de Normandie après celle de Rouen,
et
occupe le 21e rang national.
Symboles
Héraldique
Armes actuelles :
« De gueules au château donjonné d'une tour crénelée d'or,
le tout ouvert, ajouré et maçonné de sable. »
Sous l'Ancien
Régime : coupé de gueules et d'azur, à trois fleurs de lys d'or, deux
au premier et une au second.
Pendant le Premier
Empire, de gueules au château donjonné d'une tour crénelée d'or, au
chef des bonnes
villes de l'Empire (de gueules à trois abeilles d'or).
Armoiries en vigueur sous l'Ancien Régime.
|
Armoiries demandées à Napoléon en 1809 mais qui
furent refusées2.
|
Armoiries en vigueur sous le Premier Empire.
|
Armoiries en vigueur actuellement, reprises du
blason primitif du
XIIIe siècle.
|
Devise
Devise de la ville de Caen :
« Un Dieu, un Roy. Une Foy, une Loy. »
Elle était inscrite sur l'hôtel municipal, le
Châtelet, avant la destruction de ce dernier en 1754.
Codes
Caen a pour codes :
- CN,
selon la liste des
quartiers maritimes,
Géographie
Situation, relief et
géomorphologie
Caen, comme toute la moitié orientale de la région Basse-Normandie,
fait partie du bassin parisien.
La ville se situe au centre-nord de la Basse-Normandie au milieu de
sa plaine propice
à la culture céréalière (plaine de Caen) ; la cité a été fondée dans une
vallée alluviale marécageuse à la confluence de l'Odon et de l'Orne,
fleuve qui se jette 10 km plus au nord dans
la mer de la Manche.
L'agglomération caennaise se développe aujourd'hui sur le plateau.
À l'ouest de la ville s'étend le Bocage normand (Bessin), à l'est le
pays d'Auge, au sud sa plaine se prolonge
jusqu'aux frontières de la Basse-Normandie avec les Pays-de-la-Loire
(campagne de
Falaise).
Au nord, la mer de la
Manche borde l'agglomération caennaise (côte de Nacre), d'ailleurs
appelée « Caen la
Mer ».
Climat
Caen bénéficie d’un climat océanique avec des étés frais et
des hivers doux. Le taux d’humidité s’élève à 83 %3.
Les températures caennaises ne sont jamais excessives du fait de la
proximité
avec la mer. La proximité maritime permet d'un
côté d'adoucir les hivers trop rudes et de
l'autre de rafraîchir les étés qui
seraient trop chauds, grâce à la présence de la brise, vent marin qui
rafraîchit les
terres dès que la température sur ces dernières devient largement
supérieure à
celle de l'eau4.
Contrairement aux idées reçues, il pleut moins à Caen qu’à
Montpellier, Montélimar et même Nice, mais les jours de précipitations y
sont plus
nombreux. Les mois d'hiver sont les plus arrosés, de plus la pluviosité
varie en
fonction de l'altitude et de la géographie, il pleut moins sur une
région de
plaine que dans une région bocagère ;
ceci explique ainsi l'absence d'une grande pluviométrie à Caen étant
donné que
l'agglomération est construite sur la plaine de Caen. En outre, les
régions côtières
sont généralement moins arrosées que l'intérieur du pays (relief
moindre) et
sont aussi plus ensoleillées4.
