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 Bordeaux X

Bordeaux est une commune du Sud-ouest de la France, chef-lieu de la région Aquitaine et préfecture du département de la Gironde.

Ses habitants sont appelés les Bordelais.

À la tête de la communauté urbaine de Bordeaux, la commune compte 235 178 habitants (recensement 2007)1, l'agglomération 809 224 habitants et l'aire urbaine plus d'un million d'habitants.

À ce titre, Bordeaux constitue l'une des métropoles d'équilibre de France.

La ville est connue dans le monde entier pour son vignoble, surtout depuis le XVIIIe siècle, qui fut pour elle un véritable âge d'or. Capitale de l'ancienne Guyenne (le nord de l'Aquitaine actuelle), Bordeaux fait partie de la Gascogne et est située en bordure des Landes de Gascogne.

Une partie de la ville, le Port de la Lune, est classée depuis juin 2007 au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO pour l'ensemble urbain exceptionnel qu'elle représente2.

 

Toponymie

Par le passé, plusieurs hypothèses ont tenté d'expliquer l'origine du nom Bordeaux. Isidore de Séville dans son Histoire du Béarn avançait comme origine Burgos Gallos (le bourg gaulois) ; en 1695, le Mercure de France proposait « la bourde et la jalle ». Dans Recherches sur la ville de Bordeaux, l'abbé Baurein se basait sur origine celtique de burg (la ville) et de cal (le port)3.

L'origine de Burdigala se trouve dans deux racines aquitaines *burd- et *gala signifiant respectivement « boueux » et « crique ». *Burd- est dérivée du pré-latin *bard- qui est aussi l'origine au nom du village basque de Bardos. *Gala vient du pré-latin *cal- traduit par « crique » et dont dérive le mot « calanque »4. Selon Michel Morvan, la signification primitive de Burdigala devait être « crique ou abri dans les marais »5.

Au Moyen Âge, Burdigala évolue en Burdegale, certaines monnaies présentent aussi Burdeghla et Burdiale. Une forme en langue d'oc Bordelh apparaît dans le troisième couplet du sirventès de Bertran de Born D'un sirventes no m qual far longo ganda (« Sai de Bordelh, ni dels Cascos part landa »), et la forme latine Burdellum, dans une lettre de 1147 à l'abbé Suger. Les premières formes gasconnes sont Bordeu et Bordel, au XIXe siècle Luchaire indique que le paysan gascon prononçait aussi Burdéu6 devenant sous sa forme moderne Bordèu7. La forme française de Bordeaux provient de l'ancien pluriel de Bordel (langue d'oïl, petite cabane) qui donne au XVIIIe siècle Bourdeaux puis Bordeaux.

Homophonie fortuite avec Bordeaux-Saint-Clair.

Histoire

L'Antiquité

Article détaillé : Burdigala.

Les dernières recherches en archéologie nous indiquent que la fondation de Bordeaux remonte au moins au Ve siècle av. J.-C.. En effet, une première agglomération a été décelée dès cette époque au bord de la Garonne sur la rive gauche de la Devèze. On peut penser que l'autorité romaine l'a donnée comme chef-lieu aux Bituriges Vivisques qui se seraient donc installés sur le site8. On est alors au IIIe siècle av. J.-C. ; BurdigalaN 1 en latin. Les Bituriges Vivisques (littéralement « Bituriges déplacés »)réf. souhaitée, sont un peuple gaulois issu de la région de Bourges qui contrôlait, depuis le port intérieur, le trafic de l'étain amené d'Armorique. Ils plantent des vignes sur les bords de la Garonne et introduisent un cépage d’origine albanaise, résistant au climat océanique et aux conditions géologiques de la région, la « biturica ».
Le premier emplacement est situé à l'embouchure de la Devèze, un affluent de la Garonne, proche de la Gironde. La naissance de Bordeaux n'est pas liée aux qualités du site, car, ville d'embouchure située sur une avancée du plateau landais, elle est longtemps cernée de marais pestilentiels. C'est précisément ce sens de « marais boueux » que conserve encore de nos jours une rivière appelée Eau Bourde passant au sud de la ville.

En 56 av. J.-C., est accueilli à Bordeaux le lieutenant de César, Publius Crassus et, en 52 av. J.-C., Bordeaux accueille le premier urbanisme romain. Le cardo et le decumanus (aujourd'hui rue Sainte-Catherine et rues Porte Dijeaux et St Remy, et cours de l'Intendance) sont tracés et l'on construisit des aqueducs, des temples, un amphithéâtre et une curie. Bordeaux est à l'époque un emporium, c'est-à-dire un comptoir de commerce, contrôlant les routes de l'étain et du plomb entre les ports gaulois de la Loire et la République romaine.
Elle est érigée en civitas administrée par un collège de magistrats.

En 28 av. J.-C., la ville est l'une des quatorze cités de la Gaule aquitaine.

En 48, elle acquiert le statut prestigieux de municipe de droit latin.

