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     Actualités régionales

Démographie : «Les Françaises ont la fécondité des pays du Nord et l'espérance de vie des pays du Sud»

La France, qui a atteint en 2010 pour la première fois 65 millions d'habitants, reste l'une des championnes d'Europe de la fécondité et de l'espérance de vie, selon les chiffres publiés mardi par l'Insee...

Garde à vue : une enseignante porte plainte pour viol après une fouille au corps

Sarkozy à Truchtersheim : «n'opposons pas écologie et agriculture»

Nicolas Sarkozy a affirmé qu'il ne fallait pas opposer l'écologie et l'agriculture, plaidant pour une «agriculture durable, respectueuse de son environnement» et de «la santé des paysans», mardi en Alsace, lors de la présentation de ses voeux au monde rural...

Les prix de l'essence frôlent leurs records historiques

Disparition - Youssef Haikel : « Samy est le fils de tous les Strasbourgeois »

 Youssef Haikel, le père de Samy, a été reçu par Jean-Pierre Picca, un des conseillers de Nicolas Sarkozy à la préfecture du Bas-Rhin ce matin vers 11h30. A l?issue de cet entretien d?une demi-heure, il a donné une conférence de presse. « Je voudrais qu?on mette les moyens...

Lapsus : quand Sarkozy confond l'Alsace et l'Allemagne

Agriculture - « Ce que je vais dire ce matin au président de la République »

Tunisie - Des élections « dans les six mois »

Une grande disparité de revenus

En 2010, la ferme Alsace a profité de la flambée des cours des céréales. Mais les situations sont diverses. Les agriculteurs demandent une instance européenne de régulation pour les céréales. « Cette année, ce sont les compensations versées dans le cadre de la Politique agricole commune qui font nos revenus », explique ce céréalier du centre Alsace. En 2010...

Handball - Joli, mais pas parfait

Exilés le temps d?un match à 80 kilomètres de leur site de compétition habituel de Kristianstad, les Bleus n?ont rien perdu de leur aisance sur le trajet effectué en bus dans l?après-midi. Comme prévu, les champions en titre n?ont couru aucun danger face aux joueurs de l?archipel arabique, déjà trop contents d?être là, pour une partie à sens unique...

Tunisie : Michèle Alliot-Marie n'a "rien vu venir"

La France, comme d'autres pays, «n'avait pas vu venir les événements» qui ont conduit à la chute vendredi du régime Ben Ali, a déclaré mardi la ministre française des affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie...

Justice - Assassinat de Rafic Hariri: le procureur met en garde contre «toute spéculation»

Le procureur du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) Daniel Bellemare a mis en garde mardi contre «toute spéculation» sur le contenu confidentiel de l'acte d'accusation dans l'enquête sur l'assassinat de Rafic Hariri, «première étape» vers «la fin de l'impunité au Liban»...

Disparition - Le père de Samy Haikel reçu par un conseiller de Sarkozy ce matin

Le père de Samy Haikel, un étudiant de 18 ans disparu le 7 janvier à Strasbourg après une soirée dans un club, a été reçu ce matin par un conseiller du président de la République Nicolas Sarkozy, en déplacement en Alsace pour ses voeux au monde agricole...

Tunis: la police disperse violemment une manifestation hostile au gouvernement

La police tunisienne a violemment dispersé mardi un millier de manifestants, parmi lesquels des islamistes, hostiles à la présence de membres de l'équipe du président déchu Ben Ali dans le gouvernement de transition formé lundi, ont constaté des journaliste de l'AFP...

France

Délinquance Améliorer la prévention, une mission pour Jean-Marie Bockel L´ex-secrétaire d´État à la Justice Jean-Marie Bockel a été chargé par le Premier ministre, François Fillon, d´une mission de six mois visant à apporter « une impulsion nouvelle » à la prévention de la délinquance en France (loi du 5 mars 2007 et plan du 20 octobre 2009). M...

Prix - Mémoire et civisme : des élèves alsaciens récompensés

« Pourquoi pas la Paix, pourquoi ? » Ceci est un tautogramme, une phrase dont tous les mots commencent par la même lettre ; il a été écrit par Matthieu, un des vingt élèves de l?école de Wangen, à côté de Marlenheim, après les visites du Fort de Mutzig, construit par les Allemands en 1893, et du musée du Mémorial Alsace-Moselle à Schirmeck. Pour illustrer un album de dessins...

Fiscalité - Une taxation des plus-values sur la résidence principale à l?étude

La réforme, qui doit supprimer le bouclier fiscal et remplacer l´Impôt de solidarité sur la fortune (ISF), qui taxe la détention du patrimoine, par un « nouvel impôt » sur les revenus et les plus-values dudit patrimoine, sera menée au pas de charge. Le ministre du Budget, François Baroin, a annoncé hier que les premières orientations seront dévoilées fin février...

Journal au collège - Le Berlioz à Colmar donne le ton

Après celles de septembre et des vacances de Noël, les élèves de la 4 e 5 du collège Berlioz ont effectué, hier, leur 3 e rentrée de l?année, avec l?arrivée, dans leur classe, de L?Alsace et de l?opération Journal au collège qui va les accompagner pendant plus d?un trimestre. D?entrée, Sihame Filali, professeure de lettres, les prévient : « Dans les autres cours...

Basket-ball - Face-à-face entre capitaines

Le parcours du FC Mulhouse ? Mathieu Gitta : Il n?y a rien à dire. C?est surprenant, même si on connaît la valeur des joueurs et de l?entraîneur, parce qu?il s?agit d?un promu. Mais l?équipe arrive à exploiter son potentiel au maximum, est en pleine confiance et sur une grosse dynamique. Jérôme Lentz : Nous savions que nous étions en mesure de viser la première moitié de tableau...

Mulhouse - La Fédération des Turcs de France remplit le Parc-Expo

Plus de 3 000 personnes se sont retrouvées dimanche après-midi, au Parc-Expo de Mulhouse, à l?appel de la Fédération des Turcs de France. Devant des gradins complets, où flottaient des dizaines de drapeaux rouge et blanc, le nouveau président fédéral, le Mulhousien Nihat Bozdag, a appelé en langue turque à l?unité, tout en mettant en garde contre le repli communautaire...