Relevés de températures et de précipitations à
Caen-Carpiquet
1961-1990
| Mois | Janv | Fév | Mars | Avr | Mai | Juin | Juil | Août | Sept | Oct | Nov | Déc | Année |
| Températures
maximales moyennes (°C) |
7,3 |
8 |
10,5 |
12,7 |
16,3 |
19,2 |
21,6 |
21,7 |
19,7 |
15,9 |
10,9 |
8,1 |
14,3 |
| Températures
minimales moyennes (°C) |
1,8 |
1,9 |
3,2 |
4,9 |
7,7 |
10,4 |
12,3 |
12,3 |
10,6 |
7,9 |
4,6 |
2,7 |
6,7 |
| Températures
moyennes (°C) |
4,5 |
4,9 |
6,9 |
8,8 |
12 |
14,8 |
17 |
17 |
15,1 |
11,9 |
7,7 |
5,4 |
10,5 |
| Moyennes
mensuelles de précipitations (mm) |
63,5 |
57,6 |
56,3 |
45,6 |
58,4 |
52,3 |
47,7 |
46,5 |
61,4 |
67,7 |
84,9 |
69 |
710,8 |
| Moyennes
mensuelles d'ensoleillement (h) |
70,2 |
88 |
137,7 |
170,5 |
204,6 |
210,9 |
226,7 |
209,5 |
168,9 |
127,6 |
84,2 |
64,8 |
1763,6 |
| Source :
Infoclimat3 |
| Ville | Ensoleillement (h/an) | Pluie (mm/an) | Neige (j/an) | Orage (j/an) | Brouillard (j/an) |
| Moyenne nationale |
1 973 |
770 |
14 |
22 |
40 |
| Caen5 |
1 764 |
711 |
14 |
17 |
54 |
| Paris |
1 630 |
642 |
15 |
19 |
13 |
| Nice |
2 668 |
767 |
1 |
31 |
1 |
| Strasbourg |
1 633 |
610 |
30 |
29 |
65 |
| Brest |
1 492 |
1 109 |
9 |
11 |
74 |
| Quelques records à Caen-Carpiquet sur la période
1946-1999 |
| Températures minimales |
Record absolu |
–19,6 °C (8 janvier 1985) |
| Année la plus froide |
1963 |
| Températures maximales |
Record absolu |
35,8 °C (29 août 1961) |
| Année la plus chaude |
1999 |
| Pluviométrie |
Hauteur maximale de pluie en 24h |
101,2 mm (29 juillet
1978) |
| Année la plus pluvieuse |
1994 |
| Année la plus sèche |
1989 |
| Vent |
Record absolu |
144 km/h (26 novembre 1983)3 |
| Source : Meteo France6 |
Communes
limitrophes
|
Saint-Contest Saint-Germain-la-Blanche-Herbe |
Épron |
Hérouville-Saint-Clair |
|
Carpiquet Bretteville-sur-Odon |
N |
Mondeville |
| O Caen E |
| S |
| Louvigny |
Fleury-sur-Orne – Ifs |
Cormelles-le-Royal |
Administration
et politique locale
Tendances
politiques
Si l'agglomération est fortement ancrée à gauche, Caen est
traditionnellement
une ville centriste. « À droite depuis Guillaume le Conquérant » selon
le
mot de Louis
Mexandeau, l'électorat caennais met au pouvoir une coalition
républicaine au
lendemain de la Première Guerre mondiale,
réunissant sous la direction d'Armand Marie, les anciens adversaires que
sont le
républicain de gauche René Perrotte, et le nationaliste de droite Jules
Séjourné. Dès lors, Caen n'est plus dirigé que par des maires classés à
droite
de l'échiquier politique7. Selon le journaliste Gilbert Rochu,
pour
les Caennais, « l’élu doit être un notable, pas
un
leader »8.
Après les mandats de l'indépendant Yves Guillou et du
républicain-populaire Jean-Marie Louvel,
l'affrontement droite/gauche s'est personnalisé pendant trente ans dans
le duel
permanent entre le maire giscardien Jean-Marie
Girault et le mitterrandien Louis Mexandeau. Lors
des élections nationales, la ville privilégie le candidat socialiste
(second
tour de 1981 : François Mitterrand 52,59 % ; second
tour de 1988 : François Mitterrand : 55,48 % ; second
tour de 1995 : Lionel
Jospin, 50,53 %)9,
alors qu'aux municipales, Louis
Mexandeau, handicapé par une gauche calvadosienne couramment divisée, ne
parvient jamais à battre Jean-Marie Girault. L'héritage de ce dernier
est disputé en 2001, entre la RPR Brigitte Le
Brethon et l'UDF Luc
Duncombe, la première menant finalement la liste de droite et étant élue
sur
le bilan de l'administration Girault. Mais cette opposition jamais
éteinte amène
les deux protagonistes à se présenter en 2008, au bénéfice du président
de
région socialiste Philippe
Duron, qui emporte la mairie après avoir été élu député en 200710.