Palais Gallien

Burdigala se développe et finit par devenir une des villes les plus opulentes de la Gaule. Entre 40 et 60, sont implantés sur les coteaux Nord de la rive gauche les premiers plants de vigne à l'origine du vignoble bordelais. En 70, elle est déclarée par l'empereur Vespasien capitale administrative de la province romaine d’Aquitaine qu'elle ravit à Mediolanum Santonum (Saintes). La ville est particulièrement prospère sous la dynastie des Sévères (193-235), elle englobe alors le mont Judaïque, actuel quartier Saint-Sernin. De cet âge d'or, datent des monuments illustres, dont le forum (Piliers de Tutelle) et le Palais Gallien (amphithéâtre pouvant contenir 15 000 personnes sur ses gradins en bois).

La ville est victime de la révolte de l'empereur des Gaules, Tetricus (271-273/274), puis des troubles des Bagaudes.

Durement frappée par les invasions barbares de 276 (la ville est pillée et incendiée), la cité édifie (selon le tracé actuel des cours d'Alsace-Lorraine, de la rue des Remparts et des cours du Chapeau Rouge et de l'Intendance) un castrum qui est construit en 286. Il s'agit d'une enceinte de 740 m sur 480 dont les murs ont une hauteur de 10 m et une largeur de 5 m.
On reconstruit également le port intérieur dans lequel s'écoule la Devèze par 26 bouches de bronze.
La ville continue à briller pendant près d'un siècle, grâce au commerce de suif, de cire, de poix et de papyrus.
Elle s'illustre par ses poètes chrétiens (Ausone, 309-394) et ses saints (saint Paulin de Nole, 353-431).

Le Moyen Âge

Au IVe siècle, la ville est christianisée par saint Hilaire et saint Martinréf. nécessaire. Elle devient la métropole de l’Aquitaine Seconde (370-508) et connaît les premières hérésies (priscillianisme). Cette période de prospérité de Burdigala est interrompue par différentes invasions : les Alains, les Suèves et les Vandales en 409, les Wisigoths d’Athaulf en 414 et les Francs en 498.

Le VIIe siècle marque un temps fort dans l’organisation paroissiale de Bordeaux avec la fondation des églises Saint-Rémy, Saint-Pierre et Saint-Siméon.

L’émir Abd al-Rahman remporte la bataille de Bordeaux et pille la ville en 731, puis Charles Martel la conquiert sur Eudes d'Aquitaine en 7359.

Au Xe siècle, Ibrahim ibn Ya'qub marchand andalou envoyé par le Calife Omeyade de Cordoue décrit la ville en ces termes :

BurdhilBordeaux. Ville du côté de la France, riche en eau, en fruits et en céréales. La plupart des habitants sont chrétiens. Elle a des bâtiments élevés construits sur d'énormes colonnes. Sur son rivage, on trouve de l'ambre de bonne qualité. On raconte que lorsque l'hiver est très rigoureux et leur interdit de naviguer, les gens se rendent dans une île proche, nommée Anwâtâ (l'île du Médoc), où il y a une espèce d'arbre appelée mâdiqa(medica). En cas de famine, ils écorcent cet arbre et trouvent entre le liber et le bois une substance blanche (l'aubier) dont ils se nourrissent pendant un mois, deux mois ou même plus, jusqu'à ce que le temps s'améliore. Il y a un mont dominant la ville et l'Océan, avec une statue au sommet, comme pour dire aux gens de ne plus s'aventurer sur l'Océan, afin que ceux qui quitteraient Burdhil pour prendre la mer y renoncent.10.

À la fin du IXe siècle, la ville est pillée par les Normands : une bande menée par le chef viking Hasting11 met le siège fin 847. Le roi d’Aquitaine Pépin II ne fait rien pour aider la ville, et c’est Charles le Chauve qui détruit une flottille de neuf drakkars sur la Dordogne, mais ne peut faire lever le siège. Bordeaux est prise en février 848 ; néanmoins, les Grands d’Aquitaine élisent Charles le Chauve roi d’Aquitaine le six juin12.

La ville participe aux révoltes des ducs d’Aquitaine et est soumise par Pépin le Bref en 768, puis, en 778, par Charlemagne qui en fait la capitale du royaume d'Aquitaine et celle d’un comté rattaché d'abord au duché de Gascogne (de 852 à 1032), puis du duché d'Aquitaine sous les autorités successives des comtes de Poitiers, (de 1032 à 1137), et des Capétiens, (de 1137 à 1152).

La cathédrale Saint-André est consacrée en 1096.

Il faut attendre le XIIe siècle pour que Bordeaux retrouve sa splendeur. En effet, suite au mariage d’Aliénor d'Aquitaine, ancienne épouse de Louis VII, avec Henri II Plantagenêt en 1154, la ville est alors rattachée à la couronne anglaise. Elle le reste pendant trois siècles, tout comme l’Aquitaine qui, prononcée à l’anglaise, devient la Guyenne.

Bordeaux s’agrandit et de nouvelles enceintes sont édifiées : en 1227 au sud, pour protéger les quartiers neufs (rue Neuve, la Rousselle, ...) ; en 1327, pour intégrer les nouveaux faubourgs (Sainte-Croix, Sainte-Eulalie, Saint-Michel). Les paroisses de Saint-Michel et de Saint-Pierre se peuplent alors d’artisans (forgerons, charpentiers ou fustiers) laissant leur nom aux rues des Faures et de la Fusterie.