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 Alsace X

L'Alsace est une région culturelle, historique, et administrative du nord-est de la France métropolitaine. Région de l'Europe rhénane elle se trouve au cœur de la mégalopole européenne (banane bleue) et du Pentagone Londres-Paris-Milan-Munich-Hambourg. Avec 223 hab./km² 1, c'est la 3e région la plus densément peuplée de France métropolitaine après l'Île-de-France et le Nord-Pas-de-Calais. Parallèlement, c'est aussi la plus petite par sa superficie.

L’Alsace est la 1re région exportatrice française en valeur d'exportations par habitants2, la 2e quant au revenu disponible brut des ménages 3, enfin, c'est une des régions de France où le taux de chômage est le plus bas4. Ce tableau idyllique ne doit pas masquer des difficultés économiques, comme l'atteste la faible croissance du produit intérieur brut(PIB) au cours de la décennie actuelle. Du fait d'un taux de croissance de 5% du PIB entre 2000 et 20075, l'Alsace, classée au 2e rang national jusqu'en 1997 n'est à présent plus que la 4e région française en termes de PIB par habitant6.

Berceau des Habsbourg7 - ce que rappelle les couronnes du blason régional8 - la région est située à l'extrémité occidentale de la Mitteleuropa, vaste espace culturel des anciens empires allemand et austro-hongrois. L'histoire houleuse de la région est une clé essentielle de compréhension de la spécificité alsacienne. Elle est à l'origine de nombreux particularismes locaux. Ainsi, de nombreux domaines sont régis par le droit local alsacien-mosellan 9 qui prime sur le droit général français. La région historique intégrait le Territoire de Belfort et celui de Landau et était subdivisée en Haute-Alsace et Basse-Alsace, dont les traductions allemandes Oberelsass et Unterelsass sont toujours utilisées par les germanophones. L'Alsace doit ses origines culturelle et linguistique au peuple Alaman10. Au début de l'ère chrétienne, les Alamans étaient un regroupement de tribus germaniques confédérées, d'où leur nom: all- signifie tous et mann- signifie hommes. Le dialecte alsacien et l'Allemand standard (Hochdeutsch) appartiennent au même groupe linguistique germanique: Le haut-allemand. C'est la deuxième ou troisième langue autochtone de France après le français selon l'hypothèse occitane retenue11.

Aujourd'hui, l’Alsace est divisée en deux départements, le Bas-Rhin au nord et le Haut-Rhin au sud. Le conseil régional siège à Strasbourg, qui est aussi la plus importante (440 702 habitants) des trois grandes agglomérations de la région devant Mulhouse (239 858 habitants), et Colmar (88 198 habitants)12. Elles regroupent à elles seules 42% de la population alsacienne. Strasbourg et Mulhouse sont respectivement les 11e et 25e agglomérations les plus peuplées de France13. La ville de Strasbourg est également le siège de plusieurs institutions européennes, dont le Parlement européen et le Conseil de l'Europe qui symbolisent le choix d'un avenir résolument européen dans lequel se fond l'identité culturelle de l'Alsace.

L'Alsace, un territoire restreint d'une grande diversité

Présentation générale du territoire

S'Elsass - le Pays de l'Ill

Passage de l’Ill à Strasbourg, quartier de la Petite France.
Articles détaillés : Ill et étymologie du nom Alsace.

La signification étymologique du mot Alsace a différentes théories. En voici une : "Alsace" viendrait de l'alsacien (alémanique)  : Elsass anciennement écrit Elsaß.

  • 'El- vient de l'alémanique Ell qui signifie l'Ill, la principale rivière alsacienne qui traverse la région du sud au nord. La rivière prend sa source dans le Jura alsacien et se jette aujourd'hui dans le Rhin en aval de Strasbourg après la chute de Gambsheim. C'est le plus important affluent alsacien du Rhin. Avant l'endiguement, les crues du Rhin (et non celles de l'Ill, qui inondent pacifiquement le Ried) étaient parfois très meurtrières, bon nombre de villages ont été submergés par le fleuve (voir Neuf-Brisach)
  • saß vient du verbe sitzen (se trouver, être assis) (prétérit de l'allemand : saß – prétérit du vieil anglais : sæt).

Littéralement, Elsass signifierait donc « le lieu où se trouve l'Ill » soit le 'Pays de l'Ill'14.

Topographie

Radôme au sommet du Grand Ballon à 1 424 mètres d'altitude
Image satellite de l'Alsace avec les principales aires urbaines

L'Alsace couvre une surface15 de 8 280 km2 (190 km de long sur 50 km de large soit 1,5 % de la superficie de la France), ce qui en fait la plus petite des régions administratives de France métropolitaine, la Corse ayant une surface de 8 680 km2. Elle s'étend du sud au nord le long du Rhin qui la borde à l'est.

Elle est limitée au nord par la rivière Lauter, où commence le Palatinat allemand, et à l'est par le Rhin, à l'est duquel s'étend le Bade-Wurtemberg, au sud par la Suisse, au sud-ouest par la Franche-Comté et à l'ouest par la Lorraine.

Son espace est découpé en plusieurs ensembles de relief :

  • à l'est, la plaine d'Alsace16 drainée par l'Ill et consacrée à la grande culture céréalière. La forêt y occupe encore des espaces importants : forêt de Haguenau au nord et celle de la Hardt et du Nonnenbruch au sud ;
  • entre le Rhin et l'Ill, le Ried17. Cette zone marécageuse et humide conserve ses caractères naturels remarquables façonnés par le vieux fleuve autrefois sauvage (forêts rhénanes parcourues par les bras du Rhin, prairies inondables, sources phréatiques, rivières).
  • à l'ouest dominent les Vosges, ou massif vosgien, entaillées de larges vallées des affluents de l'Ill ; ici ce sont les pâturages d'altitude (Hautes Chaumes) qui alternent avec la forêt ; le Grand Ballon 1 424 m (ex ballon de Guebwiller) est le point culminant d'Alsace, il est situé dans le Haut-Rhin ;
  • les collines sous-vosgiennes font le lien entre les deux ensembles. Le piémont vosgien est la zone où s'étend le vignoble alsacien ayant une limite supérieure de culture atteignant 467 m au Rangen et 478 m à Osenbach.
  • le Sundgau, région de collines au sud de Mulhouse.
  • le Jura alsacien à l'extrême-sud de la région avec pour point culminant le Raemelspitz à 832 m. Le Jura alsacien occupe l'extrémité nord du massif du Jura. C'est dans ce massif que l'Ill prend sa source.
Vignoble alsacien

Géologie

Le lac Blanc.