Maires de Caen
Article détaillé : Liste des maires de Caen.
Depuis l'élection
municipale du 23 mars 2008, le maire de Caen est Philippe Duron (PS)11, en succession de Brigitte Le
Brethon (UMP).
Liste des maires successifs depuis 1945
| Période | Identité | Étiquette | Qualité |
| 23 mars
2008 |
en
cours |
Philippe
Duron |
PS |
Professeur, député, ex-président du conseil régional |
| 24 mars
2001 |
23 mars
2008 |
Brigitte Le
Brethon |
UMP |
Professeur, députée |
| 16 juillet
1970 |
24 mars
2001 |
Jean-Marie
Girault |
UDF |
Avocat, sénateur |
| 20 mars
1959 |
13 juin
1970 |
Jean-Marie
Louvel(1) |
MRP |
Dirigeant d'entreprise, député, ministre, sénateur |
| 18 mai
1945 |
19 mars
1959 |
Yves Guillou |
RPF-CNI |
Ingénieur BTP |
|
(1) : Décédé en cours de
mandat. |
Le Châtelet, premier hôtel de ville de
Caen entre le XIIe siècle et 1754.
|
Hôtel
d'Escoville, hôtel de ville entre 1754 et 1792.
|
Séminaire des Eudistes,
hôtel de ville entre 1792 et 1944.
|
Abbaye aux
Hommes, hôtel de Ville depuis les années
1960
|
Divisions
administratives
La Tour Leroy, ancienne porte médiévale du port de
Caen.
En 195112,
le
territoire de la Guérinière, dépendant de la commune de
Cormelles-le-Royal,
fut officiellement rattaché à Caen.
En 1952, la commune de Venoix (1 339
habitants en 1946) a été rattachée à Caen (51 445 habitants).
En 1990, l’agglomération de Caen s’est organisée en district,
transformé en
2002 en une communauté
d'agglomération (Grand Caen, renommée communauté
d'agglomération Caen la Mer en 2004), regroupant à présent 29 communes
et
223 106 habitants13.
Le président de la communauté
d'agglomération est Philippe Duron depuis le 18 avril 200814
Caen est divisée en 9 cantons dont elle est le chef-lieu, mais
donne son nom à 10 cantons15,16 :
- Le 1er canton est formé d’une partie de
Caen et de la
commune de Bretteville-sur-Odon (16 265 habitants,
dont 12 106 habitants sur la seule commune de Caen) ;
- Le 2e canton est formé d’une partie de
Caen et des communes
d’Authie, Carpiquet, Saint-Contest et Saint-Germain-la-Blanche-Herbe
(25 783 habitants, dont 17 645 habitants sur la seule commune de Caen) ;
- Le 3e canton est formé d’une partie de
Caen (19 118
habitants) ;
- Le 4e canton est formé d’une partie de
Caen et de la
commune d’Épron (14 587 habitants,
dont 12 953 habitants sur la seule commune de Caen) ;
- Le 5e canton est le canton
d'Hérouville-Saint-Clair (qui ne
comprend aucune partie de Caen) ;
- Le 6e canton (aussi appelé
Caen-Hérouville) est formé d'une
partie de Caen et d'une partie d'Hérouville-Saint-Clair (14 590
habitants, dont 9 866 habitants sur la seule commune de Caen) ;
- Le 7e canton est formé d’une partie de
Caen et de la
commune de Mondeville (14 564 habitants, dont 4 334
habitants sur la seule commune de Caen) ;
- Le 8e canton est formé d’une partie de
Caen et des communes
de Fleury-sur-Orne et
Louvigny (18 851 habitants, dont 12 281 habitants sur la seule commune
de Caen) ;
- Le 9e canton est formé d’une partie de
Caen (14 425
habitants) ;
- Le 10e canton est formé d’une partie de
Caen et des communes
de Cormelles-le-Royal et Ifs (22 807 habitants, dont 7 671 sur la seule
commune de
Caen).
