L'Alsace est une région culturelle, historique,
et administrative du
nord-est de la France métropolitaine. Région de l'Europe rhénane elle se
trouve au cœur de la mégalopole européenne (banane
bleue) et du Pentagone
Londres-Paris-Milan-Munich-Hambourg. Avec 223 hab./km² 1,
c'est la 3e région la plus densément
peuplée de France métropolitaine après l'Île-de-France et le
Nord-Pas-de-Calais. Parallèlement, c'est
aussi la plus petite par sa superficie.
L’Alsace est la 1re région exportatrice
française en valeur d'exportations par habitants2,
la 2e quant au revenu disponible brut des
ménages 3,
enfin, c'est une des régions de France où le taux de chômage est le
plus bas4.
Ce tableau idyllique ne doit pas masquer des difficultés économiques,
comme l'atteste la faible croissance du produit intérieur brut(PIB) au
cours
de la décennie actuelle. Du fait d'un taux de croissance de 5% du PIB
entre 2000 et 20075,
l'Alsace, classée au 2e rang national
jusqu'en 1997 n'est à présent plus que la 4e région française en termes de PIB par habitant6.
Berceau des Habsbourg7 - ce que rappelle les couronnes du
blason régional8 -
la région est située à l'extrémité occidentale de la Mitteleuropa,
vaste espace culturel des anciens
empires allemand et austro-hongrois. L'histoire houleuse de la
région est une clé essentielle de compréhension de la spécificité
alsacienne. Elle est à l'origine de nombreux particularismes locaux.
Ainsi, de nombreux domaines sont régis par le droit local
alsacien-mosellan 9 qui prime sur le droit général français. La région historique intégrait
le
Territoire de Belfort et celui de Landau et était subdivisée en
Haute-Alsace et Basse-Alsace, dont les traductions allemandes Oberelsass et Unterelsass sont toujours utilisées par les germanophones.
L'Alsace doit ses origines culturelle et linguistique au peuple Alaman10.
Au début de l'ère chrétienne, les Alamans étaient un regroupement de
tribus germaniques confédérées, d'où leur nom: all- signifie tous et mann- signifie hommes. Le dialecte alsacien et
l'Allemand standard (Hochdeutsch)
appartiennent au même groupe linguistique germanique: Le haut-allemand.
C'est la deuxième ou troisième
langue autochtone de France après le français
selon l'hypothèse occitane retenue11.
Aujourd'hui, l’Alsace est divisée en deux départements, le Bas-Rhin
au nord et le Haut-Rhin au sud. Le conseil régional siège à Strasbourg,
qui est aussi la plus importante (440 702 habitants)
des trois grandes agglomérations de la région
devant Mulhouse (239 858 habitants), et Colmar (88 198 habitants)12.
Elles regroupent à elles seules 42% de la population alsacienne.
Strasbourg et Mulhouse sont respectivement les 11e et 25e agglomérations les plus peuplées de
France13.
La ville de Strasbourg est également le siège de plusieurs institutions
européennes, dont le Parlement européen et le Conseil de l'Europe qui
symbolisent le choix d'un
avenir résolument européen dans lequel se fond l'identité culturelle de
l'Alsace.
L'Alsace,
un territoire restreint d'une grande diversité
Présentation
générale du territoire
S'Elsass
- le Pays de l'Ill
Passage de l’Ill à Strasbourg, quartier de la Petite France.
Articles détaillés : Ill et étymologie du nom
Alsace.
La signification étymologique du mot Alsace a différentes
théories. En voici une : "Alsace" viendrait de l'alsacien (alémanique)
: Elsass anciennement écrit Elsaß.
- 'El- vient de l'alémanique Ell qui signifie l'Ill, la
principale rivière alsacienne qui traverse la région du sud au nord. La
rivière prend sa source dans le Jura alsacien et se jette aujourd'hui
dans le Rhin en aval de Strasbourg après la chute de Gambsheim. C'est le
plus important affluent alsacien du Rhin. Avant l'endiguement, les
crues du Rhin (et non celles de l'Ill, qui inondent pacifiquement le
Ried) étaient parfois très meurtrières, bon nombre de villages ont été
submergés par le fleuve (voir Neuf-Brisach)
- saß vient du verbe sitzen (se trouver, être assis)
(prétérit de l'allemand : saß – prétérit du vieil anglais : sæt).
Littéralement, Elsass signifierait donc « le lieu où se trouve
l'Ill » soit le 'Pays de l'Ill'14.
Topographie
Radôme au sommet du Grand Ballon à 1 424 mètres d'altitude
Image satellite de l'Alsace avec les
principales aires urbaines
L'Alsace couvre une surface15 de 8 280 km2 (190 km de long sur 50 km de large soit 1,5 % de la
superficie de la France), ce qui en fait la plus petite des régions
administratives de France métropolitaine, la Corse ayant une surface de 8 680 km2. Elle s'étend du
sud au nord le long du Rhin qui la borde à l'est.
Elle est limitée au nord par la rivière Lauter, où commence le
Palatinat allemand, et à l'est par le Rhin, à l'est duquel s'étend le
Bade-Wurtemberg, au sud par la Suisse, au
sud-ouest par la Franche-Comté et à l'ouest par la Lorraine.
Son espace est découpé en plusieurs ensembles de relief :
- à l'est, la plaine d'Alsace16 drainée par l'Ill et consacrée à la grande culture céréalière. La forêt y
occupe encore
des espaces importants : forêt de Haguenau au nord et celle de la Hardt
et du Nonnenbruch au sud ;
- entre le Rhin et l'Ill, le Ried17.