L'Alsace est la partie occidentale de la plaine du Rhin située sur sa rive gauche. C'est un fossé d'effondrement, appelé aussi rift ou graben, d'âge oligocène, associé à ses épaulements latéraux : les Vosges et la Forêt-Noire. Le massif du Jura, formé par glissement (induit par la surrection alpine) de la couverture mésozoïque sur les formations triasiques ("couches savon") recoupe la région de Belfort.

  • Le fossé rhénan s'est effondré durant le tertiaire, en conséquence la région a été plusieurs fois envahie par la mer, ce qui explique une sédimentation variée : marne, calcaire, sel gemme, marbre. De plus, au quaternaire, des dépôts éoliens de lœss ont lieu.
  • Le Sundgau qui était alors un vaste plateau calcaire a été recouvert par les mers secondaires, au commencement de l'ère tertiaire. Au début de l'oligocène, on assiste à un affaissement du fossé rhénan à l'origine de la pénétration marine. À la fin de l'oligocène, la mer se retire définitivement laissant des dépôts de sédiments très fins. À la fin du tertiaire et au début du quaternaire le surélèvement des Vosges et de la Forêt Noire entraîne la formation du Jura qui est le résultat de plusieurs phases de plissements, entrecoupées par des phases d'érosion. La nappe de cailloutis d'origine alpine que l'on trouve dans le Sundgau est due à l'érosion très intense du Jura par le Rhin qui, pris dans un couloir rejoignait alors l'actuelle vallée du Doubs. Ce n'est que l'affaissement du fossé rhénan qui a modifié le cours du Rhin et le régime hydrographique par les phénomènes de capture.
  • Les Vosges sont constituées au Nord par du grès (plateau lorrain) et au Sud par du granite ; les granites sont des structures hercyniennes exhumées lors des soulèvements latéraux conjoints à l'effondrement du rift.
  • Le Jura, soulevé plus tardivement (au Miocène) est constitué de calcaires et de marnes d'âge le plus souvent jurassique, donc beaucoup plus anciens que les formations de la plaine alluviale du Rhin.

La structure tectonique du sous-sol (fossé d'effondrement) explique une certaine activité sismique.

Des gisements de pétrole ont été exploités au nord (à Pechelbronn, près de Niederbronn-les-Bains, l'un des premiers gisements au monde à être exploité, en 1740), ainsi que des gisements de potasse datant de l'oligocène près de Mulhouse. Des mines d'argent ont également été exploitées jusqu'au début de XXe siècle près de Sainte-Marie-aux-Mines.

Enfin, le fort géotherme, conséquence de la remontée mantellique qui eut lieu à l'aplomb du rift, permet une exploitation géothermique expérimentale à Soultz-sous-Forêts.

  • Sismicité

La zone la plus active sur le plan sismique en Alsace est le Sundgau dans le sud du Haut-Rhin18, tant par le nombre que par l’intensité des séismes qui l’ont touché. Ce territoire a été frappé par plusieurs séismes d’intensité supérieure à VI. Le plus dévastateur fut celui de Bâle du 18 octobre 1356 (intensité épicentrale VIII-IX),d'une ampleur inédite en Europe de l’ouest. Bien que moins soutenue, l’activité sismique du fossé rhénan est significative et apparaît plus forte que celle des régions voisines. Une dizaine de séismes d’intensité supérieure à VI sont à dénombrer, dont le plus récent date du 15 juillet 1980. Le massif vosgien ne montre qu’une activité sismique diffuse et peu intense.

Climat

le sommet du Hohneck en hiver.
Articles connexes : Climat du Bas-Rhin et Climat du Haut-Rhin.

Le climat alsacien est « semi-continental d'abri ».

Le climat est continental dans la plaine centrale. Les vents d'ouest subissent un forçage sur le versant occidental des Vosges, frappé de pluies. L'air se retrouve donc déchargé d'humidité quand il a franchi la barrière vosgienne.

Conséquence : l'hiver y est froid, l'été chaud et il y a peu de précipitations.

Donnée pour Meyenheim (limite Sud-Alsace/Centre-Alsace).

Température la plus basse -24,8 °C
Jour le plus froid 27 février 1986
Année la plus froide 1963
Température la plus élevée 38 °C
Jour le plus chaud 16 août 1974
Année la plus chaude 1994
Hauteur maximale de pluie en 24h 80,6 mm
Jour le plus pluvieux 10 juillet 1989
Année la plus sèche 1962
Année la plus pluvieuse 1999
  • Record de chaleur : 40.9°, 13 août 2003.
  • Record de froid : - 30.2° au Grand-Ballon, 1 424 m le 10.2.1956.

Le climat connaît davantage d'influence océanique et est beaucoup plus humide dans le Sundgau, dans l'Alsace-Bossue ou l'Outre-Forêt.

L'effet de fœhn
Colmar sous le soleil d'été

La zone de Colmar située à l'est de la ville bénéficie d'un micro-climat ensoleillé et sec car l'effet de foehn y joue à plein : Colmar est la deuxième ville la moins pluvieuse de France après Perpignan, avec 550 mm de précipitations par an. La région de Colmar connait en moyenne entre 95 et 100 jours de pluie par an.