Au-delà des remparts, se développe le bourg de Saint-Seurin, et apparaît au nord, au bord de la rivière, le couvent des Chartrons. Durant cette période, de nombreuses congrégations religieuses se sont installées à l'abri de la nouvelle enceinte : les Carmes, les Menuts, les Augustins au sud, les Jacobins au nord.

Le roi d'Angleterre, Jean sans Terre, octroie la création de la Jurade de Bordeaux qui reçoit le monopole du pouvoir municipal.

En 1295, Philippe le Bel occupe temporairement la ville, mais Bordeaux reste hors de son autorité.

C'est au cours du XIIIe siècle que Bordeaux redevient prospère grâce au commerce du vin avec l’Angleterre. C'est à cette époque que la cathédrale Saint-André et la Grosse cloche sont construites. L’archevêque de Bordeaux, Bertrand de Got, devient pape sous le nom de Clément V en 1305. De 1362 à 1372, sous le règne du Prince Noir, vice-roi au nom de son père, Bordeaux devient capitale d’un état quasi-indépendant, mais le prince doit renoncer à son projet d'ériger la Guyenne en état souverain.

En 1403 la ville est partiellement incendiée par une escadre franco-espagnole.

Le 29 juin 1451, Charles VII occupe la ville qui est reprise par l'Anglais John Talbot en 1452.

En 1453, suite à la bataille de Castillon, la ville redevient une possession française et la guerre de Cent Ans s'achève. Mais la ville n’apprécie guère la tutelle du roi de France. Charles VII décide en 1495 de faire de Bordeaux, restée assez anglophile, une ville royale et d’y faire édifier plusieurs forteresses pour dissuader les bordelais de se révolter contre la monarchie : le fort Louis au sud, le fort du Hâ pour défendre la ville des attaques venant du sud et de l’ouest, et le château Trompette pour la protéger du côté de la Garonne. Le commerce du vin avec l’Angleterre s’arrête et la ville perd alors sa prospérité. En 1462, le roi Louis XI rend ses libertés à la ville en lui donnant un parlement.

L'époque moderne

Au XVIe et au XVIIe siècle : agitations et lente intégration au royaume de France

Le début de la période moderne coïncide pour la ville de Bordeaux au basculement de la domination anglaise vers la domination française (1453). C'est une époque de profonds bouleversements dans tous les domaines :

  • dans le domaine politique, les larges libertés obtenues par la municipalité lors de la période anglaise sont confrontées à la mise en place d'un État puissant dans le royaume de France
  • dans le domaine économique, les relations privilégiées avec l'Angleterre, notamment dans la vente du vin, sont fragilisées
  • dans le domaine culturel, la ville participe aux évolutions de la Renaissance avec le développement de l'humanisme (illustré par Montaigne et La Boétie) et la division du christianisme (importance des guerres de religion dans le sud-ouest de la France)

Cela explique l'agitation que connaît la cité bordelaise durant les deux premiers siècles de la période moderne :

  • En 1548, une grande révolte oppose les Bordelais au pouvoir royal. À la suite de la jacquerie des pitauds, la population se révolte contre la fiscalité (impôts des cinquante mille hommes de pied) et pour les libertés publiques. Les insurgés encerclent le 21 août le fort du Hâ et le château Trompette. Ils massacrent le gouverneur du roi M. de Moneins et vingt officiers des gabelles. Le roi Henri II ordonne au connétable Anne de Montmorency une répression exemplaire. La cité perd ses privilèges. Elle est désarmée, verse une amende et son parlement est suspendu. En ville, 140 personnes sont condamnées à mort réf. nécessaire. La répression s’étend ensuite dans les campagnes alentours où l’on pend les meneurs. Néanmoins, en 1549, Henri II amnistie la cité. Ces événements ont inspiré à Étienne de la Boétie son Discours de la servitude volontaire réf. nécessaire.
  • Quinze ans plus tard, la ville est touchée par les guerres de religion. En 1562, Duras, capitaine protestant, échoue à prendre le château Trompette, avant d’être battu dans le Périgord par Monluc. Charles IX entre dans la ville le 9 avril 1565 lors de son tour de France royal (1564-1566), accompagné de la Cour et des Grands du royaume : son frère le duc d’Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine13. Ce voyage est entrepris pour apaiser les guerres de religion. Les protestants ont été éliminés de la ville, et un syndicat ou ligue de bourgeois se met en place dès 1563 pour conserver la religion catholique. Le massacre de la Saint-Barthélemy (24 août 1572 à Paris) se répète à Bordeaux le 3 octobre, où les protestants sont exterminés, le Parlement ayant planifié les opérations et les massacreurs étant excités par les prêches des prêtres catholiques. Le lieutenant du roi tente d’empêcher les tueries, mais le maire laisse lui aussi faire, le bilan s'élève à 200 ou 300 morts14. En 1585, Montaigne est élu maire de Bordeaux par les Jurats. La ville s'apaise et trouve une nouvelle source de profit dans le commerce du pastel de Garonne.
  • Pendant les luttes de la Fronde entre la noblesse française et le roi, les bourgeois bordelais forment l'Assemblée de l'Ormée. Ce n'est qu'en 1653, que Bordeaux est soumise par les armes et que le jeune Louis XIV y fait une entrée solennelle.
  • En 1675, les parlementaires laissent se développer la révolte du papier timbré, provoquée par une hausse des impôts. Le Parlement est exilé plusieurs années à Condom, et la ville doit loger à ses frais plusieurs régiments. Alors que la fonction de commissaire de police est supprimée après cette révolte, progressivement, une « police de proximité » se met en place, comme à Paris et à Toulouse15. En effet, depuis le XVIe siècle à Bordeaux, les jurats ont créé la fonction de « dixainier », chargés de dénoncer au Jurat les contravention aux ordonnances de police (« pour le nettoiement des rues, le port d'armes, et tardivement la déclaration des étrangers » à la ville16). Depuis une ordonnance royale du 5 mai 1674, les dixainiers doivent veiller à ce que les habitants et hôteliers déclarent bien au Jurat les étrangers qu'ils hébergent16.