Cette zone marécageuse et humide conserve ses caractères naturels
remarquables façonnés par le vieux fleuve autrefois sauvage (forêts
rhénanes parcourues par les bras du Rhin, prairies inondables, sources
phréatiques, rivières).
- à l'ouest dominent les Vosges, ou massif vosgien, entaillées
de larges
vallées des affluents de l'Ill ; ici ce sont les pâturages d'altitude
(Hautes Chaumes) qui alternent avec la forêt ; le Grand
Ballon 1 424 m (ex ballon
de Guebwiller)
est le point culminant d'Alsace, il est situé dans le Haut-Rhin ;
- les collines sous-vosgiennes font le lien entre les deux ensembles.
Le piémont vosgien est la zone où s'étend le vignoble alsacien ayant une
limite supérieure de culture atteignant 467 m au Rangen et
478 m à Osenbach.
- le Sundgau,
région de collines au sud de Mulhouse.
- le Jura alsacien à l'extrême-sud de la région avec pour point
culminant le Raemelspitz à 832 m.
Le Jura alsacien occupe l'extrémité nord du massif du Jura. C'est dans
ce massif que l'Ill prend sa
source.
Géologie
L'Alsace est la partie occidentale de la plaine du Rhin située sur sa
rive gauche. C'est un fossé d'effondrement, appelé aussi rift ou
graben,
d'âge oligocène, associé à ses épaulements latéraux :
les Vosges et la Forêt-Noire.
Le massif du Jura, formé par glissement (induit par la
surrection alpine) de la couverture mésozoïque sur les formations
triasiques
("couches savon") recoupe la région de Belfort.
- Le fossé rhénan s'est effondré durant le tertiaire, en conséquence
la région a
été plusieurs fois envahie par la mer, ce qui explique une sédimentation
variée : marne, calcaire,
sel gemme, marbre. De
plus, au quaternaire, des dépôts éoliens de lœss ont
lieu.
- Le Sundgau qui était alors un vaste plateau calcaire a été recouvert
par les mers secondaires, au commencement de l'ère tertiaire. Au début
de l'oligocène, on assiste à un affaissement du fossé rhénan à l'origine
de la pénétration marine. À la fin de l'oligocène, la mer se retire
définitivement laissant des dépôts de sédiments très fins. À la fin du
tertiaire et au début du quaternaire le surélèvement des Vosges et de la
Forêt Noire entraîne la formation du Jura qui est le résultat de
plusieurs phases de plissements, entrecoupées par des phases d'érosion.
La nappe de cailloutis d'origine alpine que l'on trouve dans le Sundgau
est due à l'érosion très intense du Jura par le Rhin qui, pris dans un
couloir rejoignait alors l'actuelle vallée du Doubs. Ce n'est que
l'affaissement du fossé rhénan qui a modifié le cours du Rhin et le
régime hydrographique par les phénomènes de capture.
- Les Vosges sont constituées au Nord par du grès (plateau lorrain) et
au Sud par du granite ;
les granites sont des structures hercyniennes exhumées lors des
soulèvements latéraux conjoints à l'effondrement du rift.
- Le Jura, soulevé plus tardivement (au Miocène)
est constitué de calcaires et de marnes d'âge le plus souvent
jurassique, donc beaucoup plus anciens que les formations de la plaine
alluviale du Rhin.
La structure tectonique du sous-sol (fossé d'effondrement)
explique une certaine activité sismique.
Des gisements de pétrole ont été exploités au nord (à Pechelbronn,
près de Niederbronn-les-Bains, l'un des
premiers gisements au monde à être exploité, en 1740), ainsi
que des gisements de potasse datant de l'oligocène près de Mulhouse. Des
mines d'argent ont
également été exploitées jusqu'au début de XXe siècle
près de Sainte-Marie-aux-Mines.
Enfin, le fort géotherme, conséquence de la remontée mantellique qui
eut lieu à l'aplomb du rift, permet une exploitation géothermique
expérimentale à Soultz-sous-Forêts.
La zone la plus active sur le plan sismique en Alsace est le Sundgau
dans le sud du Haut-Rhin18,
tant par le nombre que par l’intensité des séismes qui l’ont touché. Ce
territoire a été frappé par plusieurs séismes d’intensité supérieure à
VI. Le plus dévastateur fut celui de Bâle du 18 octobre 1356 (intensité
épicentrale VIII-IX),d'une ampleur inédite en Europe de l’ouest. Bien
que moins soutenue, l’activité sismique du fossé rhénan est
significative et apparaît plus forte que celle des régions voisines. Une
dizaine de séismes d’intensité supérieure à VI sont à dénombrer, dont
le plus récent date du 15 juillet 1980. Le massif vosgien ne montre
qu’une activité sismique diffuse et peu intense.
Climat
le sommet du Hohneck en hiver.
Articles connexes : Climat du Bas-Rhin et Climat du
Haut-Rhin.
Le climat alsacien est « semi-continental d'abri ».
Le climat est continental dans la plaine centrale. Les vents d'ouest
subissent un forçage sur le versant occidental des Vosges, frappé de
pluies. L'air se retrouve donc déchargé
d'humidité quand il a franchi la barrière vosgienne.
Conséquence : l'hiver y est froid, l'été chaud et il y a peu de
précipitations.
