Bordeaux est une commune du Sud-ouest de la France, chef-lieu
de la région Aquitaine et préfecture du département de la Gironde.
Ses habitants sont appelés les
Bordelais.
À la tête de la communauté urbaine de
Bordeaux, la commune compte 235 178 habitants (recensement 2007)1,
l'agglomération 809 224 habitants et l'aire urbaine plus d'un million
d'habitants.
À ce titre, Bordeaux constitue l'une des métropoles d'équilibre de
France.
La ville est connue dans le monde entier pour son vignoble,
surtout depuis le XVIIIe siècle, qui fut pour
elle un véritable âge d'or. Capitale
de l'ancienne Guyenne (le nord de
l'Aquitaine actuelle), Bordeaux fait partie de la Gascogne et est située
en bordure des Landes de
Gascogne.
Une partie de la ville, le Port de la Lune, est classée depuis juin
2007
au patrimoine
mondial de l'humanité par l'UNESCO pour l'ensemble urbain exceptionnel
qu'elle représente2.
Toponymie
Par le passé, plusieurs hypothèses ont tenté d'expliquer l'origine du
nom
Bordeaux. Isidore de Séville dans son Histoire
du Béarn avançait comme origine Burgos Gallos (le bourg
gaulois) ; en 1695, le Mercure de France proposait « la bourde et la
jalle ». Dans Recherches sur la ville de Bordeaux, l'abbé Baurein
se
basait sur origine celtique de burg (la ville) et de cal (le
port)3.
L'origine de Burdigala se trouve dans deux racines aquitaines *burd- et *gala signifiant
respectivement « boueux » et « crique ». *Burd- est dérivée du
pré-latin
*bard- qui est aussi l'origine au nom du village basque de
Bardos. *Gala vient du pré-latin
*cal- traduit par « crique » et dont dérive le mot « calanque »4. Selon
Michel Morvan, la signification
primitive de Burdigala devait être « crique ou abri dans les
marais »5.
Au Moyen Âge, Burdigala évolue en Burdegale, certaines
monnaies
présentent aussi Burdeghla et Burdiale. Une forme en
langue d'oc Bordelh apparaît dans le troisième couplet du
sirventès de Bertran de Born D'un sirventes no m qual far
longo ganda (« Sai de Bordelh, ni dels Cascos part landa »), et la
forme
latine Burdellum, dans une lettre de 1147 à l'abbé Suger. Les
premières formes gasconnes sont Bordeu et Bordel, au XIXe siècle Luchaire indique que le paysan gascon
prononçait aussi Burdéu6 devenant sous sa forme moderne
Bordèu7.
La
forme française de Bordeaux provient de l'ancien pluriel de Bordel (langue d'oïl, petite
cabane) qui donne au XVIIIe siècle Bourdeaux puis Bordeaux.
Homophonie fortuite avec Bordeaux-Saint-Clair.
Histoire
L'Antiquité
Article détaillé : Burdigala.
Les dernières recherches en archéologie nous indiquent que la
fondation de
Bordeaux remonte au moins au Ve siècle av. J.-C.. En effet, une
première
agglomération a été décelée dès cette époque au bord de la Garonne sur
la rive
gauche de la Devèze. On peut penser que l'autorité romaine l'a donnée
comme
chef-lieu aux Bituriges Vivisques qui se seraient donc
installés sur le site8.
On est alors au IIIe siècle av. J.-C. ; BurdigalaN 1 en latin. Les Bituriges Vivisques (littéralement
« Bituriges déplacés »)réf. souhaitée,
sont un peuple
gaulois issu de la région de Bourges qui contrôlait, depuis le port
intérieur, le
trafic de l'étain amené d'Armorique. Ils plantent des vignes sur les
bords de la Garonne et introduisent un cépage d’origine albanaise,
résistant au climat océanique et aux conditions
géologiques de la région, la « biturica ».
Le premier emplacement est
situé à
l'embouchure de la Devèze, un affluent de la Garonne, proche de la
Gironde.
La naissance de Bordeaux n'est pas liée aux qualités du site, car, ville
d'embouchure située sur une avancée du plateau landais, elle est
longtemps
cernée de marais pestilentiels. C'est
précisément ce sens de « marais boueux » que conserve encore de nos
jours une
rivière appelée Eau Bourde passant au sud de la ville.
En 56 av. J.-C., est accueilli à Bordeaux le lieutenant de César,
Publius Crassus et, en
52 av. J.-C., Bordeaux accueille le premier urbanisme romain. Le cardo et
le decumanus (aujourd'hui rue Sainte-Catherine et rues Porte
Dijeaux et St Remy,
et cours de l'Intendance) sont tracés et l'on construisit des aqueducs,
des temples, un amphithéâtre et une curie.
Bordeaux est à l'époque un emporium, c'est-à-dire un comptoir de
commerce,
contrôlant les routes de l'étain et
du plomb entre les ports gaulois de la Loire et la République romaine.
Elle
est érigée en civitas administrée par
un collège de magistrats.
En 28 av. J.-C., la ville est l'une des quatorze cités de la Gaule
aquitaine.
En 48, elle acquiert le statut prestigieux de municipe de droit
latin.