Sept des neuf cantons de Caen affichent une étiquette socialiste. Les
deux autres cantons
sont le 1er canton appartenant au Nouveau
Centre et le 6e canton dont le
conseiller général, Rodolphe Thomas, fait partie du MoDem.
Ces cantons appartiennent à l'arrondissement de Caen dont Caen est le
chef-lieu. Cet arrondissement comporte 24 cantons, 288 communes et
404 324
habitants16.
Caen étant chef-lieu de département,
c'est donc le Secrétaire général de la préfecture du Calvados qui est le
sous-préfet de l'arrondissement de Caen, Laurent de
Galard17, en
poste depuis le 24 septembre 200718.
Étant chef-lieu de région, Caen est à la fois le siège de la
préfecture du Calvados et de la Basse-Normandie, son
préfet se nomme Christian Leyrit, ancien préfet de Charente-Maritime, du
Val-d'Oise et de Corse-du-Sud, nommé le 28 juillet 2008 en
remplacement de Michel Bart.
Caen est partagée entre la 1re circonscription et la 2e circonscription du
Calvados, couramment appelées
« circonscription de Caen-Ouest » pour la première et « circonscription
de
Caen-Est » pour la seconde. Les députés de Caen sont respectivement
Philippe Duron19 et Laurence Dumont20,
tous
deux députés socialistes et élus aux législatives
de 2007, les deux circonscriptions étant à droite avant cette date.
Jumelages
Vue de l'église Saint-Pierre et de l'Odon - William Fowler
(1841) - musée des Beaux-Arts de
Caen
La ville de Caen est jumelée avec les villes de :
- Wurtzbourg (Allemagne) depuis
mai 196221,
- Portsmouth (Royaume-Uni) depuis le
6 juin 198722,
- Nashville (États-Unis) depuis le
11 avril 199123,
- Alexandria (États-Unis) depuis le
28 octobre 199124,
- Thiès (Sénégal) depuis le 2 juin 1992
(signature
d'une Charte de Jumelage-coopération)25.
Cultes
Article détaillé : Patrimoine religieux de
Caen.
Culte catholique
Clocher de l'église du Vieux
Saint-Sauveur en 1818.
Article détaillé : Caen (doyenné).
Caen se situe aujourd'hui dans le diocèse de Bayeux et Lisieux,
compris dans la province ecclésiastique de
Normandie. Caen ne fut jamais siège d'évêché mais faisait partie de
l'ancien diocèse de Bayeux.
Le doyenné de l'agglomération caennaise26 comprend 8 paroisses, dont certaines
desservent un quartier de Caen ou comprennent une église situé sur le
territoire
de la ville de Caen.
À cela s'ajoute les chapelles des
couvents et monastères de la ville, dont
celle de l'Oasis où est célébrée la messe,
le dimanche, sous la forme extra-ordinaire.
Cultes protestants
L'Église réformée de
France dispose d'un temple depuis le XVIIe siècle.
Construit en 1611, il fut détruit en 1685. Le deuxième temple, aménagé
au
XIXe siècle dans les dépendances de l'ancien
monastère
des Bénédictines, rue de Geôle, a été détruit en 1944. Le temple actuel a
été
construit en 1959 au 19, rue Mélingue. La paroisse de Caen fait partie
du
secteur Caen-Côte de Nacre du consistoire de
Basse-Normandie.
Le culte anglican est
célébré dans la Chapelle de la Miséricorde, ancienne chapelle des
Cordeliers,
puis des Bénédictines. Les anglicans disposent également d'une aumônerie
au n°39
de la rue du Chemin-Vert.
Le culte
évangélique est célébré dans quatre églises disséminées dans la ville.
Enfin, il existe une église adventiste du
septième jour dans le bas de Venoix.
Une église
évangélique baptiste célébrant deux cultes le dimanche se trouve dans la
rue
Jean-Mermoz dans la partie sud de la ville.
Culte musulman
Les musulmans ne disposent pas de
mosquée sur la commune de Caen. Ils disposent cependant de la salle du
presbytère de la Guérinière, appartenant à Caen Habitat. Une véritable
mosquée
est en cours de construction à Hérouville-Saint-Clair.