Le XVIIIe siècle : Siècle d'or et système colonial

Plan de Bordeaux et de ses environs, par Hippolyte Matis (1716-1717)

Bordeaux connaît son second apogée du milieu du XVIIe siècle jusqu'à la Révolution française. Cette prospérité provient à nouveau de son port, qui va devenir le premier port du royaume. Ainsi, la ville compte 40 000 habitants en 1700, ce qui en fait l'un des centres urbains les plus importants du royaume15 La ville commerce le vin, mais aussi le sucre colonial et les esclaves. Au même titre que Nantes, La Rochelle, Lorient, Marseille et bien d'autres, elle devient en effet un centre négrier et permet à certaines grandes familles de négociants de s'enrichir grâce au commerce triangulaire. En 1571, le Parlement de Bordeaux s'était pourtant prononcé contre l'esclavage. Il existait une forte tradition humaniste à Bordeaux dont le plus célèbre représentant fut Montaigne. En 1548, Étienne de La Boétie, membre du Parlement de Bordeaux, avait rédigé un des premiers textes anti-esclavagistes européens, « Le discours de la servitude volontaire ». La traite des noirs, déjà initiée par les grandes compagnies portugaises ou anglaises notamment, va se développer peu à peu en France. La place privilégiée du port de Bordeaux va susciter la convoitise de riches familles de négociants qui vont vouloir s'enrichir grâce à la traite. Ainsi, nombreux vont être les aventuriers qui vont s'installer dans la ville de Bordeaux en ce sens. La plupart sont originaires du Portugal, d'Irlande ou de la région du Tarn. Les plantations esclavagistes de la partie française de Saint Domingue appartiennent aussi en grande partie à ces riches nouveaux Bordelais. Bordeaux se hisse ainsi, en 1743, au rang de cinquième port réf. nécessairenégrier français à égalité avec Le Havre. Il est encore bien loin - avec moins de cinquante navires depuis le début du siècle - du colosse nantais, qui expédie cette année-là son cinq centième navire vers les côtes guinéennes réf. nécessaire.

La peste de Marseille, en 1720, conduit Bordeaux à prendre des mesures de précaution, tandis que sa population élevée soulève des problèmes d'ordre public.

Les archevêques, les intendants et les gouverneurs installés par le roi, embellissent la ville, assèchent les faubourgs marécageux et insalubres et aménagent les anciens remparts. Les intendants Louis-Urbain-Aubert de Tourny et Claude Boucher font, à moindre échelle, ce que fit cent ans plus tard le baron Haussmann à Paris. L'architecte André Portier construit, à la place des portes fortifiées de la vieille ville, des arcs de triomphe majestueux comme la porte d'Aquitaine (place de la Victoire), la porte Dijeaux (place Gambetta/ Rue Porte Dijeaux), la porte de la Monnaie (quai de la Monnaie) ou encore la porte de Bourgogne (place Bir-Hakeim). La ville se dote également d'un opéra construit par Victor Louis.

À la demande de Tourny, l'architecte de Louis XV, Ange-Jacques Gabriel, crée le Jardin public, voulu comme un espace vert et un haut lieu de promenade qui rencontre très vite la faveur des Bordelais. Gabriel construit aussi la vitrine de la ville : la place de la Bourse, magnifique ensemble XVIIIe siècle de type versaillais, qui donne sur les quais. Elle sert dans un premier temps d'écrin à la statue équestre du roi Louis XV, statue fondue en 1792 et remplacée en 1869 par la fontaine des Trois Grâces, réalisée d'après des plans de Louis Visconti17.

La flèche Saint-Michel est construite.