Burdigala se développe et finit par devenir une des villes les plus
opulentes
de la Gaule. Entre 40 et 60, sont
implantés sur les coteaux Nord de la rive gauche les premiers plants de
vigne à
l'origine du vignoble bordelais. En 70, elle est déclarée
par l'empereur Vespasien capitale
administrative de la province romaine d’Aquitaine qu'elle ravit à
Mediolanum Santonum (Saintes). La ville
est particulièrement prospère sous la dynastie des Sévères (193-235),
elle englobe alors le mont
Judaïque, actuel quartier Saint-Sernin. De cet âge d'or, datent des
monuments
illustres, dont le forum (Piliers de Tutelle) et le Palais Gallien
(amphithéâtre
pouvant contenir 15 000 personnes sur ses gradins en bois).
La ville est victime de la révolte de l'empereur des Gaules, Tetricus
(271-273/274), puis des troubles des Bagaudes.
Durement frappée par les invasions barbares de 276 (la ville est
pillée et incendiée), la cité édifie
(selon le tracé actuel des cours d'Alsace-Lorraine, de la rue des
Remparts et
des cours du Chapeau Rouge et de l'Intendance) un castrum qui est
construit en 286. Il
s'agit d'une enceinte de 740 m sur 480
dont les murs ont une hauteur de 10 m et une largeur de 5 m.
On
reconstruit également le port intérieur dans lequel s'écoule la Devèze
par
26 bouches de bronze.
La ville
continue à briller pendant près d'un siècle, grâce au commerce de suif,
de cire,
de poix et de papyrus.
Elle s'illustre par ses poètes chrétiens
(Ausone, 309-394) et ses saints (saint Paulin de Nole,
353-431).
Le Moyen Âge
Au IVe siècle, la ville est christianisée par saint Hilaire et
saint Martinréf. nécessaire.
Elle devient la métropole de
l’Aquitaine Seconde (370-508) et connaît les
premières hérésies (priscillianisme). Cette période de prospérité
de Burdigala est interrompue par différentes invasions : les Alains, les
Suèves et les Vandales en 409, les
Wisigoths d’Athaulf en 414 et les
Francs en 498.
Le VIIe siècle marque un temps fort dans
l’organisation
paroissiale de Bordeaux avec la fondation des églises Saint-Rémy,
Saint-Pierre
et Saint-Siméon.
L’émir Abd al-Rahman remporte
la bataille de
Bordeaux et pille la ville en 731, puis Charles Martel la
conquiert sur Eudes d'Aquitaine en 7359.
Au Xe siècle, Ibrahim ibn Ya'qub marchand andalou
envoyé par le Calife Omeyade de Cordoue décrit la ville en ces
termes :
BurdhilBordeaux. Ville du côté de la France, riche en eau, en
fruits et
en céréales. La plupart des habitants sont chrétiens. Elle a des
bâtiments
élevés construits sur d'énormes colonnes. Sur son rivage, on trouve de
l'ambre
de bonne qualité. On raconte que lorsque l'hiver est très rigoureux et
leur
interdit de naviguer, les gens se rendent dans une île proche, nommée
Anwâtâ
(l'île du Médoc), où il y a une espèce d'arbre appelée mâdiqa(medica).
En cas de
famine, ils écorcent cet arbre et trouvent entre le liber et le bois une
substance blanche (l'aubier) dont ils se nourrissent pendant un mois,
deux mois
ou même plus, jusqu'à ce que le temps s'améliore. Il y a un mont
dominant la
ville et l'Océan, avec une statue au sommet, comme pour dire aux gens de
ne plus
s'aventurer sur l'Océan, afin que ceux qui quitteraient Burdhil pour
prendre la
mer y renoncent.10.
À la fin du IXe siècle, la ville est
pillée par les Normands : une bande menée par le chef viking Hasting11 met le siège fin 847. Le roi
d’Aquitaine Pépin II ne fait rien pour aider la
ville, et c’est Charles le Chauve qui détruit une
flottille de neuf drakkars sur la Dordogne, mais ne
peut faire lever le siège. Bordeaux est prise en février 848 ;
néanmoins, les Grands d’Aquitaine élisent Charles le
Chauve roi d’Aquitaine le six juin12.
La ville participe aux révoltes des ducs d’Aquitaine et est soumise
par Pépin le Bref en 768, puis, en 778, par Charlemagne qui en fait la
capitale du royaume
d'Aquitaine et celle d’un comté rattaché d'abord au duché de Gascogne
(de 852 à 1032), puis du duché
d'Aquitaine sous les autorités successives des comtes de Poitiers, (de
1032 à 1137), et des Capétiens, (de 1137 à 1152).
La cathédrale
Saint-André est consacrée en 1096.
Il faut attendre le XIIe siècle pour
que Bordeaux retrouve sa splendeur. En effet,
suite au mariage d’Aliénor d'Aquitaine, ancienne épouse
de Louis
VII, avec Henri II Plantagenêt en 1154, la ville est alors rattachée à
la couronne anglaise.
Elle le reste pendant trois siècles, tout comme l’Aquitaine qui,
prononcée à
l’anglaise, devient la Guyenne.
Bordeaux s’agrandit et de nouvelles enceintes sont édifiées : en 1227
au sud, pour protéger les quartiers neufs
(rue Neuve, la Rousselle, ...) ; en 1327,
pour intégrer les nouveaux faubourgs (Sainte-Croix, Sainte-Eulalie,
Saint-Michel). Les paroisses de Saint-Michel et de Saint-Pierre se
peuplent
alors d’artisans (forgerons, charpentiers ou fustiers) laissant leur nom
aux
rues des Faures et de la Fusterie.