Donnée pour Meyenheim (limite Sud-Alsace/Centre-Alsace).
| Température la plus basse |
-24,8 °C |
| Jour le plus froid |
27 février 1986 |
| Année la plus froide |
1963 |
| Température la plus élevée |
38 °C |
| Jour le plus chaud |
16
août 1974 |
| Année la plus chaude |
1994 |
| Hauteur maximale de pluie en 24h |
80,6 mm |
| Jour le plus pluvieux |
10
juillet 1989 |
| Année la plus sèche |
1962 |
| Année la plus pluvieuse |
1999 |
- Record de chaleur : 40.9°, 13 août 2003.
- Record de froid : - 30.2° au Grand-Ballon, 1 424 m le 10.2.1956.
Le climat connaît davantage d'influence océanique et est beaucoup
plus humide dans le Sundgau, dans l'Alsace-Bossue ou l'Outre-Forêt.
L'effet de
fœhn
Colmar sous le soleil d'été
La zone de Colmar située à l'est de la ville bénéficie d'un
micro-climat ensoleillé et sec car l'effet de foehn y joue à plein :
Colmar est la deuxième ville
la moins pluvieuse de France après Perpignan,
avec 550 mm de précipitations
par an. La région de Colmar connait en moyenne entre 95 et 100 jours de
pluie par an.
L'effet de fœhn19 a
une influence importante sur une vaste zone qui s'étend depuis la
banlieue Nord de
Mulhouse, à partir de Wittenheim-Kingersheim au sud (la région
mulhousienne est donc climatiquement divisée en
deux), jusque dans une bande étroite au nord, située entre Strasbourg et
Molsheim. Dans cette zone, la pluviométrie varie entre 95 et 110 jour
par an.
À l'ouest, sur une partie du massif vosgien, la pluviométrie atteint
par contre jusqu'à 170 jours par an. La différence est donc de 75 jours
de pluie par an dans les zones les plus influencées à seulement 20
kilomètres de distance.
Ce climat relativement ensoleillé est idéal pour le vignoble
d'Alsace. L'importance de la nappe phréatique alsacienne combinée à la
proximité du
Rhin et de rivières importante évite toutefois à la région les
conséquences d'éventuelles sécheresses.
Diversité
des régions naturelles et pays d'Alsace
Le climat, la nature du sol, le relief façonnent les paysages. Or ces
facteurs varient sensiblement d'une zone à l'autre. Il en découle une
grande variété des milieux naturels en Alsace qui fait de la région une
véritable mosaïque de « pays » distincts.
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Le Sundgau
Article détaillé : Sundgau.
Les régions naturelles alsaciennes
Le Sundgau est un pays aux reliefs assez doux, mais nettement
marqués, au sud de
la région mulhousienne. Il s'étend jusqu'à la frontière suisse. La ville
d'Altkirch est traditionnellement considérée comme sa « capitale ».
Sundgau signifie comté du Sud en alémanique.
Le Jura alsacien
Article détaillé : Jura
alsacien.
Le sud du Sundgau appartient au massif du Jura. Les premières
montagnes de ce Jura
alsacien vont de la Suisse à la Franche-Comté.
L'Ochsenfeld
Le pays de la région mulhousienne.
Articles détaillés : Ochsenfeld et Région
mulhousienne.
Ochsenfeld signifie le champ des bœufs20 en allemand. Le terme désigne la
plaine qui s'étend de Thann à
Mulhouse, jusqu'à la Hardt à l'est, au sud jusqu'au Sundgau et au nord
jusqu'à Ensisheim. Relativement peu usité dans le langage
courant, actuellement, il désigne à peu près la région naturelle de
Mulhouse.
La bataille de l'Ochsenfeld désigne la
bataille qui opposa les Romains et les Germains dans le combat le plus
acharné de
l'époque près de Mulhouse.
Selon la légende, cette bataille donna lieu à la fondation de
Mulhouse.
Article détaillé : Légende
de la naissance de Mulhouse.
La Hardt
Article détaillé : Hardt.
La Hardt est une forêt de plaine caractérisée par une certaine
sécheresse (600 mm de pluie
par an dans la partie nord). Elle s'étend de Kembs jusqu'à Colmar, entre
l'Ill et le Rhin, sur
l'ancien cône de déjection glaciaire du Rhin.
C'est la seconde forêt d'Alsace avec ses 13 000 hectares,
derrière la forêt de Haguenau.
Propriété de l'État, elle est recensée comme zone de protection spéciale
Natura 2000. Elle constitue la plus grande
charmaie naturelle d'Europe et abrite également des pelouses steppiques
très rares en Europe occidentale.
Les Vosges
centrales
Article détaillé Vosges centrales en préparation (?). La
dénomination,
floue en ce qui concerne l'Alsace, pourrait désigner la partie du massif
située au sud-ouest du Bas-Rhin, frontalière de la Lorraine. En
Lorraine, en revanche, le territoire appelé "Pays des Vosges centrales"
regroupe officiellement plusieurs communes, dont Épinal (syndicat mixte
de pays, concernant environ 10 % de la région).
Haute-Bruche
Article détaillé : Haute-Bruche.
La dénomination Haute-Bruche est attachée à la vallée de la Bruche,
en amont de Wisches, et aux vallée afférentes. Schirmeck et La Broque
constituent l'agglomération principale. Leurs habitants se disent
volontiers « Alsaciens et Vosgiens », non des « Vosges centrales ».
Vallée de
Villé
Article détaillé : Vallée de Villé.