Culte
hébraïque
La communauté juive est implantée
depuis le Moyen Âge à Caen dans le quartier Saint-Julien. La rue aux
Juifs
témoigne encore aujourd'hui de cette longue histoire. En 1966, les fonds
levés
par les donateurs locaux et par l'American Jewish Joint Distribution
Committee permettent de construire une nouvelle synagogue au 46 de
l'avenue de la Libération
nouvellement percée sur les ruines du quartier du Vaugueux. Aujourd'hui,
la
communauté est composée d'environ 150 familles27.
Culte mormon
L'Eglise de
Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, Branche (sorte de paroisse)
de
Caen, a sa chapelle rue de la Délivrande.
Population
Démographie
La population de la ville de Caen est estimée à 113 249 habitants au 1er juillet 200628, ceci
en fait la 35e commune de France la plus
peuplée. Son
agglomération29 compte 223 106 habitants30, tandis que la communauté
d'agglomération Caen la Mer totalise 233 321 habitants31.
L'aire urbaine caennaise
affiche enfin 392 381 habitants30, c'est
donc la 21e aire urbaine française,
après celle de Tours et avant celle d'Orléans.
Caen est ainsi la première ville du Calvados et la première ville de
la
Basse-Normandie, son
aire urbaine concentre 57,2 % de la population départementale et 26,1 %
de la
population régionale32.
Les recensements menés par l'INSEE montrent également que la
population caennaise compte 56 191 ménages et 61 319
logements au 1er janvier 200528. La
part des hommes représente 45 % de la population caennaise, celle des
femmes
55 %28.
En ce qui concerne l'état matrimonial des
Caennais, l'étude indique que 51 % de la population est célibataire,
33 %
marié(e), 8 % divorcé(e) et 8 % veuf ou veuve. Le nombre moyen de
personnes par
ménage est de 1,828.
Par ailleurs, 15 116 Caennais vivent en ZUS (Zone urbaine sensible)33, ce qui
ramène une proportion de 13,3 %.
Évolution
démographique
| 1793 | 1800 | 1806 | 1821 | 1831 | 1836 | 1841 | 1846 | 1851 |
| 34 805 |
30 923 |
36 231 |
36 644 |
39 140 |
41 310 |
43 079 |
44 087 |
45 280 |
| 1856 | 1861 | 1866 | 1872 | 1876 | 1881 | 1886 | 1891 | 1896 |
| 41 394 |
43 740 |
41 564 |
41 210 |
41 181 |
41 508 |
43 809 |
45 201 |
45 380 |
| 1901 | 1906 | 1911 | 1921 | 1926 | 1931 | 1936 | 1946 | 1954 |
| 44 794 |
44 442 |
46 934 |
53 743 |
54 128 |
57 528 |
61 334 |
51 445 |
67 851 |
| 1962 | 1968 | 1975 | 1982 | 1990 | 1999 | 2006 | 2007 | - |
| 91 720 |
110 262 |
119 640 |
114 068 |
112 846 |
113 987 |
110 399 |
109 630 |
- |
Nombre
retenu à partir de 1962 : population sans doubles
comptes. (Sources : EHESS34 et INSEE35,36) |
Histogramme
(Élaboration graphique par
Wikipédia)
Aujourd'hui, les communes limitrophes de Caen, celles de la
communauté
d'agglomération Caen la Mer, celles de l'aire urbaine et même celles du
Pays de Caen connaissent une
poussée démographique remarquable37,
contrairement à la commune de Caen
intra-muros. Le logement moins cher, le cadre de vie et la campagne
calme et
paisible se conjuguent aux avantages d'une ville que peut présenter
celle de
Caen et qui restent très accessibles grâce aux infrastructures dont elle
dispose.