Commence à cette époque l'ascension du sieur Pufeder (possiblement de la même famille que François Pufeder, maréchal des logis de la ville à partir de 1617, puis commissaire de police en 1637), qui est chargé d'établir les certificats de santé pour les nouveaux venus. Celui-ci devient en 1724 « préposé à la déclaration des étrangers », nommé par l'intendant Claude Boucher15. Il est chargé de recevoir les déclarations des hôteliers, aubergistes ainsi que des dixainiers. Mais il occupe aussi d'autres fonctions : il accompagne ainsi des soldats à la recherche d'un déserteur dans la ville, afin d'éviter les heurts avec les habitants, ou rend la justice militaire en cas de « bavure » d'un garde15. En 1747, Pufeder fils, qui a hérité de la même charge, envoie un mémoire à l'intendant Tourny afin d'améliorer la qualité du recrutement de cette nouvelle institution policière15. Il projette de diviser Bordeaux en seize quartiers, d'instituer quatre cinquanteniers (ou « inspecteurs ») dans chaque quartier chargé de superviser l'action des dixainiers, dont le nombre serait réduit à 25615. Peu de temps auparavant, Tourny avait créé des commissaires de police, à Limoges, sur le modèle parisien15. Outre ce nouvel office, la police active est assurée, dans la première moitié du XVIIe, par la « milice bourgeoise » et par le guet, qui patrouillent la nuit ou gardent les portes de la ville lors de l'épidémie de Marseille15. La réforme de la police défendue par Pufeder n'a pas lieu, mais l'autorité de ce dernier sur les dixainiers grandit15. À partir de la moitié du XVIIIe siècle, les dixainiers sont remplacés par des commissaires de police, issus du monde des magistrats et d'officiers subalternes, qui tiennent des registres des habitants ainsi que des étrangers logeant dans les hôtels15. La police se professionnalise progressivement, processus qui arrive presque à terme en 177015. La milice est écartée au profit du guet, une troupe soldée, vers la fin des années 1750, tandis qu'une forme de « militarisation » de celle-ci intervient (avoir servi dans les troupes devient une condition d'engagement)15. Le guet est au service des commissaires de police et du commis à la déclaration des étrangers, qui fait des descentes nocturnes dans les auberges à partir de 175015.

La guerre de Sept Ans (1755-1763) freine les ardeurs maritimes de négociants bordelais. La suprématie navale des Anglais est incontestable et rares sont ceux qui se risquent dans des entreprises aussi aléatoires. Le port girondin développe alors une activité corsaire, qui, bien que risquée, apparaît très profitable. La reprise ne se fait pas attendre. De 1763 à 1773, les armateurs bordelais déportent 22 220 Africains réf. nécessaire. À elle seule, la maison Paul Nairac & Fils (famille d'origine de la région du Tarn)aîné totalise 2 500 « têtes » réf. nécessaire. Mais ce sont les armements Jean Laffont aîné et Laffon de Ladebat, qui réalisent, cette décennie, une grande part du trafic (20 % réf. nécessaire), déportant 4 338 hommes et femmes réf. nécessaire. La traite a le vent en poupe et nombreux sont les Aquitains qui profitent de façon plus ou moins directe de l'essor du marché. Les annonces du Journal de Guyenne révèlent la diversité des corps de métiers impliqués dans le commerce colonial. Ainsi M. Idlinger, négociant rue de la Rousselle, propose en 1787 une sélection de bonnets de laine et guinées (pacotilles) pour la traite réf. nécessaire. Non loin de là, rue du Soleil, M. Charlot, maître de chai, vend des « chaînes et fers à nègres, une chaudière en cuivre, et 60 pièces d'eau de vie » réf. nécessaire. Pourtant, dès 1788, l'Académie des Sciences, Belles-lettres et Arts de Bordeaux discute et fait publier un Discours sur la nécessité et les moyens de détruire l'esclavage dans les colonies présenté par André-Daniel Laffon de Ladebat.
Si l'on a du mal à estimer les profits produits par la traite, il est sûr que celle-ci a fait vivre des centaines de milliers d'Aquitains, petits ou grands, à la mesure de leur investissement et de leurs positions dans l'économie coloniale18.

La ville devient une des capitales européennes des Lumières dont Montesquieu est le précurseur. Bordeaux se rallie à la Révolution et devient le chef-lieu de la Gironde (1790). Un groupe politique, la Gironde, se forme.

Au lendemain de l'exécution des Girondins (le 2 juin 1793), Bordeaux se soulève contre la Commune de Paris. Tallien fait régner la Terreur et la commission militaire, présidée par Lacombe, organise 300 exécutions réf. nécessaire.

La Révolution et l'abolition de l'esclavage en février 1794 ne changent rien à la réalité du trafic. Reprenant de vieilles habitudes, Bordeaux se fait corsaire et pille les navires anglais, leur laissant le soin au passage d'endosser la responsabilité de la traite... sans les bénéfices. Les esclaves capturés sur les navires anglais sont vendus dans les colonies françaises. L'un des principaux armateurs en course bordelais est alors Justin Delpla.
Les profits sont énormes : de 30 % à 600 % réf. nécessaire. Les Girondins en profitent pour investir dans l'immobilier. Paul Nairac dépense une fortune pour la construction de son hôtel du cours de Verdun. Il en commande les plans au célèbre architecte parisien Victor Louis qui vient à peine d'achever la construction du Grand Théâtre.

Bonaparte rétablit l'esclavage le 30 floréal de l'an X (20 mai 1802). Le commerce négrier bordelais est à son plus haut, et pour la première fois, l'armement négrier girondin dépasse celui de Nantes. Le nouveau maire, Jacques Letellier (1801-1805), l'un des armateurs les plus puissants d'Europe, est descendant d'une famille enrichie par les expéditions négrières de 1788, 1789 et 179119. Si le blocus continental porte un coup rude à l'économie du port, le commerce avec les colonies permet à Bordeaux de survivre un temps. Le 12 mars 1814, le maire de la ville, Lynch, se rallie aux Bourbons.