Vallée
de Sainte-Marie-aux-Mines, ou le Val d'Argent
Article détaillé : Val
d'Argent.
Les Hautes-Vosges
Carte du parc des Ballons des Vosges - Hautes-Vosges.
Article détaillé : Parc naturel
régional des Ballons des Vosges.
Le Parc naturel régional des Ballons des Vosges s'articule autour des
Hautes-Vosges et regroupe 208 communes d'une population totale de
256 000 habitants. Il a pour but la protection de ce patrimoine naturel.
Vallée de la
Thur ("Val de Saint-Amarin")
Le bassin montagneux de la Thur,
fréquemment surnommé Val de Saint-Amarin, s'enfonce profondément dans la
partie la plus élevée du massif vosgien. Au centre de cette enclave,
Saint-Amarin se situe à 410 m d'altitude.
Au débouché de la vallée dans la plaine, Thann se
situe à 340 m d'altitude. Le
ban communal de ce chef-lieu de canton, sous-préfecture depuis la fin de
la Première Guerre mondiale, déborde
sur la plaine d'Alsace. Mise à part la viticulture (vignoble escarpé du
grand cru Rangen, le plus méridional d'Alsace), l'agriculture ne joue
aucun rôle depuis longtemps. L'industrie s'est développée à partir des
années 1780, avec l'implantation, en premier lieu, de manufactures
d'impression sur étoffe. Le textile a irrémédiablement décliné après la
crise des années 1930 et la Seconde Guerre mondiale. Le patrimoine
forestier est important.
Vallée de la Lauch
(Florival)
Le surnom de Florival a été donné à la vallée vosgienne de la Lauch,
en amont de Guebwiller, et aux vallons afférents. C'est
l'univers du romancier Jean Egen, le "Hans du Florival". Courte (une
quinzaine de kilomètres), enclavée, peu peuplée en dehors de Guebwiller
(où se trouve un Musée du Florival), cette vallée ne constitue pas
vraiment un "pays", mais a une identité marquée, notamment sur le plan
touristique. Le Bechenthal, vallon affluent de la Lauch, au nord-ouest
de Guebwiller, est l'écrin de l'abbaye de Murbach,
Saint-Léger.
Vallée de
Munster
On dénomme communément "Vallée de Munster" la haute et moyenne vallée
de la Fecht,
bassin-versant nettement circonscrit par les crêtes montagneuses. Cette
vallée, qui fut très industrialisée au temps du textile, a une vocation
agricole, forestière et touristique. Elle garde une identité marquée.
Munster,
à 380 m d'altitude, au
confluent de la Petite-Fecht et de la Fecht, est une ville d'origine
ancienne, commerçante, siège du Parc régional des Ballons des Vosges.
Le Grand Ried
Vue du ried de La Wantzenau au mois d'août.
Article détaillé : Grand
Ried.
Le Grand Ried s'étend du nord d'Ensisheim jusqu'à la périphérie de
Strasbourg. Il a été modelé par les divagations du Rhin dans sa zone
d'épandage avant sa canalisation.
Le Kochersberg
le sommet du Kochersberg, emplacement de l'ancien château et tour de
Chappe au sommet
Article détaillé : Kochersberg.
Le Kochersberg est une région aux terres très fertiles (lœss),
localisées entre les vallées de la Zorn, au nord,
et de la Bruche au sud, le champ de failles de
Saverne à l’ouest, et à l’est, le rebord de la terrasse rhénane.
L'Alsace
bossue - s'Krumme
Elsass
Article détaillé : Alsace
Bossue.
Elle se compose des cantons de Sarre-Union et de Drulingen, ainsi que
de La Petite-Pierre et les villages environnants. C'est
une zone rurale avec de nombreux vergers, des forêts ombragées et des
rivières poissonneuses.
Les Vosges du
Nord
Article détaillé : Vosges du Nord.
Cette région montagneuse est, dans sa majeure partie, occupée par le
parc naturel régional des Vosges du Nord qui est né le 30
décembre 1975 et regroupe actuellement 113 communes. Il associe
plusieurs milieux
forestiers, tels que la hêtraie, la chênaie,
l'aulnaie ou encore la pinède sur tourbe.
Ces derniers abritent une foule d'animaux et
de végétaux tel que le pic noir,
l'aspérule odorante, le mélampyre des prés ou encore le populage des
marais.
Outre-Forêt
L'Alsace :
des hommes, une histoire, une culture plurielle
Histoire
Expansion du Royaume d'Alémanie du
IIIe siècle au VIe siècle
L'Alsace, zone originelle du peuplement celtique. La zone orange montre
la région de la naissance de La Tène.
La zone verte suggère une extension probable de l'influence celtique
autour de -1000. La zone rouge indique une région celtique possible
autour de -400.
Article détaillé : Histoire de l'Alsace.
À la différence de ses provinces et régions voisines, l'Alsace n'a
jamais connu de période d'indépendance ou d'autonomie de forme
centralisatrice. L'Alsace a longtemps été caractérisée par le
confédéralisme. La région doit sa culture et son dialecte aux Alamans (à
ne pas confondre avec les Allemands), qui s'établirent dans la région
en 378, l'alsacien d'aujourd'hui est un dialecte alémanique.
Article détaillé : Alamans.
La région fut sous l'autorité du Saint-Empire romain germanique de
962, date
de sa création, jusqu'en 1648, puis elle perdit son autonomie en
passant sous
contrôle de la France après son annexion progressive au XVIIe siècle.