Au-delà des remparts, se développe le bourg de Saint-Seurin, et
apparaît au
nord, au bord de la rivière, le couvent des Chartrons. Durant cette
période, de
nombreuses congrégations religieuses se sont installées à l'abri de la
nouvelle
enceinte : les Carmes, les Menuts, les Augustins au sud, les Jacobins au
nord.
Le roi d'Angleterre, Jean sans Terre, octroie la création de la
Jurade de
Bordeaux qui reçoit le monopole du pouvoir municipal.
En 1295, Philippe le Bel occupe temporairement la ville,
mais Bordeaux reste hors de son autorité.
C'est au cours du XIIIe siècle que
Bordeaux redevient prospère grâce au commerce
du vin avec l’Angleterre. C'est à cette
époque que la cathédrale
Saint-André et la Grosse cloche sont construites.
L’archevêque de Bordeaux, Bertrand de Got, devient pape sous le nom de
Clément V en 1305. De 1362 à 1372, sous le règne du Prince
Noir, vice-roi au nom de son père, Bordeaux devient capitale d’un état
quasi-indépendant, mais le prince doit renoncer à son projet d'ériger la
Guyenne en état souverain.
En 1403 la ville est partiellement
incendiée par une escadre franco-espagnole.
Le 29 juin 1451, Charles VII occupe la ville qui est
reprise par l'Anglais John
Talbot en 1452.
En 1453, suite à la bataille de
Castillon, la ville redevient une possession française et la guerre de
Cent
Ans s'achève. Mais la ville n’apprécie guère la tutelle du roi de
France. Charles VII décide en 1495 de faire de Bordeaux, restée assez
anglophile, une
ville royale et d’y faire édifier plusieurs forteresses pour dissuader
les
bordelais de se révolter contre la monarchie : le fort Louis au sud, le
fort du Hâ pour défendre la ville des attaques venant du sud et de
l’ouest, et le château Trompette pour la
protéger du côté de la Garonne. Le
commerce du vin avec l’Angleterre s’arrête et la ville perd alors sa
prospérité. En 1462, le roi Louis XI rend ses
libertés à la ville en lui donnant un parlement.
L'époque
moderne
Au
XVIe et au XVIIe siècle :
agitations et lente
intégration au royaume de France
Le début de la période moderne coïncide pour la ville de Bordeaux au
basculement de la domination anglaise vers la domination française
(1453). C'est
une époque de profonds bouleversements dans tous les domaines :
- dans le domaine politique, les larges libertés obtenues par la
municipalité
lors de la période anglaise sont confrontées à la mise en place d'un
État
puissant dans le royaume de France
- dans le domaine économique, les relations privilégiées avec
l'Angleterre,
notamment dans la vente du vin, sont fragilisées
- dans le domaine culturel, la ville participe aux évolutions de la
Renaissance avec le
développement de l'humanisme (illustré par Montaigne et La Boétie) et la
division du christianisme
(importance des guerres de religion dans le
sud-ouest de la France)
Cela explique l'agitation que connaît la cité bordelaise durant les
deux
premiers siècles de la période moderne :
- En 1548, une grande révolte oppose les
Bordelais au pouvoir royal. À la suite de la jacquerie des pitauds, la
population se
révolte contre la fiscalité (impôts des cinquante mille hommes de pied)
et pour
les libertés publiques. Les insurgés encerclent le 21 août le fort du Hâ
et le château Trompette. Ils
massacrent le gouverneur du roi M. de Moneins et vingt officiers des
gabelles. Le roi Henri II ordonne
au connétable Anne de Montmorency une
répression exemplaire. La cité perd ses privilèges. Elle est désarmée,
verse une
amende et son parlement est suspendu. En ville, 140
personnes sont condamnées à mort réf. nécessaire.
La répression s’étend ensuite dans les campagnes alentours où l’on pend
les
meneurs. Néanmoins, en 1549, Henri II amnistie la cité. Ces événements
ont inspiré à Étienne de la Boétie son Discours de la servitude
volontaire réf. nécessaire.
- Quinze ans plus tard, la ville est touchée par les guerres de
religion. En 1562, Duras,
capitaine protestant, échoue à prendre le château Trompette, avant
d’être battu dans le Périgord par Monluc. Charles IX entre dans la ville
le 9 avril
1565 lors de son tour de France royal (1564-1566), accompagné
de la Cour et des
Grands du royaume : son frère le duc d’Anjou, Henri de Navarre, les
cardinaux de
Bourbon et de Lorraine13.
Ce
voyage est entrepris pour apaiser les guerres de religion. Les
protestants ont été éliminés de la ville, et un syndicat ou ligue de
bourgeois
se met en place dès 1563 pour conserver la religion catholique. Le
massacre de la
Saint-Barthélemy (24 août 1572 à Paris) se répète à Bordeaux le 3
octobre,
où les protestants sont
exterminés, le Parlement ayant planifié les opérations et les
massacreurs étant
excités par les prêches des prêtres catholiques. Le lieutenant du roi
tente
d’empêcher les tueries, mais le maire laisse lui aussi faire, le bilan
s'élève à
200 ou 300 morts14.
En 1585, Montaigne est élu maire de Bordeaux par les Jurats. La ville
s'apaise et trouve une nouvelle source de profit dans le commerce du
pastel de Garonne.
- Pendant les luttes de la Fronde entre la noblesse française et le
roi, les bourgeois bordelais forment l'Assemblée de l'Ormée. Ce
n'est qu'en 1653, que Bordeaux est soumise
par les armes et que le jeune Louis XIV y fait une entrée solennelle.