L'effet de fœhn19 a une influence importante sur une vaste zone qui s'étend depuis la banlieue Nord de Mulhouse, à partir de Wittenheim-Kingersheim au sud (la région mulhousienne est donc climatiquement divisée en deux), jusque dans une bande étroite au nord, située entre Strasbourg et Molsheim. Dans cette zone, la pluviométrie varie entre 95 et 110 jour par an.

À l'ouest, sur une partie du massif vosgien, la pluviométrie atteint par contre jusqu'à 170 jours par an. La différence est donc de 75 jours de pluie par an dans les zones les plus influencées à seulement 20 kilomètres de distance.

Ce climat relativement ensoleillé est idéal pour le vignoble d'Alsace. L'importance de la nappe phréatique alsacienne combinée à la proximité du Rhin et de rivières importante évite toutefois à la région les conséquences d'éventuelles sécheresses.

Diversité des régions naturelles et pays d'Alsace

Le climat, la nature du sol, le relief façonnent les paysages. Or ces facteurs varient sensiblement d'une zone à l'autre. Il en découle une grande variété des milieux naturels en Alsace qui fait de la région une véritable mosaïque de « pays » distincts.

Le Sundgau

Article détaillé : Sundgau.
Les régions naturelles alsaciennes

Le Sundgau est un pays aux reliefs assez doux, mais nettement marqués, au sud de la région mulhousienne. Il s'étend jusqu'à la frontière suisse. La ville d'Altkirch est traditionnellement considérée comme sa « capitale ».

Sundgau signifie comté du Sud en alémanique.

Le Jura alsacien

Article détaillé : Jura alsacien.

Le sud du Sundgau appartient au massif du Jura. Les premières montagnes de ce Jura alsacien vont de la Suisse à la Franche-Comté.

L'Ochsenfeld

Le pays de la région mulhousienne.
Articles détaillés : Ochsenfeld et Région mulhousienne.

Ochsenfeld signifie le champ des bœufs20 en allemand. Le terme désigne la plaine qui s'étend de Thann à Mulhouse, jusqu'à la Hardt à l'est, au sud jusqu'au Sundgau et au nord jusqu'à Ensisheim. Relativement peu usité dans le langage courant, actuellement, il désigne à peu près la région naturelle de Mulhouse.

La bataille de l'Ochsenfeld désigne la bataille qui opposa les Romains et les Germains dans le combat le plus acharné de l'époque près de Mulhouse.

Selon la légende, cette bataille donna lieu à la fondation de Mulhouse.

Article détaillé : Légende de la naissance de Mulhouse.

La Hardt

Article détaillé : Hardt.

La Hardt est une forêt de plaine caractérisée par une certaine sécheresse (600 mm de pluie par an dans la partie nord). Elle s'étend de Kembs jusqu'à Colmar, entre l'Ill et le Rhin, sur l'ancien cône de déjection glaciaire du Rhin.

C'est la seconde forêt d'Alsace avec ses 13 000 hectares, derrière la forêt de Haguenau. Propriété de l'État, elle est recensée comme zone de protection spéciale Natura 2000. Elle constitue la plus grande charmaie naturelle d'Europe et abrite également des pelouses steppiques très rares en Europe occidentale.

Les Vosges centrales

Article détaillé Vosges centrales en préparation (?). La dénomination, floue en ce qui concerne l'Alsace, pourrait désigner la partie du massif située au sud-ouest du Bas-Rhin, frontalière de la Lorraine. En Lorraine, en revanche, le territoire appelé "Pays des Vosges centrales" regroupe officiellement plusieurs communes, dont Épinal (syndicat mixte de pays, concernant environ 10 % de la région).

Haute-Bruche
Article détaillé : Haute-Bruche.

La dénomination Haute-Bruche est attachée à la vallée de la Bruche, en amont de Wisches, et aux vallée afférentes. Schirmeck et La Broque constituent l'agglomération principale. Leurs habitants se disent volontiers « Alsaciens et Vosgiens », non des « Vosges centrales ».

Vallée de Villé
Article détaillé : Vallée de Villé.
Vallée de Sainte-Marie-aux-Mines, ou le Val d'Argent
Article détaillé : Val d'Argent.

Les Hautes-Vosges

Carte du parc des Ballons des Vosges - Hautes-Vosges.
Article détaillé : Parc naturel régional des Ballons des Vosges.

Le Parc naturel régional des Ballons des Vosges s'articule autour des Hautes-Vosges et regroupe 208 communes d'une population totale de 256 000 habitants. Il a pour but la protection de ce patrimoine naturel.

Vallée de la Thur ("Val de Saint-Amarin")

Le bassin montagneux de la Thur, fréquemment surnommé Val de Saint-Amarin, s'enfonce profondément dans la partie la plus élevée du massif vosgien. Au centre de cette enclave, Saint-Amarin se situe à 410 m d'altitude. Au débouché de la vallée dans la plaine, Thann se situe à 340 m d'altitude. Le ban communal de ce chef-lieu de canton, sous-préfecture depuis la fin de la Première Guerre mondiale, déborde sur la plaine d'Alsace. Mise à part la viticulture (vignoble escarpé du grand cru Rangen, le plus méridional d'Alsace), l'agriculture ne joue aucun rôle depuis longtemps. L'industrie s'est développée à partir des années 1780, avec l'implantation, en premier lieu, de manufactures d'impression sur étoffe. Le textile a irrémédiablement décliné après la crise des années 1930 et la Seconde Guerre mondiale. Le patrimoine forestier est important.

Vallée de la Lauch (Florival)

Le surnom de Florival a été donné à la vallée vosgienne de la Lauch, en amont de Guebwiller, et aux vallons afférents. C'est l'univers du romancier Jean Egen, le "Hans du Florival". Courte (une quinzaine de kilomètres), enclavée, peu peuplée en dehors de Guebwiller (où se trouve un Musée du Florival), cette vallée ne constitue pas vraiment un "pays", mais a une identité marquée, notamment sur le plan touristique. Le Bechenthal, vallon affluent de la Lauch, au nord-ouest de Guebwiller, est l'écrin de l'abbaye de Murbach, Saint-Léger.