C'est en Alsace que sont nés les ancêtres de la puissante dynastie
des Habsbourg qui régnèrent en maîtres, plusieurs siècles durant, sur
toute l'Europe centrale.
La plaine d'Alsace, subissant l'effet de foehn et étant naturellement
irriguée, a toujours
été une terre fertile et propice à l'agriculture céréalière, les
collines sous-vosgiennes, le piémont, était le domaine réservé de la
vigne tandis que les vallées vosgiennes et l'Ochsenfeld (champs des
bœufs) abritaient d'immense troupeaux de bovins, on y
cultivait également du chanvre. Les forêts et le ried étaient
fort riches en gibier. Le tout, réparti le long du Rhin, l'axe
fluvial majeur européen, qui permettait ainsi un commerce soutenu et des
revenus réguliers. L'Alsace a donc de tout temps été une
région riche qui a suscité les convoitises des grandes puissances
européennes. L'histoire de l'Alsace fut donc rythmée par les guerres et
les annexions.
Quelques repères :
Période
pré-alémanique
Peter Becker - Fondation légendaire de Mulhouse - Soldat
d'Arioviste blessé recueilli par la fille d'un meunier.
Bataille de l'Ochsenfeld opposant
César à Arioviste en 58 av. J.-C.
- IIe millénaire av. J.-C. : Les Celtes
arrivent en Alsace
- Ve siècle - Ier siècle av.
J.-C. : L'Alsace était divisée entre deux tribus celtes :
les Séquanes au Sud et les Mediomatriques au Nord.
- 72 av. J.-C. : les peuples germaniques (composés majoritairement des
Suèves et des Triboques) traversent le Rhin et s'installent en Alsace
(estimées entre 137 000 et 275 000 selon l'historien August Meitzen).
- 58 av. J.-C. : Bataille de l'Ochsenfeld21.
Elle vit la victoire des Romains commandés par Jules César, général
et proconsul des Gaules,
sur le chef suève Arioviste dans le Sud de l'Alsace. Arioviste réussit à
s'enfuir de l'autre coté
du Rhin, ceux qui ne réussir pas à faire de même furent massacré par les
romains, le reste de la population fut mélangé aux peuples celtes .
C'est une bataille majeure de la guerre des Gaules, victoire à partir de
laquelle les Romains
vont décider de rester en Gaule et conquérir le pays.
Fondation légendaire de Mulhouse.
Article détaillé : Bataille de l'Ochsenfeld.
L'Alsace est intégrée à l'Empire romain. La langue latine
supplante progressivement et remplace les langues celtesréférence?.
- 12 av. J.-C. : Création du camp fortifié romain d'Argentoratum,
naissance de la ville de Strasbourg.
À partir de la seconde moitié du quatrième siècle après J.-C., de
nombreux Germains, notamment des Alamans
s'installèrent progressivement dans l'Alsace romaine.
Établissement
des Alamans
La Germanie supérieure dans l'Empire
romain, vers 120
- 298 :
L'empereur Constance Chlore repousse au-delà du Rhin
d'importantes bandes d'Alamans (plus de 20 000 hommes) qui avaient
pénétré dans l'Est de la Gaule après les avoir battues devant Langres.
- 357 : Le
futur empereur romain Julien (Julien dit l'Apostat) bat sévèrement les
Alamans qui essayaient d'envahir l'Alsace à la bataille de Strasbourg.
- 366 et 406 : Profitant
du gel du Rhin les Alamans pénètrent à nouveau en Alsace. Les Romains
et leur alliés fédérés francs ont de plus en plus de mal à les contenir.
- Vers le milieu de cinquième siècle, les Romains finissent par être
définitivement chassés de la plaine d'Alsace où les Alamans s'installent
pour y répandre leur culture, leur langue (l'alsacien,
alémanique) et construire des villes. Ils mettent en place une
confédération de petits royaumes appelée Royaume d'Alémanie.
Alaman signifie Tous les hommes.
- Vers 496 :
Les Francs de Clovis battent les Alamans à Tolbiac mais ces derniers
restent
les plus nombreux en Alsace bien qu'en théorie inféodés aux Francs.
- 511 :
L'Alsace est rattachée au royaume franc d'Austrasie
- VIIe siècle : Christianisation de l'Alémanie.
- 709-712 : Nouvelle
guerre entre les Francs et les Alamans
- 746 : Massacre de Cannstatt
Assassinat de la quasi-totalité des nobles du peuple alaman.
Cannstatt, anciennement castrum, était
l'une des principales localités du duché d'Alémanie fondé par les
Mérovingiens. Le carolingien Carloman, maire du palais
d'Austrasie,
y convoqua une assemblée et fit assassiner la majorité des dirigeants
alémaniques sous le prétexte qu'ils auraient participé au soulèvement du
duc Theudebald (Thibaud) et du duc Odilon de Bavière. À partir de ce
moment, il n'y aura
plus d'unité alémanique et les pays alémaniques seront définitivement
divisés en plusieurs États. Toutefois, la langue et la culture
alémanique subsisteront jusqu'à nos jours.
- 843 : Le traité de Verdun, conclu par trois fils de Louis le Pieux,
lui-même fils de Charlemagne,
après une querelle d'héritage (voir les Serments de Strasbourg de 842),
divise le royaume de Charlemagne en trois. L'Alsace fait désormais
partie de la Francie médiane (domaine de l'empereur Lothaire).