- En 1675, les parlementaires laissent se développer la
révolte du papier timbré,
provoquée par une hausse des impôts. Le Parlement est exilé plusieurs
années à
Condom, et la ville doit
loger à ses frais plusieurs régiments. Alors que la fonction de
commissaire
de police est supprimée après cette révolte, progressivement, une
« police de
proximité » se met en place, comme à Paris et à Toulouse15. En
effet, depuis le XVIe siècle à Bordeaux, les
jurats ont créé la fonction de « dixainier »,
chargés de dénoncer au Jurat les contravention aux ordonnances de police
(« pour le
nettoiement
des rues, le port d'armes, et tardivement la déclaration des étrangers »
à
la ville16).
Depuis une ordonnance royale du 5 mai
1674, les dixainiers doivent veiller à ce que les habitants et hôteliers
déclarent bien au Jurat les étrangers qu'ils hébergent16.
Le
XVIIIe siècle : Siècle d'or et système colonial
Plan de Bordeaux et de ses environs, par Hippolyte Matis
(1716-1717)
Bordeaux connaît son second apogée du milieu du XVIIe siècle jusqu'à la Révolution française. Cette
prospérité provient à nouveau de son port, qui va devenir le premier
port du
royaume. Ainsi, la ville compte 40 000 habitants en 1700, ce qui
en fait l'un
des centres urbains les plus importants du royaume15 La
ville commerce le vin, mais aussi le sucre colonial et les esclaves. Au
même titre que Nantes, La Rochelle, Lorient, Marseille et bien
d'autres, elle devient en effet un centre négrier et permet à
certaines grandes familles de négociants de s'enrichir grâce au commerce
triangulaire. En 1571, le Parlement de Bordeaux s'était pourtant
prononcé
contre l'esclavage. Il existait une forte tradition humaniste à Bordeaux
dont le
plus célèbre représentant fut Montaigne. En 1548, Étienne
de La Boétie, membre du Parlement de Bordeaux, avait rédigé un des
premiers
textes anti-esclavagistes européens, « Le discours de la servitude
volontaire ».
La traite des noirs, déjà initiée par les grandes compagnies portugaises
ou
anglaises notamment, va se développer peu à peu en France. La place
privilégiée
du port de Bordeaux va susciter la convoitise de riches familles de
négociants
qui vont vouloir s'enrichir grâce à la traite. Ainsi, nombreux vont être
les
aventuriers qui vont s'installer dans la ville de Bordeaux en ce sens.
La
plupart sont originaires du Portugal, d'Irlande ou de la région du Tarn.
Les
plantations esclavagistes de la partie française de Saint Domingue
appartiennent aussi en grande partie à ces riches nouveaux Bordelais.
Bordeaux
se hisse ainsi, en 1743, au rang de cinquième port réf. nécessairenégrier
français à égalité avec Le Havre.
Il est encore bien loin - avec moins de cinquante navires depuis le
début du
siècle - du colosse nantais, qui expédie cette année-là son cinq
centième navire
vers les côtes guinéennes réf. nécessaire.
La peste de
Marseille, en 1720, conduit Bordeaux à prendre des mesures de
précaution,
tandis que sa population élevée soulève des problèmes d'ordre public.
Les archevêques, les intendants et les gouverneurs installés par le
roi,
embellissent la ville, assèchent les faubourgs marécageux et insalubres
et aménagent les anciens
remparts. Les intendants Louis-Urbain-Aubert de Tourny et
Claude Boucher font, à moindre échelle, ce que fit cent ans plus tard le
baron
Haussmann à Paris. L'architecte André Portier construit, à la place des
portes fortifiées de la
vieille ville, des arcs
de triomphe majestueux comme la porte d'Aquitaine (place de la
Victoire), la porte Dijeaux (place Gambetta/ Rue Porte
Dijeaux), la porte de la Monnaie (quai de la Monnaie) ou encore la porte
de
Bourgogne (place Bir-Hakeim). La ville se dote également
d'un opéra construit par Victor Louis.
À la demande de Tourny, l'architecte de Louis XV, Ange-Jacques
Gabriel, crée le Jardin
public, voulu comme un espace vert et un haut lieu de promenade qui
rencontre très vite la faveur des Bordelais. Gabriel construit aussi la
vitrine
de la ville : la place de la Bourse, magnifique ensemble XVIIIe siècle de type versaillais, qui donne sur les
quais. Elle
sert dans un premier temps d'écrin à la statue équestre du roi Louis XV,
statue
fondue en 1792 et remplacée en 1869 par la fontaine des Trois Grâces,
réalisée d'après des plans de Louis Visconti17.
La flèche Saint-Michel est
construite.
Commence à cette époque l'ascension du sieur Pufeder (possiblement de
la même
famille que François
Pufeder, maréchal des logis de la ville à partir
de 1617, puis commissaire de police en 1637), qui est chargé d'établir
les
certificats de santé pour les nouveaux venus. Celui-ci devient en 1724
« préposé
à la déclaration des étrangers », nommé par l'intendant Claude Boucher15.
Il est
chargé de recevoir les déclarations des hôteliers, aubergistes ainsi que
des
dixainiers. Mais il occupe aussi d'autres fonctions : il accompagne
ainsi des
soldats à la recherche d'un déserteur dans la ville, afin d'éviter les
heurts avec les habitants, ou rend la justice militaire en cas de
« bavure »
d'un garde15.