Vallée de Munster

On dénomme communément "Vallée de Munster" la haute et moyenne vallée de la Fecht, bassin-versant nettement circonscrit par les crêtes montagneuses. Cette vallée, qui fut très industrialisée au temps du textile, a une vocation agricole, forestière et touristique. Elle garde une identité marquée. Munster, à 380 m d'altitude, au confluent de la Petite-Fecht et de la Fecht, est une ville d'origine ancienne, commerçante, siège du Parc régional des Ballons des Vosges.

Le Grand Ried

Vue du ried de La Wantzenau au mois d'août.
Article détaillé : Grand Ried.

Le Grand Ried s'étend du nord d'Ensisheim jusqu'à la périphérie de Strasbourg. Il a été modelé par les divagations du Rhin dans sa zone d'épandage avant sa canalisation.

Le Kochersberg

le sommet du Kochersberg, emplacement de l'ancien château et tour de Chappe au sommet
Article détaillé : Kochersberg.

Le Kochersberg est une région aux terres très fertiles (lœss), localisées entre les vallées de la Zorn, au nord, et de la Bruche au sud, le champ de failles de Saverne à l’ouest, et à l’est, le rebord de la terrasse rhénane.

L'Alsace bossue - s'Krumme Elsass

Article détaillé : Alsace Bossue.

Elle se compose des cantons de Sarre-Union et de Drulingen, ainsi que de La Petite-Pierre et les villages environnants. C'est une zone rurale avec de nombreux vergers, des forêts ombragées et des rivières poissonneuses.

Les Vosges du Nord

Article détaillé : Vosges du Nord.

Cette région montagneuse est, dans sa majeure partie, occupée par le parc naturel régional des Vosges du Nord qui est né le 30 décembre 1975 et regroupe actuellement 113 communes. Il associe plusieurs milieux forestiers, tels que la hêtraie, la chênaie, l'aulnaie ou encore la pinède sur tourbe. Ces derniers abritent une foule d'animaux et de végétaux tel que le pic noir, l'aspérule odorante, le mélampyre des prés ou encore le populage des marais.

Outre-Forêt

L'Alsace : des hommes, une histoire, une culture plurielle

Histoire

Expansion du Royaume d'Alémanie du IIIe siècle au VIe siècle
L'Alsace, zone originelle du peuplement celtique. La zone orange montre la région de la naissance de La Tène. La zone verte suggère une extension probable de l'influence celtique autour de -1000. La zone rouge indique une région celtique possible autour de -400.
Article détaillé : Histoire de l'Alsace.

À la différence de ses provinces et régions voisines, l'Alsace n'a jamais connu de période d'indépendance ou d'autonomie de forme centralisatrice. L'Alsace a longtemps été caractérisée par le confédéralisme. La région doit sa culture et son dialecte aux Alamans (à ne pas confondre avec les Allemands), qui s'établirent dans la région en 378, l'alsacien d'aujourd'hui est un dialecte alémanique.

Article détaillé : Alamans.

La région fut sous l'autorité du Saint-Empire romain germanique de 962, date de sa création, jusqu'en 1648, puis elle perdit son autonomie en passant sous contrôle de la France après son annexion progressive au XVIIe siècle.

C'est en Alsace que sont nés les ancêtres de la puissante dynastie des Habsbourg qui régnèrent en maîtres, plusieurs siècles durant, sur toute l'Europe centrale.

La plaine d'Alsace, subissant l'effet de foehn et étant naturellement irriguée, a toujours été une terre fertile et propice à l'agriculture céréalière, les collines sous-vosgiennes, le piémont, était le domaine réservé de la vigne tandis que les vallées vosgiennes et l'Ochsenfeld (champs des bœufs) abritaient d'immense troupeaux de bovins, on y cultivait également du chanvre. Les forêts et le ried étaient fort riches en gibier. Le tout, réparti le long du Rhin, l'axe fluvial majeur européen, qui permettait ainsi un commerce soutenu et des revenus réguliers. L'Alsace a donc de tout temps été une région riche qui a suscité les convoitises des grandes puissances européennes. L'histoire de l'Alsace fut donc rythmée par les guerres et les annexions.

Quelques repères :

Période pré-alémanique

Peter Becker - Fondation légendaire de Mulhouse - Soldat d'Arioviste blessé recueilli par la fille d'un meunier.
Bataille de l'Ochsenfeld opposant César à Arioviste en 58 av. J.-C.
  • IIe millénaire av. J.-C. : Les Celtes arrivent en Alsace
  • Ve siècle - Ier siècle av. J.-C. : L'Alsace était divisée entre deux tribus celtes : les Séquanes au Sud et les Mediomatriques au Nord.
  • 72 av. J.-C. : les peuples germaniques (composés majoritairement des Suèves et des Triboques) traversent le Rhin et s'installent en Alsace (estimées entre 137 000 et 275 000 selon l'historien August Meitzen).
  • 58 av. J.-C. : Bataille de l'Ochsenfeld21.

Elle vit la victoire des Romains commandés par Jules César, général et proconsul des Gaules, sur le chef suève Arioviste dans le Sud de l'Alsace. Arioviste réussit à s'enfuir de l'autre coté du Rhin, ceux qui ne réussir pas à faire de même furent massacré par les romains, le reste de la population fut mélangé aux peuples celtes . C'est une bataille majeure de la guerre des Gaules, victoire à partir de laquelle les Romains vont décider de rester en Gaule et conquérir le pays.

Fondation légendaire de Mulhouse.

Article détaillé : Bataille de l'Ochsenfeld.

L'Alsace est intégrée à l'Empire romain. La langue latine supplante progressivement et remplace les langues celtesréférence?.

  • 12 av. J.-C. : Création du camp fortifié romain d'Argentoratum, naissance de la ville de Strasbourg.

À partir de la seconde moitié du quatrième siècle après J.-C., de nombreux Germains, notamment des Alamans s'installèrent progressivement dans l'Alsace romaine.