Pyramide des âges de Caen en 200638 en pourcentage.
| Hommes | Classe d'âge | Femmes |
|
0,4
|
Avant 1916 |
1,1
|
|
5,7
|
1917-1931 |
10,1
|
|
9,3
|
1932–1946 |
11,9
|
|
16,4
|
1947-1961 |
16,5
|
|
19,7
|
1962-1976 |
16,4
|
|
33,6
|
1977-1991 |
31,5
|
|
14,8
|
1992-2006 |
12,5
|
Logements
Caen comptabilisait 61 319 logements en 2005. Sur les 58 266
logements de
1999, 93,3 % étaient des résidences principales, 0,4 % des résidences
secondaires, 0,9 % des résidences occasionnelles et 5,4 % des logements
vacants39.
Les logements individuels représentaient, en 1999, 19,9 % de
l'ensemble des
logements, les logements dans un immeuble locatif en représentaient donc
80,1 %39.
Une très grande partie des logements caennais (54,9 %) ont été
construit
entre 1949 et 1974 ; 17,9 % avant 1949, et donc 21 % après 1974.
Seulement 3,6 %
des logements ont été achevés durant les années 199039,
pourcentage bien inférieur à la moyenne régionale, la proportion moyenne
de
logements bas-normands achevées pendant la décennie 1990 étant de 9,5 %40.
Histoire
Articles détaillés : Histoire de Caen et Chronologie
de
Caen.
Origines
et
étymologie
Château de Caen, porte des
champs
On dispose de peu de renseignements concernant la fondation de la
ville de
Caen et l’origine de son nom. Les hypothèses à ce sujet sont multiples
et la
plupart du temps farfelues, comme la suivante:
Cette ville ayant été, à l’origine, un lieu de péage, certains ont
émis
l’hypothèse que le mot « Caen » puisse être la déformation du saxon
« Gatehēm »41signifiant
« maison de la barrière ».
On possède un grand nombre d'attestations anciennes du nom sous
diverses
formes:
- Cadon 1021-1025.
- Cathim (charte de Richard III de Normandie à propos du
douaire de son épouse, Adèle de France, 1026).
- Cadomo 1032.
- Cadum, Cathum (chronique saxonne composée dans les XIe-XIIe siècles).
- Cathum (Florence de Worcester).
- Cahom (Henri de Huntingdon).
- Cahem (chronique de Robert, abbé du Mont-Saint-Michel).
- Cahem, Caem, Chaem, Caam, Caan (Wace).
- Variantes : Came, Cane, Kan, Kame, Cam,
Cathem, Catheim.
- Vers le XVe siècle, on n'utilise
plus que Cadomus (forme
latinisée) ou Caën.
Cela permet d'organiser un corpus cohérent conforme à l'évolution
phonétique connue des langues d'oïl:
Cadomo > Cadon pour *Cadom > Cathum pour
*Cathom > Cathem > Cahem....phénomène bien
connu de
la lénition de l'intervocalique
/d/ > /ð/ > / /. Cette évolution est comparable à celle de
Rouen, attesté à époque ancienne comme Ratomagos, Rotomagus.
Formes attestées Rodomo >
Rothom > Rothem > Rohem. D'autres Ruan,
Rouans, etc. offrent des formes comparables42. Le
second élément, celtique magos > magus « champ,
marché » (cf.
vieil irlandais mag « plaine »), semble être le même. Le premier
est
probablement gaulois (vieux celtique) également, selon la plus
vraisemblable des
hypothèses fondée sur la phonétique, on peut proposer catu- « activités
militaires, combat » attesté dans le peuple des Caturiges. Comme la
lénition est commune au celtique
et au français (ici de /t/ à
/d/), il a évolué en: gallois cad, breton kad, irlandais
cath « combat » et en cad- en protofrançais d'où les
formes Cadon, Cadomo43,44.
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Le vray Pourtraict de Caen en 1575 par François de
Belleforest
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Cadomus-Caen durant le Grand Siècle (1672)
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Caen à l’époque
classique (1705)
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Caen à la Belle
Époque (vers 1890)
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De
la préhistoire au haut Moyen Âge
Il existait sur le site de la ville de Caen des petits noyaux
d'habitats
préhistoriques dispersés sur les bords de l'Odon et sur les hauteurs.