Ruinée par les guerres napoléoniennes, la cité se réveille à la Restauration avec la démolition du château Trompette, en 1816, remplacé par l'immense place des Quinconces (1818-1827), et la construction du premier pont sur la Garonne, le pont de pierre (1809-1821). Le faubourg rive droite de la Bastide connaît en conséquence ses premiers développements. La ville s'étend vers l'ouest avec la construction d'échoppes, maisons basses caractéristiques du paysage urbain bordelais.

Mais le discours esclavagiste est assiégé de toutes parts. Les arguments économiques ne suffisent plus à justifier la perpétuation du crime. Trop de risques, trop peu de profits, et trop de voix qui s'élèvent en faveur de l'abolition. La rhétorique capitaliste se retranche dans des propos iniques, arguant que « la condition des nègres esclaves est infiniment préférable à celle de la plupart des paysans ou des ouvriers libres d'Europe » (lettre de M. Hache adressée aux directeurs de la Chambre de commerce de Bordeaux) réf. nécessaire. Lors de la Deuxième République, la loi du 27 mars 1848 abolit définitivement l'esclavage. Le commerce négrier interlope continue néanmoins quelque temps. Il se transmue autour de 1850 en coolie trade ou commerce d'engagés, une autre vieille habitude. Les coolies (engagés), pour la plupart indiens ou chinois, généraient d'énormes profits. Les Bordelais Pereire, créateurs de la Compagnie générale transatlantique en firent l'heureuse expérience. En 1889, le dernier coolie ship (navire servant pour le transport des engagés) en provenance de Pondichéry (Inde) débarque en Guadeloupe ses six cents Indiens : c'était le Nantes et Bordeaux.
Au total, Bordeaux a assuré 11,4 %20réf. nécessairedu trafic négrier français, en deuxième position et ex-aequo avec La Rochelle. Nantes culmine lui à 41,3 % réf. nécessaire.
Au total, environ 500 navires bordelais ont déporté environ 150 000 Africains vers les Antilles. Si Bordeaux a vécu du système esclavagiste, il n'en demeure pas moins qu'il ne représentait que 5 % de l'activité portuaire21. Aujourd'hui, de nombreuses rues, avenues, places et monuments de la ville portent le nom de négociants en esclaves : rue Pierre Baour (famille Tarnaise), place Johnson Guillaume (famille Irlandaise), rue David Gradis (famille originaire du Portugal), place John-Lewis Brown (famille Irlandaise), rue Pierre Desse, rue François Bonafé (1723-1809) (famille Tarnaise), du nom de l'associé de la firme négrière Romberg et Bapst, qui fut l'un des armateurs et trafiquants d'esclaves les plus puissants du royaume.
La colonne des Girondins, élevée en 1902 sur la place des Quinconces, rend hommage au mouvement politique initié par les députés de la Gironde, militants de la Société des amis des Noirs, dont les objectifs étaient de parvenir à la fin de la traite19,22...

L'époque contemporaine

Le XIXe siècle

Quand le Premier Empire s'effondre, la ville est la première à accueillir les princes de la maison de Bourbon.

Plan de la ville de Bordeaux en 1840

À partir de 1840, la ville redevient un grand port colonial et commerce à nouveau avec l’Afrique. À la fin du siècle, la ville s'industrialise avec des entreprises chimiques, métallurgiques, alimentaires et les huileries. Au même moment le phylloxéra touche le vignoble.

Le 7 mai 1841, la première ligne de chemin de fer est ouverte entre Bordeaux et la Teste. Les trains partent alors de la première gare de Bordeaux, la gare Bordeaux-Ségur située rive gauche. En 1852, la ligne entre Bordeaux et Angoulême est ouverte permettant de relier Bordeaux à Paris. Les trains à destination de la capitale partent de la gare de Bordeaux-Orléans située rive droite. En 1855, la gare Saint-Jean est construite, ainsi que la voie ferrée de ceinture et la gare du Médoc (plus tard gare Saint-Louis puis Gare de Ravezies).

Bordeaux poursuit sa modernisation (création des boulevards, démolition des vieux quartiers…). Elle continue son développement sur la rive droite (quartier de la Bastide) avec la construction du Pont de pierre par l’Empereur Napoléon Ier. Construit par le même architecte que ce dernier, l’Entrepôt Lainé est l’un des derniers témoignages de l’architecture portuaire du XIXe siècle en Europe.

En 1870, Léon Gambetta forme un gouvernement à Tours qui se replie à Bordeaux. Antoine Alfred Eugène Chanzy rejoint le gouvernement à Bordeaux où il prône la poursuite de la résistance.

Le XXe siècle

Le maire de Bordeaux Camille Cousteau inaugurera en février 1900 la première ligne de tramway électrique23.

Première Guerre mondiale

Pendant la Première Guerre mondiale, Paris étant menacée par l’avancée des armées allemandes, le gouvernement français (présidé par René Viviani) se replie vers Bordeaux. La ville connaît alors une certaine prospérité grâce aux usines d’armement. En 1917, la ville devient le point de passage des soldats des États-Unis d'Amérique. Elle est aussi à cet instant la ville de l’Action française et des ligues qui rendent le climat politique agité.