Établissement des Alamans

La Germanie supérieure dans l'Empire romain, vers 120
  • 298 : L'empereur Constance Chlore repousse au-delà du Rhin d'importantes bandes d'Alamans (plus de 20 000 hommes) qui avaient pénétré dans l'Est de la Gaule après les avoir battues devant Langres.
  • 357 : Le futur empereur romain Julien (Julien dit l'Apostat) bat sévèrement les Alamans qui essayaient d'envahir l'Alsace à la bataille de Strasbourg.
  • 366 et 406 : Profitant du gel du Rhin les Alamans pénètrent à nouveau en Alsace. Les Romains et leur alliés fédérés francs ont de plus en plus de mal à les contenir.
  • Vers le milieu de cinquième siècle, les Romains finissent par être définitivement chassés de la plaine d'Alsace où les Alamans s'installent pour y répandre leur culture, leur langue (l'alsacien, alémanique) et construire des villes. Ils mettent en place une confédération de petits royaumes appelée Royaume d'Alémanie. Alaman signifie Tous les hommes.
  • Vers 496 : Les Francs de Clovis battent les Alamans à Tolbiac mais ces derniers restent les plus nombreux en Alsace bien qu'en théorie inféodés aux Francs.
  • 511 : L'Alsace est rattachée au royaume franc d'Austrasie
  • VIIe siècle : Christianisation de l'Alémanie.
  • 709-712 : Nouvelle guerre entre les Francs et les Alamans
  • 746 : Massacre de Cannstatt

Assassinat de la quasi-totalité des nobles du peuple alaman. Cannstatt, anciennement castrum, était l'une des principales localités du duché d'Alémanie fondé par les Mérovingiens. Le carolingien Carloman, maire du palais d'Austrasie, y convoqua une assemblée et fit assassiner la majorité des dirigeants alémaniques sous le prétexte qu'ils auraient participé au soulèvement du duc Theudebald (Thibaud) et du duc Odilon de Bavière. À partir de ce moment, il n'y aura plus d'unité alémanique et les pays alémaniques seront définitivement divisés en plusieurs États. Toutefois, la langue et la culture alémanique subsisteront jusqu'à nos jours.

  • 843 : Le traité de Verdun, conclu par trois fils de Louis le Pieux, lui-même fils de Charlemagne, après une querelle d'héritage (voir les Serments de Strasbourg de 842), divise le royaume de Charlemagne en trois. L'Alsace fait désormais partie de la Francie médiane (domaine de l'empereur Lothaire).
  • 855 : L'Alsace revient à Lothaire II et fait partie de la Lotharingie.
  • 870 : La Lotharingie est partagée entre Charles le Chauve et Louis le Germanique. L'Alsace est rattachée à la Francie orientale (domaine de Louis le Germanique agrandi au traité de Meerssen). Elle fera ensuite partie du Saint-Empire romain germanique.
  • 917 : Naissance en Alsace de Gontran le Riche, plus vieil ancêtre confirmé de la dynastie des Habsbourg.

L'Alsace dans le Saint-Empire - l'âge d'or des cités alsaciennes

Saint-Empire romain germanique en 1648
Statue de Gutenberg à Strasbourg
  • 962 : L'Alsace fait partie du Saint-Empire romain germanique.
  • En 1161, Frédéric Barberousse élève Mulhouse au rang de ville libre de l'Empire lui conférant ainsi une autonomie quasi-totale. Il en fit ainsi une véritable cité qui ne doit rendre de comptes qu'à l'empereur lui-même.
  • En 1197, Philippe de Souabe, fils de Frédéric Barberousse fut désigné empereur à Mulhouse.
  • 1273 : Le comte Rodolphe IV de Habsbourg, un seigneur politique, allié des bourgeois des villes de Strasbourg et de Zurich, accède, de manière inattendue, au trône impérial sous le nom de Rodolphe Ier de Habsbourg.
  • 1354 : Fondation de la Décapole, l'Alsace s'organise en une confédération de villes libres qui rassemble dix villes impériales. La Décapole possède pour les historiens et les économistes une particularité extrêmement rare, qui plus est pour l'époque : outre l'alliance militaire, l'entraide est également financière en cas de banqueroute. Cela permet aux cités alsaciennes de peser économiquement sur l'espace rhénan.
Article détaillé : Décapole.
  • 1386 (9 juillet) : Bataille de Sempach

De nombreux nobles alsaciens qui combattirent sous la bannière des Habsbourg furent tués lors de cette bataille. On chiffre ce nombre de tués à 15 % de la noblesse alsacienne.

  • 1434 : Premiers travaux de Gutenberg sur l'impression, à Strasbourg
  • 1515 : Mulhouse se retire de la Décapole pour s'allier aux cantons suisses, son destin sera ainsi distinct du reste de l'Alsace pendant plusieurs siècles.
  • 1523 : Mulhouse adhère à la Réforme, qui s'opère par étapes avant d'aboutir en 1529 à l'établissement complet et exclusif du culte protestant.
  • 1526 : guerre des paysans. 25 000 « rustauds » massacrés à Saverne.
  • 1618-1648 : La guerre de Trente Ans frappe lourdement la région, l'Alsace est pillée à de nombreuses reprises, les massacres s'enchaînent, les villages sont rasés et brûlés, la famine se répand et la peste touche la région, la population fuit les villes et villages pour se réfugier dans les Vosges et dans les grandes forêts alsaciennes, environ 60 % de la population alsacienne sont décimés. L'économie est anéantie. La République de Mulhouse, qui comprend également Illzach et Modenheim, est épargnée grâce à son statut de Cité-état, le nombre de réfugiés est alors bien supérieur à celui des Mulhousiens.

L'Alsace dans le Royaume de France

  • 1648 : Suite au traité de Westphalie, l'Autriche cède au royaume de France une partie de l'Alsace, principalement le sud de la région. La République de Mulhouse conserve son statut de ville indépendante. La noblesse française éprouvera au début des difficultés à asseoir son autorité sur le territoire alsacien.
  • 1681 : La ville libre impériale de Strasbourg est assiégée par les troupes du roi de France et doit se rendre. L’Alsace, à l'exclusion de Mulhouse, sera alors gouvernée par un intendant siégeant à Strasbourg et par le conseil souverain à Colmar. La région conservera largement son autonomie.
  • 1746 : En parallèle, la République de Mulhouse se lance de manière précoce dans l'ère industrielle avec l'ouverture de la première manufacture d'indienne. La république libre connaîtra alors une croissance exponentielle et deviendra un des principaux pôle industriels d'Europe.
  • 26 août 1728 : naissance à Mulhouse du mathématicien, physicien et astronome Johann Heinrich Lambert.