Du Ier siècle au IIIe siècle,
un bourg s'est développé à l'emplacement de
l’actuelle Abbaye
aux Hommes à proximité d'une voie romaine reliant Augustodurum (Bayeux) à Noviomagus (Lisieux). Ce bourg n'était qu'un vicus
sans fonctions politiques ou administratives, ce
rôle étant attribué à Aregenua, capitale des Viducasses située à
une quinzaine de kilomètre au
sud de Caen. Sa vocation était essentiellement artisanale. Le bourg
connait de
profond changement au IIIe siècle. À
partir de 275, les invasions barbares mettent fin à la
prospérité antérieure et désorganisent les réseaux commerciaux. On
constate que
le bourg artisanal se tourne progressivement vers les activités
agricoles. À la
même époque, la transgression marine dunkerquienne
provoque une montée progressive des eaux qui a pour conséquence une
multiplication des inondations. À la fin du IIIe siècle,
les bâtiments sont laissés au marécage qui
progresse et les habitants se déplacent vers le coteau légèrement plus
au
nord.45
Aregenua perd de son importance et l'actuel territoire de Caen
passe
sous l'influence d'Augustodurum. Au VIIe siècle,
des missionnaires venus de Bayeux, notamment
saint Regnobert,
fondent des oratoires, entourés de leur
cimetière, le long de
l'ancienne voie romaine au centre de petits villages isolés dans la
vallée de
l'Orne et des Odon. Les invasions normandes viennent interrompre
cet essor pré-urbain.
Caen
sous les
ducs de Normandie
Articles détaillés : Château de Caen et
Fortifications de Caen.
Au Xe siècle, un nouvel essor urbain accompagne le
grand
redémarrage du duché de Normandie. Les paroisses
Saint-Étienne, Saint-Sauveur, Saint-Georges, Saint-Gilles46 et probablement
Saint-Michel-de-Vaucelles sont
fondées à cette époque. Une ville, constituée de plusieurs noyaux,
commence à se
structurer sur l'axe reliant Saint-Pierre à Saint-Martin en passant par
Saint-Sauveur. Au début du XIe siècle, le
premier texte se référent à Caen (la charte de l’Abbaye de Fécamp)
décrit « la ville qui s'appelle Cathim, sur la rivière Orne, de part
et
d'autres, avec ses églises, ses vignes, ses prés, ses moulins, avec le
marché,
le tonlieu et le port, et toutes ses dépendances ».
Ce mouvement urbain est confirmé et accru au XIe siècle
par la politique de Guillaume le Conquérant et Mathilde de
Flandre. En 1047, après sa victoire à la
bataille du Val-ès-Dunes, le duc
de Normandie organise le Concile de la
Trêve de Dieu sur
la rive droite de l'Orne vers Vaucelles47 et fait construire en 1061 la
chapelle Sainte-Paix (alors sur le
territoire de Mondeville) pour recueillir des reliques
de saints amenées pour cette occasion. Surtout, il fait édifier dans la
deuxième
partie du XIe siècle une vaste forteresse sur l'éperon
rocheux dominant
la vallée de l'Orne ; le duc et sa cour résident plusieurs fois dans le
château de Caen.
Le couple ducal fonde également deux grandes abbayes à l'est et à
l'ouest du
tissu urbain existant. Ils s'y font inhumer, en 1083 à l'abbaye aux
Dames pour Mathilde de Flandre et
en 1087 à l'abbaye aux Hommes pour Guillaume le
Conquérant. D'un gros bourg de constitution anarchique, Caen devient la
seconde
capitale de la Normandie, au détriment de Bayeux qui voit sa prééminence
rapidement remise en
cause. Ainsi, c'est dans la cité développée par leur père que Guillaume
II le Roux, roi
d'Angleterre, et son frère aîné, Robert Courteheuse, duc
de Normandie, signent en 1091 le traité de Caen censé
régler les querelles de succession. La ville se développe sous Robert
Courteheuse qui fait creuser un canal entre l'Orne et l'Odon formant
ainsi l'île
Saint-Jean ; ce bras d'eau, appelé canal Robert, a pour effet d'assainir
ce
terrain marécageux, d'offrir une protection face aux agressions
extérieures et
d'ouvrir un bief permettant l'érection de moulins. Son frère, Henri Ier Beauclerc, qui s'empare du royaume
d'Angleterre en
1100 et du duché de Normandie six ans plus tard, fait aménager le
château en
construisant un donjon et une nouvelle
salle d'apparat (actuelle salle de l'Échiquier).