Dans l'entre-deux-guerres

Le maire Adrien Marquet imprimera à la ville ouvrière une politique de transformation sociale en construisant ou en modernisant les équipements. Ainsi la municipalité de Bordeaux adopte en 1930 un important programme d'urbanisme appelé Plan Marquet qui permettra le développement de la cité en utilisant un vocabulaire architectural commun. Ce plan a aussi pour objectif d'engager des grands travaux afin d'atténuer les conséquences de la crise de 192924. La ville est alors créditée d'équipements publics d'une architecture Art-déco25, comme la nouvelle Bourse du travail, la piscine Judaïque, le stade Lescure, les abattoirs.

Seconde Guerre mondiale
Animation musicale des nazis sur la Place de la Comédie

La Seconde Guerre mondiale, marque une nouvelle période de troubles pour Bordeaux.
Le 14 juin 1940, la ville accueille le gouvernement présidé par Paul Reynaud. C'est la troisième fois que cela se produit, de nouveau alors que la France est en danger, ce qui vaut à la ville le surnom de « capitale tragique ». Quelques jours plus tard, alors que le gouvernement français maintenant présidé par Philippe Pétain s’apprête à signer l'armistice, le consul du Portugal, Aristides de Sousa Mendes délivre près de 30 000 visas à des réfugiés fuyant l’avancée de l’armée allemande.

La ville est ensuite occupée par les Allemands le maire Adrien Marquet proche de Marcel Déat avec lequel il avait fondé avant-guerre le parti des néo-socialistes, proches des idées fascistes, restera en place et collaborera avec eux. Dans les années 1980 et 1990, la réévaluation du rôle de l'administration française sous l'Occupation a mis au premier plan le cas de Maurice Papon, secrétaire général de la préfecture de Gironde à cette époque.

Le 21 octobre 1941, un officier allemand, le conseiller d'administration militaire (Kriegsverwaltungsrat) Hans Reimers est abattu à Bordeaux par un militant communiste, membre de l'OS, Pierre Rebière. En représailles, cinquante otages sont fusillés le 24 octobre au camp de Souge. Ces événements sont associés à ceux de Nantes : l'attentat contre le Feldkommandant Karl Hotz le 20 octobre et l'exécution de quarante-huit otages le 22 octobre à Châteaubriant, Nantes et Paris.

Le port de Bordeaux joue pendant la guerre un rôle majeur dans l’économie de guerre du Troisième Reich (voir Histoire du port de Bordeaux durant la Seconde Guerre mondiale). Une base sous-marine bétonnée est construite et des cargos forcent le blocus britannique pour approvisionner l’Allemagne en matières premières (caoutchouc naturel, notamment) venus d'Extrême-Orient.

Après avoir quitté Périgueux et Agen le 19 août 1944 et Pau le 20, les Allemands quittent Bordeaux le 28 août 1944 après avoir coulé de nombreux bateaux dans le fleuve pour empêcher toute remontée de la Garonne par les troupes Alliées. Le déblocage de l'accès prit plusieurs années et encore aujourd'hui, des restes d'épaves sont toujours visibles à marée basse, notamment depuis la place des Quinconces.

De Jacques Chaban-Delmas à Alain Juppé (1947-2009)

En 1947, Jacques Chaban-Delmas, général de la Résistance, devient maire. Il industrialise la ville, avec comme élément moteur le domaine aéronautique et spatial (comme à Toulouse), alors que le négoce s’effondre.

De 1960 à 1975, l'accélération de l'urbanisation (déploiement de l'habitat individuel et des échoppes et voiries correspondantes) a provoqué une consommation d'espace quasi-équivalente à celle du siècle et demi précédent (1810-1960) : plusieurs grands aménagements ont été réalisés : création de la Cité du Grand-parc et du quartier du Lac; rénovation du quartier Mériadeck; délimitation d'un vaste secteur sauvegardé de 150 hectares; transfert des universités en banlieue; franchissement de la Garonne par trois nouveaux ponts et ouverture d'une grande rocade; réaménagement du quartier de la Bastide.

Jacques Chaban-Delmas reste maire jusqu'en 1995, année où Alain Juppé lui succède à ce poste. Le nouveau maire donne à la ville un second souffle et pour ce faire engage une rénovation de la ville, une réhabilitation de certains quartiers, la construction d'un tramway. Suite à sa condamnation en 2004, Alain Juppé est remplacé par Hugues Martin, provisoirement. Le Conseil municipal démissionne alors le 28 août 2006, et des élections municipales anticipées sont organisées le 8 octobre. Alain Juppé, de retour d'un séjour d'un an au Canada où il a été enseignant à l'université, est ainsi réélu au premier tour, avec 56,24 % des suffrages exprimés (44 % de participation) . Le 9 mars 2008 a lieu le premier tour des élections municipales, durant lequel Alain Juppé est réélu avec 56,62 % des voix.