- 855 :
L'Alsace revient à Lothaire II et fait partie de la Lotharingie.
- 870 : La
Lotharingie est partagée entre Charles le Chauve et Louis le Germanique.
L'Alsace est
rattachée à la Francie orientale (domaine de Louis le
Germanique agrandi au traité de Meerssen). Elle fera ensuite
partie du Saint-Empire romain germanique.
- 917 :
Naissance en Alsace de Gontran le Riche, plus vieil ancêtre confirmé de
la dynastie
des Habsbourg.
L'Alsace
dans le Saint-Empire - l'âge d'or
des cités alsaciennes
Saint-Empire romain germanique en 1648
Statue de Gutenberg à Strasbourg
- 962 :
L'Alsace fait partie du Saint-Empire romain germanique.
- En 1161,
Frédéric Barberousse élève Mulhouse au rang de ville libre de l'Empire
lui conférant ainsi une autonomie
quasi-totale. Il en fit ainsi une véritable cité qui ne doit rendre de
comptes qu'à l'empereur lui-même.
- En 1197,
Philippe de Souabe, fils de Frédéric
Barberousse fut désigné empereur à Mulhouse.
- 1273 :
Le comte Rodolphe IV de Habsbourg, un seigneur politique, allié des
bourgeois des villes de Strasbourg et de Zurich,
accède, de manière inattendue, au trône impérial sous le nom de
Rodolphe Ier de
Habsbourg.
- 1354 :
Fondation de la Décapole, l'Alsace s'organise en une confédération
de villes libres qui rassemble dix villes impériales. La Décapole
possède pour les historiens et les économistes une particularité
extrêmement rare, qui plus est pour l'époque : outre l'alliance
militaire, l'entraide est également financière en cas de banqueroute.
Cela permet aux cités alsaciennes de peser économiquement sur l'espace
rhénan.
Article détaillé : Décapole.
- 1386 (9
juillet) : Bataille de Sempach
De nombreux nobles alsaciens qui combattirent sous la bannière des
Habsbourg furent tués lors de cette bataille. On chiffre ce nombre de
tués à 15 %
de la noblesse alsacienne.
- 1434 :
Premiers travaux de Gutenberg sur l'impression, à Strasbourg
- 1515 : Mulhouse se retire de la Décapole pour s'allier aux cantons
suisses, son destin
sera ainsi distinct du reste de l'Alsace pendant plusieurs siècles.
- 1523 : Mulhouse adhère à la Réforme, qui s'opère par étapes avant
d'aboutir en 1529 à l'établissement complet et exclusif du culte
protestant.
- 1526 : guerre des paysans. 25 000
« rustauds » massacrés à Saverne.
- 1618-1648 : La guerre de Trente Ans frappe lourdement la région,
l'Alsace est pillée à de nombreuses reprises, les massacres
s'enchaînent, les villages sont rasés et brûlés, la famine se répand et
la peste touche la région, la population fuit les villes et villages
pour se réfugier dans les Vosges et dans les grandes forêts alsaciennes,
environ 60 % de la population alsacienne sont décimés. L'économie est
anéantie. La République de Mulhouse, qui comprend
également Illzach et Modenheim,
est épargnée grâce à son statut de Cité-état, le nombre de
réfugiés est alors bien supérieur à celui des Mulhousiens.
L'Alsace
dans le Royaume de France
- 1648 :
Suite au traité de Westphalie, l'Autriche cède au royaume de France une
partie de l'Alsace, principalement le sud
de la région. La République de Mulhouse conserve son
statut de ville indépendante. La noblesse française éprouvera au début
des difficultés à asseoir son autorité sur le territoire alsacien.
- 1681 :
La ville libre impériale de Strasbourg est assiégée par les troupes du
roi de France et doit se rendre.
L’Alsace, à l'exclusion de Mulhouse,
sera alors gouvernée par un intendant siégeant à Strasbourg et par le
conseil souverain à Colmar. La région conservera largement son
autonomie.
- 1746 :
En parallèle, la République de Mulhouse se lance de
manière précoce dans l'ère industrielle avec l'ouverture
de la première manufacture d'indienne. La république libre connaîtra
alors une croissance exponentielle et deviendra un des principaux pôle
industriels d'Europe.
- 26 août 1728 :
naissance à Mulhouse du mathématicien, physicien et astronome Johann
Heinrich Lambert.
L'Alsace dans la
République française
Victor Schoelcher, Abolition de l'esclavage
- 1789 :
La Révolution est accueillie avec enthousiasme par les Alsaciens qui se
soulèvent contre la noblesse locale. L'héritage révolutionnaire scellera
l'attachement des Alsaciens à la France.
- 1790 :
L'Alsace est partagée en deux départements : Le Bas-Rhin et le
Haut-Rhin. La ville de Mulhouse conservant son indépendance, c'est
Colmar,
beaucoup moins peuplée qui devint la préfecture du Haut-Rhin.
- 1793 :
Un certain nombre de territoires étrangers enclavés dans ces
départements, appartenant à la noblesse germanique (les « princes
possessionnés »), sont annexés
à la France par la Convention nationale22.
- 1798 :
La République libre de Mulhouse, alliée à la Confédération
helvétique, doit capituler devant un blocus économique mené par la
France. La ville est contrainte de voter elle-même son annexion par la
France, qui a lieu le 4 janvier 1798, à l'époque du Directoire. La
ville devient à son tour française, Colmar conserve toutefois son statut
de préfecture du Haut-Rhin
- Période napoléonienne : l’Alsace fournit 70 généraux à la Grande
Armée de l’Empire français.