En 1747, Pufeder fils, qui a hérité de la
même charge, envoie un mémoire à l'intendant Tourny afin d'améliorer la
qualité
du recrutement de cette nouvelle institution policière15. Il
projette de diviser Bordeaux en seize quartiers, d'instituer quatre
cinquanteniers (ou « inspecteurs ») dans chaque quartier chargé de
superviser
l'action des dixainiers, dont le nombre serait réduit à 25615. Peu de
temps auparavant, Tourny avait créé des commissaires de police, à
Limoges, sur le modèle parisien15. Outre
ce nouvel office, la police active est assurée, dans la première moitié
du
XVIIe, par la « milice bourgeoise » et par le guet, qui patrouillent la
nuit ou
gardent les portes de la ville lors de l'épidémie de Marseille15. La
réforme de la police défendue par Pufeder n'a pas lieu, mais l'autorité
de ce
dernier sur les dixainiers grandit15. À
partir de la moitié du XVIIIe siècle, les
dixainiers sont remplacés par des
commissaires de police, issus du monde des magistrats et d'officiers
subalternes, qui tiennent des registres des habitants ainsi que des
étrangers
logeant dans les hôtels15. La police se professionnalise
progressivement, processus qui arrive presque à terme en 177015.
La milice est écartée au profit du guet,
une troupe soldée, vers la fin des années 1750, tandis qu'une forme de
« militarisation » de celle-ci intervient (avoir servi dans les troupes
devient
une condition d'engagement)15. Le guet est au service des
commissaires
de police et du commis à la déclaration des étrangers, qui fait des
descentes
nocturnes dans les auberges à partir de 175015.
La guerre de
Sept Ans (1755-1763) freine les ardeurs maritimes de négociants
bordelais.
La suprématie navale des Anglais est incontestable et rares sont ceux
qui se
risquent dans des entreprises aussi aléatoires. Le port girondin
développe alors
une activité corsaire, qui, bien que
risquée, apparaît très profitable. La reprise ne se fait pas attendre.
De 1763 à
1773, les armateurs bordelais déportent 22 220 Africains réf. nécessaire.
À elle seule, la maison Paul Nairac & Fils (famille d'origine de la
région
du Tarn)aîné totalise 2 500 « têtes » réf. nécessaire.
Mais ce sont les armements Jean Laffont aîné et Laffon de Ladebat, qui
réalisent, cette décennie, une grande part du trafic (20 % réf. nécessaire),
déportant 4 338 hommes et femmes réf. nécessaire.
La traite a le vent en poupe et nombreux sont les Aquitains qui
profitent de
façon plus ou moins directe de l'essor du marché. Les annonces du Journal
de Guyenne révèlent la diversité des corps de métiers impliqués dans
le
commerce colonial. Ainsi M. Idlinger, négociant rue de la Rousselle,
propose en
1787 une sélection de bonnets de laine et guinées (pacotilles) pour la
traite
réf. nécessaire.
Non loin de là, rue du Soleil, M. Charlot, maître de chai, vend des
« chaînes et
fers à nègres, une chaudière en cuivre, et 60 pièces d'eau de vie » réf. nécessaire.
Pourtant, dès 1788, l'Académie
des Sciences, Belles-lettres et Arts de Bordeaux discute et fait publier
un
Discours sur la nécessité et les moyens de détruire l'esclavage dans
les
colonies présenté par André-Daniel Laffon de
Ladebat.
Si l'on a du mal à estimer les profits produits par la
traite,
il est sûr que celle-ci a fait vivre des centaines de milliers
d'Aquitains,
petits ou grands, à la mesure de leur investissement et de leurs
positions dans
l'économie coloniale18.
La ville devient une des capitales européennes des Lumières dont
Montesquieu est le précurseur.
Bordeaux se rallie à la Révolution et devient le
chef-lieu de la Gironde (1790). Un groupe politique, la Gironde,
se
forme.
Au lendemain de l'exécution
des Girondins (le 2 juin 1793), Bordeaux se soulève contre la Commune de
Paris. Tallien fait régner la Terreur et la
commission militaire, présidée par Lacombe, organise 300 exécutions réf. nécessaire.
La Révolution et l'abolition de l'esclavage en février
1794 ne changent rien à la réalité du
trafic. Reprenant de vieilles habitudes, Bordeaux se fait corsaire et
pille les
navires anglais, leur laissant le soin au passage d'endosser la
responsabilité
de la traite... sans les bénéfices. Les esclaves capturés sur les
navires
anglais sont vendus dans les colonies françaises. L'un des principaux
armateurs
en course bordelais est alors Justin Delpla.
Les profits sont
énormes : de
30 % à 600 % réf. nécessaire.
Les Girondins en profitent pour investir dans l'immobilier. Paul Nairac
dépense
une fortune pour la construction de son hôtel du cours de Verdun. Il en
commande
les plans au célèbre architecte parisien Victor Louis qui vient à peine
d'achever la
construction du Grand Théâtre.
Bonaparte rétablit l'esclavage le 30 floréal de l'an X (20 mai 1802).
Le commerce négrier
bordelais est à son plus haut, et pour la première fois, l'armement
négrier
girondin dépasse celui de Nantes. Le nouveau maire, Jacques Letellier
(1801-1805), l'un des
armateurs les plus puissants d'Europe, est descendant d'une famille
enrichie par
les expéditions négrières de 1788, 1789 et 179119. Si le
blocus
continental porte un coup rude à l'économie du port, le commerce
avec les colonies permet à Bordeaux de survivre un temps. Le
12 mars 1814, le
maire de la ville, Lynch, se rallie aux Bourbons.