Géographie

Bordeaux en Gironde

Généralités

Bordeaux est située près de la côte Atlantique, dans le sud-ouest de la France. À vol d'oiseau, elle se situe à 498 km de Paris, 172 km de Pau, 220 km de Toulouse, 170 km de Biarritz, 202 km de Saint-Sébastien (Espagne) et 51 km d'Arcachon.

La ville est traversée par la Garonne. C’est un port accessible aux navires de haute mer, mais la plupart s’arrêtent plus en aval sur la Gironde, principalement au Verdon. Elle possède le dernier pont en aval sur la Garonne, le pont d’Aquitaine. Au-delà, la Garonne, puis l'estuaire de la Gironde, ne sont franchissables que par des bacs.

L’agglomération s’est développée à un rythme rapide, du fait d’un fort étalement urbain principalement vers l'ouest. Cet étalement est notamment lié au fait que les habitations de l’agglomération bordelaise excèdent rarement deux, voire trois niveaux, y compris dans les faubourgs proches du centre-ville.

En centre-ville, l'opération de transformation du quartier Mériadeck dans les années 1960-1970 a visé à séparer les circulations piétonnes et automobiles, en construisant une dalle piétonne au-dessus de la voirie. Le bilan de cette opération est contesté.

Depuis le début des années 2000, « la belle endormie » s'éveille au rythme des chantiers de renouvellement du centre ville, profondément transformé depuis le retour du tramway26.

Bordeaux est une ville du sud, tant par sa géographie que par son climat et sa culture. De la domination anglaise au Moyen Âge, elle cultive un certain flegme. Des courants commerciaux avec les pays de la Hanse et de la Hollande, elle garde le professionnalisme, l’ouverture sur le monde. De l’époque de Louis XIV, elle garde une architecture droite, alignée, classique, que l’on retrouve dans les innombrables châteaux en pierre blonde. Mais Bordeaux se vit aussi au rythme latin.

Communes limitrophes

Communes limitrophes de Bordeaux
Le Bouscat Blanquefort Lormont
Mérignac
Cenon
Pessac Talence Bègles

Géologie

Topographie de Bordeaux

La rive gauche de la Garonne, où se situe la plus grande partie de la ville de Bordeaux, se compose de grandes plaines, souvent marécageuses comme, par exemple, au nord vers Bordeaux-Lac. Bien qu'il y ait quelques collines, l'altitude moyenne de la rive gauche reste très faible. Ces plaines sont formées de sédiments et le sous-sol est principalement composé de gravier. L'ouest de l'agglomération empiète sur la plaine sableuse des Landes. Les sols y sont maigres, perméables à l'eau et stockent facilement la chaleur. Ces sols sont parfaitement adaptés à la pratique de la viticulture. La ville de Bordeaux est située entre le Médoc (en aval) et les Graves (en amont) qui sont très semblables au niveau géologique.

La rive droite de la Garonne est très différente puisque l'on passe presque directement de la plaine à un plateau calcaire. L'altitude s'élève alors de façon abrupte à près de 90 mètres. C'est sur ce même plateau, à environ 20 kilomètres de Bordeaux, que se situent des domaines viticoles mondialement connus comme Saint-Émilion, Pomerol et Fronsac, où l'on peut trouver certains des vins les plus chers au monde.

Climat

Le climat de l'Aquitaine est de type océanique, qui se caractérise à Bordeaux par des hivers très doux et des étés chauds. Les précipitations sont fréquentes et réparties tout au long de l'année avec 820 mm d'eau et environ 150 jours pluvieux par an. L'été, les précipitations sont souvent dues à des orages de chaleur. En juillet 1883, les plus importantes précipitations jamais tombées en France en 30 minutes ont été observées à Bordeaux.

Les températures moyennes sont de 6,4 °C en janvier et de 20,9 °C en août avec une moyenne annuelle de 13,3 °C. Bordeaux connaît en moyenne 15 à 20 jours en été où les températures dépassent les 30 °C. Des températures extrêmes peuvent aussi être observées comme lors de l'été 2003 où la température a atteint 41 °C. Ce même été, il y a eu 12 jours consécutifs où les maximales ont atteint ou dépassé les 35 °C. Bordeaux bénéficie d'un ensoleillement élevé dépassant souvent 2 000 heures de soleil par an et jusqu'à 2 200 heures sur le littoral.

Bordeaux a connu des hivers très froids en 1985 et en 1987, puis une sécheresse de 1988 à 1992. Plus récemment, Bordeaux a connu une sécheresse importante de 2002 à 2005.

Bordeaux a un climat de type Cfb (Océanique) avec comme record de chaleur 41,9 °C le 16/8/1892 et comme record de froid --16,4 °C le 16/1/1985. La température moyenne annuelle est de 13,3 °C.

mois jan. fév. mar. avr. mai jui. jui. aoû. sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 2,8 3,4 4,6 6,6 10,3 13 15,1 15,2 12,5 9,5 5,5 3,8 8,5
Température moyenne (°C) 6,4 7,6 9,6 11,6 15,4 18,3 20,8 20,9 18,1 14,2 9,4 7,3 13,3
Température maximale moyenne (°C) 10 11,7 14,5 16,5 20,5 23,5 26,4 26,6 23,7 18,8 13,4 10,7 18,1
Précipitations (mm) 92 82,6 70 80 83,9 63,8 Fermer
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