- 1815 : Landau est annexé par le Royaume de Prusse.
- 1848 : Victor Schoelcher, homme de gauche d'origine alsacienne,
est nommé président de la commission d'abolition de l'esclavage, il est
l'initiateur du décret du 27
avril 1848 abolissant définitivement l'esclavage dans l'empire
colonial français.
Article détaillé : Décret
d'abolition de l'esclavage du 27 avril 1848.
l'Alsace dans l'Empire allemand
- 1850 :
L’Alsace vote massivement en faveur du plébiscite sur l’Empire de
Napoléon III.
- 12 décembre 1866 :
Naissance à Mulhouse du futur prix Nobel de chimie Alfred
Werner
- 1871 (18 avril) : Obligation
scolaire en Alsace. La France instaurera cette obligation onze ans
plus tard grâce à Jules Ferry.
L'Alsace
dans l'Empire allemand
L'Alsace-Lorraine en 1871
La Lorraine pleurant sur l'épaule de l'Alsace à Nancy
- 1871 :
Par le traité de Francfort, l'Empire allemand annexe l'Alsace, sauf les
environs de Belfort ainsi qu'une partie de la Lorraine.
Une politique visant à éliminer la francisation menée depuis l'annexion
française est mise en place.
- 1872 (28 avril) : Un rescrit impérial institue l'université
allemande de
Strasbourg.
- 1874 (29 octobre) : Un décret institue une Assemblée régionale
d'Alsace-Lorraine.
- 1894 à 1906: C'est
l'Affaire Dreyfus. Le Mulhousien Alfred Dreyfus, juif d'origine
alsacienne est
accusé d'avoir livré aux Allemands des documents secrets alors que
l'Alsace et la Lorraine sont sous le joug allemand. Il est condamné pour
trahison. Cette affaire divise profondément et durablement les Français
en deux camps opposés, dreyfusards (partisans de l'innocence de
Dreyfus, qui a rapidement été avérée) et antidreyfusards (adversaires de Dreyfus). Il fut réhabilité en 1906.
- 1902 :
Libéralisation du régime allemand et forte croissance économique :
reflux de la contestation anti-allemande
- 1911 (31 mai) : Adoption de la Constitution d'Alsace-Lorraine.
La
Première Guerre mondiale
- 1914 :
Incursions de l'armée française dans le sud de l'Alsace, combats autour
de Mulhouse.
- 1915 :
Combats au col du Linge et
autour de l'éperon rocheux du Hartmannswillerkopf (aussi appelé le
vieil Armand) à 17 km de Mulhouse, devenu
monument
national.
- Pour le restant de la guerre, stabilisation du front sur une ligne
Pfetterhouse - Altkirch - Thann -
Hartmannswillerkopf - Munster - Col du Linge - Col du Bonhomme.
- 1918 :
Entrée des troupes françaises en Alsace après l’armistice du 11
novembre.
Retour dans la
République française
Signature du traité de 1919 dans la galerie des Glaces
- 1919 :
L'Alsace redevient française, suite à la ratification du traité de
Versailles.
Landau,
cependant, demeurera définitivement allemand, seul reliquat de l'Alsace
allemande depuis 1815.
Politique
d'assimilation
Le retour de la région dans le giron de la France ne s'est pas fait
sans douleur ni maladresse de la part de l'administration française.
Sur la plan culturel, l'Alsace subit une
francisation forcée, il fut interdit de parler alsacien à l'école et
dans les services publics. L'ordre est donné d'utiliser la
méthode d'enseignement directe dans les écoles, qui consistait à
utiliser le français sans transition.
Les Alsaciens furent divisés en quatre classes de citoyens, marquée
par les inscriptions A-B-C-D
sur leur cartes d'identité. Ce classement des
citoyens fut établis en fonction de l'ascendance, caractéristique
supposée du degré de francophilie. Chaque classe correspond à des
droits civiques différents23.
Mise en place par les autorités françaises d'une politique
d'épuration, 112 000 personnes seront également expulsées24.
Mise en place au printemps 1919 de commissions de triage chargées de
l'examen individuel des Alsaciens selon les propos, les positions prise
ou leur attitude supposée25.
Cette politique d'assimilation linguistique a mené à ce que l'on
appelle aujourd'hui la Verelsässerung : la perte de l'identité
germanique, l'appauvrissement de la culture. La conscience historique et
identitaire des Alsaciens disparaît, le lien avec l'espace culturel et
linguistique allemand se distend, à tel point que la majorité des
Alsaciens d'aujourd'hui ne se sent plus rien d'allemand (au sens
« ethnique » du terme), mais français. Bien entendu, le traumatisme
causé par la période nazie en est également pour beaucoup responsable,
de par le rejet qu'il a engendré chez certains de tout caractère
germanique. De plus, l'absence de connaissance historique sur la région
antérieure à 1870 chez une grande partie de la population (certains
avancent jusqu'à 95%) en raison de programmes scolaires évitant
soigneusement cette période, joue incontestablement beaucoup.
- Voir l'article détaillé sur la politique
d'assimilation appliquée à partir de 1918
Le IIIe Reich
l'Alsace annexée par l'Allemagne nazie
- 1940-1944 :
Pendant l'occupation nazie, l'Alsace est annexée de fait au Troisième
Reich. Il est interdit de parler
alsacien ou français et obligatoire de ne parler qu'allemand dans la
région.