L'Alsace dans la République française

Victor Schoelcher, Abolition de l'esclavage
  • 1789 : La Révolution est accueillie avec enthousiasme par les Alsaciens qui se soulèvent contre la noblesse locale. L'héritage révolutionnaire scellera l'attachement des Alsaciens à la France.
  • 1790 : L'Alsace est partagée en deux départements : Le Bas-Rhin et le Haut-Rhin. La ville de Mulhouse conservant son indépendance, c'est Colmar, beaucoup moins peuplée qui devint la préfecture du Haut-Rhin.
  • 1793 : Un certain nombre de territoires étrangers enclavés dans ces départements, appartenant à la noblesse germanique (les « princes possessionnés »), sont annexés à la France par la Convention nationale22.
  • 1798 : La République libre de Mulhouse, alliée à la Confédération helvétique, doit capituler devant un blocus économique mené par la France. La ville est contrainte de voter elle-même son annexion par la France, qui a lieu le 4 janvier 1798, à l'époque du Directoire. La ville devient à son tour française, Colmar conserve toutefois son statut de préfecture du Haut-Rhin
  • Période napoléonienne : l’Alsace fournit 70 généraux à la Grande Armée de l’Empire français.
  • 1815 : Landau est annexé par le Royaume de Prusse.
  • 1848 : Victor Schoelcher, homme de gauche d'origine alsacienne, est nommé président de la commission d'abolition de l'esclavage, il est l'initiateur du décret du 27 avril 1848 abolissant définitivement l'esclavage dans l'empire colonial français.
Article détaillé : Décret d'abolition de l'esclavage du 27 avril 1848.
l'Alsace dans l'Empire allemand
  • 1850 : L’Alsace vote massivement en faveur du plébiscite sur l’Empire de Napoléon III.
  • 12 décembre 1866 : Naissance à Mulhouse du futur prix Nobel de chimie Alfred Werner
  • 1871 (18 avril) : Obligation scolaire en Alsace. La France instaurera cette obligation onze ans plus tard grâce à Jules Ferry.

L'Alsace dans l'Empire allemand

L'Alsace-Lorraine en 1871
La Lorraine pleurant sur l'épaule de l'Alsace à Nancy
  • 1871 : Par le traité de Francfort, l'Empire allemand annexe l'Alsace, sauf les environs de Belfort ainsi qu'une partie de la Lorraine. Une politique visant à éliminer la francisation menée depuis l'annexion française est mise en place.
  • 1872 (28 avril) : Un rescrit impérial institue l'université allemande de Strasbourg.
  • 1874 (29 octobre) : Un décret institue une Assemblée régionale d'Alsace-Lorraine.
  • 1894 à 1906: C'est l'Affaire Dreyfus. Le Mulhousien Alfred Dreyfus, juif d'origine alsacienne est accusé d'avoir livré aux Allemands des documents secrets alors que l'Alsace et la Lorraine sont sous le joug allemand. Il est condamné pour trahison. Cette affaire divise profondément et durablement les Français en deux camps opposés, dreyfusards (partisans de l'innocence de Dreyfus, qui a rapidement été avérée) et antidreyfusards (adversaires de Dreyfus). Il fut réhabilité en 1906.
  • 1902 : Libéralisation du régime allemand et forte croissance économique : reflux de la contestation anti-allemande
  • 1911 (31 mai) : Adoption de la Constitution d'Alsace-Lorraine.

La Première Guerre mondiale

  • 1914 : Incursions de l'armée française dans le sud de l'Alsace, combats autour de Mulhouse.
  • 1915 : Combats au col du Linge et autour de l'éperon rocheux du Hartmannswillerkopf (aussi appelé le vieil Armand) à 17 km de Mulhouse, devenu monument national.
  • Pour le restant de la guerre, stabilisation du front sur une ligne Pfetterhouse - Altkirch - Thann - Hartmannswillerkopf - Munster - Col du Linge - Col du Bonhomme.
  • 1918 : Entrée des troupes françaises en Alsace après l’armistice du 11 novembre.

Retour dans la République française

Signature du traité de 1919 dans la galerie des Glaces
  • 1919 : L'Alsace redevient française, suite à la ratification du traité de Versailles. Landau, cependant, demeurera définitivement allemand, seul reliquat de l'Alsace allemande depuis 1815.
Politique d'assimilation

Le retour de la région dans le giron de la France ne s'est pas fait sans douleur ni maladresse de la part de l'administration française.

Sur la plan culturel, l'Alsace subit une francisation forcée, il fut interdit de parler alsacien à l'école et dans les services publics. L'ordre est donné d'utiliser la méthode d'enseignement directe dans les écoles, qui consistait à utiliser le français sans transition.

Les Alsaciens furent divisés en quatre classes de citoyens, marquée par les inscriptions A-B-C-D sur leur cartes d'identité. Ce classement des citoyens fut établis en fonction de l'ascendance, caractéristique supposée du degré de francophilie. Chaque classe correspond à des droits civiques différents23.

Mise en place par les autorités françaises d'une politique d'épuration, 112 000 personnes seront également expulsées24.

Mise en place au printemps 1919 de commissions de triage chargées de l'examen individuel des Alsaciens selon les propos, les positions prise ou leur attitude supposée25.