Chevet de l’abbatiale Saint-Étienne
En 1203, Jean sans Terre affranchit la commune de
Caen qui peut alors se doter d’un beffroi, d’une cloche, d’un sceau et
d’un hôtel de
ville, bâti sur le pont Saint-Pierre. Au cours de l’incorporation du
duché à
la France par le roi Philippe II Auguste, Caen tombe le 21 mai 1204,
avant Rouen.
Le roi de France conserve les droits municipaux et remanie profondément
les
défenses du château (construction de la chemise du donjon et .
Façade de l’abbaye aux Dames
Guerre de Cent Ans
Au début de la guerre, la ville est ravagée une première fois après
avoir été
prise en 1346 par Édouard III d'Angleterre. En 1417, la ville de Caen
oppose à nouveau une
résistance héroïque à l’envahisseur anglais qui massacre 2 000
bourgeois, pille
et traite les survivants en rebelles à « leur » roi. La région de Caen
sera le
lieu d’une très vive résistance à l’occupant anglais qui y procédera à
un grand
nombre d’exécutions de résistants entre 1418 et 1450. La fondation, en
1432, de l’université de Caen fait
partie des mesures du duc
de Bedford, régent de Normandie, afin de tenter de se concilier la
population caennaise. La fin de l’année 1434 voit un soulèvement
commandé par Jean de Chantepie. La Normandie redevenue française,
Charles VII la récompensera de sa « fidélité et loyauté » en
confirmant tous ses
privilèges et libertés en 1458 (confirmation
de la Charte
aux Normands).
Le Temple réformé de Caen
XVIe siècle
Lorsque les Protestants prennent le contrôle de la ville en
avril 1562, leur iconoclasme s'en prend, entre autres, au tombeau de
Guillaume le Conquérant et de la
reine
Mathilde. Le service catholique est suspendu. Arrivé à Caen en décembre
1562, le chef du parti huguenot, l'amiral de Coligny, ordonne, avant son
départ le 19 mars 1563, la
démolition, « afin d'avoir le profit qui se tireroit des plombs ont
elle
étoit couverte », de l'Abbaye aux Hommes dont le chartrier est
brûlé. En 1584, la peste fait 10 000
victimes à Caen. Le Parlement de Normandie et la Cour des Aides et la
Chambre
des Comptes sont déboublés à Caen de janvier 1589 à avril 1594 suite au
soulèvement de Rouen contre le roi ; les parlementaires fidèles au roi
se rendant à Caen48.
XVIIe siècle
La Révolte des va-nu-pieds amorcée à
Caen le 13 août 1639 fut
menée par un certain Bras-Nus se donnant le grade de colonel
de
l’armée souffrante ; il finit roué. Prudemment restée à l’écart des
troubles
de la Fronde,
Caen va voir la création de l’Académie
des sciences, arts et belles-lettres de Caen et de la première Académie
de
Physique de France qui lui acquerra une réputation de capitale des beaux
esprits
et le surnom d’« Athènes normande ».
Au XVIIe siècle, la croissance démographique et l’essor
économique que connait la ville sous le règne personnel de Louis XIV
obligent la ville à lancer de grandes opérations d’urbanisme afin de
régler les
problèmes posés par la congestion de la circulation et la pression
démographique. Entre 1629 et 1635, la ville fait détruire les maisons
qui se trouvaient
entre le carrefour Saint-Pierre et le Châtelet et déplacer la partie du
cimetière de l’église Saint-Pierre qui se trouvait derrière ces maisons.
La place
Saint-Pierre est ainsi formée dans le deuxième quart du XVIIe siècle. La ville, trop à l’étroit dans ses
murailles,
finit par repousses ces frontières en investissant les Petits près.
Entre 1609 et 1603, la ville fait abattre des maisons pour transformer
en rue une simple venelle servant à conduire les chevaux à l’abreuvoir