Ruinée par les guerres napoléoniennes, la cité se
réveille à la Restauration avec la démolition du
château Trompette, en 1816, remplacé par l'immense place des
Quinconces (1818-1827), et la construction du premier pont sur la
Garonne,
le pont de pierre (1809-1821). Le
faubourg rive droite de la Bastide connaît en conséquence ses
premiers développements. La ville s'étend vers l'ouest avec la
construction d'échoppes, maisons basses
caractéristiques du paysage urbain bordelais.
Mais le discours esclavagiste est assiégé de toutes parts. Les
arguments
économiques ne suffisent plus à justifier la perpétuation du crime. Trop
de
risques, trop peu de profits, et trop de voix qui s'élèvent en faveur de
l'abolition. La rhétorique capitaliste se retranche dans des propos
iniques,
arguant que « la condition des nègres esclaves est infiniment préférable
à celle
de la plupart des paysans ou des ouvriers libres d'Europe » (lettre de
M. Hache
adressée aux directeurs de la Chambre de commerce de Bordeaux) réf. nécessaire.
Lors de la Deuxième République, la
loi du 27 mars 1848 abolit définitivement l'esclavage. Le commerce
négrier
interlope continue néanmoins quelque temps. Il se transmue autour de
1850 en
coolie trade ou commerce d'engagés, une autre vieille habitude.
Les
coolies (engagés), pour la plupart indiens ou chinois, généraient
d'énormes
profits. Les Bordelais Pereire, créateurs de la Compagnie générale
transatlantique en firent l'heureuse expérience. En 1889, le dernier
coolie ship (navire servant pour le transport des engagés) en
provenance
de Pondichéry (Inde) débarque en Guadeloupe ses six cents
Indiens : c'était le Nantes et Bordeaux.
Au total, Bordeaux a assuré
11,4 %20réf. nécessairedu
trafic négrier français, en deuxième position et ex-aequo avec La
Rochelle. Nantes culmine lui
à 41,3 % réf. nécessaire.
Au
total, environ 500 navires bordelais ont déporté environ 150 000
Africains vers
les Antilles. Si Bordeaux a vécu du système esclavagiste, il n'en
demeure pas
moins qu'il ne représentait que 5 % de l'activité portuaire21. Aujourd'hui, de nombreuses rues,
avenues,
places et monuments de la ville portent le nom de négociants en
esclaves : rue
Pierre Baour (famille Tarnaise), place Johnson Guillaume (famille
Irlandaise),
rue David Gradis (famille originaire du Portugal), place John-Lewis
Brown (famille Irlandaise),
rue Pierre Desse, rue François Bonafé (1723-1809) (famille Tarnaise), du
nom de
l'associé de la firme négrière Romberg et Bapst, qui fut l'un des
armateurs et
trafiquants d'esclaves les plus puissants du royaume.
La colonne des
Girondins, élevée en 1902 sur la place des Quinconces, rend hommage au
mouvement politique initié par les députés de la Gironde, militants de
la
Société des amis des Noirs, dont les objectifs étaient de parvenir à la
fin de
la traite19,22...
L'époque
contemporaine
Le XIXe siècle
Quand le Premier
Empire s'effondre, la ville est la première à accueillir les princes de
la maison de
Bourbon.
Plan de la ville de Bordeaux en 1840
À partir de 1840, la ville redevient un
grand port colonial et commerce à nouveau avec l’Afrique. À la fin du
siècle, la ville s'industrialise
avec des entreprises chimiques, métallurgiques, alimentaires et les
huileries.
Au même moment le phylloxéra touche le vignoble.
Le 7 mai 1841, la première ligne de chemin de fer est ouverte entre
Bordeaux et la
Teste. Les trains partent alors de la première gare de Bordeaux, la gare
Bordeaux-Ségur située rive gauche. En 1852,
la ligne entre Bordeaux et Angoulême est ouverte permettant de relier
Bordeaux à Paris. Les trains à destination
de la capitale partent de la gare de Bordeaux-Orléans située rive
droite. En
1855, la gare Saint-Jean est construite, ainsi que la
voie ferrée de ceinture et la gare du Médoc (plus tard gare Saint-Louis
puis Gare de
Ravezies).
Bordeaux poursuit sa modernisation (création des boulevards,
démolition des vieux
quartiers…). Elle continue son développement sur la rive droite
(quartier de
la Bastide) avec la construction du Pont de
pierre par l’Empereur Napoléon Ier.
Construit par le même architecte que ce dernier, l’Entrepôt Lainé est
l’un des
derniers témoignages de l’architecture portuaire du XIXe siècle en Europe.
En 1870, Léon Gambetta forme un gouvernement à Tours qui se replie à
Bordeaux. Antoine Alfred Eugène Chanzy rejoint le gouvernement à
Bordeaux où il prône la poursuite de la résistance.
Le XXe siècle
Le maire de Bordeaux Camille Cousteau inaugurera en février 1900 la
première ligne de tramway électrique23.
Première
Guerre
mondiale
Pendant la Première Guerre mondiale, Paris étant menacée par
l’avancée des armées
allemandes, le gouvernement français (présidé par René
Viviani) se replie vers Bordeaux. La ville connaît alors une certaine
prospérité grâce aux usines d’armement. En 1917, la ville devient le
point de passage des soldats des
États-Unis d'Amérique. Elle
est aussi à cet instant la ville de l’Action française et des ligues qui
rendent le climat politique agité.