Cette politique d'assimilation linguistique a mené à ce que l'on appelle aujourd'hui la Verelsässerung : la perte de l'identité germanique, l'appauvrissement de la culture. La conscience historique et identitaire des Alsaciens disparaît, le lien avec l'espace culturel et linguistique allemand se distend, à tel point que la majorité des Alsaciens d'aujourd'hui ne se sent plus rien d'allemand (au sens « ethnique » du terme), mais français. Bien entendu, le traumatisme causé par la période nazie en est également pour beaucoup responsable, de par le rejet qu'il a engendré chez certains de tout caractère germanique. De plus, l'absence de connaissance historique sur la région antérieure à 1870 chez une grande partie de la population (certains avancent jusqu'à 95%) en raison de programmes scolaires évitant soigneusement cette période, joue incontestablement beaucoup.

  • Voir l'article détaillé sur la politique d'assimilation appliquée à partir de 1918

Le IIIe Reich

l'Alsace annexée par l'Allemagne nazie
  • 1940-1944 : Pendant l'occupation nazie, l'Alsace est annexée de fait au Troisième Reich. Il est interdit de parler alsacien ou français et obligatoire de ne parler qu'allemand dans la région.
  • 1944 (novembre) : La 2e DB du général Leclerc libère Strasbourg le 23 novembre, la 1re armée française du général de Lattre de Tassigny libère Mulhouse le 21 novembre tandis que les Américains tentent de repousser plus au nord la contre-offensive allemande (dite « opération Nordwind »).
  • 1945 : les forces françaises bloquent l'attaque allemande sur Strasbourg, au moment de l'offensive des Ardennes, en janvier, puis jouent un rôle majeur dans la prise de Colmar, le 2 février.

Les Malgré-nous et l'incorporation de force

Monument en hommage aux Malgré-Nous dans le canton d'Obernai (Bas-Rhin).
Article détaillé : Malgré-Nous.

Quand fut signé l'armistice du 22 juin 1940, le cas de l'Alsace n'était pas évoqué. Ce territoire restait donc juridiquement français. Le régime nazi l'annexa de fait en juillet suivant sans en faire la proclamation officielle.

La propagande était active pour inciter les jeunes Alsaciens à s'engager dans la Wehrmacht, mais cela n'aboutit à aucun résultat. Les jeunes Alsaciens refusaient de s'engager dans l'Armée allemande et de soutenir le régime. Les nazis proclamaient alors à ce moment qu'on n'avait pas besoin des Alsaciens pour gagner la guerre qui devait être rapide.

Alfred Wahl, professeur d'histoire contemporaine à l'université de Metz, écrit : « Seuls les fils des fonctionnaires allemands présents semblent avoir répondu à l'appel : ils furent moins d'un millier pour les deux départements »26.

Le Gauleiter en charge du Reichsgau Baden-Elsaß, Robert Wagner, était persuadé que les « frères de race » nouvellement reconquis entendraient vite l'appel de leur sang et se sentiraient rapidement allemands mais constatant le nombre infime d'engagés volontaires, il conclut - non sans cynisme - que les jeunes hésitaient à entrer dans l'armée allemande « par peur de leur famille » et qu'ils seraient heureux de s'y voir forcés.

Au printemps 1942, à Vinnitsa, il persuada Adolf Hitler, au début fort réticent, d'instaurer l'incorporation de force en Alsace, ce qui fut fait officiellement le 25 août 1942.

100 000 jeunes Alsaciens seront ôtés à leurs familles et envoyés de force, principalement sur le front de l'Est, pour combattre l'armée de Joseph Staline. 30 % furent tués ou portés disparus27.

De nombreux autres furent fait prisonniers par les Soviétiques. Parmi eux, beaucoup choisirent de déserter la Wehrmacht pour se rendre délibérément à l'Armée rouge et ainsi, en tant que Français, rejoindre le général de Gaulle et la France libre, mais les Soviétiques n'avaient, dans leur grande majorité, pas connaissance du drame de ces Alsaciens. Beaucoup furent donc considérés comme des déserteurs ou des espions, et donc fusillés, victimes d'une double méprise. Les autres ont été déportés au camp de Tambov après un passage dans les mines de charbon de Karaganda. Dans un compte rendu du colloque de Hambourg sur le retour des prisonniers de guerre après 1945 28 on peut lire :

« Les Alsaciens en uniforme allemand furent concentrés dans le camp de Tambov et subirent le sort de tous les prisonniers de la Wehrmacht, avec des conditions de vie très dures, un taux de mortalité élevé et des campagnes de rééducation antifasciste. Libérés en grande majorité durant l'automne 1945, une partie des « malgré-nous » passe pourtant plusieurs années supplémentaires en captivité. Accusés de crimes de guerre par les Soviétiques, ils se sentent trahis par la France libre, et utilisés comme monnaie d'échange dans les négociations diplomatiques. »

Le dernier Malgré-nous libéré est Jean-Jacques Remetter, retourné chez lui en 1955 29.

Le retour en France

Une fois la guerre terminée, les Malgré-nous furent considérés par l'opinion comme des traîtres. Ils ont également été fortement attaqués par les militants du Parti communiste français pour leurs dénonciations de la situation dans les camps d'internement soviétiques.

L'Alsace de l'après-guerre

L'Alsace se relève rapidement de ses ruines, poussée essentiellement par sa position géographique. L'amitié franco-allemande instaure pour la première fois de l'histoire une paix durable dans la région.

Conséquences de la rivalité hégémonique franco-allemande

L'alternance de la domination franco-allemande, le fait pour la région d'être toujours en première ligne de l'affrontement de ces deux grandes puissances européennes, la crainte permanente de la guerre, les mesures prises par les Français et les Allemands pour « assimiler » la population alsacienne, les répressions, épurations, incorporations de force, déportations, pénuries en temps de guerre, ayant rythmé l'histoire de la région, ont laissé des traces profondes, encore perceptibles chez une partie de la population. La quasi-totalité de la population compte dans sa famille des victimes de la dernière guerre. Le sujet est souvent tabou, surtout en ce qui concerne les incorporés de force : les Malgré-nous. La réintégration de l'Alsace dans la République ne s'est pas faite sans difficulté. La perception du dialecte alsacien, proche de l'allemand, souvent confondu avec cette langue par les Français, a entraîné de nombreuses maladresses mal acceptées par la population alsacienne qui ne désire surtout pas être

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