- 1944 (novembre) : La 2e DB du général
Leclerc libère Strasbourg le 23 novembre, la 1re armée française du
général de Lattre de Tassigny libère
Mulhouse le 21 novembre tandis que les Américains tentent de repousser
plus au nord la contre-offensive allemande (dite « opération
Nordwind »).
- 1945 :
les forces françaises bloquent l'attaque allemande sur Strasbourg,
au moment de l'offensive des Ardennes, en janvier, puis jouent un rôle
majeur dans la prise de Colmar, le 2 février.
Les Malgré-nous
et l'incorporation de force
Monument en hommage aux Malgré-Nous dans le canton d'Obernai (Bas-Rhin).
Article détaillé : Malgré-Nous.
Quand fut signé l'armistice du 22 juin 1940, le cas
de l'Alsace n'était pas évoqué. Ce territoire restait donc juridiquement
français. Le régime nazi l'annexa de fait en juillet suivant sans en
faire la proclamation officielle.
La propagande était active pour inciter les jeunes Alsaciens à
s'engager dans la Wehrmacht, mais cela n'aboutit à aucun résultat.
Les jeunes Alsaciens refusaient de s'engager dans l'Armée allemande et
de soutenir le régime. Les nazis proclamaient alors à ce moment qu'on
n'avait pas besoin des Alsaciens pour gagner la guerre qui devait être
rapide.
Alfred Wahl, professeur d'histoire contemporaine à l'université de
Metz,
écrit : « Seuls les fils des fonctionnaires
allemands présents semblent avoir répondu à l'appel : ils furent moins
d'un millier pour les deux départements »26.
Le Gauleiter en charge du Reichsgau Baden-Elsaß, Robert
Wagner, était persuadé que
les « frères de race » nouvellement reconquis entendraient vite l'appel
de leur sang et se sentiraient rapidement allemands mais constatant le
nombre infime d'engagés volontaires, il conclut - non sans cynisme - que
les jeunes hésitaient à entrer dans l'armée allemande « par peur de
leur famille » et qu'ils seraient heureux de s'y voir forcés.
Au printemps 1942,
à Vinnitsa, il persuada Adolf
Hitler, au début fort réticent, d'instaurer l'incorporation de
force en Alsace, ce qui fut fait officiellement le 25 août 1942.
100 000 jeunes
Alsaciens seront ôtés à leurs familles et envoyés de force,
principalement sur le front de l'Est,
pour combattre l'armée de Joseph Staline. 30 % furent tués ou
portés disparus27.
De nombreux autres furent fait prisonniers par les Soviétiques. Parmi
eux, beaucoup choisirent de déserter la Wehrmacht pour se rendre
délibérément à l'Armée rouge et ainsi, en tant que Français,
rejoindre le général de Gaulle et la France
libre, mais les Soviétiques n'avaient, dans leur grande majorité,
pas connaissance du drame de ces Alsaciens. Beaucoup furent donc
considérés comme des déserteurs ou des espions, et donc fusillés,
victimes d'une double méprise. Les autres ont été déportés au camp de
Tambov après un passage dans les mines de charbon de Karaganda. Dans un
compte
rendu du colloque de Hambourg sur le retour des prisonniers de guerre
après 1945 28 on peut lire :
« Les Alsaciens en uniforme allemand furent concentrés dans le camp
de Tambov et subirent le sort de tous les prisonniers de la Wehrmacht,
avec des conditions de vie très dures, un taux de mortalité élevé et des
campagnes de rééducation antifasciste. Libérés en grande majorité
durant l'automne 1945, une partie des « malgré-nous »
passe pourtant plusieurs années supplémentaires en captivité. Accusés
de crimes de guerre par les Soviétiques, ils se sentent trahis par la
France libre, et utilisés comme monnaie d'échange dans les négociations
diplomatiques. »
Le dernier Malgré-nous libéré est Jean-Jacques Remetter, retourné
chez lui en 1955 29.
Le retour en
France
Une fois la guerre terminée, les Malgré-nous furent considérés par
l'opinion comme des traîtres. Ils ont également
été fortement attaqués par les militants du Parti communiste français
pour
leurs dénonciations de la situation dans les camps
d'internement soviétiques.
L'Alsace
de l'après-guerre
L'Alsace se relève rapidement de ses ruines, poussée essentiellement
par sa position géographique. L'amitié franco-allemande instaure pour la
première fois de l'histoire une paix durable dans la région.
Conséquences
de la rivalité hégémonique franco-allemande
L'alternance de la domination franco-allemande, le fait pour la
région d'être toujours en première ligne de l'affrontement de ces deux
grandes puissances européennes, la crainte permanente de la guerre, les
mesures prises par les Français et les Allemands pour « assimiler » la
population alsacienne, les répressions, épurations, incorporations de
force, déportations, pénuries en temps de guerre, ayant rythmé
l'histoire de la région, ont laissé des traces profondes, encore
perceptibles chez une partie de la population. La quasi-totalité de la
population compte dans sa famille des victimes de la dernière guerre. Le
sujet est souvent tabou, surtout en ce qui concerne les incorporés de
force : les Malgré-nous. La réintégration de l'Alsace dans
la République ne s'est pas faite sans difficulté. La perception du
dialecte alsacien, proche de l'allemand, souvent confondu avec cette
langue par les Français, a entraîné de nombreuses maladresses mal
acceptées par la population alsacienne qui ne désire surtout pas être