Dans
l'entre-deux-guerres
Le maire Adrien
Marquet imprimera à la ville ouvrière une politique de transformation
sociale en construisant ou en modernisant les équipements. Ainsi la
municipalité
de Bordeaux adopte en 1930 un important programme d'urbanisme appelé Plan
Marquet qui permettra le développement de la cité en utilisant un
vocabulaire architectural commun. Ce plan a aussi pour objectif
d'engager des
grands travaux afin d'atténuer les conséquences de la crise de 192924. La
ville est alors créditée d'équipements publics d'une architecture
Art-déco25,
comme
la nouvelle Bourse du travail, la piscine
Judaïque, le stade Lescure, les abattoirs.
Seconde
Guerre
mondiale
Animation musicale des nazis sur la Place de la
Comédie
La Seconde Guerre mondiale, marque une
nouvelle période de troubles pour Bordeaux.
Le 14 juin 1940, la
ville accueille le gouvernement présidé par Paul Reynaud. C'est la
troisième fois que cela se produit, de nouveau alors que la France est
en
danger, ce qui vaut à la ville le surnom de « capitale tragique ».
Quelques
jours plus tard, alors que le gouvernement français maintenant présidé
par Philippe Pétain s’apprête à signer l'armistice, le consul du
Portugal, Aristides de Sousa Mendes délivre
près de 30 000 visas à des réfugiés fuyant l’avancée de l’armée
allemande.
La ville est ensuite occupée par les Allemands le maire Adrien
Marquet proche
de Marcel Déat avec
lequel il avait fondé avant-guerre le parti des néo-socialistes, proches
des idées fascistes, restera en place et
collaborera avec eux. Dans les années 1980 et 1990, la réévaluation du
rôle de
l'administration française sous l'Occupation a mis au premier plan le
cas de Maurice Papon, secrétaire
général de la préfecture de Gironde à cette époque.
Le 21 octobre 1941, un officier allemand, le conseiller
d'administration
militaire (Kriegsverwaltungsrat) Hans Reimers est abattu à
Bordeaux par
un militant communiste, membre de l'OS, Pierre Rebière. En représailles,
cinquante
otages sont fusillés le 24 octobre au camp de Souge. Ces événements sont
associés à
ceux de Nantes : l'attentat contre le
Feldkommandant Karl Hotz le 20 octobre et l'exécution de
quarante-huit
otages le 22 octobre à Châteaubriant, Nantes et Paris.
Le port de Bordeaux joue pendant la guerre un rôle majeur dans
l’économie de
guerre du Troisième
Reich (voir Histoire du port de Bordeaux
durant la Seconde Guerre mondiale). Une base sous-marine bétonnée
est
construite et des cargos forcent le blocus britannique pour
approvisionner l’Allemagne en
matières premières (caoutchouc naturel, notamment) venus
d'Extrême-Orient.
Après avoir quitté Périgueux et Agen le 19 août 1944 et
Pau le 20, les Allemands quittent Bordeaux le
28 août 1944 après avoir coulé de nombreux bateaux dans le fleuve pour
empêcher toute
remontée de la Garonne par les troupes
Alliées. Le déblocage de l'accès prit plusieurs années et encore
aujourd'hui,
des restes d'épaves sont toujours visibles à marée basse, notamment
depuis la place des
Quinconces.
De Jacques
Chaban-Delmas à Alain Juppé (1947-2009)
En 1947, Jacques Chaban-Delmas, général de la
Résistance, devient maire. Il industrialise la ville, avec comme élément
moteur
le domaine aéronautique et spatial (comme à Toulouse), alors que le
négoce s’effondre.
De 1960 à 1975, l'accélération de l'urbanisation (déploiement de
l'habitat individuel et des échoppes et voiries correspondantes) a
provoqué une
consommation d'espace quasi-équivalente à celle du siècle et demi
précédent
(1810-1960) : plusieurs grands aménagements ont été réalisés : création
de la
Cité du Grand-parc et du quartier du Lac; rénovation du quartier
Mériadeck; délimitation d'un
vaste secteur sauvegardé de 150 hectares; transfert des universités en
banlieue;
franchissement de la Garonne par trois nouveaux ponts et ouverture d'une
grande rocade; réaménagement du quartier de
la Bastide.
Jacques Chaban-Delmas reste maire jusqu'en 1995, année où Alain Juppé
lui succède à ce poste. Le nouveau
maire donne à la ville un second souffle et pour ce faire engage une
rénovation
de la ville, une réhabilitation de certains quartiers, la construction
d'un tramway. Suite
à sa condamnation en 2004, Alain Juppé est
remplacé par Hugues
Martin, provisoirement. Le Conseil municipal démissionne alors le
28 août 2006,
et des élections municipales anticipées sont organisées le 8 octobre.
Alain Juppé, de retour d'un séjour d'un an
au Canada où il a été enseignant à l'université, est ainsi réélu au
premier
tour, avec 56,24 % des suffrages exprimés (44 % de participation) . Le
9 mars 2008 a lieu
le premier tour des élections
municipales, durant lequel Alain Juppé est réélu avec 56,62 % des voix.
Géographie
Généralités
Bordeaux est située près de la côte Atlantique, dans le sud-ouest de
la
France. À vol d'oiseau, elle se situe à 498 km de Paris, 172 km de Pau, 220 km de Toulouse, 170 km de Biarritz, 202 km de Saint-Sébastien (Espagne) et 51 km d'Arcachon.
La ville est traversée par la Garonne. C’est un port accessible aux
navires de haute mer, mais la
plupart s’arrêtent plus en aval sur la Gironde, principalement au
Verdon. Elle
possède le dernier pont en aval sur la Garonne, le pont
d’Aquitaine. Au-delà, la Garonne, puis l'estuaire de la Gironde, ne sont
franchissables que par des bacs.
L’agglomération s’est développée à un rythme rapide, du fait d’un
fort étalement urbain principalement vers l'ouest. Cet étalement est
notamment lié au fait que les
habitations de l’agglomération bordelaise excèdent rarement deux, voire
trois
niveaux, y compris dans les faubourgs proches du centre-ville.
En centre-ville, l'opération de transformation du quartier Mériadeck
dans les années 1960-1970 a visé à séparer les circulations
piétonnes et automobiles, en construisant une dalle piétonne au-dessus
de la
voirie. Le bilan de cette opération est contesté.
Depuis le début des années 2000, « la belle endormie » s'éveille
au rythme des chantiers de renouvellement du centre ville, profondément
transformé depuis le retour du tramway26.
Bordeaux est une ville du sud, tant par sa géographie que par son
climat et
sa culture. De la domination anglaise au Moyen Âge, elle cultive un
certain
flegme. Des courants commerciaux avec les pays de la Hanse et de la
Hollande,
elle garde le professionnalisme, l’ouverture sur le monde. De l’époque
de Louis
XIV, elle garde une architecture droite, alignée, classique, que l’on
retrouve
dans les innombrables châteaux en pierre blonde. Mais Bordeaux se vit
aussi au
rythme latin.
Communes
limitrophes
Communes limitrophes de Bordeaux
| Le
Bouscat |
Blanquefort |
Lormont |
| Mérignac |
|
Cenon |
| Pessac |
Talence |
Bègles |
Géologie
La rive gauche de la Garonne, où se situe la plus grande partie de la
ville
de Bordeaux, se compose de grandes plaines, souvent marécageuses comme,
par
exemple, au nord vers Bordeaux-Lac. Bien qu'il y ait quelques collines,
l'altitude moyenne de la rive gauche reste très faible. Ces plaines sont
formées
de sédiments et le sous-sol est
principalement composé de gravier. L'ouest de l'agglomération empiète
sur la plaine sableuse des
Landes. Les sols y sont maigres, perméables à l'eau et stockent
facilement
la chaleur. Ces sols sont parfaitement adaptés à la pratique de la
viticulture. La ville de Bordeaux
est située entre le Médoc (en aval)
et les Graves (en amont)
qui sont très semblables au niveau géologique.
La rive droite de la Garonne est très différente puisque l'on passe
presque
directement de la plaine à un plateau calcaire. L'altitude s'élève alors
de façon abrupte à
près de 90 mètres. C'est sur ce même
plateau, à environ 20 kilomètres de Bordeaux, que se situent des
domaines
viticoles mondialement connus comme Saint-Émilion, Pomerol et Fronsac,
où l'on
peut trouver certains des vins les plus chers au monde.
Climat
Le climat de l'Aquitaine est de type océanique, qui se caractérise à
Bordeaux
par des hivers très doux et des étés chauds. Les précipitations sont
fréquentes
et réparties tout au long de l'année avec 820 mm d'eau et environ
150 jours pluvieux
par an. L'été, les précipitations sont souvent dues à des orages de
chaleur. En
juillet 1883, les plus importantes précipitations jamais tombées en
France en 30
minutes ont été observées à Bordeaux.
Les températures moyennes sont de 6,4 °C en janvier et de 20,9 °C en août avec une moyenne annuelle de
13,3 °C.
Bordeaux connaît en moyenne 15
à 20 jours en été où les températures dépassent les 30 °C.
Des températures extrêmes peuvent
aussi être observées comme lors de l'été 2003 où la température a
atteint 41 °C. Ce même été, il y a eu 12 jours
consécutifs où les maximales ont atteint ou dépassé les 35 °C.
Bordeaux bénéficie d'un ensoleillement
élevé dépassant souvent 2 000 heures de soleil par an et jusqu'à 2 200
heures
sur le littoral.
Bordeaux a connu des hivers très froids en 1985 et en 1987, puis
une sécheresse de 1988 à 1992. Plus récemment, Bordeaux a connu une
sécheresse
importante de 2002 à 2005.
Bordeaux a un climat de type Cfb (Océanique) avec comme record de
chaleur
41,9 °C le 16/8/1892 et comme record de
froid --16,4 °C le 16/1/1985. La
température moyenne annuelle est de 13,3 °C.
| mois | jan. | fév. | mar. | avr. | mai | jui. | jui. | aoû. | sep. | oct. | nov. | déc. | année |
| Température
minimale moyenne (°C) |
2,8 |
3,4 |
4,6 |
6,6 |
10,3 |
13 |
15,1 |
15,2 |
12,5 |
9,5 |
5,5 |
3,8 |
8,5 |
| Température
moyenne (°C) |
6,4 |
7,6 |
9,6 |
11,6 |
15,4 |
18,3 |
20,8 |
20,9 |
18,1 |
14,2 |
9,4 |
7,3 |
13,3 |
| Température
maximale moyenne (°C) |
10 |
11,7 |
14,5 |
16,5 |
20,5 |
23,5 |
26,4 |
26,6 |
23,7 |
18,8 |
13,4 |
10,7 |
18,1 |
| Précipitations
(mm) |
92 |
82,6 |
70 |
80 |
83,9 |
63,8 |
Fermer |